Jeudi 22 juin 2006
M. G. KOUMOUTSAKOS: Bonjour.
Je vais vous lire une déclaration de la ministre, Mme Dora Bakoyannis :
«En ce qui concerne le problème qui est entrain de se produire concernant mon interview dans le journal «LE FIGARO», les faits sont les suivants :
Premièrement, l’interview a été accordée au journal par écrit, le vendredi 16 juin, en réponse à des questions écrites qui ont été soumises.
Deuxièmement, le texte publié qui apparaît comme étant mon interview est une version arbitraire abrégée qui n'a aucun rapport avec le texte de l'interview.
Troisièmement, le texte de l'interview comporte des réponses quant à la question chypriote, quant à la position ferme de la Grèce vis-à-vis de la Cour internationale de la Haye et au différend juridique portant sur le plateau continental, qui peut être l’objet du compromis».
A cela j’ajouterais que le texte qui a été remis au journal, le texte intégral, se trouve à votre disposition. J’ai le texte devant moi et ce qui est mentionné dans la déclaration de la ministre, est dans le texte de l’interview, tel qu’il apparaît dans sa déclaration.
Pour ce qui est du reste. A 10h00, la ministre a rencontré aujourd'hui Sa Béatitude Sotirios, métropolite du Canada.
A 11h30, elle rencontrera la responsable du bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) en Grèce, Mme Karen Madeleine Farkas.
Comme vous le savez, aujourd’hui à 12h00, Mme Bakoyannis rencontrera le ministre chypriote des Affaires étrangères, M. Yorgos Lillikas, qui effectue sa première visite dans notre pays après sa nouvelle prise de fonctions. A l'issue de cette rencontre, des déclarations seront faites à la presse et, par la suite, la ministre offrira un déjeuner de travail en l'honneur de M. Lillikas.
En ce qui concerne la suite du programme de la ministre des Affaires étrangères:
Demain, vendredi 23 juin à 21h00, Mme la ministre aura un dîner avec son homologue allemand, M. Steinmeyer, qui se trouvera à Athènes.
Lundi 26 juin, elle rencontrera le nouveau Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurria, qui est mexicain. Par ailleurs, ce même jour, le ministre des Affaires étrangères de Slovénie, M. Rupel effectue une visite de travail dans notre pays. Un déjeuner de travail sera offert en son honneur par Mme la ministre.
Les 27 et 28 juin, la ministre des Affaires étrangères représentera le pays lors de la conférence sur la lutte contre le trafic de drogue, qui se tient dans la capitale russe, à Moscou. Lors de sa présence à Moscou, il est probable que la ministre rencontre son homologue russe, M. Lavrov ainsi que d’autres hauts représentants du gouvernement russe.
En ce qui concerne le programme de MM. les ministres adjoints:
M. Yannis Valinakis fera une allocution mercredi 28 juin à 09h15 lors de la conférence de l’Economist intitulée : «Sommet commercial et d’investissement Grèce, Bulgarie et Roumanie» qui aura lieu à l’hôtel « Intercontinental ».
Les 29 et 30 juin, le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Valinakis partira pour Antibes, en France, où il représentera notre pays lors de la Conférence ministérielle, à l’occasion du lancement par la Commission européenne de son livre vert sur la politique maritime dans l’Union européenne.
Passons à un autre sujet. Le nouveau projet de loi sur le Conseil des Grecs de l'étranger a été déposé ce matin. Son objectif est de revaloriser et d’accroître l’efficacité du Conseil des Grecs de l’étranger, afin qu'il puisse s'acquitter de son mandat constitutionnel prévoyant sa création. En ce qui concerne ce nouveau projet de loi, le ministère des Affaires étrangères s'est appuyé sur l’expérience acquise pendant les 10 années de fonctionnement du Conseil des Grecs de l’étranger, sur les vues échangées pendant 4 années entre la direction du ministère des Affaires étrangères et les institutions du Conseil des Grecs de l’étranger ainsi que les représentants de la communauté grecque, mais aussi sur les opinions communes des forces politiques du pays. Un bulletin de presse plus détaillé du bureau du ministre adjoint, M. Théodoros Kassimis vous sera remis par le Service d’Informations.
Enfin, vous recevrez la note informative relative aux activités du Conseil de sécurité cette semaine.
Pour ma part, je n’ai rien d’autre à ajouter, si vous avez des questions, je vous prierais d’être bref car je dois partir assez vite en vue de la visite de M. Lillikas.
JOURNALISTE: Hier, M. Gul a, depuis la Turquie, déclaré que la Grèce a un sens des responsabilités concernant la résolution de la question chypriote, la Turquie perçoit ses responsabilités dans la question chypriote mais ne peut faire de déclarations unilatérales et il soulève à nouveau, à travers la résolution de la Conférence islamique, la proposition de la Turquie sur la question chypriote, en remettant sur la table la perspective d’une réunion quadripartite. Quel est le commentaire de la Hier, M. Gul a, depuis la Turquie, déclaré que la Grèce a un sentiment de responsabilité concernant la résolution de la question chypriote, que la Turquie a conscience de ses responsabilités dans la question chypriote, mais ne peut faire des déclarations unilatérales et a de nouveau évoqué la proposition de la Turquie concernant la question chypriote, par le biais d’une résolution de la Conférence islamique, à savoir la perspective d’une conférence quadripartitede la de diplomatie grecque à ce sujet ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Notre position négative vis-à-vis d'une éventuelle réunion quadripartite est bien connue et j'aimerais simplement la réitérer aujourd'hui, depuis cette tribune.
En ce qui concerne la question du texte de l'Organisation de la Conférence islamique, j'aimerais simplement souligner ici que des références à la communauté chypriote turque, d'un contenu similaire ou équivalent, ont été faites dans des textes précédents de l’Organisation de la Conférence islamique.
Je dois également préciser à ce sujet que les États membre de cette Organisation suivent depuis des années une politique claire quant à la question chypriote, [une politique] de reconnaissance de la République de Chypre et de son gouvernement élu de façon légale, en suivant et en respectant pleinement les résolutions et les décisions de l’Organisation des Nations Unies.
JOURNALISTE: M. Gul aurait espéré qu’il y ait de sérieuses pensées derrière la nouvelle proposition de résolution de la question chypriote que l’on attribue à Mme Bakoyannis. Ma question est la suivante: quelle est votre commentaire à ce sujet, y a-t-il un projet ou un avant-projet, ou un projet en préparation concernant la question chypriote. Le mot proposition a été celui utilisé par M. Gul.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je pense que tout lecteur de l'interview en question de la ministre des Affaires étrangères dans un grand journal grec du dimanche constatera que tout ce qui y est dit ne laisse la place à aucune interprétation erronée. La référence à un «plan pour une Chypre européenne unifiée» n’est rien d’autre que la référence aux positions du ministère grec des Affaires étrangères qui sont bien connues et qui ont été répétées au cours de ces derniers mois.
Je résume ces positions, pour ne pas qu’il y ait de malentendu :
Le plan Annan n'a pas apporté de solution à la question chypriote. Ce plan appartient donc à cette période. Toute réactivation du processus visant à résoudre la question chypriote, dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies, doit être bien préparée, afin d'aboutir à une issue positive, car personne ne souhaite un nouvel échec.
Pour y parvenir, il convient de tenir compte des éléments suivants :
Premièrement, les éléments détenus jusqu'à présent par le Secrétariat général de l'Organisation des Nations Unies dans ses efforts de résolution de la question.
La réalité politique et institutionnelle qui prévaut à Chypre après son adhésion à l’Union européenne en tant que membre à part entière.
Et bien entendu, la nécessité d’un accord qui soit accepté par les deux communautés.
Je vous prie tous de voir que dans l'interview de Mme la ministre c’est exactement ce qui a été dit et qui est connu de vous tous. Il est donc question ici d’interprétation erronée. Aucun nouveau plan n’a été annoncé. Il a été fait référence au cadre d’un éventuel plan ou d’un éventuel redémarrage du processus visant à régler la question chypriote.
JOURNALISTE: Monsieur le porte-parole, ma première question est la suivante : quelles actions ont été entreprises par le ministère des Affaires étrangères afin que le texte de la Conférence islamique ne fasse pas référence à des questions relatives aux Turcs de Thrace occidentale? Ma deuxième question est : vous avez commencé votre communiqué avec l'interview du Figaro en disant qu’une problématique était entrain de se créer quant aux interprétations du texte. La question est de savoir si cette problématique est suscitée par le texte publié ou bien par l’interview elle-même, telle qu’elle a été publiée ? Car si tel est le cas, il aurait fallu vous plaindre dès hier auprès du Figaro et donner le texte intégral de l'interview de Mme la ministre. Le problème est-il donc les interprétations qui ont été données ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Le communiqué fait apparaître clairement où est le problème. D’après la déclaration de la ministre, que je vous ai lue au début de ce briefing, on voit clairement où se situe le problème. Une réponse précise a été donnée. Je n’ai pas parlé d’interprétations. J’ai dit qu'une version abrégée arbitraire d’une interview écrite de la ministre accordée le 16 du mois avait été rendue public d’une certaine façon; j'ai en ma possession le texte intégral de l'interview que vous pouvez voir. Et rien de ce qui est mentionné dans l’article publié n’est dans l’interview qui avait initialement été donnée au journal.
(Ndlr.: Cette question précise ainsi que la réponse de Mme la ministre qui se réfèrent à la question de la Haye, telles qu'elles ont été remises à la correspondante du journal français ici en Grèce sont :
«- La politique extérieure de la Grèce a t-elle changé par rapport à la saisine du tribunal de La Haye ? La Grèce reconnaît-elle d’autres différends à trancher par le tribunal international, outre la délimitation du plateau continental parce que la Turquie ne s’accordera pas pour aller à La Haye si ses revendications ne sont pas introduites dans le recours ?
- La politique grecque est très claire. Elle a toujours respecté le droit international. Cela signifie que nous traitons des questions bilatérales avec la Turquie dans le contexte du droit international. La Grèce, contrairement à la Turquie, reconnaît la juridiction de La Haye. Il faut donc que la Turquie reconnaisse cette juridiction. Ensuite, il faut s’accorder sur le contenu du recours. Pour la politique grecque, c’est le plateau continental. Nous sommes donc loin d’y arriver »).
JOURNALISTE: Pardonnez-moi, je ne voudrais pas que ma question donne lieu à de mauvaises interprétations. Ma question est simple, pourquoi n'avez-vous pas fait un communiqué hier pour éviter que ce problème soit créé?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Le texte est arrivé hier soir. J’estime que la déclaration que je vous ai lue est parfaitement claire à ce sujet.
JOURNALISTE: Non, elle ne l’est pas, mais tant pis.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Parfaitement claire.
JOURNALISTE : Oui. S’agissant de la Conférence islamique, pouvez-vous me dire quelles sont les actions que vous avez entreprises ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Le ministère des Affaires étrangères a entrepris et entreprend toutes les actions nécessaires concernant cette question. Je voudrais vous dire une fois de plus que ce n’est pas la première fois que le texte de l’Organisation de la Conférence Islamique se réfère à des questions relatives à la minorité musulmane à Thrace. Je rappellerai à ce stade qu’en ce moment, le Secrétaire général de l’Organisation de la Conférence Islamique est un homme politique turc.
JOURNALISTE: Qu’est-ce que cela signifie ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Rien. Je vous donne simplement un élément supplémentaire pour votre travail. Cela dit, pour que ma réponse soit complète je dirais que les positions de la Grèce à l’égard des questions relatives à la minorité musulmane de la région de Thrace ont été déjà exposées de la façon la plus exhaustive par les personnes les plus compétentes en la matière et également dans le cadre de nos sessions d’information chaque semaine. Je n’y ai rien d’autre à ajouter.
JOURNALISTE: Quel est le délai fixé par le gouvernement grec pour ce qui est de l’application du Protocole sur l’union douanière ? Ma deuxième question : Est-ce que l’application du Protocole continue d’être une des priorités de la politique étrangère de la Grèce ? Car ces derniers temps et lors de la visite de la ministre en France, cette question n’a pas été explicitement évoquée dans ses déclarations. La question des obligations de la Turquie a été soulevée mais aucune référence n’a été faite au Protocole.
M. G. KOUMOUTSAKOS : La question du Protocole compte parmi les obligations de la Turquie. Tout le monde le sait. Il est donc inutile de l’évoquer tout le temps. Si vous voulez que je me réfère à cette question, je le ferai en tant que porte-parole du ministère des Affaires étrangères. La Turquie est obligée d’appliquer le Protocole en vertu de la Déclaration de l’UE de septembre dernier.
JOURNALISTE: Au cours de ces six derniers jours, c’est-à-dire depuis les conclusions du Sommet, nous assistons à une vague de déclarations de la part de la Turquie, des déclarations de M. Erdogan, de M. Gul, des articles publiés dans les journaux, du chef de l’armée de l’air sur l’incident tragique survenu à Karpathos. Ces déclarations et ces articles disent en fait deux choses : nous [la Turquie] n’avons pas l’intention de respecter nos obligations relatives au Protocole, en dépit des pressions exercées par la Grèce ou l’Europe. D’autre part, nous [la Turquie] respectons nos obligations, vous devez en faire de même – sous-entendant, selon moi, qu’elle a fait tout ce qu’il fallait faire quant à la question chypriote et que c’était maintenant aux autres d’agir pour pouvoir trouver une solution. Ma question est la suivante : Comment réagit-il le gouvernement de la Grèce face à toutes ces déclarations et quelles sont les actions entreprises par la diplomatie grecque afin d’éviter que le texte adopté par la Conférence Islamique ne prenne des proportions énormes?
M. G. KOUMOUTSAKOS : J’ai déjà répondu à votre deuxième question. J’ai déterminé explicitement la signification des textes et des conclusions tirées de cette année qui, d’ailleurs, ne sont pas différentes des années précédentes.
En ce qui concerne votre première question. Après les résultats du Luxembourg et les Conclusions du Conseil européen à Bruxelles, on constate en effet une augmentation des déclarations faites par des hauts représentants du gouvernement turc, allant dans le sens que vous avez mentionné.
Lors d’une réunion précédente, j’avais parlé de « fatigue » des reformes. Il ne s’agit pas d’une appréciation grecque mais européenne. Actuellement, je peux vous dire que l’Europe parle en plus d’ « anxiété de réponse ».
Les positions et les déclarations de ce genre confirment l’état d’anxiété de la Turquie par rapport à ses obligations. Cela dit, pour la Grèce, les Etats membres de l’UE et l’UE dans son ensemble – mais je peux parler essentiellement de la Grèce – il va de soi que l’UE est pleinement aux textes qui ont été adoptés à l’unanimité.
JOURNALISTE: Avez-vous des informations relatives à la visite de M. Gul à Athènes et quand se tiendra la prochaine rencontre entre l’Ambassadeur M. Skopelitis et M. Ziyal dans le cadre des contacts exploratoires ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je n’ai pas de réponses spécifiques à ces deux questions.
JOURNALISTE: Monsieur le porte-parole, le ministre allemand des Affaires étrangères effectuera une visite officielle ou plutôt une visite de travail ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Une visite de travail.
JOURNALISTE: Une semaine s’est écoulée depuis le départ de M. Yakis de la région de Thrace. J’imagine qu’un bilan a été fait. Pensez-vous que des responsabilités incombent au ministère des Affaires étrangères qui s’est montré favorable à la réalisation de cette visite ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Il n’est pas question d’être pour ou contre cette visite. Tout étranger peut visiter notre pays et il est libre de visiter les régions qu’il souhaite. Cela est imposé par notre démocratie européenne, notre démocratie puissante qui n’éprouve ni stress ni inquiétude quant à son fonctionnement.
Telle est la réalité. Cela étant, nos hôtes – qui se rendent dans un pays qui a une longue tradition d’hospitalité - doivent prendre cela en considération. Evidemment, après la visite de nos visiteurs, nous avons la possibilité d’évaluer et d’apprécier leur comportement.
Cela dit, j’ai donné une réponse qui est très claire.
JOURNALISTE: Monsieur le porte-parole, quand aurons-nous les résultats de l’évaluation de la visite de M. Yakis à Thrace ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Ma réponse est donnée à titre indicatif.
JOURNALISTE: Je pose cette question parce que vous avez parlé des visites en entendant celles effectuées par des citoyens qui sont libres de venir visiter notre pays, j’imagine. Mais cela ne concerne pas une visite officielle d’une délégation. J’entends par là que M. Yakis ne s’est pas rendu à Thrace en tant que touriste, mais a suivi un programme politique très précis.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je répèterais simplement ce que je vous ai déjà dit au sujet de la certitude et de la confiance de la Démocratie grecque.
Merci beaucoup.