Chers collègues,
De l’avis des Grecs, un pays, pour avancer, a besoin de changements. Il a besoin de réformes, de solutions. Des solutions pratiques et applicables aux problèmes qui depuis des années mettent à mal la société. Cette politique est une politique progressiste, la politique de l’avenir que notre gouvernement entend promouvoir. Pour notre gouvernement, la Nouvelle Démocratie est la seule puissance sur la scène politique actuelle du pays à agir avec responsabilité, constance et à avoir une vision d’avenir.
Notre parti a certes toujours fait preuve de responsabilité et de sang-froid, notamment en politique étrangère. Le parti démocratique libéral est celui qui a fait les grands choix nationaux, en marquant de son empreinte le parcours du pays. Et ce, toujours avec réalisme. En défendant les intérêts nationaux, loin du populisme facile, loin de l’appât du lucre éphémère.
Chers collègues,
La politique étrangère de la Grèce est une politique d’extraversion et d’assurance. Elle renforce et élargit les intérêts nationaux, valorise au plus haut degré tous les facteurs de puissance de notre pays sur la scène internationale, elle élargit les appuis internationaux de notre pays. La politique étrangère de la Grèce n’est pas une politique de retranchement, une politique de peur. Notre politique est fondée sur des positions claires, des arguments forts. C’est pourquoi elle produit des résultats.
En ce qui concerne la question du nom de Skopje, lorsque cet effort a été engagé, les conditions étaient moins que favorables pour les positions grecques et les objectifs de notre pays à ce sujet. Ce dossier était, depuis des années, littéralement dans l’impasse. L’intérêt de la communauté international en vue de parvenir à une solution avait considérablement décru, donnant malheureusement lieu à des reconnaissances massives de notre pays voisin sous son nom dit constitutionnel. L’appellation provisoire « Ancienne République yougoslave de Macédoine » semble avoir dépassé son utilité et sa fonctionnalité. L’éventualité que ce nom ne soit désormais utilisé que par notre pays et dans le cadre d’organisations internationales, et qu’au plan international il soit progressivement remplacé dans la pratique par un autre nom, est désormais envisageable. Nous en avons d’ailleurs fait l’expérience à l’Assemblée générale des Nations Unies avec le fameux incident Kerim.
Compte tenu de ces faits, une nouvelle approche était nécessaire. Une nouvelle mobilité était nécessaire afin de stimuler à nouveau l’intérêt international en vue de parvenir à un règlement mutuellement acceptable. C’est ce que nous nous sommes efforcés de faire. Et nous avons finalement atteint notre objectif.
Notre gouvernement a fait un pas important en avant. Au parlement, lors de ses déclarations, le gouvernement de la Nouvelle Démocratie a parlé pour la première fois de rechercher une solution sur la base d’une appellation composée, avec définition géographique, une appellation erga omnes. Nous avons ainsi délimité notre position, en prouvant que nous pouvons faire preuve du réalisme nécessaire, que nous avons le courage politique de parvenir concrètement à une solution mutuellement acceptable. Je ne saurais manquer de dire, mes chers collègues, que lorsque nous avons fait ce pas courageux en avant, l’opposition se taisait, elle était toujours à la recherche d’une position claire.
Ainsi, nous avons engagé un effort systématique visant à promouvoir les positions grecques dans le monde entier, à tous nos amis, partenaires et alliés. Le principal élément de cette campagne internationale d’information n’était pas son étendue, mais son contenu. Nous avons adapté l’argumentation de la Grèce à la réalité contemporaine. Nous nous sommes adressés à nos interlocuteurs internationaux en considérant l’avenir, et non le passé. Nous leur avons parlé de stabilité, de coopération régionale. Nous avons avancé des arguments fondés sur la politique internationale contemporaine. Nous avons lié nos positions à des questions cruciales qui préoccupent aujourd’hui la communauté internationale, nous avons parlé dans une langue qui pouvait être comprise par une large audience internationale.
Forts de cette politique, nous avons convaincu [l’audience] de la position constructive de la Grèce et de sa volonté ferme en faveur d’une solution. Nous n’avons pas eu peur du dialogue. Au contraire, nous avons fait en sorte qu’il soit établi et avons assuré sa promotion. Nous avons saisi chaque occasion qui se présentait et qui pourrait contribuer à parvenir à une solution dans la négociation menée dans le cadre des Nations Unies. Nos efforts, toutefois, se sont toujours heurtés à l’intransigeance et aux pratiques dilatoires de l’autre partie.
Grâce à ce plan méthodique, nous avons pu établir des alliances et assurer le soutien en faveur des positions grecques. Nous sommes parvenus à faire comprendre à nos partenaires et alliés les droits de la Grèce. Nous sommes parvenus à clarifier que la question du nom est une question internationale qui influe sur la coopération régionale, qui porte sur le fond même des relations de bon voisinage et qui a un impact sur la stabilité de la région.
D’une manière concertée et méthodique, notre gouvernement s’est orienté avec précaution vers le choix de l’exercice de son droit de veto, un droit inaliénable, un droit légitime de la Grèce en tant que membre de l’OTAN. Ainsi sommes-nous parvenus à rendre compréhensible notre position qui a été exprimée le 6 mars à Bruxelles lors du Conseil informel des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN, ce qui était en fait le premier veto que nous avons opposé à l’invitation de Skopje à la réunion de Bucarest.
Chers collègues,
Avant-hier, M. Nimetz dans le cadre de ses efforts continus, a soumis une nouvelle proposition. Bien entendu, nous sommes en train d’évaluer tous les paramètres de cette proposition, bien qu’elle soit loin de l’objectif à savoir celui d’une solution mutuellement acceptable. Nous avons signalé à M. Nimetz les points de la proposition qui ne sont pas acceptables en tant que tels ainsi que ceux qui, à notre opinion, doivent être clarifiés.
Quoi qu’il en soit, il va de soi que nous poursuivons sans relâche nos efforts dans le cadre des négociations engagées. Nous continuons à œuvrer en faveur d’une solution durable. Une solution qui serait compréhensive, fonctionnelle et applicable.
Je veux être tout à fait claire sur ce point. Telle est la solution que nous voulons car la stabilité à long terme de la région exige une solution de ce genre. Nous voulons régler cette question une fois pour toutes et non pas à la hâte. Nous ne voulons pas d’une solution pour sauver les apparences, une solution juste parce qu’il faut en trouver une. Une telle solution, nous n’en avons pas besoin. La Grèce est le membre le plus ancien de l’Union européenne et de l’OTAN dans la région. Elle dispose d’un système démocratique très développé, d’une économie bien puissante et elle constitue le facteur de sécurité et de stabilité le plus crédible dans la région. Il est évident que, compte tenu de notre position, nous voulons une solution mais n’avons aucune raison de nous angoisser pour y parvenir.
Nous parlons en des termes francs : nous voulons cette solution pour contribuer de nouveau à la stabilité de notre région. Pour assurer l’efficacité de la coopération régionale dans l’intérêt de tous les pays de la région et bien entendu de notre pays.
La Grèce exerce une politique responsable. Notre rôle de premier plan dans notre région entraîne notre responsabilité importante pour l’avenir de notre région qui est étroitement lié à notre avenir. Nous sommes bien conscients de cette responsabilité. Il n’est pas possible d’investir dans l’instabilité de la région, dans des scénarios - fondés ou non fondés - d’une éventuelle déstabilisation future, en nous faisant l’illusion que cette situation pourrait nous apporter des profits éphémères. Une telle politique serait à courte vue et vaine.
Chers collègues,
La Grèce continue de participer aux négociations avec la même assurance, les mêmes positions claires et en envisageant toutes les possibilités. Le message puissant et positif que nous avons transmis à Skopje reste valable. Nous voulons parvenir à une solution à la question du nom, une solution qui nous permettra de continuer à soutenir notre pays voisin dans son parcours vers les structures européennes et euro-atlantiques.
Tel est notre objectif. On a encore un peu de temps jusqu’à la réunion à Bucarest. La Grèce, tout au long de la période qui précèdera et suivra la réunion de Bucarest, mettra tout en œuvre pour parvenir à une solution mutuellement acceptable. Toutefois, jusqu’à ce que cela arrive, nous ne pouvons bien entendu consentir à adresser une invitation d’adhésion à l’OTAN à notre pays voisin.
Sans solution, pas d’invitation. Nous l’avons dit et tout le monde le sait.
Telle est, mes chers collègues, la politique de notre gouvernement.
Je voudrais vous assurer, mes chers collègues, qu’il serait très facile pour moi de faire taire l’opposition ou encore tous ceux qui continuent même aujourd’hui de contester la pertinence de nos choix ou bien notre intention d’exercer notre droit de veto, en me référant tout simplement aux étapes de ce parcours difficile.
Je ne le ferai pas aujourd’hui car ce gouvernement a pris la responsabilité de cette négociation difficile. Et, je ne devrais utiliser aucun argument ou fait qui puisse affaiblir la position de négociation de notre pays.
Toutefois, sachez grâce à la politique qu’exerce le gouvernement en faisant preuve de responsabilité mais surtout de courage et de détermination, justice sera faite à la Grèce et à nous tous qui croyons en notre pays et le servons.
Une politique qui est en accord avec l’Histoire de notre parti, un parti qui a pris toutes les décisions importantes pour la promotion et la protection de nos intérêts nationaux.