Création, participation et statut de la Grèce.
L’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord,) a été créée en avril 1949 par le Traité de Washington qui a été signé par 12 pays en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations Unies, dans le but de développer une défense commune en cas d’agression armée contre l’un de ses états membres (article 5). En 1952, la Grèce a adhéré en même temps que la Turquie à l’Alliance qui compte aujourd’hui 26 membres.
Perspectives nouvelles: Le déséquilibre suscité dans le système international à la suite de l’effondrement du Pacte de Varsovie a d’abord semblé affecter aussi l’OTAN, au point de remettre en question jusqu’à la raison d’être de l’Alliance.
Au cours des années 90, tout en cherchant à se doter d’une identité et d’une mission nouvelles, l’OTAN, au delà de son processus d’élargissement, a développé des relations spéciales avec la Russie et l’Ukraine et travaillé à la promotion de la coopération avec plusieurs pays tiers dans le cadre du programme « Partenariat pour la Paix » (ΡpΡ).
Les événements du 11/9 ont eu un effet catalyseur et l’Alliance s’est dotée de nouvelles perspectives grâce à un processus de réforme («transformation» selon la terminologie de l’OTAN) et d’adaptation aux nouvelles conditions.
La notion de menace extérieure, au sens classique du terme, est aujourd’hui quasi-vide de sens pour l’OTAN. En revanche, l’Alliance doit désormais s’adapter à ce qu’il est convenu d’appeler des « menaces asymétriques ». Ces nouvelles menaces imposent un travail de modernisation et d’adaptation de ses capacités militaires, de manière à mettre en place des unités de forces de réaction mobiles, capables de se déplacer et de se déployer rapidement (forces déployables) et compatibles avec les besoins opérationnels de l’Alliance (forces mobilisables). Autrement dit, les forces d’intervention ne doivent pas seulement être déployables, c’est à dire capables d’intervenir hors zone OTAN (zone de l’article 5), mais elles doivent aussi pouvoir participer à des opérations prolongées (forces durables).
Ce nouveau cadre impose une réorganisation des forces armées des états membres de l’Alliance, réorganisation qui entraîne à son tour une augmentation du coût des opérations et, par conséquent, des budgets de défense.
Dans le sillage de la stratégie de l’OTAN, la Grèce a décidé de réorganiser ses forces armées, tout en s’efforçant de réduire progressivement les dépenses en matière de défense. Malgré cela, le pays continue à consacrer à la défense un des pourcentages de PIB les plus élevés parmi les membres de l’Alliance.
Contribution de la Grèce aux opérations et activités de l’OTAN dans les Balkans
La Grèce a toujours pris part aux développements survenus dans la région des Balkans. En effet, elle a prouvé qu’en jouant un rôle prépondérant dans le cadre des initiatives européennes et qu’en participant activement aux opérations menées par l’Alliance, il était possible d’établir un climat de sécurité et de prospérité pour les pays et les peuples de la région. De ce fait, nous soulignons la nécessité d’une présence permanente de l’Alliance dans les Balkans afin de permettre l’instauration d’un climat de paix et de stabilité.
Les violents affrontements de mars 2004 dans le Kosovo ont mis en relief d’une part, la gravité des problèmes auxquels se heurtent les efforts visant à créer un Kosovo multiethnique, d’autre part, les faiblesses des missions internationales (KFOR et UNMIK) et surtout la nécessité de maintenir une présence militaire suffisante dans la région. La Grèce, dès le début de la crise, s’est empressée de notifier sa décision de maintenir sur le terrain les deux régiments d’infanterie (environ 564 soldats) et les véhicules (environ 300) dont elle dispose, en dépit de besoins accrus en effectifs militaires nécessaires à l’organisation des Jeux Olympiques.
Le récent rapport Eide relatif au Kosovo qui reflète clairement la situation sur le terrain quant au respect des critères initialement fixés, souligne l’avantage de la répartition équilibrée des responsabilités entre les parties en présence. Le processus de négociations mené en vue d’établir le statut définitif de la région s’annonce laborieux et difficile et la transition devra être placée sous la supervision de la communauté internationale. Le statut définitif dont la composante essentielle demeurent la décentralisation et la protection des monuments culturels et religieux, devra s’appuyer sur les valeurs et les critères européens. L’engagement actif de la Serbie et Monténégro dans les procédures est considéré comme nécessaire et, dans un proche avenir, la conversion de la KFOR en Task Force paraît indispensable, tandis que le maintien des forces de l’OTAN s’impose, même à la suite d’un accord sur le statut définitif.
La Grèce prend part activement à l’opération ALTHATA initiée par l’UE en Bosnie-Herzégovine, avec 12 véhicules, un C-130, une compagnie de police militaire, un personnel d’encadrement d’état-major et un service de renseignements, ainsi qu’une participation à la mission policière de l’UE (EUPM)
Cinquante six officiers grecs, dont certains occupent des postes de haute responsabilité, (comme chef du groupe consultatif de l’Etat Major, responsable de la section des renseignements et de la section de la sécurité des frontières) font partie des effectifs du quartier général de l’OTAN à Tirana (NHQT), tandis qu’un général de brigade grec a rempli pendant un an, les fonctions de porte-parole en chef de l’Etat-major et notre ambassade à Tirana était le point de contact de l’OTAN jusqu’en septembre dernier.
En ARYM La Grèce participe (10 personnes, 1 E/P , 1 C-130) à la nouvelle mission policière de l’UE « PROXIMA » et 10 officiers grecs sont en poste à l’Etat-major de l’OTAN à Skopje dans le cadre de la mission consultative.
Opération en Afghanistan et mission d’éducation en IraK :
La Grèce soutient les autorités afghanes dans la mission difficile qui consiste à créer un cadre démocratique et un climat de stabilité dans le pays. Dans ce contexte, notre pays participe à l’ISAF, avec une compagnie du Génie militaire et une unité médicale et hospitalière en poste à Kaboul.
En ce qui concerne les opérations de l’Alliance en Irak et dans le cadre de la mission d’éducation, la Grèce faute de participer à la mission en question en ressources humaines, a décidé de contribuer financièrement à un des fonds créés à cet effet
L’OTAN et la lutte contre le terrorisme :
Dès le lendemain du 11 septembre, la lutte contre le terrorisme est devenue une priorité absolue inscrite à l’ordre du jour de l’OTAN. Dès lors, les efforts déployés dans ce sens déterminent l’ensemble des opérations de l’Alliance. De même, la lutte contre le terrorisme est régulièrement abordée dans le cadre des concertations de l’OTAN avec l’ONU, l’UE, l’OSCE et l’Organisation de l’Union africaine.
L’opération des arraisonnements concertés en Méditerranée « Active Endeavour» (opération article 5) s’inscrit dans le cadre de la lutte antiterroriste.
En ce qui nous concerne, nous partageons le point de vue selon lequel l’OTAN, qui dispose des spécialités militaires requises (niche), peut jouer un rôle prépondérant dans la lutte contre le terrorisme. Toutefois, le phénomène du terrorisme ne peut être envisagé en marge d’un système plus général de valeurs et de principes universels qui se doit, d’une part, de prendre en considération la réduction des inégalités internes (sociales) et internationales et d’autre part, de veiller à élaborer plus de moyens pour l’éradiquer. Dans cette optique un nombre important des membres de l’Alliance soulignent que : a) l’action militaire constitue un des nombreux moyens disponibles, b) les dispositions du droit interne (p.ex. nécessité de se conformer aux dispositions constitutionnelles) et international doivent être respectées, et c) la lutte contre le terrorisme doit être accompagnée de moyens subsidiaires (aide économique), et de recherches sur les causes génératrices du phénomène. Il serait opportun que les opérations antiterroristes engagées par l’Alliance respectent des principes universellement admis, susceptibles d’éviter le déclenchement automatique d’opérations militaires.
En outre, le facteur essentiel du fonctionnement interne de l’Alliance, loin d’être une unité imposée par le haut, demeure essentiellement le caractère consensuel de la prise de décisions qui constitue la base morale et démocratique de son action. Lors du Sommet d’Istanbul (juin 2004), les États membres de l’OTAN, ont confirmé leur attachement à la lutte contre le terrorisme, par le biais de mesures renforcées.
La Grèce soutient les efforts visant à la lutte contre le terrorisme, selon les règles constantes du droit international et conformément aux décisions des Nations Unies.
Partenariat pour la Paix (ΡpΡ) : Au cours de ses dix années d’existence, le Programme Partenariat pour la Paix (ΡpΡ) est peu à peu devenu un vaste programme de coopération de l’OTAN, auquel participent vingt pays partenaires. L’un des objectifs majeurs du ΡpΡ est de garantir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de l’espace euratlantique.
Le Sommet d’Istanbul a décidé de renforcer les relations de l’OTAN avec une liste toujours plus longue de partenaires et d’élargir sa présence dans les régions du Caucase et de l’Asie centrale.
La Grèce soutient les efforts visant à renforcer la présence de l’OTAN en Asie Centrale, où un diplomate grec occupe depuis peu le poste d’agent de liaison de l’Alliance. En outre, le pays soutient toujours le maintien de la politique « portes ouvertes » dans le cadre de ce programme en favorisant la participation d’autres pays intéressés.
OTAN – U.E. : La Grèce considère d’une importance capitale la coopération entre l’OTAN et l’U.E. dans le domaine de la gestion des crises et elle contribue de manière constructive à sa mise en oeuvre, conformément au cadre arrêté.
Il reste cependant difficile de promouvoir la coopération entre les deux organisations dans d’autres domaines, dans leur intérêt mutuel, en raison de la difficulté d’ordre procédural au niveau de l’OTAN à coopérer avec les 25 états membres de l’U.E. Ainsi, la question de la participation de la République chypriote et de Malte reste en suspens, la raison avancée étant que les deux pays n’ont pas conclu d’accord de sécurité, ni développé de relations de partenariat, avec l’Alliance.
Dialogue méditerranéen / Initiative d’Istanbul : Le dialogue engagé par l’OTAN avec sept pays méditerranéens date de 1994. Il est lié à la nécessité d’assurer la sécurité et la stabilité de la région.
Lors du Sommet d’Istanbul, dix ans après le début de l’initiative, l’Alliance a décidé de revaloriser la coopération dans la région en adoptant une formule axée sur l’intensification du dialogue politique et de la coopération pratique dans différents domaines.
La Grèce, qui a d’ailleurs développé des programmes bilatéraux d’assistance aux pays de la région, participe activement à cette initiative. Elle soutient le renforcement du dialogue méditerranéen et la promotion d’une forme de coopération qui s’adressera à l’ensemble des pays participants, sans toutefois négliger leurs particularités et leurs intérêts propres.
L’OTAN a aussi inauguré l’Initiative d’Istanbul qui s’adresse en premier lieu aux pays du Golfe. Cette Initiative prévoit une coopération bilatérale dans différents domaines. La Grèce accueille favorablement la décision de certains pays de la région (Koweït et Bahreïn) d’y participer.
Relations OTAN – Russie : Les progrès enregistrés dans les relations entre l’OTAN et la Russie depuis la signature de la Déclaration de Rome en mai 2002, encouragent à la poursuite et au renforcement du dialogue. La Grèce, qui considère que le cadre de coopération actuellement en vigueur, à savoir le Conseil OTAN-Russie, se prête parfaitement au développement des concertations politiques, même sur des questions régionales bilatérales ou des questions internationales, pour lesquelles l’expérience de la Russie est importante, participe activement à l’élaboration de positions communes et soutient les actions concertées dans des domaines d’intérêt commun.
Relations OTAN - Ukraine: La Grèce est en faveur du renforcement de l’actuelle coopération entre l’OTAN et l’Ukraine, fondée sur la Charte de Partenariat de 1997, du Plan d’action 2002 et des Plans annuels des cibles à atteindre (ATP), notamment dans ce tournant critique de son histoire politique.
Afin d’accélérer cette coopération, le gouvernement ukrainien issu des élections présidentielles du 26.12.2004 devra engager une série de réformes intérieures et s’efforcer d’améliorer encore se relations avec l’ensemble de ses voisins, y compris la Russie.
COORDONNÉES DE LA REPRÉSENTATION PERMANENTE
Représentant permanent : Ioannis-Alexios Zépos, Ministre plénipotentiaire Α'
Τél: 00322 7076700
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