Athènes, le 28 mars 2008
Monsieur le Premier ministre
Monsieur le Président de la Commission européenne
Monsieur le Président du Parlement hellénique,
Monsieur le Président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe
Monsieur le Président du Parlement européen
Messieurs les présidents et membres des parlements nationaux
Monsieur le Commissaire
Mesdames et Messieurs,
Je suis très heureux de vous accueillir aux travaux de la 4e session plénière de l’Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne.
La Grèce accorde depuis toujours une importance particulière à la région de la Méditerranée puisqu’elle constitue notre région élargie. Des liens d’amitié et de coopération étroite, sur le plan politique, économique, culturel et social, nous unissent au peuple méditerranéen. Notre intérêt étant donc très marqué, nous considérons la session d’aujourd’hui comme particulièrement positive.
Le partenariat que nous avons établi depuis 1995 entre l’UE et les pays méditerranéens a effectué un parcours substantiel. L’établissement d’un dialogue politique, le renforcement de nos relations économiques, le dialogue entre les cultures et la coopération dans le domaine de la sécurité et de l’immigration, dont l’objectif final est le développement social dans la région, ont créé un acquis précieux dans la coopération égale entre les partenaires du Processus de Barcelone.
Cette coopération ne doit pas se borner aux aspects institutionnels, quels qu’ils soient, mais s’élargir sans cesse sur la base d’une volonté ferme en faveur de la promotion de stratégies de développement communes, qui répondent de manière concertée aux besoins des pays de la Méditerranée.
La coopération euro-méditerranéenne entre désormais dans une nouvelle phase critique : tous attendons de voir des progrès considérables dans les objectifs définis lors du Sommet de Barcelone. A savoir, le développement substantiel de la dimension régionale, d’une coopération globale entre les Etats membres de l’UE et les pays du Sud de la Méditerranée basée et axée sur des résultats tangibles de la Politique européenne de Voisinage.
Dans le cadre de cet effort et de cet objectif, le rôle de l’Assemblée parlementaire revêt une importance particulière. Elle est non seulement un espace de dialogue et d’échange, mais aussi un lieu de rencontre d’identités, de visions du monde et de priorités politiques.
Comme vous le savez, notre pays a depuis toujours été en faveur de la création d’un organe parlementaire au sein du Processus de Barcelone, qui permettrait à nos peuples de communiquer et de se rapprocher par l’intermédiaire de leurs représentants parlementaires. D’ailleurs, la Grèce a contribué de façon décisive à la décision y relative prise lors de la Conférence euro-méditerranéenne des ministres des Affaires étrangères qui s’est tenue en Crète (mai 2003). Nous reconnaissons l’œuvre remarquable de l’Assemblée parlementaire, qui a non seulement institué la dimension parlementaire de la coopération euro-méditerranéenne, mais aussi rapproché nos parlements.
Elle revêt désormais une dimension politique par excellence et sa présence est de plus en plus palpable. Grâce à son pluralisme et sa représentativité, elle contribue de manière décisive à notre effort visant à créer une nouvelle géographie en Méditerranée. Une géographie de paix, de sécurité, de stabilité et de coopération. Notre objectif est de faire progressivement de la Méditerranée une Mer commune, une mer qui ne divise pas, mais au contraire une mer qui unit, une passerelle de dialogue et de compréhension mutuelle, un lieu permettant la création de perspectives communes.
Mesdames et Messieurs,
A ce stade, j’aimerais me référer très brièvement à la question centrale soulevée au Sommet d’Athènes : les domaines de l’énergie et de l’environnement. Cela même atteste du fait que l’Assemblée euro-méditerranéenne perçoit l’importance des questions qui préoccupent la région, elle est à l’écoute des défis et joue un rôle qui lui est propre en mettant en avant la dimension régionale de questions stratégiques, telles que le développement durable, la sécurité et la coopération énergétiques, ou encore la protection de l’environnement.
Le récent conseil européen de printemps a d’ailleurs consacré une grande partie de ses conclusions au chapitre énergétique et au changement climatique.
Dans le même temps, la coopération énergétique euro-méditerranéenne, une initiative grecque adoptée en décembre dernier à Limasol, Chypre lors de la 5e Conférence euro-méditerranéenne des ministres de l’Energie, en vertu de la nouvelle déclaration y relative et du plan d’action 2008-2013, ouvre la voie à l’accélération de l’harmonisation des marchés de l’énergie et des cadres institutionnels qui permettront la mise en place progressive d’un marché de l’énergie dans la région euro-méditerranéenne.
Cette même déclaration assure la promotion du développement durable et la mise en valeur des sources alternatives d’énergie, qui sont des facteurs déterminants pour le maintien et la protection de l’environnement.
En outre, j’aimerais attirer votre attention sur la question de l’évolution du Processus de Barcelone, sur la base du projet d’Union méditerranéenne. La Grèce partage l’idée, telle qu’elle a été formulée dans la Déclaration des conclusions du Conseil européen et dans cet esprit nous voyons d’un œil positif la proposition visant à renforcer la dimension méditerranéenne de la coopération euro-méditerranéenne avec la contribution égale des partenaires des deux côtés de la Méditerranée.
Le principe de co-propriété, qui caractérise le Processus de Barcelone, est un principe fondamental pour le bon fonctionnement de cette dimension. De surcroît, le processus continuera d’être le noyau de nos relations.
En ce qui concerne la coopération dans le domaine de la culture, je rappellerais que l’année 2008 a été proclamée Année européenne et euro-méditerranéenne du dialogue entre les cultures et dans ce contexte notre pays est particulièrement honoré d’accueillir en mai prochain le 3e sommet des ministres de la Culture dont le principal thème est le dialogue interculturel.
La valeur du dialogue sur le plan de la compréhension mutuelle et du rapprochement des peuples est, à mon sens, indéniable. Toutefois, il est nécessaire que le dialogue, qui plus est le dialogue interculturel, soit bien plus qu’un outil, à savoir un choix politique bien précis en vue de promouvoir des relations de confiance.
Au chapitre de l’Education, la Grèce accorde une importance particulière à la coopération interuniversitaire et aux programmes d’échanges universitaires. Dans ce sens, un programme méditerranéen Erasmus est aujourd’hui plus que jamais nécessaire. Nous soutenons également la création d’une université euro-méditerranéenne, un réseau d’universités existantes avec des pôles régionaux et dont l’objectif sera la coopération en vue de valoriser la recherche et la technologie.
Enfin, j’aimerais vous souhaiter plein succès dans vos travaux, dont les conclusions sont déterminantes pour l’évolution de la coopération euro-méditerranéenne.
La Grèce attache une importance particulière au développement de la coopération dans la région de la Méditerranée. Nous souhaitons être non seulement présents, mais jouer un rôle de premier plan. Tout comme l’Europe du Sud-est, la Méditerranée est un espace naturel d’action pour la présence grecque.
C’est sur la base de cet engagement que nous coordonnons nos actions vers les voies communes qui s’ouvrent à nous. C’est la clé de la stabilité, du développement et du progrès.
Je vous remercie.