M. PAPAPANAGIOTOU : Nous avons en ligne le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Droutsas. Nous allons faire le bilan du voyage du Premier ministre dans les trois capitales. Bonjour, monsieur le ministre.
M. DROUTSAS : Bonjour. Bonjour aussi aux auditeurs de votre émission.
M. PAPAPANAGIOTOU : Monsieur Droutsas, qu’est-ce que nous avons gagné de ce voyage et qu’est-ce que nous avons donné en échange ?
M. DROUTSAS : J’entends souvent parler des contreparties qu’a données la Grèce, le Premier ministre grec. Permettez-moi d’affirmer de manière claire et catégorique que la Grèce n’a rien donné en contrepartie. La Grèce et le gouvernement grec dès le début de son mandat a fait preuve de sérieux à l’égard des difficultés auxquelles est confrontée actuellement notre pays. Cette attitude a été reconnue au niveau international tout comme les sacrifices du peuple grec. Les mesures sont désagréables pour tous.
Tout cela a été accueilli avec estime. J’ose affirmer que nous avons des raisons d’être particulièrement satisfaits des résultats de la tournée du Premier ministre dans les quatre capitales – car avant de se rendre à Berlin, il s’est déplacé au Luxembourg. Ces résultats attestent de l’approbation qu’a reçue la Grèce pour l’attitude sérieuse dont elle a fait preuve cette dernière période.
M. PAPAPANAGIOTOU : Monsieur Droutsas, est-ce que lors de ces rencontres ont été abordées des questions nationales également ? Et par cela je ne veux pas dire qu’une discussion pourrait à elle-seule renvoyer à des concessions ou à d’autres choses, mais vu les questions en suspens et les autres questions liées à ces discussions, celles-ci pourraient dans un deuxième temps, dans un troisième temps donner lieu à des développements.
M. DROUTSAS : Certainement que nous avons abordé des questions d’intérêt particulier pour la Grèce. Notre première priorité, la priorité du Premier ministre lui-même est de valoriser les opportunités pour décliner et mettre au point les positions de la Grèce. Nos positions sur les évolutions relatives à la question chypriote, les relations entre la Grèce et la Turquie, les évolutions dans les Balkans et, bien entendu, sur la question du nom de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine sont bien connues et claires.
Force est de signaler de nouveau que la Grèce a des positions très claires, des positions immuables sur toutes ces questions ce qui a été accueilli avec estime par nos interlocuteurs. Et je pense que le fait que le gouvernement actuel ait exercé depuis le début de son mandat une politique à travers des initiatives a été également reconnu.
Nous voulons prendre les rênes de nos propres affaires et fixer le cap. Cela est important.
M. PAPAPANAGIOTOU : S’agissant de cette question, il existe deux points de vue : certains affirment que ce n’est pas le moment d’engager une discussion sur les questions nationales ou de les mettre en valeur avec détermination vu le problème économique auquel est affronté le pays ainsi que l’impact sur les questions relatives à la souveraineté nationale, telles que soulevées par le Premier ministre, tandis que d’autres affirment que la situation actuelle ne change rien et que nous avons une politique, une constante, que nous suivons. Lequel de ces deux points de vue est à votre avis correct ?
M. DROUTSAS : Chaque point de vue est respectable et nous attachons bien entendu une grande importance à toutes les réflexions et les propositions et ce, par le biais d’un dialogue continu avec toutes les forces politiques du pays, au sein du Parlement et en dehors de celui-ci. Cela va de soi. Telle est l’approche la plus correcte car il s’agit des questions nationales et la concertation, le dialogue avec toutes les forces politiques est nécessaire.
M. PAPAPANAGIOTOU : D’accord, mais faut-il accélérer le rythme ou au contraire le ralentir ?
M. DROUTSAS : Puisque justement ces dernières années à notre avis la Grèce avait adopté une attitude passive ce qui a eu comme résultat pour notre pays de rester sur la défensive à l’égard de toutes ces questions, je pense que l’approche la plus correcte est de prendre des initiatives et de fixer nous-mêmes le cap.
Quand on prend des initiatives, c’est plus facile d’indiquer la direction que l’on veut prendre. Mais quand on reste inerte, l’autre partie va choisir la direction qu’elle veut prendre, une direction qui probablement ne sera pas dans notre intérêt. C’est pourquoi je suis partisan d’une politique étrangère de ce genre, d’une politique étrangère exercée à travers des initiatives au terme d’un travail sérieux.
M. PAPAPANAGIOTOU : Par conséquent, la situation économique du pays n’influe pas sur la force de négociation du pays.
M. DROUTSAS : C’est justement à cette conclusion que je voudrais arriver, à savoir que le pays est en fait confronté à des difficultés dans le domaine économique mais cela ne veut pas dire que nos questions nationales seront influencées par cette situation. Cette situation ne nous facilite pas la tâche. Je suis clair. Toutefois, je pense que nous avons réussi dès le début de notre mandat – et je n’aurais de cesse de le répéter – à exercer une politique étrangère à travers des initiatives et à indiquer la direction que nous voulons prendre.
M. PAPAPANAGIOTOU : Vous avez été clair M. Droutsas. Je vous remercie beaucoup.
M. DROUTSAS : Merci également.