Athènes, le 16 avril 2008
M. G. KOUMOUTSAKOS : Bonjour. Aujourd’hui, à 13h00, la ministre des Affaires étrangères, Mme Dora Bakoyannis prononcera une allocution lors de la présentation de la campagne d’information de lutte contre le trafic d’enfants dans le monde. La manifestation se déroule au Musée d'Art cycladique. Cette campagne qui est une initiative du Comité national grec de l'UNICEF est organisée en coopération avec le ministère des Affaires étrangères.
Demain, jeudi 17 avril à 10h00, le Conseil national de politique étrangère est convoqué au ministère des Affaires étrangères sous la présidence de la ministre des Affaires étrangères. Les travaux du Conseil national de politique étrangère seront axés sur les Balkans, avec notamment la question du nom de l'ARYM et les évolutions du dossier chypriote.
Vendredi 18 avril à 14h00, la ministre des Affaires étrangères rencontrera au ministère des Affaires étrangères le député du PASOK, M. Andreas Loverdos, qui, comme vous le savez, est chargé des Affaires étrangères au sein du parti de l’opposition.
L’après-midi, à 17h00, la ministre des Affaires étrangères recevra au ministère des Affaires étrangères, l’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU en charge de la question du nom de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine, M. Nimetz.
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En ce qui concerne le programme du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Yannis Valinakis.
Aujourd’hui, M Valinakis participera à la première séance du Comité spécial du Parlement chargé d'examiner le projet de loi portant ratification du Traité de Lisbonne. Vendredi 18 avril à 10h00, M. Valinakis aura une rencontre au ministère des Affaires étrangères avec le Commissaire européen en charge du Multilinguisme, M. Leonard Orban.
Le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Doukas, prononcera aujourd’hui à 12h00 un discours lors de la réunion de la Commission des techniques et pratiques bancaires, organisée par la chambre de commerce internationale et l’Union des Banques grecques, à l’hôtel Astir Palace, Vouliagmeni.
Demain, jeudi 17 avril, M. Doukas participera aux travaux du 18e Sommet du Conseil des ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l'Organisation de la coopération économique de la mer Noire (CEMN) qui se déroule à Kiev, Ukraine.
Le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Théodoros Kassimis, sera en déplacement à Constantinople, vendredi 18 et samedi 19 avril. Il rencontrera sa Sainteté le patriarche œcuménique Bartholoméos à Fanari.
Vos questions s’il vous plait.
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M. VATIKIOTIS : Avez-vous un commentaire à faire au sujet de la lettre envoyée par l'Académie au Premier ministre dans laquelle il est demandé que soit réexaminé le projet de loi portant sur les établissements religieux (Vakoufia).
M. G. KOUMOUTSAKOS : Non.
M. KOTTARIDIS : Compte tenu de l’effervescence régnant à Skopje en raison de la période électorale, pensez-vous qu'il existe une base de discussion et une possibilité de dialogue au cours des deux prochains mois, que ce soit même par l’intermédiaire de M. Nimetz?
M. G. KOUMOUTSAKOS : La Grèce, avant et après le Sommet de Bucarest, a souligné qu’elle restait fermement engagée dans le processus de négociation sous l’égide de l’ONU. Les visites de l’envoyé spécial du SG de l’ONU, l’ambassadeur M. Nimetz à Skopje et à Athènes permettent au processus d'évoluer, ce qui constitue un point positif.
Manifestement, le fait que le pays voisin soit en pleine période électorale est sérieusement pris en compte. Cela étant, la Grèce a déclaré, que ce soit avant ou après le Sommet de Bucarest, qu’elle restait engagée dans le processus de négociation.
Μ. POLLATOS : Pensez-vous qu’une solution puisse être trouvée dans la mesure où le négociateur de Skopje affirme ne pas avoir reçu d’instructions de la part du ministère des Affaires étrangères de son pays pour ce qui est de la ligne à suivre en matière de négociations? Et êtes-vous satisfait des services de M. Nimetz, autrement dit, le gouvernement grec pense-t-il que la médiation de M. Nimetz est satisfaisante?
M. G. KOUMOUTSAKOS : M. Nimetz a reçu un mandat de la part des Nations Unies et du Secrétaire général et poursuit sa mission dans le cadre du processus bien connu, auquel la Grèce participe. Voilà pour répondre à votre deuxième question.
Pour ce qui est de la première, à ce stade, M. Nimetz aura des contacts à Skopje puis en Grèce. La Grèce n’a aucune raison de ne pas être présente lors des consultations. C’est une position ferme de la Grèce. Cela étant, l’évolution des pourparlers sera jugée.
T. KALARYTIS : Demain, jeudi, des groupes organisent une séance au Parlement européen portant sur le thème «les minorités inconnues en Grèce» en se référant à une minorité «macédonienne» et «turque». Le ministère sait-il comment ces deux groupes en sont venus à coopérer et comment ceux qui soutiennent l’existence d’une minorité « turque » en sont-il venus à organiser une manifestation de concert avec ceux qui soutiennent l’existence d’une minorité « macédonienne » ? Merci.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Cette manifestation s’inscrit dans le cadre des centaines d’autres réalisées chaque année dans le cadre du Parlement européen. Cela ne nous regarde pas et nous n'avons pas l'intention de le commenter.
JOURNALISTE : Une question relative à l’appel lancé à la Turquie par Mme Rice, le Secrétaire d’Etat des Etats-Unis d’Amérique pour la réouverture de la faculté théologique de Halki ? Etes-vous au courant de quelque chose et qu'en pense notre pays.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Vous connaissez la position grecque. Cela est positif.
M. FOURLIS : J’ai pu lire hier des informations qui parlaient de fonder une faculté théologique similaire à celle de Halki en Grèce, sur le territoire grec. Y a-t-il eu une discussion de ce genre entre le Patriarche œcuménique et le gouvernement grec?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Pas à ma connaissance. Laissez-moi regarder et je reviendrais à vous un peu plus tard dans la journée.
M. FOURLIS : Une question concernant Skopje. Nous vous entendons dire que la Grèce est prête à participer à une négociation, quelle qu’elle soit. Est-ce que cela signifie que la Grèce est prête à participer à toute négociation, indépendamment des conditions, du moment, du climat, des participants, de qui les parties représenteront ? Car le problème est là. Le problème n’est pas de savoir si de manière générale la Grèce a la volonté de participer à des négociations? Cela va de soi et nous le savons. La question est de savoir si la Grèce estime qu’il est important qu’elle soit à ces négociations, dans ces conditions, et avec ces interlocuteurs.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Ce que j’ai dit au début est valable.
La discussion se poursuit et nous y participons. Votre question aurait un sens si aujourd’hui ou demain nous étions en passe de nous prononcer définitivement et de conclure un accord sur un texte, quel qu’il soit. Mais nous n’en sommes pas là.
M. TSORAKIS : La ministre des Affaires étrangères parle ces derniers temps d’une solution cohérente, applicable et fonctionnelle.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Pas ces derniers temps. Elle le dit depuis très longtemps.
M. TSORAKIS : Cet argument a été ajouté depuis un moment. Lorsqu’elle parle de cohérente, se réfère-t-elle aux ethnies ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Cette discussion comporte un certain nombre de paramètres. Par exemple, l’un de ces paramètres est qu’il doit y avoir décision du Conseil de sécurité. Nous parlons d’une solution qui intègre ces paramètres.
M. TSORAKIS : Y a-t-il plus de points à l’ordre du jour ? Qu'est ce que cache le mot «cohérent» ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : La position grecque est : une appellation avec désignation spécifique, erga omnes, etc. C’est ici qu’intervient le mot « cohérent ». Tout cela revient au même.
M. BIBE : Monsieur le porte-parole, je voulais savoir s'il y a du changement dans la position grecque pour ce qui est de la délimitation de la zone minoritaire dans le sud de l'Albanie et est-ce que pendant la visite du ministre adjoint, M. Kassimis dans le pays voisin le programme de ses rencontres avait été annoncé aux autorités albanaises? Car il y avait le communiqué du ministère des Affaires étrangères…
M. G. KOUMOUTSAKOS : De quel ministère ? De l’Albanie ou de la Grèce ?
M. ΒΙΒΕ : Le ministère grec des Affaires étrangères a-t-il annoncé l’agenda aux autorités albanaises ? Est-ce qu’il y a eu des changements ? Car dans le communiqué du ministère grec des Affaires étrangères il est indiqué que le ministre adjoint a eu des rencontres dans les villages des minorités, Narta, Cheimarra et Korçë. D’après le communiqué, [Korçë] est un village minoritaire.
M. G. KOUMOUTSAKOS : M. Kassimis a eu des rencontres avec des membres de la minorité ethnique grecque en Albanie. Pour ce qui est des zones minoritaires, comme vous le savez, il s’agit d’un règlement mis en place par la partie albanaise. M. Kassimis a jugé opportun de visiter les endroits habités par la communauté grecque.
M. ΒΙΒΕ : A savoir les villages de Narta et de Cheimarra…
M.G. KOUMOUTSAKOS : Tout ce qui est indiqué dans le communiqué du ministère reste valable. Pour ce qui est de l’ordre du jour, je considère que les deux parties ont bien préparé cette visite de trois jours.
Mme FRISSA : Encore une question sur l’Albanie : est-ce qu’il y a eu un accord sur la délimitation des eaux territoriales entre la Grèce et l’Albanie ? A-t-on discuté des limites, autrement dit ces limites seront-elles fixées à 6 ou à 12 miles marins ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Lors de la récente visite de la ministre des Affaires étrangères, il a été convenu d’organiser des réunions entre les comités techniques des deux pays en vue de lancer une discussion sur cette question. Je n’ai pas d’autres informations à ce sujet.
M. POLLATOS : La discussion avec Skopje se poursuit. Si un accord est atteint d’ici au 1er juin, qui le signera ? Le gouvernement intérimaire de M. Gruevski, quelqu’un d’autre ? Un autre président ? Que se passera-t-il dans ce cas ? Deuxième question : Confirmez-vous ou démentez-vous la déclaration de M. Crvenkovski, selon laquelle la Grèce aurait proposé l’appellation « République de Skopje (Macédoine) » ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je commence par la première question. Actuellement le processus revêt une forme bien spécifique. Personne ne peut le négliger. A l’heure actuelle, une rencontre est en cours. Il ne s’agit pas d’une rencontre semblable à celles qui ont précédé, à savoir une rencontre de M. Nimetz en présence des deux négociateurs. M. Nimetz visite les deux capitales séparément. Il y a déjà un élément que vous devez prendre en considération.
La deuxième partie de votre question est hypothétique. Et je ne cherche pas à éluder la question par des échappatoires. Une chose est certaine : la Grèce avant et après le Sommet de Bucarest avait affirmé que si l’on parvenait à une solution, celle-ci devrait être applicable et qu’une résolution du Conseil de sécurité était nécessaire. Cela reste complètement valable. Cela dit, un accord atteint avant le 1er juin reste une hypothèse.
Pour ce qui est de la déclaration de M. Crvenkovski, je pense que ma réponse est attendue. Je ne me réfèrerais pas – ce qui a d’ailleurs été notre pratique durant tous ces mois - aux appellations proposées. Demain, il est possible qu’un autre haut fonctionnaire du pays voisin ou quelqu’un d’autre fasse une autre déclaration. Je n’ai pas l’intention de m’engager dans cette discussion sur les appellations proposées. Le moment est inopportun. Un processus est en cours. Ce n’est pas le moment.
M. POLLATOS : Dans quel sens cette discussion est-elle inopportune ? Nous ne discutons pas d’une solution mutuellement acceptable ? Je suppose donc que de la même manière les déclarations de la ministre des Affaires étrangères au sujet du Nouveau Mexique, de la Nouvelle Macédoine et de la Nouvelle Calédonie, sont inopportunes aussi.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Bon, écoutez, je ne dis pas que ce moment n’est pas important. Je dis qu’il n’y a rien de concret sur lequel nous pourrions prendre position.
Cela dit, puisque vous vous référez aux déclarations de la ministre, j’aimerais vous dire qu’il s’agit d’une déclaration – à laquelle vous vous êtes référés - portant sur un exemple sur la base de la position de la Grèce laquelle parle d’une détermination géographique, etc.
M. KAPOUTSIS : Excusez-moi d’insister sur cette question : Le Président de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine a affirmé que : « La proposition grecque est l’appellation « République de Skopje (Macédoine) ». Cette déclaration - prise de position a été bien concrète. Ma question est la suivante : le ministère grec des Affaires étrangères dément-il ou non cette déclaration ? Cette déclaration pourrait-elle être valable ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous répète que je n’ai pas l’intention de m’engager dans cette discussion. Il n’y aura aucune discussion sur les appellations proposées.
M. FOURLIS : Vous dites donc que le gouvernement grec ne considère pas cela comme un problème ? Hier, M. Dimitrov a déclaré que Skopje n’avait pas adopté une position officielle. C’est pourquoi il avait invité tous les partis de son pays à lui donner des instructions. La Grèce ne trouve-t-elle pas que cela soit un problème ? Comment une discussion comme celle-ci pourrait être substantielle sans qu’il y ait un négociateur crédible de la part de Skopje ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : À ce stade, nous discuterons avec M. Nimetz. C’est dans cet esprit que s’inscrit la prochaine rencontre.
M. KAPOUTSIS : La ministre des Affaires étrangères fera-t-elle des déclarations ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne le sais pas. Il est possible que M. Nimetz fasse une déclaration, s’il le juge nécessaire. A l’heure actuelle, je ne sais pas à quel niveau s’effectuera cette communication d’informations.
M. KALARYTIS : Quel sera l’objectif de la visite de M. Nimetz ? Comme le pays voisin est en période préélectorale des discussions sur le fond ne peuvent pas être menées car la Grèce ne peut pas prendre des engagements tant que la situation dans le pays voisin demeure instable. Les déclarations de M. Dimitrov sont indicatives de cette situation. Cette visite est-elle préparatoire ou plutôt exploratoire ? Quel est son objectif ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je n’ai rien d’autre à ajouter. M. Nimetz visitera Skopje et par la suite Athènes.
M. TSORAKIS : (hors micro)… Avez-vous une raison particulière de souligner l’ordre des visites ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je me réfère tout simplement aux évènements. Comme on avait dit « Les évènements sont acquis. Chacun est libre d’émettre ses propres commentaires et interprétations » .
M. POLLATOS : Ceux qui ne rejettent pas certaines appellations font-ils cavalier seul ? Est-ce qu’un débat public est mené parallèlement à la discussion engagée entre les deux gouvernements ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Parallèlement ? Une minute…
M. POLLATOS : De nombreuses questions ont été soulevées dans ce cadre. En répondant à des questions relatives aux appellations proposées, à savoir « Haute Macédoine » ou « Nouvelle Macédoine », la ministre avait clairement affirmé que ces deux appellations constituaient une base de négociation. Est-ce que la ministre fait cavalier seul ? Car vous refusez de confirmer ou de démentir les affirmations de M. Crvenkovski, de dire si celles-ci sont valables ou si M. Crvenkovski a fait ces déclarations à des fins préélectorales ou pour d’autres raisons ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je répète que je n’ai pas refusé de démentir, ni de confirmer ce qui a été dit. Je n’ai pas du tout discuté de cette question. Vous savez très bien quels sont les éléments principaux de cette position, à savoir ce qui constitue une base de négociation pour la Grèce. Les déclarations du Premier ministre et de la ministre des Affaires étrangères ne donnent lieu à aucune contestation.
Je vous rappelle notre position. Une détermination géographique claire erga omnes en vue de parvenir à une solution claire, pratique et applicable. Le Premier ministre avait affirmé que la définition du système politique du pays voisin n’est pas considérée comme une solution. Par conséquent, cela ne constitue pas une base de négociation. C’est sur la base de ces lignes directrices et de ces éléments que la Grèce s’engage dans cette discussion.
Cela dit, je vous ai dit que je n’avais pas l’intention de discuter des appellations proposées. Je ne participe à aucune discussion déclenchée par les déclarations des différents hauts fonctionnaires. La Grèce n’a aucune raison de participer à des discussions de ce genre tant que les négociations se poursuivent. En faisant preuve de responsabilité, la Grèce a défini en temps utile le cadre dans lequel une discussion sur les propositions y relatives pourrait être menée. Je n’ai rien d’autre à ajouter.
M. POLLATOS: Je suppose que vous avez lu l’interview de l’Ambassadeur de Grèce en Turquie, M. Xidas. Est-ce que le ministère y a préalablement consenti ? Est-il d’accord avec les propos de M. Xidas ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Comme vous le savez, M. Xidas lui-même a clarifié cette question. La question est close.
Merci.
Traduction non officielle