Athènes, le 9 avril 2008
Le 2 avril la Grèce est restée fidèle à sa position proclamée en temps utile sur la question du nom de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine. Cette position se résume comme suit :
- La question du nom est une question politique sérieuse. Tant que celle-ci demeure en suspens, elle continuera de peser sur les relations de bon voisinage dans cette région vulnérable des Balkans occidentaux.
- La Grèce accepte en tant que base de négociation, une appellation composée qui inclura le terme géographique « Macédoine » avec une détermination géographique claire et erga omnes.
- Nous nous évertuons à parvenir à une solution mutuellement acceptable en faveur des relations bilatérales, de la stabilité régionale et de la perspective européenne de nos voisins. Une solution définitive et claire qui ne donnera pas lieu à des interprétations erronées, ni des attitudes irrédentistes.
- Sans une solution de ce genre, à savoir tant que ces questions sérieuses demeurent en suspens, des relations d’alliance et de partenariat ne peuvent être établies.
Lors du Sommet de Bucarest, la Grèce a fait part de ses positions modérées et bien élaborées. Ses positions ont été comprises.
La Grèce n’a causé aucune surprise et n’a laissé aucune marge d’interprétation erronée. Si tel a été le cas, la Grèce n’en est pas responsable.
Le jour d’après : l’heure du bilan. Trois éléments doivent être retenus :
1. La Grèce n’est pas seule. Ses arguments ont été compris grâce à notre travail préparatoire.
2. La position de la Grèce est devenue la position de l’Alliance. Il ne s’agit pas d’un processus automatique et habituel. De l’exercice du droit de veto à l’adoption des positions grecques par l’Alliance, il y a eu des informations complètes, des contacts continus et des négociations intensives.
3. La crédibilité de notre politique étrangère a été confirmée. Il est important que lors des prochaines étapes du processus de négociation nos positions soient comprises dans tous ces aspects. La confirmation de notre crédibilité est d’importance majeure pour notre politique étrangère, et ce non seulement pour cette question mais aussi pour d’autres dossiers qui nous préoccupent.
Le jour d’après : l’heure de planifier les prochaines actions à entreprendre. La question n’est pas réglée. On a encore du travail à faire et des négociations difficiles à mener. Nous resterons fidèles à notre politique et à nos positions claires tout en sauvegardant le consensus qui a été atteint. Cette politique sera mise en place à travers les actions suivantes :
1. Informer régulièrement toutes les parties intéressées. Notre objectif est de renforcer le soutien apporté par nos amis et partenaires. Ainsi renforcerons-nous davantage notre position.
2. Faire toutes les démarches nécessaires afin que nous soyons prêts à relancer les négociations dans les plus brefs délais. Le processus dans le cadre des Nations Unies est acquis. Il a été défini par les résolutions du Conseil de sécurité. La solution apportée sera le résultat de ce processus. Encore faut-il que l’autre partie aussi fasse preuve de bonne volonté et se montre disposée à parvenir à un compromis. Toute contribution visant à soutenir ce processus dans ce sens est la bienvenue.
3. Transmettre un message sincère à l’autre partie. La Grèce a envoyé un message clair à Skopje et continuera de le faire : notre volonté ferme de parvenir à une solution mutuellement acceptable. Sans contradictions, ni « agendas secrets ». Notre objectif stratégique est d’établir des relations de bon voisinage et de coopération dans l’intérêt des deux parties.
Nous appelons l’Ancienne République yougoslave de Macédoine à adopter une attitude franche lors des négociations pour laisser derrière nous une fois pour toutes ce problème qui appartient au passé obscure des Balkans et œuvrer ensemble en faveur d’un avenir européen brillant.
Jusqu’à ce qu’une solution mutuellement acceptable soit trouvée à la question du nom de l’ARYM et que cette dernière soit invitée à adhérer à l’OTAN, la Grèce continuera de soutenir la stabilité, la sécurité et le développement de son pays voisin.