Mesdames et messieurs,
Chers amis,
Je voudrais vous souhaiter la bienvenue et vous remercier d’être venus aussi nombreux dans cet endroit hospitalier qu’est le Musée d’art cycladique.
En appréhendant ce problème dans sa dimension réelle, à savoir en tant que problème mondial, le ministère des Affaires étrangères, dans le cadre de sa coopération étroite avec des grandes organisations internationales, contribue avec Unicef aux efforts consentis en matière d’information et de sensibilisation sur le trafic d’enfants dans le monde.
Le trafic d’enfants est une question qui demeure au cœur des préoccupations de la communauté internationale à plus d’un titre :
Nous savons tous que les causes de ce problème n’ont pas été éradiquées. La pauvreté et l’absence de perspective de développement touchent de nombreuses régions de notre planète. Les conflits armés, les guerres civiles provoquent des flux migratoires massifs et la décomposition des Etats et de la société. La violence et les inégalités entre les deux sexes continuent de déchirer les sociétés. Et, ce dans un environnement plein de défis, à savoir le changement climatique, la hausse des prix du pétrole et des aliments qui mettent en danger non seulement les objectifs du Millénaire mais aussi le développement même.
Le trafic constitue un aspect du crime organisé et celui-là ne connaît pas de frontières.
Ce phénomène se traduit par la coopération interétatique entre les trafiquants, la corruption des fonctionnaires et le blanchiment d’argent. Il suscite également la peur auprès de ceux qui veulent parler ouvertement de ce problème et le condamner. On pourrait penser que lorsque les victimes sont des enfants, il est « plus facile » de dénoncer ces crimes. Toutefois, ce n’est pas toujours le cas. De nombreux enfants sont victimes d’exploitation de la part de leur propre famille et souvent cette question est envisagée en tant qu’affaire privée, familiale, ce qui ne laisse pas à un tiers la possibilité d’intervenir.
Quoi qu’il en soit, la conséquence de ce problème est que des enfants ne peuvent pas trouver le bonheur et mener une vie en toute dignité. Plus d’un million d’enfants sont chaque année victimes de trafic dans le monde entier.
On estime à 5,7 millions – soit environ la moitié de la population de la Grèce – le nombre d’enfants victimes de toute forme de travail forcé et d’esclavage. Au même titre, 1,8 millions d’enfants, notamment des filles sont victimes d’abus sexuels.
Chers amis,
Lorsque l’on parle de trafic et d’enfants, quoi que l’on dise, cela ne suffit pas. Il faut continuellement mettre en avant cette question sous tous ses aspects et informer sans relâche les citoyens, les journalistes, nous, hommes politiques, et leur rappeler qu’il est de leur devoir de s’engager encore plus dans la lutte contre ce phénomène. Pour sauver ces enfants et pour éviter que d’autres enfants deviennent victimes de trafic. S’il faut lutter contre ce phénomène, ce n’est pas seulement parce que le trafic d’enfants déshonore notre civilisation. Nous devons aussi lutter pour ne pas hypothéquer notre avenir et ne pas nous habituer à ce phénomène et penser qu’il est normal de voir des enfants mendier dans la rue. Des enfants victimes d’une conduite déshonorante qui sont engagés dans des conflits armés, des enfants esclaves.
Nous ne devons pas nous habituer à ce phénomène et le considérer comme inévitable. Albert Camus avait dit que même au sein d’une société parfaite les enfants continueront d’être les victimes innocentes. Je pense qu’il avait raison. Toutefois, car je suis optimiste de par nature, je partage plutôt l’opinion d’un écrivain plus contemporain, Tom Robbins qui soutient « qu’il n’est jamais tard pour une enfance heureuse ». Même si l’on ne parvient pas à sauver tous les enfants victimes, on doit leur offrir une deuxième chance.
Chers amis,
Je suis particulièrement heureuse que des artistes et des journalistes aient soutenu ces efforts consentis par le ministère des Affaires étrangères et UNICEF et aient condamné les atrocités commises contre les enfants.
Je voudrais de tout cœur les remercier. J’aimerais remercier les présentateurs du journal télévisé, les artistes et tous ceux qui ont contribué à cette campagne de sensibilisation. Le Président du Comité national grec d’Unicef, M. Lambros Kanellopoulos vous donnera plus d’informations sur cette campagne. Je voudrais également remercier la chaîne de télévision publique qui, depuis toutes ces années, soutient les initiatives en faveur des enfants.
Le slogan de cette campagne est « ensemble nous pouvons y arriver ». Ce n’est pas un hasard.
Nous croyons en ce slogan. Tel est l’objectif que nous poursuivons. Nous comptons sur votre soutien de sorte que de plus en plus de nos citoyens s’informent et soient sensibilisés à ce problème.
Je l’ai, à maintes reprises, affirmé et je le crois fermement. Nous, Grecs, en dépit de nos problèmes, faisons toujours preuve d’humanité.
Je vous remercie.