Athènes, le 5 février 2008
Cher Ambassadeur des Etats-Unis en Grèce,
Mesdames et messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et messieurs,
Nous suivons tous avec un grand intérêt l’évolution des scores des candidats à la présidence des Etats-Unis et notamment le débat public portant sur la politique étrangère.
Par conséquent, votre discours est particulièrement actuel.
Je voudrais à mon tour faire quelques observations générales.
1. L’environnement international est instable, plein de défis et caractérisé parfois par des équilibres précaires. Cela suscite des sentiments d’inquiétude et d’insécurité mais offre aussi des opportunités.
2. Tous les Etats sont égaux devant les défis et les problèmes de notre environnement mondialisé.
3. La lutte contre les problèmes et la valorisation de ces opportunités exigent tout d’abord la coopération internationale entre les acteurs principaux du système international, à savoir les Etats.
4. La coopération interétatique va de pair avec le système de principes et de règles. Le droit international demeure le cadre principal des relations internationales.
5. Dans cet environnement, les Etats-Unis, un Etat de poids, sont appelés à jouer un rôle de leader en assumant ainsi la responsabilité qui en découle.
Ceux qui suivent avec attention et intérêt (et je suis certain que tous dans cette salle le font) le débat mené aux Etats-Unis entre les candidats – d’un même parti aussi – constateront que les questions relevant de la politique étrangère occupent la première place.
L’objectif principal de ce débat sur la politique étrangère est de parvenir à un nouvel équilibre entre la diplomatie multilatérale -consensuelle et les actions unilatérales. De trouver un nouveau point d’équilibre entre le réalisme et l’idéalisme, entre l’interventionnisme et l’isolationnisme.
La réponse qui sera apportée à ces questions est d’une importance majeure car, entre autres, - et je parle en ma qualité d’homme politique européen – elle influencera de manière déterminante les relations entre l’Europe et les Etats-Unis.
Je suis profondément convaincu que les Etats-Unis et l’Europe ne doivent manquer aucune occasion pour mener un dialogue sincère et coopérer. Des deux côtés de l’Atlantique, nous savons tout ce qui nous unit et tout ce que nous partageons.
La Grèce croit aux relations sincères, égales et efficaces entre l’Europe et les Etats-Unis ainsi qu’aux possibilités qui en découlent en faveur de la paix, de la sécurité, du développement et du progrès.
Mesdames et messieurs,
Le dialogue, les procédures consensuelles et le respect du droit international constituent le noyau de la politique étrangère grecque. Je m’en tiendrais à certains exemples récents :
1ο La visite récente du Premier ministre grec à Ankara vient confirmer notre volonté ferme d’œuvrer de manière plus intense en faveur de la normalisation des relations gréco-turques. Comme le Premier ministre l’a affirmé : « Pour la Grèce, le droit international et les traités internationaux constituent les seuls principes directeurs dans ce processus Nous savons que les efforts en faveur de la pleine normalisation des relations gréco-turques sont longs et difficiles ».
2ο Convaincue que la vision européenne joue un rôle catalyseur en faveur de la paix et de la stabilité régionales, la Grèce, il y a à peine deux mois, a soumis une proposition en 5 points en vue de donner un nouvel élan à la perspective d’adhésion des pays des Balkans occidentaux.
3ο En application des Résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et des dispositions de l’Accord intermédiaire entre la Grèce et l’ARYM, la Grèce participe de manière constructive aux négociations portant sur l’appellation de ce pays, sous l’égide du Secrétaire général des Nations Unies. Nous espérons en toute sincérité que les négociations seront couronnées de succès et qu’une solution mutuellement acceptable sera trouvée.
Nous espérons qu’une solution définitive sera apportée à cette question internationale en faveur du bon voisinage, de la paix et de la sécurité dans la région de l’Europe du Sud-est, conformément à la Résolution 817 (1993) et comme l’exige la perspective européenne et euro-atlantique du pays voisin.
La Grèce a apporté une contribution tangible au développement économique et social de l’ARYM en faisant des investissements, en créant des emplois et en apportant du savoir-faire et de l’aide au développement.
En guise de conclusion, je voudrais brièvement vous faire part de mes réflexions sur les relations entre la Grèce et les Etats-Unis.
On a souvent entendu dire ces derniers temps que les relations entre les deux pays traversent la meilleure période de leur histoire. Je suis tout à fait d’accord avec cette constatation. Le dialogue entre la Grèce et les Etats-Unis est sincère et substantiel.
La coopération entre les deux pays est étroite, continue et productive dans de nombreux domaines. Les preuves tangibles en sont : la coopération entre nos deux délégations, au cours de notre présidence au Conseil de sécurité, la coopération étroite dans le cadre de l’Alliance atlantique, la participation à l’ISAF, conformément à la Résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies et la coordination des actions de lutte contre le terrorisme international. Il est très important de signaler que lorsque des crises humanitaires surviennent, les deux pays s’entraident -comme c’était le cas de l’ouragan Katrina et des incendies qui ont touché la Grèce l’année dernière - ce qui atteste de la solidarité entre les deux pays.
Mais comme dans toute relation, celle-ci aussi n’est pas toujours sans nuage.
Toutefois, l’amitié entre les deux pays - axée sur des principes démocratiques et de liberté intangibles ainsi que sur notre communauté grecque puissante aux Etats-Unis - est si forte que lorsque des divergences se présentent, celles-ci sont davantage considérées comme une opportunité de dialogue plus étroit que comme une cause de friction.
Cela atteste de l’amitié traditionnelle qui unit nos deux pays. Je suis certain que les relations gréco-américaines continueront de se développer et de s’approfondir sur la base de nos valeurs communes et dans notre intérêt mutuel.
Merci