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                                                                                                                                                                                         mercredi 13 septembre 2006

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Bonjour.

 

Comme je vous l’ai déjà dit, la ministre des Affaires étrangères se rendra demain, jeudi 14 septembre, à Belgrade et Pristina avant d'aller à Bruxelles, où elle participera aux travaux du Conseil Affaires générales et Relations extérieures de l'Union européenne.

 

En ce qui concerne le programme de la Mme la ministre à Belgrade, qui est la première étape de sa visite : Mme Bakoyannis aura des rencontres avec le Président de la Serbie, M. Tadic et le Premier ministre, M. Kostunica. L’après-midi de ce même jour, Mme Bakoyannis se rendra à Pristina et rencontrera le Président du Kosovo, M. Sedjiu, le Président du Parlement, M. Kole Berisha, le chef de la Liste serbe, M. Ivanovic, le chef du parti ΟRΑ, Veton Surroi, le chef de l’Opposition et Président du PDK, Hashim Thaci, et enfin le Représentant spécial du Secrétaire général au Kosovo, M. Rucker. Après cette rencontre, la ministre des Affaires étrangères fera une conférence de presse pour se rendre par la suite à Bruxelles.

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En ce qui concerne les thèmes abordés par le Conseil Affaires générales et Relations extérieures à Bruxelles:

 

Au chapitre des Relations extérieures, les dossiers suivants seront abordés: Les développements dans les Balkans occidentaux, avec notamment les évolutions au Monténégro et en Bosnie-Herzégovine, le Soudan et plus précisément la détérioration de la situation au Darfour ainsi que les développements au Congo. Je souligne que M. Solana fera une communication d’informations à ce sujet. Par ailleurs, suite à la demande de la Grèce, les relations entre l'Union européennes et l’Organisation pour la Coopération économique de la Mer Noire (CEMN) feront l’objet d’une discussion.

Pendant le repas des ministres des affaires étrangères, des sujets liés aux développements en Iran, au Moyen-Orient et éventuellement en Irak, seront abordés. La discussion sur le Moyen-Orient fait suite aux débats qui avaient eu lieu lors du Conseil informel des ministres des affaires étrangères (GYMNICH) qui s'est tenu récemment à Lappeenranta en Finlande.

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En ce qui concerne la participation de Mme la ministre à la 61ème Assemblée générale des Nations Unies et le programme de sa visite à New York, puis Washington, j'ai quelques éléments additionnels à vous communiquer à ce suet:

En ce qui concerne les contacts bilatéraux :

 

Lundi 18 septembre, Mme Bakoyannis rencontrera son homologue turc, M. Gul à la Représentation permanente de la Grèce auprès des Nations Unies.  Permettez-moi de rappeler à ce stade que cette visite s'inscrit dans le cadre d'une pratique suivie ces trois dernières années : les ministres des Affaires étrangères grec et turc se rencontrent en alternance dans les bureaux des Représentations des deux pays.

 

Le 19 septembre, Mme Dora Bakoyannis rencontrera son homologue égyptien, Ahmed Ali Aboul Gheit ainsi que son homologue iranien, Manouchehr Motaki. Le 20  septembre, elle rencontrera le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos. Le lendemain, mardi 21 avril, Mme Bakoyannis rencontrera son homologue syrien, Walid al-Muailim. Vendredi, 22 septembre, Mme Bakoyannis rencontrera le Représentant spécial du Secrétaire général du Kosovo, M. Ahtisaari.

 

D’autres rencontres ne sont pas encore arrêtées définitivement. Dès qu’elles le seront, je vous en ferai part dans les jours à venir.

 

En ce qui concerne la suite du programme de Mme la ministre à New York :

Mardi 19 septembre, Mme Bakoyannis participera à la rencontre de coordination des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne. Par la suite, elle rencontrera la délégation du Parlement hellénique, qui suivra les travaux de l'Assemblée générale.  A 12h30, heure locale, Mme Bakoyannis, fera une allocution lors de l'inauguration de l'exposition «Eloge à l’Olivier», tandis que dans la soirée elle participera à la réception qui est donnée chaque année par le Président des Etats-Unis en l’honneur des chefs des délégations étrangères.

 

Mercredi 20 septembre, la ministre des Affaires étrangères présidera la conférence thématique du Conseil de sécurité avec des organisations régionales, qui est organisée à l’initiative de la présidence grecque. Les détails de cette conférence vous ont été communiqués lors de notre réunion précédente. Par la suite, la ministre des Affaires étrangères offrira un déjeuner aux membres du Conseil de sécurité, saisissant l'occasion de la présidence grecque.

 

Le lendemain, à savoir jeudi 21 septembre, Mme la ministre participera à une réunion des ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’OTAN; plus tard, elle fera une allocution lors d'une journée d'études organisée par la Foreign Policy Association sur le thème de la politique étrangère grecque à l’aube du 21ème  siècle. Le soir, Mme Bakoyannis participera au dîner offert par le ministre français des Affaires étrangères aux Etats membres de la Francophonie.

 

Vendredi 22 septembre, la rencontre de l’Organisation des Nations Unies et des organisations régionales aura lieu, avec bien entendu la participation de la ministre grecque, en sa qualité de  présidente du Conseil de sécurité. Par la suite, Mme Bakoyannis participera à la rencontre des ministres des Affaires étrangères de l’UE et de la Russie qui se déroulera dans les bureaux du Secrétariat du Conseil de l’Union européenne. Par ailleurs, un déjeuner de travail « transatlantique » organisé par la ministre des Affaires étrangères des Etats-Unis, Mme Rice est prévu, ainsi qu'une rencontre des ministres des Affaires étrangères UE - USA.

 

L’après-midi, Mme Bakoyannis fera un discours à la séance plénière de l’Assemblée générale. Permettez-moi de souligner que suite à une initiative de la Grèce, une rencontre des ministres des Affaires étrangères du Processus de Coopération en Europe du Sud Est (SEECP) et de M. Ahtisaari aura lieu dans les bureaux de la Représentation permanente de la Grèce.

 

Enfin, samedi 23 septembre, Mme Bakoyannis participera au dîner offert par le ministre russe des Affaires étrangères aux Etats membres de l’Organisation pour la Coopération en Mer Noire.

 

Le programme n’a pas été arrêté définitivement. Comme je l’ai dit, des éléments supplémentaires y relatifs seront communiqués les jours à venir.

 

Par la suite, se déroulera le programme de Mme la ministre à Washington ; je vous en ai parlé et n’ai rien de nouveau à ajouter. Je vous ai fait par des nouvelles informations.

 

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En ce qui concerne le programme de MM. les ministres adjoints: Jeudi 14 septembre, M. Valinakis fera une allocution lors de la Conférence commune du Comité ad hoc de droit international du Conseil de l’Europe et de la Cour pénale internationale qui aura lieu au Zappeion. Par la suite, il se rendra à New York, où il représentera le pays lors de plusieurs rencontres multilatérales.

 

En ce qui concerne le programme de M. Stylianidis. Mercredi 13 septembre à 17h00, il rencontrera l’ambassadeur des Etats-Unis en Grèce au ministère des Affaires étrangères. Jeudi 14 septembre, M. Stylianidis fera une allocution lors du premier forum économique gréco-arabe de 2006 au Zappeion. Et enfin, lundi 18 septembre, il accompagnera le Président de la République hellénique, M. Karolos Papoulias lors de sa visite officielle en Allemagne, du 18 au 22 septembre.

 

Vos questions s’il vous plait.

 

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M. MELETIS : Ma question porte sur un sujet relatif à la région des Balkans. Hier, j’ai lu les déclarations de M. Christidis à Sofia selon lesquelles l’adhésion de la Serbie et du Kosovo à l’Union européenne pourrait régler les problèmes qui affectent la région. J’aimerais savoir si cette position est celle du ministère des Affaires étrangères est la même et sous quelles conditions prévoit-il que l’adhésion du Kosovo à l’Union européenne aura-t-elle lieu ? Deuxième question : Est-ce que l’attitude positive de l’Union européenne et de la Grèce, entre autres, à l’égard du référendum au Monténégro signifie que cette même attitude positive sera adoptée à l’égard de l’entité serbo-bosniaque qui, d’après des sources de personnes officielles, envisage de demander sa sécession de la Bosnie ?


M. G. KOUMOUTSAKOS : Je commencerais par la dernière question. Cette discussion qui a lieu en Bosnie vient juste de commencer. Par conséquent, le ministère des Affaires étrangères ne peut s’exprimer sur une évolution qui est probable et non sûre.

 

En ce qui concerne la déclaration de l’Ambassadeur Christidis à laquelle vous vous êtes référée, je tiens à rappeler la position générale de la politique étrangère de la Grèce qui demeure inchangée. Le rapprochement de la région d’Europe du Sud Est, des Balkans occidentaux, avec l’Union européenne, est à notre opinion, un élément catalyseur de stabilité et de paix dans la région tout entière.

 

Pour ce qui est notamment de la Serbie, la Grèce est le pays qui a, à plusieurs reprises, signalé à tous les partenaires la nécessité d’assurer un parcours sans heurts de la Serbie vers les institutions européennes et euro-atlantiques, à condition que ce pays souhaite ce rapprochement et œuvre dans ce sens.

 

Tel est l’objectif constant de la Grèce et sa position à l’égard de cette question. De nombreux Etats membres convergent vers cette position, voire la partagent. Tel est le contexte de notre position dans le cadre de l’Union européenne pour ce qui est de cette  question précise.

 

Mme ADAM: Etant donné que la Bulgarie et la Roumanie sont confrontées à des problèmes majeurs et que nous ne savons pas quel sera leur degré d’adaptation et le rythme de leur entrée dans l’Union européenne ; dans un même temps les débats font rage au sein de l’Union, à savoir est-ce que la Turquie sera exclue ou acquerra-t-elle une relation spéciale avec l’Union, ou encore n’adhèrera-t-elle pas à l’UE ? Quel est le rapport entre cette position générale et la réalité ?

 

M. KOUMOUTSAKOS: Notre position a non seulement rapport avec la réalité, mais est aussi réaliste, dans le sens où pour tous les pays des Balkans, vous vous êtes référées tout particulièrement à la Bulgarie et à la Roumanie…

 

Mme ADAM: Par exemple.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Ces pays font un effort. Le fait qu’ils consentent des efforts afin qu’ils puissent adhérer pleinement à l’Union européenne a, de manière générale, apporté des résultats positifs pour le développement, la stabilité politique et la démocratie dans ces pays. Tel est le résultat positif qui découle des efforts des pays qui sont réellement intéressés à se rapprocher de l’Union européenne. Certes, lors de cette phase finale avant l’adhésion, il reste encore des choses à faire.

 

Etant que  vous vous êtes référée à la réalité et que vous vous êtes demandée combien la position grecque correspond à la réalité. Personne ne peut nier que les Balkans occidentaux ont, d’une manière ou l’autre, différents régimes d’association et de rapprochement à l’Union européenne. Je vous rappelle les accords de stabilisation et d’association signés dernièrement avec l’Albanie, l’Ancienne République Yougoslave  de Macédoine ainsi qu’avec d’autres pays qui traversent les étapes de ce processus.

 

Par conséquent,  le parcours de cette région vers l’Europe, compte tenu des étapes, des difficultés et des enjeux que cela implique, est une réalité que la Grèce ne doit pas ignorer. Au contraire, cette réalité doit être renforcée et encouragée. C’est d’ailleurs le résultat d’une politique qui découle aussi de la Déclaration de Thessalonique à la fin de la Présidence hellénique en 2003. Depuis, cette politique a non seulement été confirmée, mais aussi mise en œuvre par la Grèce. C’est un effort consenti par notre pays qui a trouvé un écho positif parmi tous les pays de la région.

 

Vous avez également soulevé la question des élargissements et jusqu'où ils peuvent aller s’agissant de l’effort consenti par la Turquie en faveur de son adhésion. Le gouvernement grec s’est exprimé à maintes reprises sur cette question à tous les niveaux. Nous n’avons rien de  nouveau à ajoute à ce sujet.

 

Je tiens à rappeler que la ministre lors de ces déclarations hier s’est référée très clairement aux inquiétudes ressenties dans de nombreuses capitales européennes, et ce, en raison du degré et du rythme de conformité non satisfaisant de la Turquie aux engagements qu’elle a assumées.

 

Cela dit, nous avons devant nous des étapes différentes à franchir que vous connaissez déjà. Il y  a le Rapport imminent de la Commission européenne. Tout le monde s’attend à ce que ce texte créé une atmosphère bien précise quant au parcours de la candidature turque. La Grèce fait tout ce qui est possible afin que les engagements soient remplis par la Turquie et qu’elle puisse en se conformant à ses obligations, assurer son parcours vers l’adhésion.

 

Nous avons réitéré que seule la conformité de la Turquie à ses obligations est la voie sûre vers le parcours européen de cette dernière. Toute autre voie ne constitue pas un moyen sûr de rapprochement de la famille européenne.


M. BOURDARAS : Monsieur le porte parole, récemment un haut fonctionnaire des forces armées turques a affirmé que les résultats de l’enquête menée sur l’accident tragique qui a coûté la vie à un pilote grec en mer Egée ont été rendus et que c’est maintenant au ministère des Affaires étrangères de gérer l’affaire. Est-ce que Mme Bakoyannis, en vue de sa rencontre avec M. Gul a demandé les résultats de l’enquête grecque et si tel est le cas, quel est son contenu ?

 

M. KOUMOUTSAKOS:  Je ne sais pas si cette question sera abordée lors de la rencontre des deux ministres des Affaires étrangères. En ce qui concerne les résultats de l’enquête grecque, je ne sais pas si l’enquête en question est terminée. Je suis certain que si une enquête d’une telle importance et d’un tel contenu avait été terminée, elle aurait été communiquée au ministère des Affaires étrangères. La question n’est pas de le demander au ministère de la Défense nationale. J’estime que les résultats de l’enquête seront communiqués.

 

Mme KOURBELA : … tout particulièrement quant à la question de l’immigration clandestine. Etant donné que des évolutions ont eu lieu, je voudrais que vous me répondiez à certaines questions. Premièrement, le Président de la Commission européenne a envoyé une lettre à M. Karamanlis et lui demande son aide afin de régler la question de l’immigration clandestine, en vue du Sommet informel qui se tiendra en octobre et lors duquel cette question, considérée d’ailleurs comme étant d’une importance majeure, sera abordée. Deuxièmement, je voudrais vous demander si l’Egypte a répondu positivement à une demande grecque relative à la signature d’un accord sur la réadmission des immigrants clandestins. Je vous pose cette question car vous avez dit que la ministre rencontrerait le ministre égyptien. Ma troisième question est la suivante : est-ce que, à l’issue de la visite de M. Fratini en Grèce,  des initiatives concrètes ont été prises concernant une coopération dans la région méditerranéenne ? Je vous remercie.


M. KOUMOUTSAKOS: Comme vous le savez, l’UE dans son ensemble est vivement préoccupée par la question de l’immigration clandestine. Certes, cette question préoccupe surtout notre pays car la Grèce constitue une région frontière, un point d’entrée sur le territoire des Etats membres de l’Union européenne. La Grèce est un pays ayant de longues frontières maritimes et c’est pourquoi l’efficacité des mesures prises par la Grèce afin de faire face à ce phénomène, est d’une importance majeure pour l’Union européenne. Cela a été à plusieurs reprises signalé par le gouvernement grec lors de toutes les discussions y relatives qui ont eu lieu dans le cadre de sa coopération avec les partenaires européens.

 

En ce qui concerne cette demande adressée au Premier ministre, je n’ai rien de plus à ajouter, d’après les informations que j’ai à ma disposition, car vous comprenez que cette question ne relève pas de la responsabilité exclusive du ministère des Affaires étrangères ; que de nouveaux efforts sont en cours pour lutter plus efficacement contre l’immigration clandestine.

 

Vous vous êtes également référées à l’accord de réadmission avec l’Egypte. A l’heure actuelle je n’ai aucune information relative à l’évolution de cette question.

 

En ce qui concerne la coopération entre les Etats membres méditerranéens de l’Union, je tiens à rappeler que, depuis une année environ la coopération entre les 7 pays méditerranéens de l’Union a été renforcée à plusieurs niveaux sur initiative grecque. Un  des domaines de coopération est la lutte contre l’immigration clandestine. En outre, l’initiative grecque pour la constitution d’une garde côtière européenne demeure toujours sur la table des négociations.

 

M. KALARITIS : Le gouvernement grec est-il satisfait de la situation de la minorité nationale grecque ? Estime-t-elle que des progrès ont été réalisés ? Est-ce que la question des cimetières grecs sera soumise lors de la visite du Premier ministre albanais ? Merci.

M. KOUMOUTSAKOS: Il serait injuste d’affirmer que la situation de la minorité nationale grecque en Albanie n’a pas progressé. Certes, il y a eu du progrès mais il reste encore beaucoup de choses à faire pour que la minorité nationale grecque en Albanie puisse avoir toutes les chances de continuer à progresser et à se développer en toute sécurité, en tant que partie intégrante de la société albanaise.

 

Nous avons affirmé à plusieurs reprises que la minorité grecque constitue une passerelle d’amitié entre les deux peuples. C’est en tant que telle que nous l’envisageons. Cela dit, le pays voisin a décidé de faire face à ce défi, à savoir se rapprocher et finalement adhérer à l’Union. Cela signifie qu’il doit respecter toutes les règles prévues en matière de respect des droits de l’homme et des minorités dans le cadre de l’Etat de droit européen.

 

En ce qui concerne votre dernière question, dans le cadre de la coopération dans le domaine militaire et de la défense, il existe un chapitre qui traite exactement cette question que vous avez soulevée. Il y a quelques mois, une discussion a eu lieu entre les 2 pays au niveau d’experts. Je crois que la discussion relative aux cimetières militaires des Grecs morts sur le territoire albanais, a progressé de manière substantielle. Elle n’est pas encore finie. Cette question reste en suspens. Toutefois des progrès ont été réalisés pour ce qui est de la finalisation de cet accord.

 

M. FOURLIS: J’imagine, si je ne trompe pas, que la Grèce a déjà soumis ses opinions ou quelque note écrite, un mémorandum à l’Union européenne relatif au Rapport de la Commission qui sera soumis le 26 octobre. J’aimerais savoir si vous avez l’intention d’entrer dans plus de détails concernant cette question, autrement dit, quelle sera la position grecque ou quelle est la proposition grecque, si une telle proposition existe vraiment ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : Je peux vous assurer que la Commission européenne soit très bien informée sur les inquiétudes et les préoccupations de la Grèce, en tant qu’Etat membre de l’Union, pour ce qui est des progrès réalisés par ce pays voisin en matière de respect de ses engagements et de ses obligations à l’égard de l’Union. Cela dit, vous comprenez que je ne peux pas et je ne dois pas entrer dans des détails s’agissant du contenu de ce rapport ou des réactions que peut susciter ce rapport qui se trouve dans la dernière phase d’élaboration par l’Union européenne.


M. SIMEONIDIS: Hier, dans votre déclaration écrite concernant le moratoire, vous avez affirmé que le moratoire concerne le déroulement des exercices. Etant donné que l’Accord Papoulias – Yilmaz de 1988, mentionne explicitement que le moratoire concerne le déroulement et l’élaboration des exercices, je voudrais vous demander si quelque chose a changé par rapport à l’accord Gul -Bakoyannis. Une deuxième question : Vous avez parlé hier d’une tentative de réservation effectuée par la Turquie dans la région. Avez-vous une indication disant que la Turquie a annulé la NOTAM et n’a pas réservé la région pour la circulation aérienne et maritime ? 


M. G. KOUMOUTSAKOS : En ce qui concerne le contenu du Mémorandum Papoulias – Yilmaz, il est manifeste que rien n’a changé quant au contenu du mémorandum, qui demeure un point de référence, si vous voulez, pour les relations gréco-turques et l'effort qui est fait pour que celles-ci évoluent dans un climat qui soit le meilleur possible, avec le moins de tensions et de crises possibles. Par conséquent, il est pleinement valable.

 

Pour ce qui est de votre question, permettez-moi de vous renvoyer à ma réponse d’hier. Le moratoire d’été est l’un des points du Mémorandum Papoulias – Yilmaz et se réfère à une période bien précise pendant laquelle les exercices ne doivent pas être menés. Quand nous parlons de moratoire d’été, nous nous référons à ce point du Mémorandum Papoulias – Yilmaz.

 

Pour ce qui est de votre question relative à la tentative : En effet, cela est une tentative dans le sens où il y a eu une réaction de la part de la partie grecque, comme je l’ai dit dans ma réponse d’hier. Par conséquent, lorsque que l’on a deux positions, diamétralement opposées, vous comprenez que l'on peut parler de tentative.

 

M.  SIMEONIDIS : Donc, la NOTAM turque a été annulée? Des avions peuvent-ils voler au-dessus de la région, des bateaux peuvent-ils naviguer dans la région ? A-t-elle été annulée ? La région est-elle appropriée ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai répondu.

 

M.  SIMEONIDIS : Vous vous êtes contredit tout à l’heure. Vous avez dit mot pour mot que votre déclaration d’hier était valable, mais que le Mémorandum Papoulias – Yilmaz contient la planification de l’exercice.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne me suis pas contredit dans ma réponse. Le moratoire d’été, dont le respect ou non a maintes fois été abordé lors des précédents briefings, n'a pas été violé. Car le moratoire d’été, qui concerne une période bien définie, porte sur des exercices qui sont menés pendant une période de temps déterminée.


M.  SIMEONIDIS : Mais je vous dis que le Mémorandum Papoulias – Yilmaz mentionne également la planification.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : J’ai répondu à votre question.

 

M.  SIMEONIDIS : Je me trompe alors, il n’y a pas de planification.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : J’ai répondu entièrement à votre question. Je ne dis pas que vous vous trompez. Je dis avoir répondu à votre question.


Mme ADAM : Comment le gouvernement interprète-t-il le fait que le pays voisin au lendemain de la signature pour l’extension du moratoire réserve une région pour y mener des exercices de juin jusqu’à septembre. Autrement dit, cette région qui inclut un espace international et national est réservée depuis trois mois.  Depuis trois mois, aucun avion, navire, etc., ne s’y approche.  C’est ce que la Turquie a fait. A l'heure actuelle, elle a réservé une région et rien ne se produit. Ma question est la suivante : le gouvernement turc, après les explications et les démarches de la Grèce, a-t-il suspendu la Notam relative à la réservation de la région ? Et les services grecs ont-ils publié une nouvelle Notam disant que cette région n’est pas réservée ? Je demande deux choses simples et quand tout cela s’est-il produit ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Madame Adam, vous m'avez demandé quel était le point de vue du gouvernement grec. Il n’est pas question de point de vue. Il y a une réponse bien précise et des actions bien précises qui résultent clairement de ma réponse.

 

Mme ADAM : Qui ne s’en ai pas occupé.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Madame Adam, je sais que vous êtes particulièrement vigilante et appliquée. Dans ma réponse, je parle de «tentative de réservation», qui est de surcroît qualifiée d'illégale et irrégulière. Par conséquent, il existe une prise de position officielle du gouvernement grec. La tentative de réservation est qualifiée d’illégale et d’irrégulière par le ministère des Affaires étrangères. A cela s’ajoute que des actions ont été entreprises par le Service de l’aviation civile, conformément aux instructions fermes données par le Comité interministériel compétent. Par conséquent, il n’est pas question de commentaire, mais d’une position et réaction bien précise, qui, à mon sens, ont été clairement exprimées.

 

Mme ADAM : J’imagine, que cela a été ajouté à la longue liste des préoccupations du gouvernement grec soumise à la Commission européenne et concernant les relations de bon voisinage, etc., en vue du rapport d’octobre ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Madame Adam, soyez rassurée,  le gouvernement grec met tout en œuvre pour enregistrer tout ce qui doit être enregistré. Je pense que nous avons épuisé le sujet. Je n’ai rien d’autre à ajouter.

 

M.  SIMEONIDIS : Il y a quelque chose que je n’ai pas compris. Est-ce que des avions peuvent voler au-dessus de la région et des bateaux naviguer dans la région ? 

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Pour des questions plus précises d'ordre technique, je vous prierais, tout en sachant que vous, M. Simeonidis, couvrez également ce domaine, de vous adresser au ministère de la défense nationale. Ce sont des questions techniques qui ne sont pas au « cœur » des compétences du ministère des Affaires étrangères.


M. FOURLIS : Êtes-vous en mesure de dresser un bilan pour cette année, en ce qui concerne l'application du moratoire par la Grèce et la Turquie ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Deux jours avant la fin du moratoire, j’éviterais de le faire, pour des raisons de formalité. Je pourrais le faire à partir de la semaine prochaine, M. Fourlis.

 

M.  SANTAMOURIS : Étant donné que je n'ai pas eu connaissance du premier briefing sur les contacts de la ministre aux Etats-Unis, je voulais savoir si elle aura une rencontre avec des hauts représentants de Skopje, ou bien avec le médiateur pour le nom et si l'on doit attendre quelque chose de ces contacts? Et deuxièmement, est-ce que la Grèce a accordé une année de consultations diplomatiques, une année de continuation sans heurts des négociations d’adhésion de la Turquie ? Merci.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Pourriez-vous clarifier la seconde partie de votre question ?

 

M.  SANTAMOURIS : Je voulais savoir si, pendant les consultations diplomatiques à l'Union européenne sur l'avenir du parcours d'adhésion de la Turquie et l'achèvement du rapport de la Commission, la Grèce a accordé une année de continuation sans heurts des négociations ?


M. G. KOUMOUTSAKOS : Toutes les positions de la partie grecque transmettent un message : l’application des engagements pris vis-à-vis de l’Union européenne, sur la base des textes qui ont été approuvés par l’Union.

 

M.  SANTAMOURIS : Sur la base des textes existants de l’Union sur les négociations d’adhésion de la Turquie, la question reste ouverte sur l’éventualité d’étendre, de ne pas imposer, pour ainsi dire, des sanctions résultant de la non-conformité de la Turquie pour une année ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La position que j’ai mentionnée, et que vous connaissez, ne nécessite aucune interprétation. Elle est bien claire :

 

En ce qui concerne votre première question. Toutes les rencontres bilatérales de Mme la ministre n’ont pas été définies. Par conséquent, je ne peux en ce moment précis répondre à votre question. Je ne peux exclure ces réunions, ni ne peux affirmer avec certitude qu’elles auront lieu.

 

M. SANTAMOURIS: Mais j’ai vous ai demandé si nous devons attendre, en raison de tous ces contacts qui se déroulent en marge de l’Assemblée générale, une nouvelle proposition relative au règlement de la question du nom de l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine ?


M. G. KOUMOUTSAKOS:  Ma réponse reste toujours la même comme dans tous les autres cas où on m’a demandé de commenter cette question.

Le mandat de M. Nimetz est toujours en vigueur. Dans le cadre de ce mandat, je ne sais pas ce que M. Nimetz envisage de faire. Toutefois son mandat reste en vigueur.

 

M. POLATOS : Ma question porte sur le document de l’OTAN qui prétend que l’île de Limnos est une « région démilitarisée » et que par conséquent celle-ci ne doit entrer dans le cadre ni du financement ni de la planification des exercices de l’Otan ainsi que sur les actions entreprises par M. Zeppos. Est-ce que ces actions et ces démarches ont produit des résultats ? Le gouvernement grec considère ce document comme non existant. Y a-t-il autre chose à part cela ? Car l’OTAN compte 26 Etats membres. Si un membre considère ce document comme non existant, les autres 25 Etats membres n’ont pas exprimé leur position. Qu’est-ce qui s’est passé sur le fond ? Est-ce que l’OTAN a nié ses allégations et où en sommes-nous concernant cette question ?


M. G. KOUMOUTSAKOS : Premièrement, je tiens à rappeler qu’il y a eu une réaction non seulement au niveau du représentant permanent, mais aussi au niveau du chef de l’état major des Armées, M. Chinofotis. Il y a eu une lettre bien explicite sur cette question où en effet il est indiqué ce que vous avez déjà dit, c’est-à-dire que la Grèce considère ce document comme non existant.

 

L’Alliance, comme vous le savez, prend des décisions à l’unanimité. Telle est la règle générale. Tel est l’esprit général. Et par ailleurs, quand il y a un document, comme celui auquel vous vous êtes référés, et qu’en même temps l’Etat directement intéressé donne immédiatement une réponse aussi catégorique, je crois que cette voie est la plus sûre pour faire face à ce problème.

 

M. KAPOUTSIS : Monsieur le porte-parole, vous avez dit - en effet vous l’avez souligné deux fois - qu’en vue de ce rapport d’évaluation du parcours de la Turquie vers l’UE qui va être soumis par la Commission vers la fin du mois d’octobre, la Grèce fait tout ce qui est en son pouvoir afin que la Turquie s’acquitte…

 

M. G. KOUMOUTSAKOS :  Je n’ai pas dit « que la Grèce fait tout ce qui est en son pouvoir », j’ai dit qu’ « elle fait tout ce qu’il faut ».

 

M. KAPOUTSIS:  …en répondant à la question de Mme Adam, vous avez dit « que la Grèce fait tout ce qui est en son pouvoir ». Je l’ai noté et vous l’avez souligné. Vous voulez que nous disions que la Grèce fait tout ce qu’il faut ? Tout ce qui est nécessaire ? Toutefois il y a une différence entre les deux expressions. Mais en tout cas vous avez utilisé les deux expressions. Ma question est la suivante : Pourriez-vous nous indiquer en détail les actions entreprises par la Grèce afin que la Turquie s’acquitte de ses obligations à l’égard de l’Union européenne ?


M. G. KOUMOUTSAKOS : Je commence par la première question. J’utilise donc l’expression «  la Grèce fait tout ce qui est jugé nécessaire ».

 

Il y a toujours un nombre d’actions et de positions diplomatiques qui, afin d’apporter les résultats souhaités, doivent être rendues publiques le moment opportun. Vous le savez. J’ose croire que par votre expérience en matière de couverture des questions relatives au ministère des Affaires étrangères, vous devez comprendre cela. Les déclarations publiques au plus haut niveau par le gouvernement du pays sont substantielles. Ces positions témoignent aussi d’autres manœuvres et actions qui sont effectuées et qui, comme je vous l’ai dit, sont rendues publiques le moment opportun.


M. MELETIS: Monsieur le porte-parole, vous avez dit que la ministre rencontrerait M. Gul le 18 septembre, c’est-à-dire, un mois avant la publication du rapport de la Commission et comme vous avez affirmé, nous entreprenons toutes les actions appropriées et nécessaires afin que ce rapport indique l’attitude négative de la Turquie aussi bien à l’égard de la Grèce, j’imagine, qu’à l’égard de ses obligations. Quel sera le message que souhaite transmettre la ministre des Affaires étrangères à la Commission et à toutes les autres parties concernées, à l’issue de cette rencontre ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Premièrement, je tiens à rappeler que cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une pratique suivie depuis les 4 dernières années. Par conséquent, vous devez prendre en considération cet élément.

 

Deuxièmement : la divergence, les différentes interprétations et la divergence d’opinion entre les gouvernements n’attestent  pas – qui plus est dans l’environnement international actuel - de l’incapacité des pays de se rencontrer et de discuter. Les positions demeurent les mêmes. Cela ne signifie pas non plus que toute discussion et toute rencontre qui a lieu doit être considérée comme un élément qui réduit la détermination avec laquelle nos positions fondamentales dans le domaine de la politique étrangère sont respectées et soutenues.

 

M. CHADOULIS :  Permettez-moi de clarifier les choses. Peut-être je n’ai pas très bien compris. Au début M. Meletis vous a posé une question relative à M. Christidis. C’était une question qui portait sur le Kosovo mais la discussion a dévié car entre-temps Mme Adam a posé une autre question. J’ai noté la réponse, à savoir que la position générale de la politique grecque est que le parcours européen ainsi que le rapprochement de la région des Balkans à l’Union européenne pourrait constituer un catalyseur de stabilité. Cela concerne-il aussi les déclarations de M. Christidis sur le Kosovo ? Pourriez-vous clarifier ce point ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS :  J’ai rappelé la position ferme de la politique de notre pays quant au parcours européen des pays voisins.

En ce qui concerne tout particulièrement le Kosovo, des négociations sont en cours sur son statut futur. Ces négociations n’ont pas encore produit de résultats. D’après une estimation générale, il semble que les résultats produits ne semblent pas encourageants pour le moment. Il semble que les progrès soient très lents. Je n’ai rien d’autre à ajouter en rapport à cette question.

 

M. CHADOULIS : En ce qui concerne les déclarations de M. Christidis ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : J’ai déjà répondu à cette question

 

Merci.

 





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