Athènes, le 11 octobre 2007
M. G. KOUMOUTSAKOS: Bonjour.
Aujourd’hui, jeudi 11 octobre à 13h00, la ministre des Affaires étrangères, Mme Dora Bakoyannis recevra l’ambassadeur d’Autriche en Grèce, M. Herbert Kröl au ministère des Affaires étrangères, à l’occasion de son départ.
Lundi 15 octobre 2007, la ministre des Affaires étrangères participera au Conseil Affaires générales et Relations extérieures (CAGRE) de l’Union européenne qui se tient cette fois à Luxembourg. Madame Bakoyannis sera accompagnée du ministre adjoint, M. Valinakis. En ce qui concerne l’ordre du jour du Conseil Affaires générales :
Α) Dans la partie «Affaires générales», l’initiative grecque visant à renforcer le mécanisme européen de lutte contre les crises et les situations d’urgence fera l'objet d’un débat. Je rappelle que cette initiative a été engagée tout de suite après les tragiques incendies qui se sont déclarés au mois d'août. Cette question est désormais inscrite à l’ordre du jour du Conseil.
B) Dans la partie « Relations extérieures », des questions relatives à l’Organisation mondiale du Commerce seront abordées, ainsi que la préparation du Sommet Union européenne – Russie, les développements au Tchad, en Birmanie / Myanmar et bien entendu les développements au Moyen-Orient (Liban, Irak, Libye, Iran).
Le principal sujet de discussion au déjeuner des ministres des Affaires étrangères sera les développements dans les Balkans occidentaux, avec notamment le Kosovo. Par ailleurs, les développements au Zimbabwe seront abordés.
En marge du CAGRE aura lieu la Conférence intergouvernementale Union européenne – Croatie ainsi que les Conseils de coopération avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie.
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En ce qui concerne le programme de MM. les ministres adjoints:
Lundi 15 octobre à 10h30, M. Doukas rencontrera le Directeur général de la FAO, M. Diouf. A l’issue de cette réunion, un mémorandum de coopération dans le domaine de l’aide alimentaire sera signé et des déclarations faites à la presse.
Mardi 16 octobre 2007, M. Doukas accompagnera le Président de la République, M. Papoulias à Paris, en visite officielle à Paris, à l'occasion de la 34e Assemblée générale de l'UNESCO.
Vos questions s’il vous plait.
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Mme FRYSSA : Votre commentaire au sujet du remplacement éventuel de M. Moller à Chypre.
M. G. KOUMOUTSAKOS: À ma connaissance, des réserves concernant M. Moller ont été exprimées, par l’une des parties seulement. Il est certain qu’un éventuel remplacement de M. Moller ne peut que causer des retards supplémentaires dans l’application de l’Accord du 8 juillet. S’agissant de cet accord, les prétextes et les rétractations de la partie chypriote turque sont bien connus.
Mme KARAVITI : Devant les doutes exprimés, notamment de députés du parti au pouvoir, j’aimerais savoir si le gouvernement grec continue à compter sur l’effort de médiation de M. Nimetz, sur son objectivité ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: M. Nimetz continue d’agir dans le cadre de son mandat en sa qualité de médiateur spécial du Secrétaire général. Certes, la Grèce, comme vous le savez, participe à cet effort de façon constructive et substantielle.
M. SANTAMOURIS : Dans des déclarations à un journal du pays voisin concernant Alexandre le Grand, M. Nimetz avait affirmé que les événements passés n'avaient pas d'importance, ni même son opinion à cet égard, ce qui comptait c’était l'avenir. Nous supposons que c’est dans cette même logique que Mme Bakoyannis a déclaré, en abrégé, que la politique de la Grèce concernant la question du nom est tournée vers l’avenir. Cette convergence, voire identification au niveau des mots recèle-t-elle un message diplomatique plus profond ou non? Et une deuxième question : M. Nimetz a déclaré qu’il espérait qu’à Skopje et à Athènes il y aurait des acteurs, que ce soit au sein du gouvernement ou de l’opposition, qui auraient un sens de l'intérêt national, mais aussi du cadre dans lequel l'avenir de la région doit être déterminé. Votre commentaire à ce sujet. Merci.
M. G. KOUMOUTSAKOS: En ce qui concerne votre première question et pour éviter tout malentendu. Dans les déclarations de Mme la ministre des Affaires étrangères, une partie concernait la question de l’évaluation de la contribution historique et de la présence d’Alexandre le Grand. Je rappelle que la ministre des Affaires étrangères a dit que l’Histoire était un fait, elle était connue et ne pouvait être réécrite.
En ce qui concerne la deuxième question. La Grèce envisage cette question, tout comme les autres questions relatives à la région, en terme d’avenir. Comme vous le savez, la stratégie grecque concernant la région est une stratégie tournée vers l’avenir. Nous avons soutenu et continuons de soutenir la perspective européenne de l’ensemble de nos pays voisins. Car, selon nous, cela mène à un avenir stable et pacifique. Un avenir de développement.
Mais pour bâtir l’avenir sur des fondations stables, les questions demeurées en suspens susceptibles de créer un climat négatif et d'avoir des conséquences négatives dans la région doivent être résolues. L’une de ces questions demeurées en suspens, d’intérêt grec notamment, est celle du nom qui est associée depuis longtemps déjà, de la part de Skopje - au delà de l'intransigeance pendant le processus de négociation lui-même - à une politique de déclarations infondées du point de vue historique et à des actions de logique irrédentiste.
Par conséquent, ce que dit la Grèce, quand elle dit que sa politique est tournée vers l’avenir, est que l’avenir, l’adhésion à des alliances ou à des organisations solidaires et des communautés de valeurs, comme l’Union européenne ne peut se faire sur la base de questions demeurées en suspens, qui plus est lorsque ces questions concernent l’application du principe des relations de bon voisinage.
Pour ce qui est de votre deuxième question, en ce qui concerne la déclaration de M. Nimetz, je ne pense pas qu’un commentaire soit nécessaire. Vous connaissez la position grecque quant à la question de Skopje.
M. SANTAMOURIS : (hors micro…)... qu'à Athènes et à Skopje il y a des gens qui ont un sens développé de l'intérêt national, et d’autre part du cadre dans lequel les problèmes relatifs à la région doivent être résolus.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Tous les acteurs responsables qui s’occupent des questions de politique étrangère dans le système politique grec ont tous le sens de la responsabilité nécessaire pour envisager des questions aussi graves que celle-là. Je n’ai pas d'autre commentaire.
M. VATIKIOTIS : Monsieur le porte-parole, ma première question est la suivante : après les derniers communiqués en provenance de sources américaines, le gouvernement grec continue-t-il de penser que les Etats-Unis ont un rôle constructif dans la résolution de la question du nom de Skopje? Ma deuxième question est : L’été dernier, en août, juste après la trêve au Liban, la ministre des Affaires étrangères a visité quelques pays du Moyen-Orient et a décidé de ne pas se rendre en Syrie, suivant manifestement …
M. G. KOUMOUTSAKOS: Cela est faux. Madame la ministre s’est rendue en Syrie.
M. VATIKIOTIS : ...c’est faux ? D’accord. La première question alors.
M. KOUMOUTSAKOS : Pour ce qui est de votre deuxième question : Vous vous référez évidemment aux déclarations récentes de Mme Di Carlo.
Le sous-secrétaire d’Etat adjoint aux affaires étrangères, Mme Di Carlo exprime les positions bien connues du gouvernement américain. S’agissant de cette même question, la politique de la Grèce est ferme et bien connue. Je n’ai pas d’autre commentaire à faire.
C’est une erreur d’isoler une partie seulement de la déclaration de la haute fonctionnaire américaine. Pour notre part, nous retenons l’incitation claire de Mme Di Carlo aux négociations substantielles et à une attitude constructive pour parvenir à une solution mutuellement acceptable à la question du nom.
Comme vous le savez, tels sont d’ailleurs la position et l’objectif ferme de la Grèce, ce qui est prévu par les résolutions y relatives du Conseil de sécurité et de l’Accord intermédiaire, à savoir l’atteinte d’un règlement mutuellement acceptable.
Pour ce qui est des conditions régissant l’adhésion d’un pays à une alliance militaire telle que l’Otan, nous pensons que personne ne peut nier l’importance fondamentale que revêt le respect tangible des relations de bon voisinage, notamment entre un pays qui aspire à adhérer à une alliance et un pays voisin déjà membre de cette alliance.
En outre, personne ne peut contester les droits inaliénables d’un Etat membre des institutions européennes et euro-atlantiques.
Quoi qu’il en soit, la Grèce jugera d’une manière globale la candidature de Skopje tant à l’OTAN qu’à l’Union européenne.
Nos positions sont bien claires et nous les avons communiquées à nos partenaires et alliés, à tous ceux avec lesquels nous débattons des questions de la région.
Mme SPANOU: Le député du parti Nouvelle démocratie, M. Kyriakos Mitsotakis a affirmé hier à la station radio « 9,84 » que l’Accord intermédiaire n'était en fait plus en vigueur depuis longtemps. Est-ce que le ministère des Affaires étrangères partage cette opinion ? Merci.
M. KOUMOUTSAKOS : Je crois que M. Kyriakos Mitsotakis a tout de suite après cette déclaration dit qu’il s’agissait de sa position personnelle.
Mme SPANOU : Donc cela n’est pas valable ?
M. KOUMOUTSAKOS : Il a lui-même affirmé qu’il s’agissait d’une position personnelle. Nous avons, à maintes reprises, affirmé que l’Accord intermédiaire a des objectifs bien concrets, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle cet accord a été conclu. L’objectif stratégique final de cet accord est d’aider au règlement de la question et de parvenir à une solution qui serait acceptable par les deux parties. Cela dit, nous avons également réitéré que l’Accord ne pourrait être appliquée de manière sélective.
M. POLLATOS : Monsieur le porte-parole, pourriez-vous préciser si la question du nom de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine constitue une condition, ou bien un critère pour l’adhésion du pays voisin à l’OTAN ?
M. KOUMOUTSAKOS : J’ai déjà répondu à cette question. Si ma réponse n’était pas claire, je peux la répéter.
M. POLLATOS : Vous étiez tout à fait clair. Toutefois, permettez-moi de revenir sur cette question : Est-ce que la question du nom compte parmi les critères que le pays candidat doit remplir ?
M. KOUMOUTSAKOS : Il est communément admis qu’un Etat ne peut adhérer à une Organisation, qui plus est à une Alliance, si des questions demeurées en suspens subsistent, questions portant sur les relations de bon voisinage de cet Etat avec un autre Etat qui en plus d’être un pays voisin, est déjà un Etat membre de l’Alliance atlantique.
L’intransigeance et la question du nom demeurée en suspens ainsi que la politique de Skopje de cette dernière année attestent du non respect du principe du bon voisinage.
Nous voulons une solution mutuellement acceptable à cette question. Tel est notre objectif, tel est l’objectif de l’Accord intermédiaire et telles sont les dispositions des résolutions du Conseil de sécurité.
M. POLLATOS : D’après ce que vous dites, il est évident que la question du nom ne compte pas parmi les critères que l’Ancienne République yougoslave de Macédoine doit remplir. Permettez-moi de reformuler ma question : Si Skopje remplit tous les critères nécessaires, accepterons-nous à un moment donné qu’il adhère à l’OTAN ou à l’Union européenne sous l’appellation ARYM ?
M. KOUMOUTSAKOS : J’ai déjà répondu à cette question et je vous ai dit que la décision grecque serait prise sur la base d’une évaluation globale. La question du respect des relations de bon voisinage est d’une importance majeure- je le souligne- notamment s’agissant d’une perspective d’adhésion à une alliance et de la création des relations d’alliance. Une solution est indispensable. Les questions ne peuvent perdurer. Des solutions mutuellement acceptables sont nécessaires pour assurer un avenir qui répondrait à nos aspirations, à savoir un avenir de paix, de stabilité et de développement économique pour la région.
M. PAPATHANASSIOU : Dans son interview accordée à un journal de Skopje, M. Nimetz a incité les deux parties à des négociations directes. Est-ce que lors des rencontres récentes de la ministre des Affaires étrangères à New York la question des éventuelles négociations directes a été abordée- sur la base éventuellement d’un calendrier- et ces négociations directes pourront-elles avoir lieu, à votre opinion, dans le cadre des nouveaux efforts consentis par M. Nimetz ?
M. KOUMOUTSAKOS: Cette information ne figure sur aucune des déclarations officielles de M. Nimetz.
M. PAPATHANASSIOU : Dans son interview au journal.
M. KOUMOUTSAKOS : Il a déclaré avoir invité les deux parties à entreprendre des négociations directes ?
M. PAPATHANASSIOU : Il incite les deux parties à régler cette question soit au moyen de pourparlers dans le cadre des Nations Unies, soit au moyen de négociations directes.
M. KOUMOUTSAKOS : Comme vous le savez, un processus concret visant à parvenir à un règlement de cette question est en cours sous l’égide des Nations Unies et avec la participation de l’envoyé spécial du Secrétaire général. Tel est le processus. La Grèce participe à ce processus de façon constructive.
M. PAPATHANASSIOU : Je répète la deuxième partie de ma question : Est-ce que la question des éventuelles négociations directes a été abordée à New York ?
M. KOUMOUTSAKOS : Non, cette éventualité n’a pas été abordée.
M. SANTAMOURIS : Si l’Accord intermédiaire cesse d’être en vigueur, quel pourrait être le cadre juridique ou pratique qui régirait la poursuite des négociations ? Est-ce que la partie grecque a pensé à des plans alternatifs ?
M. KOUMOUTSAKOS : Votre question est une question hypothétique. Toutefois, il convient de souligner et ce à titre exceptionnel et pour clarifier les choses- que l’Accord intermédiaire est toujours en vigueur. L’Accord n’a pas été dénoncé. Cela dit, il va de soi que cet accord comme tout autre accord bilatéral demeure en vigueur jusqu’à sa dénonciation.
Mme KARAVITI : Avez-vous des informations relatives à la rencontre du Patriarche œcuménique avec le Président de la République de Turquie ?
M. KOUMOUTSAKOS : Vous connaissez déjà les déclarations y relatives qui ont été faites. Je n’ai rien d’autre à ajouter. Les positions de la Grèce sont bien connues. La question de l’avenir du Patriarcat oecuménique, de son fonctionnement efficace et de la protection de ses droits ainsi que de ses biens, figure dans les textes européens qui portent sur le parcours de la Turquie vers l’adhésion à l’Union européenne. Dans ce cadre, la Grèce suit de près ces questions avec un intérêt particulier et ce pour des raisons bien évidentes.
M. POLLATOS : Dans le même contexte, quand est-ce que M. Xidas assumera officiellement ses fonctions en tant qu’Ambassadeur de Grèce à Ankara ? Et deuxième question : quelle est la position du gouvernement grec quant à une éventuelle invasion des forces turques en Irak du nord en vue de détruire les bases des rebelles du PKK ?
M. KOUMOUTSAKOS : Pour ce qui est de la première question, je ne peux pas vous donner à ce moment précis la date exacte de la mise en application de la décision du Comité d’affectation, une décision qui est d’ailleurs acquise. M. Xidas a été affecté à notre Ambassade à Ankara. Il deviendra le chef de notre Ambassade. Je ne sais pas quand il commencera à exercer ses fonctions. Il y a toujours un délai d’attente jusqu’à la mise en application des décisions du Comité d’affectation.
Pour ce qui est de la deuxième question : Le terrorisme est un phénomène auquel nous devons faire face efficacement. Toutefois, il n’est pas question d’une politique répressive menée à posteriori contre les terroristes. On doit chercher les causes de ce phénomène pour pouvoir l’éradiquer. Cela dit, s’agissant de la question des éventuelles actions militaires entreprises par les forces turques au-delà des frontières avec l’Irak. S’agissant de cette question, la Grèce ainsi que l’Union européenne ont une position ferme concernant l’intégrité territoriale et l’indépendance de l’Irak.
M. SANTAMOURIS : Avez-vous quelque chose à nous dire sur la reconnaissance du génocide arménien par le Comité des Affaires extérieures de la Chambre des Représentants ?
M. KOUMOUTSAKOS : Non, je n’ai rien à vous dire. Je voudrais rappeler que le Parlement hellénique a reconnu le génocide arménien dans sa résolution du 25 avril 1996.
Merci.