Athènes, le 11 juin 2008
M. G. KOUMOUTSAKOS : Bonjour. Cet après-midi, M. Valinakis et les ministres adjoints des Affaires étrangères participeront à la session plénière du Parlement hellénique concernant la discussion et l’adoption du projet de loi portant ratification du Traité de Lisbonne.
Jeudi 12 juin, Mme Dora Bakoyannis commence sa visite de travail à Chypre. Nous vous distribuerons le programme, qui n’est pas définitif, mais qui est le suivant : Jeudi à 11h30, elle rencontrera son homologue, M. Markos Kyprianou. Puis suivra, à 12h30, une rencontre avec le Président de la République de Chypre, M. Christofias. A 14h45, des déclarations seront faites à la presse, puis la ministre aura des rencontres successives avec des représentants des partis chypriotes. Plus spécifiquement, Mme Bakoyannis s’entretiendra avec le porte-parole parlementaire de l’AKEL, M. Nikos Katsouridis, puis avec le président du DISY, M. Nikos Anastassiadis, avec le vice-président du DIKO, M. Yorgkos Kolokassidis, avec le président de l’EDEK, M. Yannakis Omirou, avec le président d’EUROKOM. Dimitris Silouris ainsi qu’avec le Secrétaire général du Parti des Verts, M. Yorgos Perdikis.
Toujours le même jour, à 19h45, la ministre prononcera une allocution lors de la manifestation organisée par l’Institut de Démocratie européenne « Glafkos Klerides», sur le thème : « L’Union européenne après le Traité de Lisbonne ».
Vendredi 13 juin à 9h30, Mme Bakoyannis rencontrera le Président de la Chambre des Représentants de Chypre, M. Marios Karoyian ; tout de suite après elle aura des rencontres successives avec les anciens présidents chypriotes, M. Vassiliou, à 10h30, M. Klerides à 11h00 et M. Papadopoulos à 12h00.
Le même jour, elle se rendra à Paphos où elle sera reçue par le Maire de la Ville, M. Savvas Vergas.
Samedi 14 juin à 11h00, elle prononcera un discours sur «L’avenir européen d’une Chypre réunifiée», lors d’une manifestation organisée à Paphos. Son homologue chypriote, M. Marios Kyprianou prononcera également une allocution.
Le même jour à 19h00, le Maire de Paphos remettra à Mme Bakoyannis la clé d’or de la ville. Mme la ministre assistera à la cérémonie de signature d’un mémorandum pour la réouverture du processus de jumelage des villes de Paphos et de la Canée.
Dimanche 15 juin, elle partira de Nicosie pour le Luxembourg, où elle représentera le pays au Conseil Affaires générales et Relations extérieures de l’Union européenne. A 20h00, le jour de son arrivée au Luxembourg, elle assistera à un dîner de travail offert par le Parti Populaire européen.
Enfin, lundi 16 juin, Mme la ministre et le ministre adjoint, M. Valinakis participeront aux travaux du Conseil Affaires générales. Les principaux points de l’ordre du jour sont : les développements dans les Balkans occidentaux, le programme nucléaire iranien, la situation en Afrique avec notamment le Soudan et la préparation du Conseil européen du 19 juin. En marge des travaux devrait avoir lieu le Conseil d’association avec Israël et les Conférences intergouvernementales avec la Croatie et la Turquie.
En ce qui concerne le programme du ministre adjoint, M. Kassimis. Demain, à 12h00, ce dernier se rendra à Volos afin de participer à la conférence internationale intitulée « Campagne des argonautes » organisée par le Groupe d’amitié Grèce – Géorgie du Parlement hellénique, en coopération avec la municipalité de Volos.
A l’heure actuelle, M. Doukas participe au 2e sommet du Comité mixte de coopération économique et technique entre la Grèce et l’Ouzbékistan, qui se tient au ministère des Affaires étrangères. A 12h45, un accord de coopération devrait être signé. Un peu plus tard, au ministère, aura lieu une conférence d’affaires en vue de la visite du ministre adjoint en Ouzbékistan. Demain, le 12 juin, M. Doukas participera aux travaux de la Conférence internationale de soutien à l’Afghanistan qui se tient à Paris.
Avant la séance de questions, j’aimerais dire deux mots sur la visite de la ministre à Chypre. Il s’agit de la première visite de travail de la ministre à Chypre, depuis la prise de fonctions du nouveau président chypriote, M. Christofias. Cette visite sera l’occasion de discuter de l’évolution des pourparlers bi-communautaires ainsi que d’échanger des vues sur les évolutions et les perspectives relatives à la question chypriote. La visite s’intègre dans le cadre de la politique grecque à l’égard de la question chypriote qui est marquée par la coopération continue et la coordination avec le gouvernement chypriote. Au même titre, elle vient confirmer le soutien de la Grèce aux efforts de M. Christofias en vue de mettre fin à cette situation inacceptable de la division de l’île.
Vos questions, s’il vous plaît.
M. CHADOULIS : Pouvez-vous nous dire deux mots sur la conférence débutant aujourd’hui à Rhodes entre la Knesset, les Palestiniens et le Conseil de l’Europe et deux mots sur les discussions. Attendons-nous une déclaration importante à la fin de ce sommet. Je n’ai pas d’autre information plus spécifique.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Le forum tripartite se tient à Rhodes, les 11 et 12 juin entre délégations parlementaires de la Knesset, le Conseil législatif palestinien et l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Des députés grecs participent à cette session en leur qualité de membres de la Commission du Comité Affaires politiques de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.
MME NIKOLAOU : Deux questions, s’il vous plaît. Premièrement, votre commentaire sur les réactions de la Turquie au sujet du protocole d’accord signé entre Chypre et la Grande Bretagne. Deuxièmement, la question des garanties sera, je suppose, l’un des thèmes abordé par les deux parties lors des discussions qui vont être engagées. Quelle est la position de la Grèce à cet égard, en sa qualité de puissance garante ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : En ce qui concerne les réactions enregistrées de la part de la partie turque et chypriote turque pour ce qui est de l’accord conclu entre la Grande Bretagne et la République de Chypre, je n’ai rien de spécial à dire, si ce n’est qu’elles sont incompréhensibles.
Deuxièmement, une prise de position plus généralisée. Nous voulons tous que les négociations débutent sur des bases solides et leur objectif est, comme vous le savez, de parvenir à la réunification de l’île. Tel est l’objectif stratégique. La réunification de Chypre, c’est-à-dire une Chypre unifiée, membre de l’Union européenne.
Dans un tel contexte, la Grèce estime que les systèmes de garantie ou de droits d’intervention sont dépassés. Ce sont des pratiques étrangères, voire inconnues dans le contexte européen. Des questions comme celle-ci ne se posent pas pour les membres de la famille européenne.
M. ATHANASSOPOULOS : Deux questions. La première concerne ce que vous venez de dire. Est-ce que vous entendez par-là qu’Athènes, si la République de Chypre s’en tient à la levée des garanties, s’opposera à la position britannique, qui est une position ferme depuis des années ? Deuxièmement, avez-vous des informations au sujet de la réunion d’hier soir entre M. Vassilakis et M. Nimetz ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : En ce qui concerne la question soulevée, je dirais que je me suis positionné de manière générale. Je ne parle pas de la négociation en soi. D’ailleurs, comme vous le savez, la principale négociation n’a pas encore débuté. Ma prise de position était générale, politique et elle est, à mon sens, conforme à la logique. En d’autres termes, pour une île réunifiée, qu’est Chypre, et membre de l’Union européenne, je pense que la logique des garanties et des droits d’intervention est dépassée.
En ce qui concerne la réunion d’hier, entre m. Nimetz et l’ambassadeur Vassilakis, je n’ai rien de spécial à annoncer. Les deux hommes ont passé en revue la situation, ils ont fait un état des lieux et ont discuté des prochains pas à entreprendre. Comme vous le savez, une rencontre est programmée jeudi à New York entre M. Nimetz et les négociateurs des deux parties.
Depuis le début, la Grèce s’est dite prête à participer au processus qui se déroule dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies. Dans le même temps, nous tenons compte du cadre politique élargi, à savoir que la formation du gouvernement dans notre pays voisin sera en suspens lorsque le processus électoral sera parachevé.
M. BERBERAKIS : Monsieur le porte-parole, s’agissant de la question précédente, cela signifie que la Grèce renonce à son droit de puissance garante à Chypre ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Rien de tout cela n’a été dit. Je le répète, la négociation n’a pas encore commencé. Elle sera longue et difficile. Vous connaissez la complexité de la question sur laquelle porteront les consultations. Lorsque nous parviendrons à une Chypre réunifiée membre de l’Union européenne, ce que nous souhaitons, alors la logique des garanties et des droits d’intervention n’aura plus lieu d’être.
M. KOTARIDIS : A supposer que le gouvernement de Skopje a clarifié que la condition au règlement de la question du nom est la reconnaissance de la part d’Athènes d’une langue et d’une ethnicité « macédoniennes », sans compter tout ce qui est dit dernièrement au sujet des minorités, la Grèce participe aux réunions de M. Nimetz. Mais sur quelle base, selon quelle logique, qu’espère-t-elle ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : La négociation a un objet bien défini. A savoir atteindre une solution définitive à la question ouverte et grave de l’appellation du pays voisin.
La Grèce a, à plusieurs reprises, affirmé son intention de ne pas entrer dans une discussion qui s’écarterait de l’objectif principal de la négociation, à savoir une solution mutuellement acceptable à la question du nom demeurée en suspens.
Mme ANTONIOU : Monsieur le porte-parole, hier en Slovénie, la délégation américaine a demandé à inclure dans le texte des conclusions du Sommet Union européenne – USA que ces derniers reconnaissent l’ARYM sous l’appellation « République de Macédoine ». Etant donné que cet incident est le deuxième de ce genre, en effet récemment à Washington, l’ARYM avait été invitée en tant que « République de Macédoine », et compte tenu de l’intérêt manifesté par les Etats-Unis, estimez-vous que le processus des négociations est influencé par l’attitude américaine ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Les Etats-Unis ont pris une décision bien précise, il y a 4 ans environ : de reconnaître le pays voisin, dans leurs relations bilatérales, sous son appellation constitutionnelle. Cela étant, tout le monde sait et cela est également appliqué par les organisations internationales, que le pays voisin participe aux enceintes internationales et est représentée au niveau international sous le nom Ancienne République yougoslave de Macédoine, en vertu des décisions du Conseil de sécurité des Nations Unies.
C’est dans ce contexte que s’inscrit l’effort visant à parvenir à une solution mutuellement acceptable. Et ce cadre doit être respecté de tous.
La négociation se poursuit et nous l’envisageons avec la plus grande attention. Notre attitude est toujours fondée sur le respect des décisions du Conseil de sécurité et bien entendu sur les positions grecques bien connues.
En ce qui concerne la réunion UE – USA, je sais que le texte qui a été finalement adopté s’inscrit dans la logique que je vous ai mentionnée tout à l’heure. A savoir que dans les textes internationaux, le pays voisin est mentionné « Ancienne République yougoslave de Macédoine ».
Oui, Mme Antoniou, il y a eu différentes pensées. Des points de vue ont été exprimés, des discussions ont eu lieu et des réactions aussi de la part de la Grèce. Toutefois, c’est l’issue finale qui importe, le texte final, tel qu’il a été adopté.
M. SANTAMOURIS : J’aimerais revenir sur le fond de la question de M. Kotaridis. Une consultation exploratoire se déroule aux Etats-Unis dans le but de continuer la négociation avec le pays voisin. Le ministre des Affaires étrangères sortant, M. Milososci a déclaré à Bruxelles que si la Grèce acceptait grosso modo la question d’une « communauté ethnique macédonienne » et d’une « langue macédonienne », nous pourrons parvenir à une solution. Dans le cadre de la discussion se déroulant aux Etats-Unis, est-ce que la Grèce perçoit la question du nom comme étant le seul objet de la négociation et Skopje tout le reste ? Comment se déroule exactement le processus ? Qu’est-ce qui est examiné ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Premièrement, j’aimerais, par principe, répéter ce que nous avons déjà dit. Je ne pense pas qu’il soit opportun, utile ou efficace de nous mêler à un débat public sur les aspects plus spécifiques d’une discussion. La négociation n’est pas publique.
Cela étant, le cadre de la négociation et son objet sont définis par les décisions du Conseil de sécurité.
La Grèce respecte ce cadre. Elle respecte cette logique de négociation et entreprend des actions en fonction de celle-ci.
Toutefois, j’aimerais préciser un point ayant trait à la procédure. La Grèce évitera de commenter publiquement des aspects particuliers de la négociation. Et ce, non pas parce que nous voulons « réduire l’information », mais parce que nous estimons que c’est là une attitude responsable. Une attitude qui finalement contribue au processus de négociation.
M. SANTAMOURIS : Ma deuxième question : en Turquie, une situation politique se dessine. Pensez-vous que cette situation contribuera à progresser en faveur de la réconciliation bilatérale, à améliorer les relations bilatérales ? Pensez-vous que cette situation qui se dessine changera le cadre des négociations entre Athènes et Ankara ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : L’objectif de la politique grecque, pour ce qui est des relations gréco-turques, est bien connue, stable. Nous aspirons à une amélioration définitive, puis une pleine normalisation des relations entre les deux pays. Cet effort ne peut se faire lorsqu’il y a un vide politique. Il y a des développements politiques qui ont lieu parallèlement.
Nous tenons compte de ces développements. Nous les étudions, les évaluons, en tenant compte dans notre réflexion. Néanmoins, cela n’est pas un facteur qui peut nous conduire à changer notre stratégie de base, notre objectif qui, comme je vous l’ai dit, est l’amélioration des relations entre les deux pays et finalement leur pleine normalisation.
Nous espérons que les développements internes en Turquie ne réduiront en rien sa volonté d’œuvrer en faveur de son adhésion à l’Union européenne. Que ces développements n’affaibliront pas sa volonté d’œuvrer à l’amélioration constante des relations gréco-turques et à la résolution de la question chypriote. Enfin, qu’ils ne seront pas un frein aux réformes nécessaires qu’elle doit réaliser et à son adaptation aux modalités, principes et critères européens.
Mme BEKATOROU : Y a-t-il des évolutions relatives aux difficultés qu’a eues le contingent grec de la KFOR à franchir les frontières de Skopje ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Premièrement, une clarification. Littéralement, il s’agit d’un problème artificiel. Deuxièmement, comme nous l’avions déjà affirmé, cette question concerne l’OTAN. Il ne s’agit pas d’une question bilatérale. Les consultations et contacts nécessaires sont menés dans le cadre de l’OTAN. Je pense que ces consultations apporteront leurs fruits dans un avenir proche. Cela dit, vu que ce processus n’a pas terminé, je ne voudrais pas anticiper sur son issue. A cette occasion, je voudrais souligner que pour ce qui est de la partie grecque, tout était toujours en ordre.
Mme BEKATOROU: L’OTAN à Bruxelles et la KFOR à Pristina ont déclaré que cette question ne les concernait pas et qu’il s’agissait d’une question procédurale entre Athènes et Skopje.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne suis pas au courant d’une déclaration de ce genre. Mes informations indiquent tout à fait le contraire.
Mme BEKATOROU: Il a été affirmé lors d’un point de presse à Bruxelles et un autre à Pristina.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne le sais pas. Je répète que d’après mes informations, cette question fait l’objet de discussions menées au sein des institutions compétentes de l’Alliance. Je n’ai pas d’informations plus détaillées car en effet, cette question ne relève pas du champ des compétences du ministère des Affaires étrangères. S’agissant de vos propos, je constate une véritable divergence entre mes informations et les vôtres.
M. KOTTARIDIS : Puisque nous parlons de questions demeurées en suspens, y a-t-il des évolutions relatives à la question d’Agios Efstratios et de l’OTAN ? Y a-t-il des avions AWACS disponibles pour effectuer cet exercice ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Comme nous l’avions affirmé, le déroulement de cet exercice demeure en suspens. Cette question n’est pas close. Cela ne signifie pas que l’exercice a été annulé. L’exercice a été suspendu. Aussitôt qu’il y aura des évolutions, nous vous en informerons.
M. KALLARYITIS : S’agissant de la question de Skopje et de la question y relative qui a été posée.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Plusieurs questions ont été posées.
M. KALLARYTIS : Skopje demande dans le cadre des négociations la reconnaissance d’une ethnicité « macédonienne » et d’une langue, etc. Vous avez dit que cela ne s’intégrait pas dans le cadre du mandat de l’ONU et que les discussions ne portaient que sur le nom. Puisque cela constitue la source du problème, à savoir ces affirmations relatives à l’ethnicité« macédonienne », à la langue « macédonienne », etc, ne devons-nous faire face à cette question ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : La seule chose que je sache est que 2,5 millions de Grecs sont fiers d’être Macédoniens.
M. SANTAMOURIS : La Grèce participera-t-elle à la prochaine réunion des donateurs pour le Kosovo ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : La date de cette réunion n’est pas encore fixée. Elle se tiendra probablement mi-juillet. La Grèce participe toujours aux initiatives de l’Union.
M. CHATIDAMIANOS: S’agissant de la question des prix élevés et de la lettre y relative que le Premier ministre a adressée au Président de la Commission, Mme Bakoyannis soulèvera-t-elle cette question lors des travaux de préparation du Conseil des dirigeants européens ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne le sais pas.
Merci.