Mesdames et Messieurs,
Le changement climatique est une réalité.
Aujourd’hui, la température moyenne a augmenté de 0,8 degrés C°, par rapport aux niveaux préindustriels, et cette augmentation ne cesse de s’accélérer. Cette année, déjà, nous avons eu un avant-goût terrible de l’impact de ce changement, dont on ne peut prévoir avec certitude l’ampleur et la rapidité. L’incertitude inhérente de ces prévisions a, des années durant, encouragé les plus sceptiques. Il s’agit là d’une vision totalement altérée de la réalité. S’il y a incertitude, c’est parce que l’Homme en augmentant les gaz à effet de serre et la température mondiale effectue en réalité une expérience planétaire à une vitesse et d’une ampleur sans précédent. Seulement, le principal sujet de cette expérience n’est pas la planète elle-même, comme d’aucuns pourraient le penser à tort. Dans cette expérience, le principal sujet est le genre humain. Autrement dit, nous.
Le changement climatique n’est pas un problème qui peut être résolu par un pays ou un groupe de pays, à lui seul. Les gaz à effet de serre émis sur la planète ont une influence sur nous tous. La pollution des riches a une influence sur les pauvres. La pollution du passé a une influence sur les générations futures.
Le défi qui s’offre à nous est en réalité historique. Pour relever ce défi, il faudra que la discussion mondiale engagée soit couronnée de succès au cours des deux prochaines années. Cette discussion créera une condition nouvelle, plus exigeante et contraignante, pour la protection du climat mondial pour la période après 2012, date à laquelle le protocole de Kyoto prend fin.
Cette discussion, dont la phase la plus difficile débute dans moins de deux semaines à Bali, est particulièrement complexe et difficile car elle devra inclure :
Þ Une participation plus large aux efforts de réduction des émissions polluantes, en particulier de la part des économies émergentes qui devraient poursuivre des objectifs équitables et proportionnés.
Þ Des mécanismes financiers et des mesures incitatives en vue de développer rapidement la technologie écologique.
Þ Des mécanismes financiers et des mesures incitatives en vue de transférer massivement la technologie écologique vers les pays en développement, puisque du point de vue éthique il n’est pas acceptable que nous-mêmes continuions à profiter du mode de vie occidental en faisant de « petits sacrifices écologiques » alors que des milliards de personnes continuent de vivre dans la pauvreté.
Þ Il faudra enfin que la nouvelle convention prévoie d’importants moyens financiers pour l’adaptation des pays en développement et en particulier des pays les moins développés aux incidences du changement climatique.
La Grèce a été parmi à les pays à soutenir activement l’adoption d’une politique européenne décisive de réduction unilatérale des émissions de gaz pour faciliter la discussion difficile qui va s’engager. Dans un même temps, dans le cadre du Réseau de sécurité humaine, la Grèce vient compléter cette politique en consacrant sa présidence à la sensibilisation de l’opinion commune internationale sur les menaces liées au changement climatique pour les populations vulnérables dans les pays en développement et notamment pour les femmes, les enfants et les immigrés.
Il est de notre devoir éthique et politique de traiter de la question des incidences du changement climatique sur ces populations vulnérable ; c’est une question qui est tout aussi grave qu’urgente.
Notre objectif est donc, au cours des prochains mois, d’examiner systématiquement la question et de coopérer étroitement avec nos partenaires du Réseau de sécurité humaine, de grandes organisations internationales, institutions et ONG pour mettre en avant les incidences du changement climatique sur la sécurité humaine des populations vulnérables et promouvoir l’aide au développement internationale et européenne pour lutter contre ces impacts environnementaux.
Dans le même temps, nous examinons la possibilité de créer, en coopération avec des organisations internationales et régionales, des fonds grecs qui financeront de manière flexible des programmes d’adaptation au changement climatique pour l’Afrique et les petits Etats insulaires. Notre objectif est d’encourager une plus grande contribution des pays développés et d’aider au renforcement de la capacité d’adaptation des pays les plus vulnérables.
Le défi du changement climatique est un défi historique de notre génération. Pour relever ce défi, il faut construire une nouvelle alliance mondiale. Surmonter les difficultés, régler les différends, dissiper les préjugés et avancer ensemble, chacun assumant avec courage ses responsabilités.
Je vous remercie.