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Athènes, le 30 avril 2010

Points principaux :

 

 

·       « Le règlement pacifique des différends contribue à la consolidation de la stabilité et de la sécurité au niveau régional. La sécurité et la stabilité constituent deux conditions indispensables à la croissance économique. Cette conviction a été la base sur laquelle a été axé le processus de rapprochement entre les deux pays mis en chantier par le gouvernement du Pasok en 1999, dont le pionnier à été l’actuel Premier ministre de la Grèce ».

 

 

·       «Aujourd’hui, il y a les conditions fondamentales qui nous permettront de reprendre notre politique interrompue en 2004 ».

 

·         « De nouvelles structures sont mises en place dans le cadre d’une coopération structurée au plus haut niveau à travers la création du Conseil de coopération de haut niveau sous la présidence des deux Premiers ministres et avec la participation des ministres des différents ministères des deux parties ».

 

·         « Il va sans dire que la perspective de réduction des dépenses militaires constitue une volonté du gouvernement grec et, je l’espère, du gouvernement turc aussi. Toutefois, cette idée n’est pas notre objectif, ni ne marquera la fin d’un parcours.  Afin d’atteindre cet objectif, nous devrons accomplir un parcours semé d’obstacles ce qui nous permettra de créer un environnement de sécurité et de confiance. Un environnement libre de menaces. Un environnement dans lequel les provocations et les contestations à l’encontre de l’intégrité et de la souveraineté territoriales n’auront plus de place.   Un environnement dans lequel les relations de bon voisinage seront pleinement respectées. Un environnement dans lequel la coopération prendra la place de l’opposition ».

 

 

Texte intégral du discours 

 

Mesdames et messieurs,

 

Je suis particulièrement heureux de l’occasion qui m’est offerte aujourd’hui de m’adresser à vous pour exprimer certaines de mes réflexions sur les derniers développements relatifs aux relations gréco-turques et aussi écouter les points de vue de M. Ali Babacan, un ami distingué venu du pays voisin.

 

 

Je voudrais commencer par une vérité simpliste et évidente :

 

Le règlement pacifique des différends contribue à la consolidation de la stabilité et de la sécurité au niveau régional. Et la sécurité et la stabilité sont les deux conditions indispensables à la croissance économique.

 

Cette conviction a été la base sur laquelle a été axé le processus de rapprochement entre les deux pays mis en chantier par le gouvernement du Pasok en 1999, dont le pionnier a été l’actuel Premier ministre de la Grèce.

 

J’ai eu l’occasion et le privilège de participer de manière active à cette entreprise dès le début. Et j’ai crois fermement en cette politique. A l’époque, nous ne savions pas si et quand cet effort porterait ses fruits. Et je dois avouer que cette expérience nous a beaucoup appris.

 

La principale leçon tirée de cette expérience est que, si la volonté politique existe, les obstacles difficiles dans les relations entre les Etats peuvent être surmontés. Des obstacles dus en partie au passé historique tumultueux, à la méfiance mutuelle mais aussi à la rivalité alimentée par les stéréotypes, les préjugés et les phobies.

 

Bon nombre de ces facteurs paralysants subsistent et continuent de subsister, bien que dans une moindre mesure, dans les relations gréco-turques. Donc, notre première priorité en 1999 lorsque nous avons mis en chantier le rapprochement gréco-turc a été de combler l’écart entre les deux peuples. De démolir le mûr de la méfiance mutuelle et du manque de confiance érigé avec le temps.

 

Ainsi, nous avons  agi sur quatre plans étroitement liés :

 

Le premier plan portait sur le renforcement de la coopération dans lesdits niveaux « de moindre importance » politique revêtant toutefois une importance prépondérante car ils concernent la société civile et la vie quotidienne des citoyens. Des efforts intensifs ont été consentis en vue de développer la coopération bilatérale dans les domaines économique et commercial, dans le domaine du tourisme, de l’énergie et de la civilisation afin que les deux peuples se rapprochent les uns des autres et réalisent que la coexistence pacifique et la coopération sont non seulement possibles, mais aussi dans leur intérêt mutuel.

 

Les résultats sont connus et enregistrés. Très vite les échanges commerciaux ont enregistré une hausse spectaculaire. La coopération économique est devenue plus élargie et approfondie. Les contacts entre la société civile des deux pays se sont multipliés à tous les niveaux.

 

À un autre niveau nous avons essayé de créer de manière progressive un climat de confiance entre les forces armées des deux pays. Notre objectif était de combler les lacunes créées par le manque de communication des dernières années. Cela n’a pas été du tout facile.

 

Toutefois, grâce aux mesures de confiance convenues et adoptées, nous avons tenté l’impossible et nous sommes parvenus à créer des voies de communication régulières. D’autant plus, nous avons réussi à créer des formes institutionnalisées de coopération militaire  dans le cadre de l’OTAN et au niveau bilatéral. Toutefois, il reste encore un travail considérable à faire.

 

Au même titre, les contacts exploratoires ont été mis en chantier dans le but d’explorer les perspectives d’un accord sur les modalités de règlement du différend gréco-turc en mer Egée, un différend qui constitue la principale cause de friction entre les deux pays et qui est de surcroît de nature juridique. Je me réfère bien évidemment à la question de la délimitation du plateau continental.

 

Dernier point mais non le moindre, le parcours européen de la Turquie qui revêt une importance déterminante pour les relations gréco-turques. Nous avons d’emblée soutenu et nous continuons de le faire de manière ferme, la perspective européenne du pays voisin car nous pensons que cela est dans l’intérêt mutuel de l’Union européenne, de ses Etats membres comme cela l’est pour la Turquie aussi.

 

Bien évidemment nous espérons que le parcours d’adhésion aura un impact positif sur les relations gréco-turques et contribuera à leur normalisation. Par ailleurs, le respect des relations de bon voisinage et le règlement pacifique des différends figurent parmi les principales conditions et modalités de l’adhésion. Dans ce même cadre s’intègre également le règlement de la question chypriote sur la base d’une fédération bizonale et bicommunautaire dotée d’une seule souveraineté, d’une nationalité et d’une personnalité internationale, dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, des règles de l’UE et de l’acquis communautaire.

 

Toutefois, ce soutien accordé à la perspective européenne de la Turquie comporte des motifs à l’horizon lointain. L’adhésion de la Turquie à l’Union européenne contribuera de manière déterminante à la consolidation de la sécurité, de la stabilité et, notamment, au développement de la région de l’Europe du Sud-est.

 

Nous pensons que l’intégration de tous les pays de la région dans les structures européennes et euro-atlantiques jouera un rôle de catalyseur en faveur de sa prospérité et de son développement. Et tel est le noyau de notre vision pour notre voisinage élargi telle que consacrée clairement dans nos deux initiatives euro-balkaniques, la « Stratégie de Thessalonique » de 2003 et l’ « Agenda 2014» pour les Balkans occidentaux qui est désormais connu de tous.

 

Aujourd’hui, il y a les conditions indispensables qui nous permettront de reprendre notre politique interrompue en 2004. D’une part, il y a la vision et la volonté politique du Premier ministre lui-même qui est l’architecte de ce rapprochement gréco-turc. D’autre part, il y a le gouvernement turc qui préconise le concept des problèmes zéro avec les pays voisins. Un gouvernement qui croit et promeut la perspective européenne de la Turquie tout en surmontant les graves entraves existantes. L’heure est venue pour accélérer la mise en place des réformes.   

 

Suite à une décision conjointe des deux Premiers ministres, nous créons un nouveau modèle de coopération dans de nombreux domaines et à plusieurs niveaux.

 

De nombreuses structures sont mises en place dans le cadre d’une coopération structurée au plus haut niveau à travers la mise en place du Conseil de coopération de haut niveau sous la présidence des deux Premiers ministres et avec la participation des ministres des différents ministères des deux pays. Ces structures prennent désormais la forme des rencontres institutionnalisées entre les ministres des Affaires étrangères, des Secrétaires généraux des deux ministères des affaires étrangères et le Comité directeur se voit revalorisé avec la participation des représentants des ministères compétents. Enfin, nous attendons avec intérêt la visite du Premier ministre, M. Erdogan dans quelques semaines à Athènes.

 

Mesdames et messieurs,

 

On a beaucoup parlé, à l’occasion de ce processus de rapprochement gréco-turc, dudit « dividende de paix ». Le premier qui en a parlé a été M. Georges Papandréou en sa qualité de ministre des Affaires étrangères.

 

Il a parlé du véritable avantage résultant d’une partie de notre richesse nationale réservée jusqu’à ce jour aux dépenses militaires qui sera allouée dans les domaines de l’économie.

 

Je voudrais être clair : il va sans dire que la perspective de réduction des dépenses militaires constitue une volonté du gouvernement grec et, je l’espère, du gouvernement turc aussi. Toutefois, cette idée ne constitue pas notre objectif qui marquera la fin de ce parcours.

 

Afin d’atteindre cet objectif, nous devrons accomplir un parcours semé d’obstacles ce qui nous permettra de créer un environnement de sécurité et de confiance.

 

Un environnement libre de menaces.

 

 Un environnement dans lequel les provocations et les contestations à l’encontre de l’intégrité et de la souveraineté territoriales n’auront plus de place.

 

Un environnement dans lequel les relations de bon voisinage seront pleinement respectées.

 

Un environnement dans lequel la coopération prendra la place de l’opposition.

 

 

Tel est le véritable défi commun que nous devons relever avec nos voisins.

 

Et je suis convaincu que notamment les représentants de la communauté internationale d’affaires qui assistent à ce congrès peuvent apprécier la valeur réelle de cette perspective.

 

Je vous remercie.

 

 


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