Athènes, le 7 décembre 2007
« Lors de la Réunion ministérielle de l’OTAN, les ministres des Affaires étrangères ont couvert un large éventail de questions allant de la présence de l’OTAN en Afghanistan à la politique de sécurité dans le cyberespace.
Toutefois, comme on pouvait s’y attendre, l’accent a été mis sur trois questions : l’Afghanistan, les évolutions au Kosovo et les élargissements futurs.
Afghanistan :
Il a été confirmé que la contribution à la paix et à la stabilité en Afghanistan constitue la première priorité de l’Alliance dans le cadre et en application du mandat y relatif du Conseil de sécurité des Nations Unies.
L’objectif principal est également de soutenir et de former de manière substantielle et efficace les forces de sécurité afghanes qui contribuent aux efforts du gouvernement afghan.
Enfin, il a été constaté que les préparations pour la mise en œuvre d’une politique cohérente pour l’Afghanistan qui associerait les aspects politiques et militaires des efforts consentis en faveur de la stabilité et de la sécurité, évoluent de manière positive.
Kosovo :
Il a été souligné que la Communauté internationale et l’Alliance atlantique devraient tout mettre en œuvre pour la sécurité et la stabilité de cette région et de la région toute entière.
Dans ce cadre, il est d’importance majeure que la mission et la présence de la KFOR au Kosovo soient maintenues en vertu de la Résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations Unies à moins que ce dernier n’en décide autrement.
Il est important de signaler que le gouvernement serbe dans une lettre du ministre de la Défense, M. Sutanovac demande à l’OTAN de maintenir la KFOR au Kosovo.
Force est de rappeler que la Grèce contribue elle-aussi de manière substantielle à la stabilité et à la sécurité au Kosovo. Le professionnalisme des Forces grecques de la KFOR – 2 bataillons d’infanterie – a été largement reconnu.
Passons maintenant à la troisième question : les élargissements futurs de l’OTAN.
Tous les participants ont formé le souhait – que nous partageons également- que le parcours des trois pays candidats vers l’adhésion soit couronnée de succès suite à une invitation y relative que l’OTAN pourrait éventuellement leur adresser lors du Sommet de Bucarest en avril prochain.
Vous savez que la résolution y relative doit être adoptée à l’unanimité suite à une évaluation des performances de chaque pays séparément.
La Croatie est certainement le pays candidat qui a le plus progressé dans ce sens.
L’Albanie vient après.
Pour ce qui est de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, elle doit entreprendre des efforts laborieux.
J’ai eu l’occasion de rappeler de manière claire à mes homologues la position grecque sur cette question :
Les décisions sur les invitations ne doivent pas être considérées comme acquises d’avance.
Conformément au principe fondamental des relations de bon voisinage, une solution en temps voulu et mutuellement acceptable à la question du nom constitue une condition substantielle et nécessaire pour l’adhésion à l’OTAN.
L’attitude du gouvernement de Skopje jusqu'à présent – actions contreproductives et décisions intransigeantes et irrédentistes- va à l’encontre des relations de bon voisinage ce qui n’offre pas de perspectives pour l’établissement des relations d’alliance.
Nous espérons que le gouvernement actuel du pays voisin prendra les décisions politiques nécessaires – des décisions courageuses comme celles de la Grèce- pour changer de cap.
Pour que Skopje « corrige » son cap et que nous trouvions un compromis à mi-chemin, à savoir une solution mutuellement acceptable.
Telles sont nos positions.
Telle est notre politique. Des négociations sont en cours dans le cadre des Nations Unies. Ces négociations ont une échéance et cette échéance représente l’invitation à adhérer à l’OTAN.
Cette politique se reflète dans l’article 14 du communiqué conjoint des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN.
D’ici, depuis le siège de l’Alliance, je voudrais souligner :
Le moment est venu de régler les questions qui, si on les laisse perdurer, auront un impact négatif sur la coopération et la sécurité régionales.
Le moment est venu de passer de la méfiance paralysante du passé à l’alliance productive de l’avenir.
J’ose espérer que les dirigeants de Skopje ne manqueront pas cette occasion.
Cela dit, je voudrais me référer à la réunion très utile et importante du Conseil de coopération OTAN-Russie.
Des questions importantes d’intérêt mutuel, comme le Traité sur les Forces conventionnelles en Europe et la Défense antimissile, ont été abordées.
Il est communément admis que la Grèce attache une importance particulière à ce cadre de coopération et de dialogue car nous pensons que les meilleures décisions ne sont prises qu’à travers l’échange sincère des points de vue. Des décisions qui n’autorisent aucun malentendu, ou encore pire, des tensions non nécessaires.
Nous croyons à l’importance majeure de la coopération OTAN-Russie et UE-Russie.