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Le bâtiment du ministère des Affaires étrangères

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M. G. KOUMOUTSAKOS : Bonjour. C’est la dernière fois que ce point de presse se déroule dans cette salle. Notre prochaine rencontre aura lieu dans la salle «Seferis» qui a été rénovée, ce sera au début du mois d’avril.

La ministre des Affaires étrangères, Mme Dora Bakoyannis a reçu aujourd’hui à 10h30 au ministère des Affaires étrangères l’ambassadeur des Emirats Arabes Unis à Athènes.

 

Demain, mardi 31 mars, la ministre des Affaires étrangères se rendra à la Haye en vue de participer aux travaux de la conférence internationale sur l’Afghanistan. Au cours de la conférence seront examinés des questions politiques et de développement concernant la région ainsi que des questions sur la sécurité. Participeront à la conférence le Secrétaire général de l’ONU, le président de l’Afghanistan, les ministres des Affaires étrangères ainsi que des hauts fonctionnaires des organisations oeuvrant en faveur de la reconstruction de l'Afghanistan.

 

Mercredi 1er avril à 11h00, la ministre des Affaires étrangères donnera une conférence de presse au ministère des Affaires étrangères, salle « Seferis » sur l’exposition intitulée « Athos et l’empire byzantin – Trésors du Mont Athos ». L’exposition sera inaugurée le 9 avril à Paris et durera jusqu'au 5 juillet. Cent quatre-vingt-un objets sont pour la première fois exposés en dehors de la Grèce, tandis que 60 de ces trésors sont présentés pour la première fois en dehors de l’enceinte du Mont Athos. Un peu plus tard, à 12h00, elle recevra, dans le cadre d’une rencontre protocolaire, le nouvel ambassadeur britannique à Athènes, M. Landsman et à 13h30, le nouvel ambassadeur russe, M. Chkhikvishvili.

 

Le 2 avril à 10h00, elle prononcera une allocution lors du 1er forum d'affaires du programme de développement des Nations Unies organisé par le ministère des Affaires étrangères et plus spécifiquement le Secrétariat spécial pour le développement de programmes internationaux sur le thème « Opportunités, activités commerciales en Europe de l’est et le Common Wealth ».

 

Vendredi 3 avril à 10h00, Mme Bakoyannis rencontrera son homologue brésilien, l'ambassadeur M. Celso Amorim. A l'issue de leurs entretiens, des déclarations seront faites à la presse. Dans l'après-midi, elle se rendra à Strasbourg avec le ministre de la défense pour accompagner le Premier ministre, M. Kostas Karamanlis aux travaux du sommet de l'OTAN qui se tiendra à Strasbourg et à Kehl, respectivement en France et en Allemagne.

 

La réunion du Conseil de l’Atlantique Nord se tiendra samedi 4 avril à Strasbourg, conférence qui sera clôturée par des conférences de presse. Les questions abordées lors de cette manifestation marquant le 60e anniversaire de l’Alliance seront entre autres, la Déclaration pour la sécurité de l’Alliance, les relations avec la Russie et la situation en Afghanistan.

 

Samedi 4 avril, dans l’après-midi, Mme la ministre accompagnera le Premier ministre à Prague au Sommet Union européenne – Etats-Unis qui se tiendra le 5 avril. Les questions abordées lors de cette conférence au sommet sont la crise financière internationale, le changement climatique et des questions régionales, comme la situation en Afghanistan et au Moyen-Orient.

 

A l’issue des travaux de ce sommet, Mme la ministre se rendra à Constantinople en vue de participer au 2e forum de l'Alliance des Civilisations, les 6 et 7 avril.

 

En ce qui concerne l’agenda du ministre adjoint, M. Varvitsiotis. A l'heure actuelle, il participe à la 14e séance du Conseil national des Exportateurs intitulée «Extraversion de l’économie grecque». Un peu plus tard, à 12h00, il prononcera une allocution lors de la manifestation organisée par l’ambassade britannique sur le thème «crise économique mondiale : y faire face au niveau international et local». Enfin, les 2 et 3 avril, M. le ministre adjoint effectuera une visite de travail à Bucarest.

 

Avez-vous des questions ?

***

M. PAPATHANASSIOU : On entend beaucoup parler de la visite du président américain en Turquie et de la question de savoir s’il rencontrera finalement le patriarche Bartholomée. Est-ce que le ministère des Affaires étrangères a entrepris certaines actions dans l’éventualité d’une telle rencontre ?

M. G. KOUMOUTSAKOS : Le patriarche œcuménique est le chef religieux de millions de chrétiens orthodoxes dans le monde. Son rôle institutionnel, son prestige et sa renommée sont reconnus au niveau international. Il en va de même du Patriarcat œcuménique de Constantinople.  

Le respect, la reconnaissance, le déroulement sans heurts de sa mission et son fonctionnement sont des questions revêtant une importance majeure, des questions relatives au respect et à la protection des libertés religieuses.

Comme vous pouvez le comprendre, ces questions ne sont pas des questions bilatérales gréco-turques.

 

Ce sont des questions plus élargies. Tout le monde sait que ces sujets préoccupent l’Union européenne et sont directement liés à l’évolution et au progrès des négociations d’adhésion de la Turquie. En outre, les Etats-Unis d’Amérique ont manifesté le même intérêt pour le respect et la protection du principe des libertés religieuses.

 

Enfin, il va de soi que la Grèce, en tant que pays membre de l’Union européenne, s’intéresse fortement aux questions liées au Patriarcat.

 

Dans ce sens, le ministère des Affaires étrangères et la ministre des Affaires étrangères ne manquent pas une occasion de mettre en avant les questions liées au patriarcat, comme la faculté de théologie de Halki.

 

C'est une position que nous adoptons et continuerons d'adopter tant que les problèmes relatifs au Patriarcat œcuménique, au patriarche et autres thèmes liés, perdureront.

 

M. VIKETOS : Il y eu des fuites, du côté américain, il y a de cela 20 jours environ, selon lesquelles M. Obama entendait se rendre au patriarcat œcuménique à Fanari. Aujourd’hui, les informations que nous détenons prétendent le contraire et évoquent l’éventualité d’une rencontre à son hôtel avec d'autres chefs religieux. Ne pensez-vous pas, s'agissant du rôle de M. Bartholomée vis-à-vis de la question, que rencontrer ce  dernier avec d’autres chefs religieux serait un rabaissement pour le président Obama ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je pense avoir dit clairement quelle était la conception grecque s’agissant de l’institution, du rôle et de la mission du patriarcat œcuménique. Cela atteste de la façon dont la Grèce envisage toute évolution, tout événement lié directement ou indirectement à son rôle et à sa position.

 

En ce qui concerne cette question particulière, je n’entrerais pas dans ce genre de discussion, à savoir un programme qui n'a de toutes façons ni été annoncé, ni confirmé. Il n’y a que des articles y relatifs qui ont été publiés. Quoi qu’il en soit, toute évolution relative à cette question sera envisagée par la partie grecque dans cet esprit.

 

M. MELETIS : En ce qui concerne cette question, M. le porte-parole, je voulais savoir ce que pense le gouvernement des propos que Mme Clinton aurait rapportés à l’Archevêque Dimitrios, à savoir que la réouverture de la faculté de Théologie de Halki est liée à des actions devant être faites à Thrace. Nous sommes témoins du fait que Mme Clinton, le Secrétaire d’Etat américain aux Affaires étrangères, a rapporté telle quelle l'argumentation turque à des représentants de la communauté grecque.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne sais pas ce qui a exactement été dit, si cela a bel et bien été dit et si Mme Clinton a essayé de lier des questions qui n’ont aucun rapport entre elles. Par conséquent, je ne peux confirmer ce que vous dites.

Ce qu'il importe de souligner est que les questions relatives à la minorité musulmane de Thrace et au Patriarcat œcuménique ne sont pas liées et n’ont pas de rapport entre elles. Il convient de préciser que la question de la réciprocité dans le respect et l’application des politiques pour la protection des droits de l’homme ne se pose pas. Ce genre de réciprocité n’a pas lieu d’être à notre époque. Et ce, parce qu’il est du devoir des Etats démocratiques de respecter tous les droits et d’appliquer les politiques y relatives.

La Grèce, comme vous le savez, le fait, ce qui n’est pas le cas de la Turquie.

Précisément, en ce qui concerne la minorité musulmane à Thrace, nous appliquons et renforçons la politique d'égalité devant l'Etat et la loi, dans le respect des principes y relatifs et des dispositions émanant du Traité de Lausanne.

La Turquie, pour sa part, doit en faire de même pour tout ce qui la concerne – mais non dans une logique de réciprocité.

En ce qui concerne la minorité musulmane de Thrace, il convient de souligner que l'Etat grec, ces 20 dernières années au moins, a fait des pas supplémentaires en faveur de la minorité, en vertu de ses obligations émanant du Traité de Lausanne et des dispositions du droit international et européen pour la protection des droits de l’homme et des minorités.

Cela s'est traduit par des mesures positives concrètes, comme le quota du 0,5% pour l'admission dans des établissements universitaires et le recrutement dans le secteur public, ou encore par des programmes élargis, co-financés par l’Union européenne, portant par exemple sur l’égalité des sexes, des chances sur le marché de l'emploi et le dialogue interculturel, mais aussi des programmes et des politiques s'adressant à des groupes sensibles, du point de vue social, comme les tziganes.

 

Par conséquent, nous appliquons une politique axée sur trois points, en tant que pays européen démocratique. Nous ne l’appliquons pas sur la base de la réciprocité. Car tout Etat démocratique veille à améliorer continuellement la qualité de vie et les droits de ses citoyens.

 

M. MELETIS : Votre réponse était très complète. Je voulais toutefois demander si Mme Bakoyannis lors de ses rencontres aux Etats-Unis, a spécialement mentionné la question de la Faculté de Halki ? Si vous le savez, bien entendu.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Du coté américain ?

 

M. MELETIS ; Du coté américain. Si cela s’est produit, est-ce que c’était après la visite de Mme Clinton en Turquie ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La rencontre avec Mme Clinton a été une occasion de présenter les positions grecques, les points de vues et les propositions relatives aux questions d'intérêt grec, mais aussi d'échanger des vues sur le parcours européen de la Turquie.

Dans ce contexte, celui du parcours européen de la Turquie, nous avons également soulevé la question du Patriarcat, en tant que question de respect des libertés religieuses. Il n’y a pas eu, lors de ces entretiens, une réponse qui soit liée à ces questions.

 

M. PAPATHANASSIOU : Pendant la visite de la ministre à Constantinople, est-ce qu'une entrevue avec M. Babacan est prévue? Si oui, quel est l'ordre du jour?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : À l’heure actuelle, les rencontres bilatérales qui auront lieu en marge de ce sommet n’ont pas encore été définies. Lorsqu’elles le seront, nous vous en informerons.

 

M. ATHANASSOPOULOS : Savez-vous si les informations selon lesquelles Mme la ministre s’entretiendra avec Mme Clinton en marge de la conférence sur l’Afghanistan sont fondées ? Si oui, quel est l’ordre du jour de cette entrevue. Deuxièmement, vous vous êtes référés à Thrace et à toutes ces politiques que soi-disant nous menons. Avez-vous un commentaire à faire…

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Pas soi-disant, nous les menons.

 

M. ATHANASSOPOULOS : …que nous menons. Avez-vous un commentaire à faire sur certaines informations concernant la nomination d'imams, une procédure qui n’avancerait pas et dont le consulat profiterait ? Merci.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je répondrais d’abord à votre deuxième question. Toutes les actions sont entreprises pour mettre en œuvre une politique précise que la Grèce, le gouvernement grec, applique. Si des retards de nature bureaucratique sont constatés, cela n’est pas un phénomène rare. Ces choses avanceront sans heurts.

Pour répondre à votre première question. Il n'y a pas d'information précise ou définitive concernant l'éventualité d'une rencontre entre la ministre grecque et Mme Clinton en marge des travaux de la conférence sur l’Afghanistan.

 

M. FOURLIS : Au cours de la prochaine semaine ou des dix prochains jours, il est certain que des entrevues ou des rencontres avec la partie turque et américaine auront lieu. Est-ce que la partie grecque a un ordre du jour ? Par exemple l’Egée. Plus précisément, je voudrais savoir si cette question sera soulevée lors de ces rencontres qui – il est quasiment sûr, cela est mathématiquement prouvé – auront lieu.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Le «mathématiquement prouvé» reflète votre position. Lorsque la date de ces entretiens sera définitivement fixée, je l’annoncerais. C’est à ce moment là que l’ordre du jour sera communiqué ainsi que les points que soulèvera la partie grecque. Mais pour ce qui est de l’Egée plus particulièrement, pour ce qui est de la violation de la part de la Turquie et de la nature de ces violations ces derniers temps, il est certain que ces points seront soulevés, dans le cadre de ces rencontres, si rencontre il y a.

 

M. FOURLIS : J’aimerais intervenir à ce stade. Est-ce que le ministère des Affaires étrangères est satisfait du résultat de l’intervention de Mme Clinton auprès de la partie turque qui avait été demandée concernant les tensions dans la mer Egée ?

M. G. KOUMOUTSAKOS : En politique étrangère, comme vous le savez, le temps est un facteur essentiel. Les tensions dans la mer Egée et les problèmes des relations greco-turques en raison de l'attitude de la Turquie durent depuis 35 ans.

 

M. FOURLIS : (Hors micro). …mais je demande. Sommes-nous satisfaits de l’intervention, des résultats de l'intervention.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Des politiques menées depuis des dizaines d’années ne changement pas en l’espace d’un mois.

 

M. SANTAMOURIS : Je saisis l'occasion de votre réponse concernant les minorités. Ces derniers temps, ceux qui se disent être des minorités en Grèce expriment leur solidarité envers d’autres dans différentes enceintes internationales. A votre avis, s’agit-il de solidarité entre les opprimés ou les faibles ou autre chose ? Ma deuxième question concerne la référence faite par M. Speckhard dans une de ses allocutions aux Etats-Unis, où il a affirmé que des accords ont été achevés concernant deux points posés comme conditions pour l'exemption de visas pour les visiteurs grecs et que le troisième point devrait aussi être bientôt achevé. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : En ce qui concerne l’évolution des discussions sur l’adhésion de la Grèce au programme d’exemption de visas pour les Etats-Unis, cela reflète en effet la situation actuelle. Deux des trois principaux points qui composent l’accord global ont été conclus. Il reste le troisième qui est en cours. Je ne peux dire à l’heure actuelle quand ce troisième point sera définitivement conclu.

 

M. SANTAMOURIS : Une précision si vous le permettez. Est-ce que l’objection avancée par la Grèce concernant le fait qu’un accord peut se différencier de ce qui a été convenu au niveau européen et américain, tient toujours ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Différents sujets sont débattus à l’heure actuelle. C’est la raison pour laquelle je vous ai dit que je ne pouvais pas avancer la date de clôture des discussions pour ce qui est de la troisième partie de l’accord.

Pour répondre à votre première question. La solidarité peut être exprimée seulement s’agissant de questions et événements concrets et non le contraire. Je ne vois aucun fondement dans l’utilisation du terme « solidarité ».


M. SANTAMOURIS :
Et si certaines institutions internationales reconnues pensent que ces questions sont concrètes, que dit le gouvernement grec ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai répondu.

 

M. KAPOUTSIS : Vous venez de dire que l’un des sujets abordés lors du sommet de l’OTAN seront les développements en Afghanistan. Le président des Etats-Unis, M. Barack Obama a déjà exprimé sa volonté d'augmenter les forces militaires américaines en Afghanistan. Nous avons également l’interview accordée hier par Jaap de Hoop Scheffer qui a déclaré que les Européens devront augmenter leur présence militaire en Afghanistan. La diplomatie américaine a fait des déclarations similaires. Tout logiquement, on pourrait tirer la conclusion suivante : la Grèce lors du sommet subira éventuellement des pressions, amicales ou non, pour augmenter sa présence militaire en Afghanistan. Comment est-ce que la partie grecque entend gérer cela ? Est-ce que nous n'envoyons rien ou bien serons-nous plus flexibles face aux pressions américaines?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Force est de rappeler que la Grèce est présente en Afghanistan et que sa participation à cette mission, comme aussi à d’autres missions, en application de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, est décidée après évaluation de tous les paramètres et un accent particulier est toujours donné à l’évaluation aussi des priorités de la sécurité nationale.

 

Par conséquent, selon l’évolution de la discussion lors de cette réunion, la Grèce adoptera cette position.

 

Mme PELONI : Est-ce que la partie grecque a demandé un entretien avec Mme Clinton lors de la conférence internationale. Vous avez dit que rien n’avait été fixé. Mais est-ce que le ministère des Affaires étrangères a demandé un entretien ? Deuxième question : S’agissant de l’agenda des rencontres de Mme Bakoyannis à Constantinople, quels entretiens ont été fixés ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Pour ce qui est de la visite à Constantinople,  je n’ai rien à vous communiquer puisque les rencontres bilatérales ne sont pas encore fixées. A ce stade, il n’y a rien à communiquer. S’agissant de l’entretien avec Mme Clinton, un tel entretien n’a pas été fixé.

 

M. PAPATHANASSIOU :   A l’issue des explications ou des clarifications fournies par la chancellerie allemande à la demande de l’ambassadeur grec à Berlin concernant les déclarations faites par Mme Merkel, Athènes a-t-elle compris la raison pour laquelle Berlin avait changé sa politique ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne connais pas les motifs et pense qu’il serait inutile de conjecturer sur les éventuels motifs de cette déclaration. L’important, du point de vue politique, est qu’il y a une résolution unanime prise par l’alliance en avril dernier d’après laquelle sans un règlement préalable de la question du nom, ce pays ne pourra être invité à adhérer à l’Alliance. Il s’agit d’une résolution unanime prise par tous les membres de l’Alliance sans distinction.

 

Mme VOUDOURIS : Est-ce qu’il y aura une réponse de la part de la Grèce à la lettre du ministre des Affaires étrangères de l’ARYM, M. Milososki ? Quelles sont les conclusions de la visite de la ministre en sa qualité de présidente de l’OSCE en Géorgie ? Est-ce qu’il y a du progrès concernant la proposition grecque pour sortir de la crise ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La partie grecque a répondu par une lettre de la ministre des Affaires étrangères envoyée il y a dix jours en réponse à celle de M. Milososki. La réponse de la ministre a été signifiée par une note verbale du 27 mars auprès du ministère des Affaires étrangères de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine.

 

Pour des raisons de principe, comme nous avons communiqué certaines informations sur la lettre de Milososki, je vous donnerai également quelques informations relatives à la lettre de réponse qui est détaillée.

 

Dans cette lettre, la ministre des Affaires étrangères souligne que la Grèce toutes ces dernières années, en faisant preuve de sa volonté sincère et par ses actions, a appliqué le principe des relations de bon voisinage et a consenti des efforts en vue de régler la question du nom.

En outre, dans cette lettre adressée à son homologue, la ministre signale que les paroles visant à créer des impressions ne servent à rien et qu’il faut passer à l’action, entreprendre des actions concrètes pour régler la question du nom qui est au cœur des relations et des problèmes auxquels nous sommes confrontés.

 

Pour ce qui est des différentes propositions sur la mise en place de comités la ministre est très claire et affirme que cette question ne pourra faire l’objet de négociations.

 

S’agissant des comités et de l’amélioration du climat et du développement des relations bilatérales, Mme Bakoyannis souligne que tout cela est assuré par le respect tangible des principes fondamentaux, des relations de bon voisinage ainsi que des dispositions et des articles relatifs aux relations bilatérales de l’accord intermédiaire.

 

Je vous ai donné en résumé les principaux éléments de la lettre de réponse, une lettre d’environ quatre pages.

 

JOURNALISTE: (hors micro)

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai dit qu’il s’agissait des éléments principaux, fondamentaux de cette lettre.

 

Je récapitule : la Grèce a toujours appliqué une politique en faveur de bonnes relations bilatérales et des relations de bon voisinage. Au-delà de cette politique, elle s’est toujours efforcée de régler la question du nom, une question-clé. Il faut entreprendre des actions concrètes et appliquer des politiques concrètes et ne pas recourir à des paroles visant à créer des impressions. Elle réitère la position grecque concernant le règlement de la question du nom.

 

M. MELETIS : Quelle est la position grecque ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: La position que vous connaissez déjà, à savoir une appellation composée avec une détermination géographique valable pour tous.

 

Pour ce qui est des références plus concrètes à la lettre de Milososki, il y a une position claire, à savoir que la question ne pourra faire l’objet de consultations, ni de négociations et que les relations bilatérales, le bon climat et leur évolution positive sont pleinement et facilement assurés par le respect des principes fondamentaux, des relations de bon voisinage ainsi que par toutes les dispositions de l’accord intermédiaire.

 

Mme KARAVITIS :  Votre commentaire sur les déclarations de M. Gordon lors de l’audience de confirmation devant le sénat.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Je vous propose de recourir aux résolutions y relatives du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies. A Chypre, il y a un régime d’occupation et la communauté internationale reconnaît un seul gouvernement celui de la République chypriote.

 

M. VIKETOS : S’agissant de M. Gordon, par les déclarations faites à l’issue de son entretien la semaine dernière avec M. Gül, avez-vous constaté un changement dans l’attitude de M. Barroso pour ce qui est de la question chypriote et du parcours européen de la Turquie ? Comme le ministère grec des Affaires étrangères suit de près la question relative à une éventuelle rencontre entre Mme Clinton et M. Talat, je voudrais vous demander si vous avez des informations concernant l’intention des Américains d’organiser deux rencontres séparées de Mme Clinton, une avec M. Kyprianou et une autre avec M. Talat à Constantinople ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Pour ce qui est de la deuxième question, il n’y a pas d’informations concrètes. Des efforts sont en cours en vue de régler la question chypriote et tout effort doit viser à cet objectif, à savoir parvenir au règlement de la question. Et la question ne pourra être réglée que sur la base du respect de principes concrets, des règles précises du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité. Force est de rappeler qu’il y a un seul gouvernement reconnu sur l’île, le gouvernement de la République chypriote.

 

Pour ce qui est des déclarations de M. Barroso, je n’ai pas l’intention d’émettre un jugement. Quoi qu’il en soit, les décisions du parlement européen comportent des dispositions très précises concernant les obligations de la Turquie à l’égard de tous les Etats membres et bien entendu de la République chypriote.

 

Je vous rappelle la nécessité d’appliquer le Protocole d’union douanière sans exceptions avec les Etats membres et bien entendu la normalisation des relations de la Turquie en tant que pays candidat avec un Etat membre, la République chypriote.

 

M. SANTAMOURIS : Permettez-moi de revenir sur la question du nom. Vous avez affirmé que la question du nom était au cœur des problèmes qui divisent Athènes et Skopje. Quels sont ces problèmes hormis la question du nom ? Vous avez établi un lien entre l’esprit de la lettre de Milososki et la vigueur de l’accord intermédiaire. Pensez-vous que la politique de Skopje nuit à l’accord intermédiaire du point de vue pratique et institutionnel ? Dans le même discours à  Woodrow Wilson, M. Speckhard a déclaré que les Etats-Unis ne pourraient intervenir que sur la demande d’Athènes et de Skopje. Est-ce que cela pourrait se produire ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Il s’agit de l’opinion de M. Speckhard et je n’ai pas l’intention de la commenter.

Pour ce qui est de la question du nom, il est certain que ce dossier demeuré en suspens ainsi que les gestes et la politique du gouvernement actuel de Skopje, à savoir les positions extrêmes, de fanatisme et d’intolérance influent de manière négative sur les relations des deux pays ainsi que sur la coopération régionale et surtout sur les ambitions européennes et euro-atlantiques du pays voisin. Le règlement de la question du nom servira de catalyseur des évolutions positives. C’est ce que je voulais dire dans mes affirmations précédentes.

Pour ce qui est de votre deuxième question : de nombreuses actions entreprises ces dernières années par Skopje ne sont pas conformes à l’esprit des dispositions concrètes de l’accord intermédiaire.

 

M. ATHANASSOPOULOS : S’agissant de la même question.  Vous avez dit que la question demeurée en suspens et les positions nationalistes entravaient le parcours euro-atlantique de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine. Les premières déclarations de Mme Merkel vont dans le sens contraire et probablement le rapport du parlement européen aussi. La partie grecque est-elle satisfaite de sa stratégie concernant la question de Skopje ? On nous a communiqué que la ministre avait adressé une lettre de réponse au ministre des Affaires étrangères de Skopje avec un retard d’une semaine environ. Pourquoi ? Car je suppose que si nous n’avions pas demandé des informations, nous ne l’aurions pas appris. Merci.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Quand on m’a adressé cette question, j’avais répondu. C’est tout pour ce qui est de la lettre. *

[* Il est à noter que le 24 mars est la date de signature de la lettre qui a été signifiée par une note verbale le 27 mars]

Le gouvernement grec est convaincu du bien fondé de sa politique car il s’agit d’une politique menée dans un esprit constructif, une politique déterminée qui marque l’intention de la Grèce de régler la question.

S’agissant maintenant des évolutions et des incidents auxquels vous vous êtes référez, ceux-ci ne modifient pas deux éléments acquis ; Premièrement,  les négociations sous l’égide des Nations Unies se poursuivent en vue de parvenir à une solution acceptable par les deux parties et la position y relative de la Grèce est bien connue. Par conséquent, une solution est nécessaire dans ce cadre. Deuxièmement, les décisions tant au niveau de l’Union européenne qu’à celui de l’OTAN sont unanimes. Tels sont les trois éléments acquis en fonction desquels la Grèce mène sa politique, à savoir la politique appropriée qui est à la fois constructive et déterminée dans les domaines où cela est jugé nécessaire.

 

M. FOURLIS : Permettez-moi de changer de sujet. Sur la base du climat actuel et des derniers incidents au niveau des relations gréco-américaines et après les prises de positions, plus ou moins importantes, concernant la question chypriote, le Patriarcat, le programme de M. Obama en Turquie, etc., sur quels motifs la partie grecque a-t-elle choisi de se faire représenter par le ministre de la Justice lors de la manifestation organisée à la Maison blanche à l’occasion de la fête nationale du 25 mars ?

Pourquoi n’a-t-elle pas jugé nécessaire de se faire représenter par le ministère des Affaires étrangères par exemple, ce qui serait plus logique à mon sens. En dépit de cela et sur la base de ces données, le gouvernement grec et le ministère des Affaires étrangères qui est l’entité compétente, ne considèrent-ils pas opportun de chercher à avoir un entretien avec M. Obama dans les jours à venir ?

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je commence par la première question. L’Etat et le gouvernement grecs ont été représentés à cette manifestation qui est organisée chaque année en l’honneur de la Grèce à la Maison Blanche. Ne cherchez pas toujours des significations là où il n’y en a pas. L’Etat grec y a été représenté et le ministère grec des Affaires étrangères est toujours présent par l’intermédiaire de son ambassadeur accrédité dans le pays. Il n’est pas opportun de chercher toujours à trouver des significations. La plupart des fois, les décisions prises par les gouvernements des Etats sont plus simples que les interprétations qui s’ensuivent.

 

Pour ce qui est des rencontres, je n’ai rien à vous dire. En outre, il ne m’incombe pas de vous parler des rencontres au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement.

 

M. MELETIS : J’imagine qu’une semaine après la rencontre entre Mme Clinton et l’Archevêque, l’ambassadeur à Washington cherchera à savoir ce qui s’est dit lors de cet entretien et vous communiquera des informations. Vous aurez des informations une semaine après, voire dix jours. Si l’on constate que Mme Clinton a établi un lien entre Thrace, le patriarcat œcuménique et Halki, est-ce que la partie grecque réagira ? Ou bien est-ce que votre déclaration actuelle vaut réaction ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Si cela est confirmé – la question est bien entendu hypothétique – toutes les actions requises dans le cadre de la réponse qui a été donnée aujourd’hui seront entreprises. Telle est la position grecque et sur la base de cette position les actions y relatives sont entreprises.

 

Mme VOUDOURIS : Comment la proposition de la présidence hellénique sur la mission de l’OSCE en Géorgie évolue-t- elle ? Un deuxième pays, la Biélorussie, ratifiera la reconnaissance de l’indépendance de l’Ossétie du Sud. Est-ce que cela suscite des préoccupations ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Les conditions qui prévalent dans la région sont complexes et difficiles. Hier, il y a eu une attaque contre une voiture de police dans une région proche de la frontière administrative avec l’Ossétie du Sud, ce qui confirme que l’équilibre dans la région est fragile et instable. Ce climat rend difficile la convergence des vues des parties directement concernées sur la question du renouvellement du mandat de la mission de l’OSCE en Géorgie. La présidence hellénique entreprend toutefois des efforts laborieux en vue de parvenir à une solution et de permettre à la mission de l’OSCE de continuer d’être présente dans la région.

 

Il s’agit d’une mission qui, comme il été prouvé par les incidents auxquels je me suis référé, est jugée indispensable, opportune et utile. Nous poursuivrons ces efforts  car la Présidence pense qu’il est important de maintenir la mission de l’OSCE. Nos efforts sont axés sur la logique d’après laquelle toute solution ne doit pas dépasser ou violer les « lignes rouges » des parties.

Nous nous efforçons de ne pas donner un caractère politique à la question du renouvellement du mandat et à travers la mise en avant de ses éléments techniques nous essayons de parvenir à un consensus, à la convergence de vues à laquelle je me suis référé.

 

M. SANTAMOURIS : En parlant des lignes rouges des parties, les dirigeants du Kosovo demandent le retrait de l’administration des Nations Unies. Que pense la Grèce en tant que force de paix ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Notre position sur cette question résulte du fait que la Grèce n’a pas reconnu l’indépendance du Kosovo. Par ailleurs, la résolution 1244 du Conseil de sécurité demeure en vigueur. Quoi qu’il en soit, je me réserve de vous donner une réponse plus précise.

 

Merci.

Traduction non officielle

 




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