Athènes, le 23 mai 2008
M. G. KOUMOUTSAKOS: Bonjour.
Lundi 26 mai, la ministre des Affaires étrangères représentera la Grèce au Conseil Affaires générales et
Relations extérieures de l’Union européenne qui se tiendra à Bruxelles.
Les travaux de ce Conseil dureront deux jours, les 26 Et 27 mai, avec la participation des ministres de la Défense et de la Coopération au développement des Etats membres. Madame la ministre sera accompagnée des ministres adjoints des Affaires étrangères, M. Yannis Valinakis et M. Pétros Doukas.
Les principaux points de l'ordre du jour sont : 1) la préparation du Conseil européen du 19 juin, 2) les développements dans les Balkans occidentaux avec notamment les évolutions en Serbie, 3) la situation en Irak, en Géorgie et en Somalie, 4) les évolutions actuelles au Moyen-Orient
Les principaux thèmes abordés lors du déjeuner des ministres des Affaires étrangères sont : les relations Union européenne – Etats-Unis. Dans le même temps aura lieu un sommet conjoint des ministres des Affaires étrangères et de la Défense lors duquel sera examiné le parcours de la politique européenne de sécurité et de défense ainsi que les développements en Afghanistan et la question de la participation d’enfants aux conflits armés.
En ce qui concerne le Conseil des ministres de la Coopération au développement ; parmi les points figurant à l’ordre du jour, force est de souligner la défense des droits de l’enfant dans le cadre de l’action extérieure de l’Union européenne et l’accélération du progrès en vue de réaliser les objectifs du Millénaire.
Enfin, en marge des travaux du CAGRE, se tiendront, entre autres, le Conseil de l’Union européenne et de l’Espace économique européen, le Conseil d’Association avec la Turquie et le Conseil de coopération avec la Moldavie.
Mardi 27 mai à 13h00, la ministre des Affaires étrangères offrira un déjeuner à l’ancien Sénateur des Etats-Unis, M. Paul Sarbanes, en visite dans notre pays, du 24 au 29 mai.
Mercredi 28 mai à 10h00, Mme la ministre aura des entretiens avec le Commissaire à la présidence de Chypre, M. G. Iakovou, tandis que dans l'après-midi, elle recevra le représentant spécial de l'Organisation internationale de la Francophonie, M Henri Lopes.
J’aimerais également me référer à deux manifestations organisées dans le cadre des activités du ministère. La première concerne la conférence internationale sur les effets du changement climatique et la sécurité humaine. Cette manifestation importante se tient du 29 au 30 mai à Athènes, au Palais de la Musique et s’intègre dans le cadre des activités de la présidence grecque du Réseau de sécurité humaine. La présidence grecque avait débuté en mai 2007 et sa fin coïncide avec la dixième réunion des Etats-membres du Réseau qui a lieu ici à Athènes à l’hôtel Grande Bretagne, le 30 mai.
J’aimerais me référer à certains aspects des actions du ministère des Affaires étrangères dans le cadre du Réseau de sécurité humaine.
Dans le cadre du Réseau de sécurité humaine, le ministère des Affaires étrangères a entrepris et promu des initiatives et des actions qui s’articulent autour de trois axes.
1) l’information et la sensibilisation de l’opinion publique grecque à travers l'organisation de manifestations dans différentes villes, comme Athènes, New York, Bali, Genève et Vienne.
2) L’examen et la promotion de propositions bien précises relatives à la politique en matière de changement climatique, sécurité humaine et aide au développement.
3) L’examen et la promotion de programmes de financement flexibles de la Grèce dans le cadre de la coopération et de l’aide au développement en vue de renforcer la capacité d’adaptation au changement climatique des petits pays et des pays moins développés.
Ainsi, les travaux de la conférence débuteront jeudi 29 mai à 9h30. Ils seront inaugurés par la ministre des Affaires étrangères, Mme Bakoyannis, le ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et des Travaux publics, M. Souflias.
Cela étant, le programme de cette manifestation vous sera distribué.
Par ailleurs, les 2 et 3 juin se tiendra à Lagonissi la conférence internationale sur les femmes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord intitulée :«Initiative pour la prochaine génération, entreprenariat local pour les droits internationaux, Moyen-Orient, forum régional des femmes entrepreneurs au niveau local et régional.
La rencontre est organisée sous l’égide du ministère des Affaires étrangères suite à l’initiative de la Grèce.
Les 28 et 29 mai, M. Valinakis participera aux séances du Comité spécial du Parlement portant sur l’examen du projet de loi sur la ratification du Traité de Lisbonne.
M. Doukas se trouve à Londres, suite à l'invitation de l'Union des Banquiers grecs de Grande Bretagne; par ailleurs du 1 au 3 juin, M. le ministre adjoint sera en déplacement à Moscou dans le cadre d’une visite officielle, à la tête d’une importante délégation d’hommes d'affaires.
Le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Théodoros Kassimis est en tournée en Italie du Sud, du 22 au 25 mai. Cette visite inclura une visite de certains villages hellénophones. Le 26 mai, M. Kassimis aura une rencontre à Rome avec la Fédération des communautés grecques d'Italie et le 26 il rencontrera le ministre italien des Affaires étrangères, M. Alfredo Mantica.
Par ailleurs, j’aimerais ajouter qu’un protocole d’accord dans le domaine de l'énergie a été signé aujourd’hui au ministère des Affaires étrangères entre le Secrétaire général des Relations économiques internationales et de la Coopération au développement, M. Skylakakis et le Directeur adjoint d’US Aid, Europe et Eurasie, M. Thomas Fleetwood Mefold
La coopération concerne l’accélération des investissements dans le domaine des sources renouvelables d’énergie et de l’économie d’énergie, dans des pays membres de la Communauté énergétique, à savoir l’Albanie, la Bosnie et Herzégovine, la Géorgie, la Croatie, le Monténégro, la Moldavie, l’Ukraine, l’ARYM, la Serbie. Le mémo y relatif vous sera transmis.
Vos questions s’il vous plait.
Mme SPANOU : Pour quelle raison avez-vous dissimulé la rencontre entre la ministre des Affaires étrangères et le « ministre des Affaires étrangères » du Kosovo, comme il s’appelle lui-même, rencontre qui a eu lieu en Bulgarie ; est-ce que la diplomatie secrète exercée par Mme Bakoyannis est approuvée par le Premier ministre et est-ce que la Grèce entend reconnaître [le Kosovo] ? [La Grèce] a laissé des imprécisions et des « zones grises », quant à sa position.
M. KOUMOUTSAKOS : il y a du nouveau au Kosovo et la Grèce prendra des décisions à ce sujet, une fois qu’elle aura examiné en détail chaque aspect, chaque impact éventuel de ces nouvelles données sur la sécurité et la stabilité de la région et toujours en tenant compte des intérêts grecs.
M. MELETIS : En quelle qualité, la ministre des Affaires étrangères a-t-elle rencontré M. Hyseni ? J’aimerais une réponse précise. Il y a une photo de la ministre lors d’une rencontre avec une personne que les médias appellent « ministre des Affaires étrangères du Kosovo ». Comment la ministre a-t-elle rencontré cette personne, en quelle qualité ? Pouvez-vous me répondre en tant que ministère des Affaires étrangères ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: C’est le cadre de l’élite politique, de la classe dirigeante du Kosovo et c’est en cette qualité qu'il a demandé à rencontrer Mme la ministre. Compte tenu du rôle que joue la Grèce, tel que je l'ai décrit tout à l'heure, il y a eu une rencontre de quelques minutes.
Pour ce qui est de la diplomatie secrète, l’existence de photos écarte toute allusion à une diplomatie secrète. La diplomatie secrète n’est pas possible en présence de photographes.
Mme ADAM : Monsieur le porte-parole, mes confrères et moi-même avons rencontré la ministre et vous-même, mardi. Nous avons parlé de tout et de rien. Des questions les plus « graves » aux plus « futiles ». Nous avons abordé diverses questions y compris ce sujet. J’aimerais donc savoir à quel niveau a été prise la décision de ne pas informer les journalistes grecs couvrant une mission officielle au sujet d’une rencontre de la ministre, selon la pratique habituelle que vous avez invoquée, alors que vous communiquez des informations sur tout d’autant plus que l'on sait que cette question est prépondérante, puisque la Grèce n’a pas reconnu ce pays. Dans la délégation de journalistes, personne n’a pris la peine de mentionner qu’il y aurait des représentants du Kosovo. Personne n’a pris la peine après-coup de dire qu’il y aurait cette rencontre de la ministre et nous journalistes sommes contraints de le voir depuis un site Internet inexistant. J'aimerais tout d’abord savoir à quel niveau a été prise la décision de ne pas informer la délégation grecque de la présence de représentants du Kosovo à une conférence internationale où ils n’avaient pas lieu d’être, ni en tant qu’observateurs, rien. Quels sujets ont été abordés ? Cette question est officielle et je souhaite que vous y répondiez.
Pour ce qui est de la date de la rencontre, celle-ci n’avait pas été planifiée lorsque nous nous sommes vus mardi. Cette rencontre, qui n’a duré que quelques minutes, comme je vous l’ai dit, a eu lieu tard dans la matinée.
Par conséquent, ne jetez la pierre sur personne. Personne ne s’est moqué de personne. Personne n’a rien caché.
Pour répondre à l’autre question relative à la teneur des discussions...
Mme ADAM : (hors micro) Pardonnez-moi, cela a eu lieu avant ou après la déclaration du Premier ministre ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Avant si je ne m'abuse. Permettez-moi de le confirmer.
Je vous prierais de me laisser répondre, car j’ai moi-même écouté très patiemment votre longue question.
Deuxièmement, vous m’avez posé une question relative à la teneur des discussions. La ministre des Affaires étrangères a réitéré les positions grecques, qui son bien connues, la façon dont notre pays perçoit la question du Kosovo. Je ne sais pas s'il y avait autre chose. Je m'informerais et vous répondrais.
Il y avait une troisième question à laquelle je n‘ai pas répondu. Vous m’avez demandé quand cette rencontre eu lieu ?
Mme ADAM : Quand ont eu lieu les entretiens et quelle était leur teneur.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai dit que la rencontre a eu lieu le deuxième jour, après que la ministre et moi-même en avons parlé. Cet entretien n’était pas planifié et n’a pu, par conséquent, être annoncé au préalable, et s'inscrit comme je vous l'ai dit, dans le cadre d'une pratique courante valable dans tous les pays du monde. Une rencontre de ce genre ne fait pas l’objet d’un communiqué préalable.
Mme ADAM : Une question de fond. La partie grecque, le gouvernement grec avait-il été informé en temps utile par la présidence bulgare de la Coopération Interbalkanique que dans la salle il y aurait des représentants de l’élite politique du Kosovo ? Y avait-il eu communication d’informations lors de la préparation du sommet, autrement dit la partie grecque était-elle au courant ou bien s’est-elle en quelque sorte trouvée devant le fait accompli en présence d’un homme inconnu ? Et quelle était sa réaction ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Vos questions sont très précises. Etions-nous au courant, ne l’étions-nous pas. J’aimerais vous dire que la pratique veut, concernant la coopération interbalkanique, que des cadres de la classe dirigeante du Kosovo soient présents; ils sont toutefois présents en qualité de membres, sous « le parapluie » de la délégation de la MINUK, invitée en tant qu’observateur.
M. MELETIS : Est-ce que la partie grecque a réagi lorsque ce monsieur a pris la parole?
Mme ADAM : Depuis quand est-ce ainsi, monsieur le porte-parole?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Depuis toutes les années, depuis que je suis les travaux du Processus de Coopération de l’Europe du Sud-est.
Mme ADAM : Est-ce que pendant la présidence grecque, il y a trois ans, un représentant du Kosovo a pris la parole lors du sommet?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Il n’a pas pris la parole, il était présent, en la qualité que je vous ai mentionnée.
Mme ADAM : Comment cet homme a-t-il pris la parole lors du sommet, c’est ce que je demande.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne le sais pas, Mme Adam. Votre question était « comment se fait-il qu’il était présent » ?
Mme ADAM : Oui c’est cela.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je résume donc. La présence, telle que je l’ai mentionnée, constitue une pratique habituelle. Le droit de parole est tout autre chose et je ne sais pas si les Représentants ont été préalablement informés. Très honnêtement je ne peux vous dire si cela avait fait l’objet d’un accord avec la présidence bulgare, ou bien si cette personne a pris la parole «de facto».
M. SANTAMOURIS : J’aimerais savoir si des réunions de ce genre, à savoir les réunions informelles, non programmés, etc. avec des représentants de l’élite politique du Kosovo...
M. G. KOUMOUTSAKOS : de la classe politique dirigeante [du Kosovo].
M. SANTAMOURIS : D’accord, de la classe politique dirigeante du Kosovo, toutefois la classe politique dirigeante n'a pas vraiment de sens, car il y a de nombreux dirigeants politiques au Kosovo, n’est-ce pas ?
Y a-t-il eu d’autres rencontres de représentants de la classe politique du Kosovo et de hauts représentants gouvernementaux de la Grèce dans quelque région d’Europe que ce soit ou ailleurs ? C’est ma première question.
Ma deuxième est…
M. G. KOUMOUTSAKOS: Si vous parlez de la période après février dernier, la réponse est non. Avant il y a eu des visites à Pristina.
M. SANTAMOURIS : Ma deuxième question, est basée sur la réponse que vous avez donnée; est-ce que Mme la ministre a répété les positions grecques concernant le Kosovo parce que les représentants de la classe dirigeante du Kosovo ne les avaient pas comprises ou bien parce qu’ils ne s’en souvenaient pas ? La troisième question est : Est-ce que d’autres questions d’intérêt balkanique ou grec ont été abordées lors de cette réunion ? Comme par exemple, la question du nom de l’Ex-République Yougoslave de Macédoine ? Par ailleurs, quelle sera la réaction de la Grèce si les représentants du pseudo-Etat turco-chypriote sont reçus en tant que représentants d’un Etat en tant que tel ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je commencerais par le dernier point. Il n’y a aucun rapport entre ces deux points, on ne peut faire aucun parallélisme. C’est ce que je répondrais à votre troisième question.
Pour ce qui est de votre deuxième question, je répondrais que dans une rencontre de ce genre, la position du pays est réitérée.
Concernant votre première question, la réponse est non.
M. SANTAMOURIS : (hors micro)…d’intérêt balkanique et grec à cette rencontre.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Non, une telle question ne se pose pas.
Mme KOURBELA : Monsieur le porte-parole, une question sans rapport avec les précédentes, mais qui concerne un développement récent survenu au parlement européen. Le rapport de suivi du parlement européen sur la Turquie, contenait de nombreux points, toutes les questions d’intérêt grec, pour lesquelles le Parlement européen a demandé que justice soit obtenue. Est-ce que la partie grecque fera suite à cette question après la réaction y relative du Parlement européen ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: C’est un acquis positif. Cela étant, c’est sur la base de cet acquis positif que seront évaluées les actions futures.
M. KOTTARIDIS : Est-ce que nous attendons que l'OTAN nous dise quand des avions AWACS seront disponibles dans la région pour effectuer l’exercice. Par ailleurs, j’aimerais votre avis sur tous ces articles publiés à Ankara, selon lesquels la Turquie se trouveraient à l’origine de l’annulation de cet exercice à Agios Efstratios.
M. G. KOUMOUTSAKOS : En ce qui concerne la disponibilité opérationnelle d’avions ou autres moyens de l’Alliance, veuillez poser votre question à l’Alliance.
En ce qui concerne les articles dont vous parlez, j’aimerais faire une prise de position générale. La position que la Turquie adopte depuis trente ans s’agissant de toute une série de questions, dans le cadre de l’OTAN, en relation avec le rôle géostratégique de la Grèce au sein de l’Alliance, est bien connue. Cette position a, en définitive, un impact négatif sur la cohésion et la capacité de réaction opérationnelle de l’Alliance.
Cette situation doit changer, ce que la Grèce s’efforce de faire, de mettre fin à cette situation. Ce qui, en définitive, sera dans l’intérêt de l’Alliance elle-même.
M. MELETIS : (hors micro) … du point de vue du sens est incomplet.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je suis d’accord avec vous.
M. MELETIS : Monsieur le porte-parole, vous savez depuis 30 ans quelle est la position de la Turquie et manifestement les avions AWACS n’existaient pas il y a trente ans et au cours de ces trente dernières années, le temps n’était pas toujours mauvais. Vous voyez ce que je veux dire.
Je voulais vous poser la question suivante : Pour quelle raison à l’époque le ministère des Affaires étrangères, en coopération avec le ministère de la Défense, a-t-il décidé de soumettre le projet relatif à la réalisation de l’exercice, en y incluant l’île d’Agios Efstratios, tout en sachant que la politique de la Turquie est la même depuis trente ans ? Et si vous avez pris cette décision, j’imagine que les services diplomatiques et la ministre des Affaires étrangères dans ses contacts avec M. Scheffer a veillé à être assurée de la réalisation de cet exercice, puisque la réalisation de cet exercice ne fait pas l’unanimité. Autrement dit, la Turquie ne pose pas son veto au déroulement de l’exercice, c’est soi-disant le commandant de l’armée qui décide. Ma question est la suivante : qui a assuré la ministre, le ministre de la Défense, les services diplomatiques, du déroulement de l’exercice ? Deuxième question, de l'avis du ministère des
Affaires étrangères, qui a empêché le déroulement de l'exercice?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je pense que nous avons épuisé le sujet. Une information complète a été communiquée, notamment concernant l’aspect opérationnel de la question, par le ministre de la défense au comité compétent du parlement.
Pour ce qui est de la question plus générale que vous posée, concernant une politique qui se répète ou des efforts qui se poursuivent, j’aimerais donner une réponse générale.
Ce qui importe, dans ce genre de questions complexes, ce n’est pas toujours le couronnement des efforts déployés. Ce qui importe est de croire en l’objectif de l’effort et de le poursuivre.
Les positions de la Grèce sont consignées et connues de l’Alliance. Cela étant, le ministère des Affaires étrangères examine l’éventualité d’entreprendre des actions ultérieures. Par ailleurs, il est clair - et nul ne peut en douter - que la pleine valorisation du rôle, des capacités et de la contribution de la Grèce dans l'Alliance fait partie des priorités nationales.
M. MELETIS : Les actions à entreprendre ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai dit que l’on était entrain d’évaluer l’éventualité d'actions ultérieures.
M. MELETIS : Excusez-moi de dépasser le temps prévu, une dernière question : pour quelle raison des actions ultérieures seront entreprises pour la non disponibilité des systèmes AWACS ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai dit que l’éventualité d’actions ultérieures était en cours d’évaluation et que, quoi qu’il en soit, l’Alliance connaît très bien les positions de la Grèce.
M. N. MELETIS : Monsieur le porte-parole, cet exercice aura-t-il lieu ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Le déroulement de cet exercice demeure inscrit à l’agenda relatif aux exercices.
Mme FRYSSA : Dans quelle mesure le blocage et l’annulation de l’exercice pourraient-ils influencer les relations gréco-turques ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Comme la ministre des Affaires étrangères l’avait affirmé, les efforts consentis en faveur de la pleine normalisation des relations gréco-turques sont un marathon. Pour parvenir à la pleine normalisation des relations gréco-turques, il faut faire preuve d’une grande résistance, s’armer de patience et d’insistance.
M. KOTTARIDIS : Pourriez-vous nous donner des informations sur la visite de M. Speckhard au ministère des Affaires étrangères ? Avec qui s’est-il entretenu et quelles étaient les questions abordées ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Bien sur. Il s’est entretenu avec le Secrétaire général, l’Ambassadeur, M. Agathoklis dans le cadre des rencontres diplomatiques ordinaires. Les questions abordées ont porté, entre autres, sur le trafic et l’évolution du programme d’exemption de visa.
Mme ADAM : Pour quelle raison, M. Speckhard a-t-il visité, il y a une quinzaine de jours, le campement de tziganes à Aspropyrgos et a-t-il eu des entretiens ? Est-ce que le ministère des Affaires étrangères en a été informé ? A-t-il lu la lettre de réponse que le maire d’Aspropyrgos avait adressée à M. Speckhard ?
M.G. KOUMOUTSAKOS : Pour ce qui est de la première partie de votre question, vous pouvez vous adresser à l’Ambassade des Etats-Unis.
Mme ADAM : C’est-à-dire le ministère des Affaires étrangères ne savait pas que…
M. G. KOUMOUTSAKOS : Vous me demandez pourquoi M. Speckhard a visité le campement de tziganes. Vous comprenez que ce n’est pas au porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la Grèce de répondre à cette question, mais à l’Ambassade des Etats-Unis.
Mme ADAM : Je vous demande si vous avez été informés sur la question et pas la raison de cette visite.
M.G. KOUMOUTSAKOS : Je ne pense pas que la visite d’une personne dans une région de notre pays nécessite l’autorisation préalable du gouvernement. Heureusement que nous n’avons pas de régime de ce genre.
Mme ADAM : Non, pas dans ce sens. Je vous pose cette question car cette visite a été mise tout d’un coup au premier plan.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne sais pas si le ministère des Affaires étrangères en a été informé. Il a pu l’avoir été à travers une simple communication téléphonique.
Mme ADAM : Je vous ai posé cette question car ces dernières années, comme vous le savez, la question des droits de l’homme en Grèce et de l’oppression des tziganes figurent au tout premier plan dans les rapports annuels des Etats-Unis.
Depuis quand le gouvernement grec connaît-il l’attitude de la Turquie au sein de l’OTAN vis-à-vis du problème de l’île d’Agios Efstratios ? Telle est ma première question.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je n’ai pas de date concrète. Quoi qu’il en soit, comme vous le savez – et je pense avoir déjà répondu à cette question- l’attitude de la Turquie vis-à-vis des questions portant à la mise en avant du rôle de la Grèce au sein de l’OTAN est bien déterminée.
Mme ADAM : Puisque donc cette attitude de la Turquie date depuis longtemps – comme vous le laissez entendre- pourquoi le gouvernement grec durant toute cette période, n’a rien fait dans le cadre de l’Alliance pour changer le cours de cette évolution de la Turquie ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Non, Mme Adam, je ne partage votre opinion. Je vous l’ai déjà dit et ma réponse était bien claire.
Ma réponse était que l’objectif n’est pas toujours le couronnement des efforts déployés mais de croire en l’objectif de ces efforts et les poursuivre. Telle est également ma réponse à l’heure actuelle. Mais je n’accepte pas, en aucune manière, que la Grèce fasse preuve de négligence ou d’inertie lorsqu’il s’agit des questions de priorité nationale.
Mme ADAM : Très bien. Je le note et je continue. La Turquie, comme nous le savons, inclut l’île d’Agios Efstratios dans la liste des îles ayant été, selon elle, « démilitarisées » en mer Egée et a transmis depuis un certain temps déjà, cette liste à l’OTAN. Par conséquent, vu ces données et votre réponse, à savoir que la Grèce agit en fonction de l’intérêt national, pourquoi pendant deux années consécutives la Grèce, le ministère de la Défense et le ministère des Affaires étrangères, envisagent-ils, dans le cadre de l’OTAN, de faire un exercice lequel inclura l’île d’Agios Efstratios et non pas l’île de Limnos ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je n’ai pas d’informations relatives à la planification des exercices militaires, aux données opérationnelles ou autres. Le choix des exercices, les modalités et la nature sont décidés dans le cadre d’une coopération continue et productive entre les deux ministères. Je n’ai rien d’autre à ajouter.
Mme ADAM : Une dernière question. L’année dernière, durant cette période, cette question a été débattue dans cette salle et les ministères des Affaires étrangères et de la Défense nous avaient assuré que la « question serait réglée dans les plus brefs délais ». Le temps s’est écoulé et…
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je répèterai ma réponse. Les efforts ne sont pas terminés, ils se poursuivent. L’exercice figure toujours dans l’agenda.
Mme ADAM : Quand l’exercice aura-t-il lieu ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : À l’heure actuelle, je ne peux vous donner la date exacte. Vous devez retenir que l’éventualité du déroulement de cet exercice demeure ouverte.
Mme ADAM : Oui, mais quand est-ce qu’il se déroulera, puisque…
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne le sais pas. Comme vous le comprenez, cela est en fonction de l’évaluation des facteurs multiples [soit] purement techniques, à savoir disponibilités, planification d’autres exercices qui pourraient éventuellement se dérouler durant la même période. Il existe une série d’éléments et de données techniques qui doivent être pris en considération.
Mme ADAM : Depuis mi-juin jusqu’à mi-septembre, le mémorandum Papoulias- Yilmaz est activé, à savoir il n’y aura pas d’exercice. Le déroulement de l’exercice sera reporté au mois d’octobre au plus tard.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne le sais pas. Il s’agit de l’un des éléments auxquels je me suis déjà référés mais sans rien préciser.
M. ATHANOSSOPOULOS : D’après ce que je comprends, ce sont des raisons techniques qui détermineront le déroulement ou non de l’exercice. Les raisons politiques ne sont pas prises en compte.
M.G. KOUMOUTSAKOS : Je me suis référé à toute une série de raisons, entre autres, la planification des exercices, les disponibilités et autres.
M. SANTAMOURIS : D’après le ministère des Affaires étrangères, quelle est la prochaine étape de la consultation gréco-turque ? Une rencontre aura-t-elle lieu entre les acteurs gouvernementaux grecs et turcs dans l’avenir proche, à savoir dans le courant de l’été ? Et une deuxième question : je voudrais revenir à la première question : en vue de la prise officielle des fonctions par le gouvernement du Kosovo, y aura-t-il une rencontre entre les dirigeants politiques du Kosovo et le gouvernement grec à travers la voie diplomatique ? Merci.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Rien n’est prévu. Et notamment, s’agissant de la deuxième rencontre, il n’y a rien à l’horizon. Cela dit, vous savez que depuis longtemps la Grèce a une représentation diplomatique à Pristina.
M. MELETIS : En vertu de la résolution 1244.
M. G . KOUMOUTSAKOS : En vertu de la résolution 1244 bien entendu.
M. TSAKAS : Monsieur le porte-parole, s’agissant de la question du Kosovo, la Grèce a d’emblée assumé un rôle substantiel dans la région. Depuis 2003 déjà, lors de la réunion au Sommet en Grèce et de l’organisation de certains fora auxquels ont participé des représentants du Kosovo. Maintenant que la question du Kosovo ne constitue plus une question brûlante - le Kosovo a été reconnu par de nombreux Etats membres de l’Union européenne – il est évident qu’une rencontre secrète a eu lieu entre les dirigeants de la Grèce et du Kosovo. Est-ce que cela constitue une pression sur la diplomatie grecque, à savoir ce que celle-ci doit entreprendre dans l’intérêt de la Serbie ou bien est-ce que la Grèce cesse de jouer le rôle substantiel qu’elle avait dans la région maintenant que le Kosovo est également reconnu par les pays voisins qui faisaient autrefois partie de la fédération…
M. G. KOUMOUTSAKOS : La question de cette rencontre de courte durée a été épuisée. J’ai eu l’occasion de réitérer que la position de la Grèce demeurait inchangée s’agissant de la nouvelle réalité qui prévaut au Kosovo. Cela répond à votre question.
M. MELETIS : … Est-ce que lors de la réunion interbalkanique, la délégation grecque a fait une démarche pour protester contre cette action illégale, à savoir qu’une personne qui n’est pas membre d’aucune organisation a pris la parole...
Mme ADAM : J’aimerais une clarification sur la même question.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Nous avons fini. Nous avons épuisé cette question, Mme Adam. Je n’ai rien d’autre à ajouter.
M. POLLATOS : Pour ce qui est de l’exercice à Agios Efstratios, l’explication donnée, d’après laquelle l’exercice a été suspendu en raison de l’indisponibilité des avions AWACS, est-elle suffisante pour vous ou pensez-vous plutôt que cela était dû à l’attitude très connue de la Turquie, qui est la même depuis déjà 30 ans ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Monsieur Pollatos, j’ai répondu à une question politique de nature générale qui a été posée par M. Kottaridis. En outre, j’ai dit, pour ce qui est des éléments concrets de l’exercice, que la question avait été épuisée et que le ministre de la Défense nationale avait donné les réponses y relatives au Comité compétent du Parlement.
M. POLLATOS : Excusez-moi, Monsieur le porte-parole, je ne pense pas que la question ait été épuisée. Bien au contraire. À mon sens, les propos du ministère de la Défense sont venus de nouveau alimenter la discussion sur cette question. Puisque cet exercice sur la base des plans de l’OTAN devrait durer seulement une heure. Donc je répète ma question : les motifs relatifs à l’indisponibilité des avions AWACS qui ont été donnés par la voie officielle sont- ils suffisants pour vous ou pensez-vous plutôt que la Turquie en est éventuellement la responsable ?
Enfin, que pensez-vous des propos prononcés l’année dernière par le chef de l’Etat-major des forces armées et ministre actuel des Affaires intérieures, M. Chinofotis ? S’agissant de l’OTAN, M. Chinofotis avait pris une décision absurde et incompréhensible et a ajouté que des actions correctrices devaient être entreprises en vue de faire cesser ces manœuvres malheureuses dans les plus brefs délais. Pour ce qui est de la Turquie, il a textuellement déclaré que l’objectif relatif à la création d’un climat de confiance est mis à rude épreuve par des incidents de ce genre. Force est de souligner que la suspension de l’exercice est intervenue à peine 5 jours avant le déplacement du chef de l’état-major à Ankara et, comme vous le savez, son déroulement est prévu pour dimanche. Par conséquent, pensez-vous que les relations gréco-turques sont mises à épreuve par des incidents de ce genre ou plutôt que tout va bien et que les deux chefs, d’après le communiqué officiel, débattront de l’approfondissement de leur coopération bilatérale ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai déjà dit que la position grecque était consignée et connue de l’Alliance. Je vous ai aussi dit que les efforts se poursuivaient. Par conséquent, j’ai répondu à vos questions relatives à la lettre de Chinofotis.
Pour ce qui est de l’autre question relative à la visite du chef de l’état-major, M. Grapsas en Turquie, ce n’est pas à moi qu’il incombe de parler d’une visite qui, d’après ce que je sais, s’intègre dans le cadre des efforts consentis en faveur de l’amélioration des relations gréco-turques. Il s’agit d’efforts longs et soutenus.
M. JACOBI : La Grande Bretagne a déclaré qu’elle ne serait pas présente à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques à Pékin. L’Australie et la France n’ont pas encore décidé. Que fera la Grèce ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Cela n’est pas valable pour la Grèce.
M. JACOBI : Que voulez-vous dire ? Elle y assistera?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Oui.
M. MELETIS : J’ai regardé dans les archives du ministère les réponses que vous aviez données il y a un an à peu près lorsqu’on attendait une réponse de la part de M. Scheffer concernant la question d’Agios Efstratios. Est-ce que M. Scheffer a-t-il répondu- car nous aussi avons négligé cette question- et, le cas échéant, que dit-il au sujet d’Agios Efstratios ?
Deuxième question : Puisque de par votre réponse j’entends que vous aussi partagez l’opinion selon laquelle la disponibilité des avions AWACS ne pose pas de problème dans le déroulement de l’exercice et étant donné que le ministère est en train d’examiner l’éventualité d’entreprendre des actions ultérieures, je voudrais vous poser la question suivante : dès lors qu’il n’y a pas unanimité pour ce qui est du déroulement des exercices, qui a pris la décision de suspendre l’exercice ? Le commandant de l’armée à Smyrne ou la décision a-t-elle été prise à un niveau plus élevé ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je n’ai pas l’intention de discuter de questions aussi délicates.
M. MELETIS : Le Secrétaire général de l’Alliance a-t-il été impliqué dans cette affaire ? Ma question est bien précise.
M.G. KOUMOUTSAKOS : Le sujet a été épuisé.
M. MELETIS: Monsieur le porte-parole, cela fait un an et demi que nous attendons la réponse de M. Scheffer. Nous avons de la patience. Dites-nous, M. Scheffer a-t-il donné un réponse ou non ? Il faut savoir pour pouvoir le communiquer, pour que les Turcs, le commandant et tous l’apprennent. Car la question suivante se pose : Si M. Scheffer a donné une réponse autorisant le déroulement de l’exercice de l’OTAN sur l’île d’Agios Efstratios, cela veut dire qu’à un moment donné les choses ont commencé à aller de travers.
Toutefois, s’il n’a pas autorisé le déroulement des exercices sur l’île d’Agios Efstratios, ce n’est ni le système AWACS, ni le mauvais temps, Monsieur le porte-parole [qui sont à l’origine de la suspension de l’exercice].
C’est pourquoi je vous demande si M. Scheffer a donné une réponse relative à l’île d’Agios Efstratios. Si cela n’est pas le cas, pourquoi la ministre et le Premier ministre ne lui ont pas demandé une réponse lors de sa visite en Grèce ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Premièrement, je ne suis pas informé – et justement - sur chaque évolution relative à une question, quelle qu’elle soit, relevant du ministère. Deuxièmement, s’agissant de cette question, il y a une communication continue dans le cadre de l’OTAN.
M. MELETIS : Un an et demi après, vous venez me dire que le ministère des Affaires étrangères ne sait pas si M. Scheffer a donné une réponse ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai déjà dit que je ne suis pas informé sur chaque évolution qui survient.
M. MELETIS : L’exercice a été suspendu et vous ne savez pas si M. Scheffer a donné une réponse relative à la question d’Agios Efstratios ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai répondu. Merci.
Traduction non officielle