Mercredi, le 14 juin 2006
M. G. KOUMOUTSAKOS : Bonjour.
J’ai une série de communiqués à faire. En premier lieu, je voudrais me référer à une déclaration de la ministre des Affaires étrangères au sujet de l’indépendance du Monténégro. La déclaration est la suivante :
«Après la proclamation officielle de l’indépendance du Monténégro par le parlement du pays, le 3 juin, le Monténégro est désormais un Etat indépendant. Ce développement reflète la volonté du peuple monténégrin qui a été exprimée par des moyens démocratiques et transparents lors du référendum du 21 mai, qui s’est déroulé conformément à la Charte constitutionnelle de l’Union étatique de Serbie et Monténégro.
La Grèce reconnaît l’indépendance de la République de Monténégro et lui souhaite la bienvenue dans la famille des Etats souverains. Désormais, nos relations bilatérales revêtiront un caractère interétatique.
J’aimerais féliciter le peuple monténégrin pour avoir réalisé sa vision nationale et je confirme que la Grèce est disposée à renforcer davantage les liens traditionnels amicaux et à soutenir les efforts de notre pays voisin en vue de son intégration aux institutions européennes et du renforcement de la coopération régionale et de la stabilité».
J’aimerais ajouter à cela que le 13 juin, Mme Bakoyannis a envoyé une lettre dont le contenu est le même que celui cité ci-dessus, à son homologue monténégrin, M. Miodrag Vlahovic. Cette lettre ainsi que la déclaration que je vous ai lue, constituent des actes de reconnaissance de jure du Monténégro.
Je vous cite, à titre indicatif, quelques Etats qui ont reconnu officiellement le Monténégro : la Grande- Bretagne, les Etats-Unis, la Russie, la Turquie, la Bulgarie, l'Autriche, la Suisse et l’Ex-République Yougoslave de Macédoine. Certes, une déclaration du même contenu a été faite par le Conseil « Affaires générales » et « Relations extérieures » qui s’est tenu au Luxembourg et qui vient juste de s’achever, il a deux jours. Telles sont les informations sur la question de l’indépendance du Monténégro.
En ce qui concerne le programme de la ministre :
Aujourd’hui à 10h30, la ministre a rencontré son Eminence Jérémie, Métropolite de Suisse.
A 11h00, comme vous le savez, la ministre des Affaires étrangères rencontrera au ministère - cette rencontre se déroule actuellement - le chef du Comité d'harmonisation avec l'Union européenne, M. Yasar Yakis ainsi que la délégation parlementaire. Cette délégation se rendra demain à Thrace d’où elle partira par route à destination de Constantinople, le 17 juin.
Aujourd’hui, à 12h00 la ministre aura une rencontre protocolaire avec le ministre adjoint des Affaires étrangères de Tunisie, M. Mohamed Hatem Ben Salem.
Des déclarations à la presse n'auront pas lieu.
Aujourd’hui à 13h00, la ministre prononcera un discours au sujet du « rôle de la marine grecque dans la politique étrangère de la Grèce », au siège du Club maritime du Pirée suite à l’invitation de ce dernier.
Demain, jeudi 15 juin à 08h00, Mme Bakoyannis partira pour Bruxelles afin de participer au Conseil européen.
Mardi 20 et mercredi 21 juin, Mme la ministre participera à la 52ème session plénière de l’Assemblée parlementaire de l’Union européenne occidentale qui se tiendra à Paris. Elle sera l’un des principaux orateurs et fera un discours portant sur «la politique étrangère de la Grèce face aux nouveaux défis en matière de sécurité». Cette invitation à Mme Bakoyannis a été adressée par le président de l'Assemblée parlementaire, M. Jean Pierre Masseret.
Le nouveau ministre des Affaires étrangères de la République de Chypre, M. Georgios Lillikas effectuera une visite de travail à Athènes le 22 juin.
En ce qui concerne le Conseil européen qui a lieu les 15 et 16 du mois, je vais vous donner un aperçu général des questions qui seront traitées lors des travaux du Conseil, étant donné que l’ordre du jour n’a pas encore été arrêté. En effet, selon la pratique habituelle, une lettre sera envoyée par le premier ministre du pays qui exerce la présidence, avec le contenu exact des travaux de la Conférence au sommet.
C’est pourquoi les thèmes ci-dessous ne sont donnés qu'à titre indicatif: 1) Adhésion de la Slovénie à l’Eurozone, 2) Politique énergétique commune, 3) Migration, 4) Capacités de réaction de l’Union européenne en cas de crises, 5) L’avenir de l’Europe, 6) Elargissement, 7) Adoption des conclusions du Conseil européen. Lors du dîner des ministres des Affaires étrangères, il est prévu d’aborder les questions de la migration, des développements en Serbie, au Monténégro et au Kosovo. Voilà pour le Conseil européen.
En ce qui concerne les activités de MM. les ministres adjoints des Affaires étrangères :
M. Valinakis partira pour Bruxelles cet après-midi afin de participer aux travaux du Conseil européen en compagnie du Premier ministre, M. Kostas Karamanlis et de la ministre des Affaires étrangères, Mme Dora Bakoyannis.
Pour ce qui est du programme du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Stylianidis. Aujourd’hui et demain, les 14 et 15 juin, le 9ème Comité interministériel joint Grèce - Tunisie aura lieu au ministère des Affaires étrangères. Ce Comité sera co-présidé par M. Stylianidis et son homologue tunisien, M. Hatem Ben Salem.
Le jeudi 15 juin à 10h30, M. Stylianidis ainsi que son homologue tunisien signeront le Protocole du 9ème Comité interministériel mixte de Coopération économique et technologique Grèce – Tunisie au ministère des Affaires étrangères, puis tiendront une conférence de presse commune dans la salle «Ε. Venizelos» (V. Sofias 5).
Vendredi 16 juin à 12h00, M. le ministre adjoint recevra une délégation de l’organisation «American Hellenic Institute» au ministère des Affaires étrangères.
Du 17 au 20 juin, M. Stylianidis effectuera une visite de travail officielle au Caire et à Alexandrie, en Egypte et sera accompagné de représentants d’environ 40 sociétés grecques. Le 6ème Comité interministériel mixte Grèce – Egypte ainsi que la Conférence d’affaires Grèce – Egypte auront lieu au Caire. De plus, une conférence d’affaires gréco-egyptienne se tiendra à Alexandrie. Lors de sa visite, M. Stylianidis rencontrera sa Béatitude Théodoros, Patriarche d’Alexandrie ainsi que des représentants de la communauté grecque d’Alexandrie.
En ce qui concerne le programme du ministre adjoint, M. Théodoros Kassimis : Demain, jeudi 15 juin à 12h00, M. Kassimis recevra une délégation parlementaire de Géorgie au ministère des Affaires étrangères.
Le vendredi 16 juin à 9h30, M. Kassimis proclamera l’ouverture des travaux de la conférence intitulée «la place de la femme dans la société contemporaine» qui aura lieu à l’amphithéâtre « Yannos Kranidiotis » et qui est organisée dans le cadre de la visite en Grèce d'une délégation de femmes du Kosovo. Je reviendrais là-dessus.
Les 20 et 21 juin, M. Kassimis représentera la Grèce lors de la 1ère Session du Conseil des droits de l’homme, premier organe des Nations Unies chargé de questions relatives aux droits de l’homme.
En ce qui concerne la conférence des femmes du Kosovo, le ministère des Affaires étrangères, dans le cadre de ses activités à plusieurs niveaux qui ont pour objectif de créer le climat de réconciliation nécessaire permettant de faciliter le processus visant à parvenir à une solution mutuellement acceptable au problème du Kosovo, a, en coopération avec le Secrétariat général pour l’égalité, invité le 16 juin à Athènes un groupe de femmes éminentes du Kosovo – d’origine serbe et albanaise – à une conférence sur le thème «la place de la femme dans une société contemporaine multiethnique».
A cette conférence, qui sera ouverte à 9h30 par la Présidente du Parlement hellénique, Mme Anna Psarouda-Benaki, participeront des représentantes des partis du Parlement grec et européen, ainsi que des représentantes de la collectivité locale, d’associations syndicales et d’organisations non gouvernementales.
Le choix de la femme en tant que facteur de réconciliation revêt une importance particulière, dès lors que celles-ci sont considérées comme la base de la famille et de la société sur laquelle peut être bâtie une co-existence pacifique et solide entre les peuples.
En ce qui concerne les mesures de confiance qui ont fait l’objet d’un accord à Istanbul lors de la récente visite de Mme la ministre, j’aimerais apporter la précision suivante concernant la prolongation du mémorandum Papoulias : celle-ci est d’un mois.
Mais pour cette année spécialement, étant donné que la décision a été prise dans le courant du mois de juin, la quinzaine du mois de juin ne comptera pas. C’est-à-dire que cette année, le moratoire sera en vigueur du 1er juillet au 15 septembre.
JOURNALISTE : (parle sans micro)
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je répète pour ne pas qu’il y ait de malentendu. Pour cette année, étant donné que la décision a été prise le 10 du mois, la première quinzaine ne comptera pas.
En ce qui concerne les thèmes abordés lors des travaux du Conseil de sécurité de l'ONU, une note informative vous sera distribuée. Je m'en tiendrais néanmoins à deux points. Les consultations se poursuivent sur le projet de résolution préparé par la délégation permanente du Royaume-Uni sur l’adoption de la décision de renouvellement du mandat de l’UNFICYP, qui aura lieu le 15 du mois, date à laquelle le présent mandat prend fin. La décision prévoit une prolongation de six mois, selon les conditions et la composition actuelle, tel que le Secrétaire général l’a proposé dans son rapport.
En ce qui concerne le Kosovo, le Secrétaire général a soumis son rapport régulier sur la progression de l’application des standards, concernant la période allant de fin janvier à fin avril 2006. Ce rapport contient un aperçu des dernières évolutions du processus politique ainsi qu’une évaluation de l'état d'avancement de l'application des standards. Le rapport sera débattu lors d’une session ouverte du Conseil de sécurité, le 20 juin.
Le Premier ministre Ceku participera à la prochaine discussion de la délégation de l’UNMIK, selon le précédent établi par la présence du Premier ministre d’alors, M. Kosumi, tandis que la partie serbe devrait être représentée par le ministre des Affaires étrangères de la Serbie, M. Draskovic. Voilà pour ce qui est des activités du Conseil de sécurité.
Vos questions s’il vous plait.
JOURNALISTE: Connaissons-nous le programme exact du Comité turc à Thrace, étant donné qu’il y restera deux jours ?
JOURNALISTE: Monsieur le Porte parole, est-ce que notre délégation en tant que représentation d’un Etat membre non permanent auprès du Conseil de sécurité, est satisfaite des rapports reçus par la Grande Bretagne concernant le plan UNIFICYP, où pour la première fois après 30 ans, il est fait référence aux deux parties et non aux deux communautés ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Pour ce qui est des formulations de ce plan, les négociations se poursuivent avec la participation active de la partie grecque. Ce que vous avez dit ne concerne pas le dispositif du texte mais son préambule. Je voudrais préciser ce point là.
Cela dit, des négociations intenses se poursuivent dans le cadre du Conseil de sécurité, avec la participation active des représentants permanents grecs dans le but de formuler le texte final.
JOURNALISTE: Aujourd’hui nous sommes le 14 juin et la formulation finale devrait avoir lieu le 15.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Les négociations se poursuivent. Ces jours-ci, les représentants permanents de la Grèce participent à ces négociations afin d’élaborer le texte final.
JOURNALISTE: Si aucun changement n’a lieu concernant ces questions ainsi que les formulations proposées par la Grande Bretagne, que se passera-t-il ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne peux pas répondre à une question qui se base sur l’hypothèse que les efforts déployés par la Grèce ne seront pas couronnés de succès.
JOURNALISTE: Considérez-vous que les intentions des Britanniques de changer ces formulations soient bonnes ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Le fait que nous essayons de changer ces formulations donne la réponse à votre question
JOURNALISTE : En ce qui concerne la première question posée par M. Kottaridis : Est-ce que durant la visite de M. Yakis et de sa délégation parlementaire à Thrace, une rencontre aura lieu avec les pseudo muftis ? Et si tel est le cas, quelle sera l’attitude de la position grecque ? Une deuxième question : vous avez dit que le moratoire sera appliqué. Le moratoire entre en vigueur à partir du 1er juillet.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Oui, pour cette année seulement.
JOURNALISTE: Devons-nous donc assumer que les parties controversées de l’exercice turc « Fortune blanche » auront lieux dans les régions aussi controversées ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne sais pas dans quel site l’exercice aura lieu. Les exercices s’effectuent dans des régions désignées qui sont annoncées à l’avance. Mais en toute sincérité, je ne connais pas les sites réservés à cet exercice.
En ce qui concerne la visite de la délégation parlementaire, comme je vous l’ai dit lors de notre rencontre précédente, elle peut se dérouler sans la moindre entrave. Les positions de la Grèce concernant les questions de la minorité musulmane sont bien connues. Notre politique est également connue et ne va pas être modifiée. Cela dit, dans le cadre d’un Etat démocratique, tout visiteur a le droit de rencontrer les personnes qu’il souhaite.
JOURNALISTE: Pourriez-vous nous dire quel est le contenu des consultations qui sont actuellement en cours entre la ministre des Affaires étrangères et M. Yakis ? Savez-vous si ce comité turc a eu des consultations dans d’autres capitales européennes ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Cela ne me surprendrait pas. Je crois que de telles consultations ont lieu aussi dans d’autres capitales européennes. Dès que je le vérifierais, je vous tiendrais au courant.
Cela dit, ces consultations portent sur le parcours européen de la Turquie. Les positions grecques relatives à cette question sont déjà connues et c’est dans ce même esprit que la ministre présentera les positions de la Grèce au cours de ces consultations.
JOURNALISTE: Une question relative à une autre question : actuellement, le rapport du sénateur suisse concernant les vols secrets de la CIA et les enlèvements de citoyens fait l’objet d’une discussion au sein du Conseil de l’Europe. Ce rapport fait référence à la participation de la Grèce dans ces opérations menées par la CIA. Est-ce que la Grèce réfutera officiellement ces positions ? Ma deuxième question porte sur un sujet similaire : le Conseil de l’Europe ainsi que d’autres organisations internationales ont qualifié d’illégale la prison américaine de Guantanamo. Est-ce que la Grèce en sa qualité de membre du Conseil de sécurité soulèvera la question relative à cette prison ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : En ce qui concerne votre première question : la référence qui est faite dans une partie du rapport concernant la participation de la Grèce, ne correspond pas exactement au contenu du rapport. Dans ce rapport les différents pays sont classés selon leur participation à cette affaire. La Grèce est classée parmi les Etats avec la participation la plus neutre et la plus minime, participation qui n’est même pas sure. Tel est le contenu exact de ce rapport.
Cela dit, le porte-parole du gouvernement ainsi que le ministre de l’ordre public ont fait des déclarations relatives à ces questions. Je n’ai rien à ajouter à ce sujet.
En ce qui concerne la question des prisons à Guantanamo, je sais qu’il y a une résolution du Parlement européen qui est très claire. Les résolutions du Parlement européen sont très importantes et devront être prises en compte par tous.
JOURNALISTE: M. Koumoutsakos, est-ce que la Grèce soutient le texte qui sera présenté par M. Solana pour ce qui est de la politique énergétique extérieure de l’UE ? Je sais que cette question constitue une des priorités du Conseil européen. Ma deuxième question : est-ce que la Grèce soutient la prolongation de la période de réflexion sur la Constitution européenne ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Le rapport de M. Solana sera présenté lors du Sommet. Je crois qu’une discussion aura lieu et que les positions finales seront déterminées. Je ne peux vous dire maintenant le cours que prendra la discussion. Normalement ces rapports sont pris en compte. En général, le Conseil «prend note » (« takes note ») de ces rapports. Néanmoins, je ne sais pas si ce « prend note » évoluera en « ratification » ou en « adoption » du rapport en question. Je m’en tiendrai ici.
En ce qui concerne le Traité sur la Constitution européenne, l’Allemagne, comme vous le savez, assumera la présidence de l’UE le semestre prochain. Je connais les positions de l’Allemagne selon les déclarations faites par le gouvernement allemand. L’Allemagne a l’intention de donner une nouvelle impulsion à ce dialogue pendant sa présidence. Ainsi, la prolongation qui a été accordée est valable pour la Grèce également.
Cela dit, nous souhaiterions, comme vous le savez, que le projet de la Constitution européenne évolue plus rapidement.
Il est évident que l’UE n’est pas assez prête à concrétiser ce projet au rythme souhaité par la Grèce. Toutefois, le fait que l’Allemagne s’est prononcée officiellement en faveur d’une évolution plus rapide de ce projet, est une indication très positive.
JOURNALISTE: Monsieur le porte-parole, lors de la rencontre de la ministre avec M. Gul, la question chypriote a-t-elle été soulevée, ainsi que son paramètre principal, à savoir qu’il s’agit d’une question d’invasion militaire et d’occupation illégale qui existe depuis 30 ans ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Lors de la rencontre entre la ministre et M. Gul, l’accent a été mis sur les huit mesures de confiance qui ont été annoncées.
En même temps – puisque je vois que votre question concerne la coïncidence temporelle entre cette rencontre et les discussions qui se sont déroulées dans le cadre de l’UE au sujet des trois textes sur la Turquie auxquels je me suis référé la semaine dernière – j’aimerais dire que lors de la rencontre Gul-Bakoyannis aucune référence n’a été faite à ce sujet parce que les textes européens ainsi que leur formulation font l’objet de négociations entre les Etats membres de l’UE seulement et non entre ces derniers et un Etat qui n’est pas membre de l’UE.
JOURNALISTE: Monsieur le porte-parole, après ce qui a été fait au Luxembourg, la Turquie semble ne pas avoir reçu le message de l’Union européenne, car M. Gul a, dans des déclarations faites hier, parlé d’obligations mutuelles. Cela signifie qu’il associe la République de Chypre aux territoires occupés. Pensez-vous que la Turquie a le même état de pensée avant le Luxembourg ? En d’autres termes, continue-t-elle d'avoir une attitude intransigeante susceptible de ne pas aboutir à une solution ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: La façon dont la Turquie, en tant que pays candidat, perçoit, apprécie et analyse les décisions qui sont prises au sein de l’Union européenne la regarde et il ne m’appartient pas de le commenter.
Ce que je peux seulement dire est que les décisions qui ont été prises au Luxembourg, ainsi que d’autres textes qui devraient être adoptés – sauf imprévu – lors de la prochaine Conférence au sommet, sont absolument clairs quant à la volonté de l’Union européenne, quant à la façon dont elle envisage la nécessité et l'obligation de la Turquie de s'acquitter de ses obligations vis-à-vis de tous les États membres.
JOURNALISTE: Deux questions sur les conclusions du Conseil d’Association Union européenne - Turquie. Première question : le ministère des Affaires étrangères a-t-il soutenu la décision de Chypre d’opposer son veto si une référence à la contre-déclaration de septembre 2005 n’était pas incluse ? Deuxième question : ces conclusions disent que l’Union évaluera l’application du protocole d’Ankara pendant l’année 2006, je suppose donc que le chapitre relatif au commerce ne pourra être ouvert.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Les chapitres relatifs. Il s’agit de toute une série de chapitres.
JOURNALISTE: Oui, certains chapitres relatifs au Protocole d’Ankara, s’il n’est pas appliqué, ce qui pourrait être plusieurs années après. Et les conclusions disent que si Ankara n’applique pas le Protocole, cela aura un impact sur la progression générale des négociations. Selon la position grecque, cela signifie notamment l’interruption des négociations de l’Union européenne avec la Turquie ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: En réponse à votre première question. J’aimerais apporter très brièvement une précision. Le texte qui a été adopté au Conseil d’association avait d’ores et déjà, également selon les déclarations de Madame la ministre, été qualifié de très positif pour des questions d’intérêt général et d’intérêt grec et chypriote en particulier, pour ne pas qu’il y ait de malentendus.
Je comprends que vous vous référez sans doute à des questions relatives au chapitre « Science et Recherche », car en ce qui concerne la question du texte du Conseil d’association, un tel point n’a pas été soulevé lors de la négociation. Il a été question de la négociation classique, avec ses différentes manœuvres, tactiques, etc., qui a abouti au texte qui a été adopté, c’est-à-dire la position commune de l’Europe qui a été adoptée pour le Conseil d’association Union européenne – Turquie qui a eu lieu mardi.
En ce qui concerne le chapitre «Science et Recherche», c’est une question qui revient sur la table, il y a des déclarations du gouvernement également, je veux dire de la ministre des Affaires étrangères et du porte-parole, et il y a aussi des déclarations similaires de la part de Nicosie et du Président de la République de Chypre, M. K. Papadopoulos, qui mentionne une communication permanente et une coopération entre les deux gouvernements.
Je n’ai rien d'autre à ajouter à ce sujet. Je pense que la façon dont la négociation s’est déroulée est parfaitement claire, tout comme les manœuvres de Grèce pendant cette négociation.
JOURNALISTE: Vous n’avez pas répondu à ma deuxième question. Si Ankara n’applique pas le Protocole jusqu’à la fin 2006, cela entraînera-t-il une interruption des négociations?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Cela signifie en fait, tel qu’il est défini dans le texte de la contre-déclaration, qui a été répétée et dont des éléments sont inclus dans la décision relative à l'ouverture du chapitre «Science et Recherche», que les chapitres relatifs au Protocole ne peuvent être ouverts. Il ne s’agit pas d’un seul chapitre, mais de plusieurs qui ont rapport avec des politiques individuelles très importantes de l’Union qui sont liées à la libre circulation des biens.
A savoir si cela influence de manière générale les négociations, cela les influence effectivement de manière générale, tel qu'il est également mentionné dans le texte du 21 septembre 2005, ainsi que dans le texte du chapitre. Influencer ne signifie toutefois pas nécessairement l'interruption des négociations.
JOURNALISTE: Quels seront les effets ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Cela peut influencer la négociation de plusieurs façons. Cela ne signifie pas nécessairement interruption de la négociation.
JOURNALISTE: Dans votre dernier briefing, si je me souviens bien, vous avez dit que la visite à Thrace et des visites de ce genre ne gênent généralement pas dès lors qu'elles sont effectuées sur la base et dans le respect des traités internationaux et dès lors qu'elles servent les bonnes relations entre la Grèce et la Turquie. Considérez-vous que la rencontre de M. Yakis – si rencontre il y a – avec un pseudo mufti réponde aux deux conditions que vous avez mentionnées dans le briefing précédent ? Est-ce qu’elle contribuera à améliorer les relations gréco—turques et sera-t-elle conforme aux accords et traités internationaux, en particulier si M. Yakis se réfère à la minorité turque ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Il n’est pas question que le gouvernement fixe des conditions. Le gouvernement grec veut encourager et transmettre un message clair à l’autre partie concernant les limites à respecter dans ces rencontres. Cela dit, la Grèce appréciera les activités de la délégation turque, les déclarations qui seront faites ainsi que les personnes que cette délégation rencontrera. Le gouvernement fera une estimation après le déroulement de la visite.
Pour le moment, M. Yakis tout comme chaque personne qui visite un pays démocratique, a le droit de faire ce qu’il veut.
Cela dit, le gouvernement grec aura la possibilité de juger et de faire une appréciation à la fin de la visite.
JOURNALISTE: Une précision : il y a des journalistes qui parlent de pseudo muftis. Est-ce qu’à Komotini il y a des pseudo muftis et des muftis ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Vous devez adresser cette question à vos collègues et non à moi.
JOURNALISTE: J’aimerais une explication.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Mais vous vous êtes référés à des affirmations faites par vos collègues. Cette question ne relève pas de ma compétence. Demandez à vos collègues.
La Grèce reconnaît qu’il y a des chefs religieux au sein de la minorité qui assument souvent des fonctions de juge et appliquent la loi islamique dans certains cas qui concernent des citoyens grecs de religion musulmane à Thrace.
En ce qui concerne la distinction susmentionnée, adressez-vous aux personnes qui l'utilisent.
Je vous remercie et vous souhaite une bonne journée.