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Athènes, le 8 mars 2010

 

M. N. SARKOZY : Nous venons d'avoir avec le Premier ministre grec une discussion très approfondie et très positive. J'avais eu aujourd'hui même une longue conversation téléphonique avec la Chancelière Merkel. Je veux saluer le courage de Monsieur Papandréou. C'est un homme courageux qui a pris avec détermination les mesures qui s'imposent pour permettre l'assainissement des finances publiques grecques, comme il s'y était engagé le 11 février.

La Grèce agit avec résolution et détermination, en conséquence de quoi la Grèce peut compter sur le plein soutien de la France. La France est aux côtés de la Grèce de la façon la plus résolue.

Le 11 février, au Conseil européen, nous avions dit deux choses. Premièrement que la Grèce devait tout faire pour tenir l'objectif ambitieux de réduire son déficit budgétaire de 4% en 2010, y compris en prenant des mesures supplémentaires. C'est ce que la Grèce a fait. La Grèce a fait ce que l'Europe lui a demandé. Et nous avions dit une deuxième chose, que les Etats membres de la zone euro prendraient des mesures déterminées et coordonnées si cela s'avérait nécessaire.

Le gouvernement grec a donc pris les mesures qu'on attendait de lui. Les Etats de la zone euro doivent désormais être prêts à prendre les leurs. La France, en étroite liaison avec ses partenaires fera donc le nécessaire.

Aujourd'hui, la Grèce n'a pas besoin d'un financement spécifique, Monsieur Papandréou nous l'a confirmé. La Grèce a montré qu'elle était capable de retrouver sa crédibilité par ses seuls efforts. Mais je veux être très clair, si cela était nécessaire, les Etats de la zone euro rempliraient leurs engagements. Il ne peut y avoir aucun doute à cet égard.

L'euro est notre monnaie. L'euro implique la solidarité. Il ne peut pas y avoir de doute sur l'expression de cette solidarité.

Je voudrais d’ailleurs dire que dans cette affaire c’est bien sûr l’avenir de la Grèce qui est en cause, mais c’est aussi celui de l’Europe qui se joue. Les européens ont construit ensemble  la monnaie unique. Tous les Etats qui partagent cette monnaie doivent être solidaires. C’est un engagement politique, c’est une obligation morale, mais c’est également une réalité économique.

J’attire d’ailleurs votre attention sur le fait que la Grèce, l’Allemagne et la France, nous prendrons une initiative concertée pour lutter contre la spéculation. La France est donc déterminée à  tout faire pour que la Grèce et l’Europe sortent de cette crise, plus fortes et plus unies.

 

Le 11 février, nous avons décidé de nous donner les moyens en faisant du Conseil européen le gouvernement économique de l’Europe. Les engagements que nous avons pris seront donc tenus et je remercie Christine Lagarde et Bernard Kouchner d’avoir participé au même titre que le Premier ministre grec à cette discussion.

 

M. G. Papandréou : Monsieur le Président, mon cher Nicolas, je voudrais tout d’abord te remercier chaleureusement  pour cet engagement  personnel et extrêmement important pour la Grèce, un engagement et un soutien que tu montré tout de suite.

 

Je reconnais en toi un ami solide qui exprime bien évidemment l’amitié entre nos deux peuples mais aussi l’intérêt stratégique de ce lien.

 

Comme tu l’as déjà affirmé, nous avons parlé de la crise économique qui bien évidemment n’a pas comme objet unique l’économie grecque mais également l’euro, le noyau dur de l’Union européenne. Cette question tient également au fonctionnement des marchés internationaux.

 

Aujourd’hui, j’ai eu l’occasion de présenter à M. Sarkozy les mesures qui ont été adoptées par notre pays pour faire face à la crise économique. Et j’ai également souligné que nous avons une volonté politique ferme de redresser et de restructurer notre économie et de faire de la Grèce un pays attrayant pour les investissements et le développement par le biais de la justice et de la cohésion sociales nécessaires.

 

Merci beaucoup Nicolas, merci beaucoup que vous-mêmes et la France reconnaissez les efforts énormes du peuple grec. Et je sais que non seulement vous mais aussi le peuple grec tout entier est solidaire avec nous. Et je voudrais remercier le peuple français pour sa solidarité.

 

La France également soutient l’euro et ceci d’une façon tangible et systématique. C’est ce que nous voulons également, à savoir soutenir l’euro. C’est pour cela que nous avons voulu faire preuve de notre détermination et de notre capacité à prendre les mesures qui bien que dures, peuvent contribuer à la stabilisation tout d’abord de l’économie grecque mais aussi à la stabilisation de la zone euro.

 

Notre gouvernement est au pouvoir depuis tout juste quelques mois et le mandat qui m’a été confié lorsque j’ai assumé mes fonctions, était d’apporter des changements dans mon pays, la Grèce. Notre mandat était de construire une Grèce différente, une nouvelle Grèce et de décider de notre propre destin. Pour ce faire, notre premier pas a été de sortir de la crise, de prendre les premières mesures difficiles et de poursuivre avec le peuple grec les efforts laborieux en vue de redresser notre économie et de restaurer le prestige et la crédibilité de notre pays au niveau international et européen.

Tel est notre devoir tout d’abord vis-à-vis de l’avenir de la Grèce et par la suite vis-à-vis de nos partenaires au sein de l’Europe. C’est pourquoi les attaques spéculatives quelles qu’elles soient, actuelles ou futures, à l’encontre de notre pays ne seront pas une question grecque mais plutôt une question européenne. Ces attaques concernent l’Europe, la zone euro et l’euro lui-même.

Et, j’espère que cette crise qui a touché mon pays, la Grèce, sera l’occasion de renforcer l’unité de l’Europe, de renforcer l’Europe et la zone euro qui sera dotée d’une gouvernance économique puissante, comme vous l’avez dit Monsieur le Président, mon cher Nicolas. Nous avons tout d’abord besoin de détermination pour faire face à toute attaque spéculative contre la Grèce.

 

Et je pense qu’aujourd’hui nous avons pris une décision très importante sur une action commune contre la spéculation avec le Président, M. Sarkozy, la Chancelière Mme Merkel et le Président de l’Eurogroupe, M. Jean Claude Juncker. Il s’agit d’une initiative qui sera bientôt entreprise.

 

Je pense qu’il est inutile d’aborder d’autres questions. Les relations entre nos deux pays sont excellentes et comme je l’ai souligné lors de ma visite précédente ici, il existe un bon nombre de domaines de coopération bilatérale dans le cadre de l’Union méditerranéenne, une initiative du président Sarkozy, mais également dans les Balkans, le Moyen-Orient, que nous avons également évoqué.

 

Monsieur Nicolas nous t’attendons en Grèce. Et je te remercie encore une fois.

 

JOURNALISTE : Question double : Monsieur Papandréou est-ce que vous continuez à exclure totalement le Fonds monétaire international. Monsieur Sarkozy, est-ce que vous pouvez garantir qu’en aucun cas les pays européens ne laisseront la Grèce faire appel au FMI ?

 

M. N. SARKOZY : Ecoutez, je prends mes responsabilités. Nous avons créé l’euro, une monnaie unique. Un progrès considérable qui nous a permis, entre autres, de traverser la crise financière sans avoir à gérer des problèmes de dévaluation entre nos pays.

 

Cette solidarité de la monnaie, ce marché commun économique et cette solidarité de la monnaie se fondent sur une solidarité, un pays membre de la zone euro doit d’abord compter sur les autres pays de la zone euro. Sinon, à quoi sert d’avoir une monnaie unique ? 

 

Lorsque j’exerçais la présidence de l’Union européenne, j’ai eu à négocier avec le FMI 25 milliards de dollars d’aide pour la Hongrie, membre de l’Union européenne, mais pas membre de l’euro. La logique, c’est donc un pays membre de l’euro attaqué comme c’est le cas aujourd’hui de la Grèce, par la spéculation doit d’abord compter sur la solidarité des autres pays de la zone euro. Ou alors, pourquoi avons-nous fait une monnaie unique ?

 

Donc, ma position est très claire, je l’ai dit à Georges Papandréou et le dit à chacun autour de la table de l’Europe : c’est la zone euro qui doit se porter aux côtés d’un de ses membre attaqué par la spéculation. Aujourd’hui, la Grèce, demain ça peut être autre chose.

 

Et si à la première crise on n’agit pas comme ça, quel message envoyons-nous? Je voudrais d’ailleurs dire que ma position, me semble-t-il, est partagée par le Président de la Banque centrale européenne, M. Trichet, avec qui j’en ai parlé à de nombreuses reprises, qu’elle est partagée par le Président de la Commission européenne, que je crois pouvoir dire, même si je ne suis pas son porte-parole, qu’elle est partagée par le Président stable du Conseil européen, M. Van Rompuy, la Belgique étant également membre de la zone euro.

 

Que le FMI nous aide techniquement, peut-on en discuter, mais l’appartenance à l’euro, en tout cas mois je me battrais pour défendre l’euro et la solidarité à l’intérieur de la zone euro est la signification de cette monnaie unique. C’est pas du tout une question de défiance vis-à-vis de qui que ce soit, certainement pas des Etats-Unis, dont vous connaissez mon attachement – certainement pas du FMI avec qui nous travaillons très bien. C’est une question de logique, de cohérence.

 

On peut imaginer tout un tas de formules différentes. Mais c’est d’abord la logique et la cohérence de la zone euro. Et c’est pour ça que la France est aux côtés de la Grèce. Et, non seulement parce que la Grèce est membre de la zone euro mais parce que nous avons une monnaie en commun.

 

Et que les spéculateurs doivent savoir que la solidarité ça veut dire quelque chose et quand il y a un problème, on est là. C’est ça l’Europe. Je me suis battu toute ma vie pour une Europe politique qui compte, un gouvernement économique de l’Europe, pour une monnaie unique. Ça a des conséquences.

 

Je le dis d’ailleurs, plus tôt qu’on dit ça, plus fermement qu’on dit ça, plus rapidement sera réglé le problème. Je crois avoir été sans ambigüité. En tout cas, c’est mon point de vue.

 

M. G. Papandréou : En essayant de faire face à notre problème économique, notre pays a pris des mesures. Des mesures même plus importantes et supplémentaires par rapport à celles que les spécialistes de la Commission, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international nous avaient préconisées.

 

Notre premier objectif est de pouvoir avancer sans difficultés, car nous avons adopté ces mesures. Nous voulons donc pouvoir emprunter comme tout autre pays de la zone euro avec un taux qui est similaire, peut-être pas identique, mais similaire et comparable aux autres pays de la zone euro.

 

Mais, bien évidement, nous connaissons les marchés internationaux, si la spéculation continue et si nous nous trouvons dans une position difficile, même si ces mesures ont été adoptées, nous aurons besoin de cette solidarité. Bien évidement, le FMI existe et le FMI contribue dans ce genre de situation, si un pays se trouve dans une situation où il a des difficultés à emprunter. Très souvent, ce n’est pas le FMI qui prête mais le FMI joue un rôle dissuasif. Bien évidement aujourd’hui en Europe nous n’avons pas l’équivalent du FMI. Si un fonds est crée en Europe, de telles situations pourraient être envisagées.  

 

Mais aujourd’hui, ce fonds n’existe pas. Et, nous, nous voulons une solution européenne. Nous ne voulons pas choisir le FMI. La solution européenne, jusqu’à hier ou avant-hier, restait très théorique. Après les différentes rencontres que j’ai eues cette semaine, également après cette dernière rencontre avec Nicolas, j’ai entendu, vous l’avez entendu également, que la volonté politique existe et non seulement de la part du Président Sarkozy. Des solutions donc existent pour éventuellement faire face à un problème, si notre pays venait à emprunter. C’est pourquoi je voulais ici revenir sur cette expression de volonté politique et le remercier particulièrement.

 

JOURNALISTE : J’adresse ma question aux deux présidents. Monsieur le Président, la crise économique, le problème économique, n’est que le bout de l’iceberg. Je crois que d’autres pays du Sud de l’Europe ont des problèmes similaires. Mais aujourd’hui ils empruntent à des taux moins élevés que la Grèce. Vous avez tous les deux dit aujourd’hui que les moyens dont disposent l’Europe ne protègent pas aujourd’hui les économies européennes. Donc le gouvernement économique que vous proposez et cette initiative commune contre la spéculation pourrait-elle soutenir et protéger les économies européennes contre ces attaques spéculatives ? Merci.

 

 

M. G. Papandréou : Je crois que vous avez évoqué trois choses différentes. Premièrement comment faire face immédiatement et tout de suite au problème de l’économie grecque. Nous avons pris des mesures, nous voulons montrer notre crédibilité et notre détermination et ceci est démontré également par le peuple grec. Ces mesures sont difficiles mais la détermination est là.

 

Dans ce domaine, nous voulons croire que les choses vont évoluer de façon positive sur les marchés. Si ceci n’est pas le cas nous aurons peut-être besoin de solidarité et dans ce cas quelque chose doit être fait pour justement résoudre le problème grec qui ne sera plus un problème grec mais européen.

 

Deuxièmement, nous voulons voir comment nous allons faire face aux attaques spéculatives, mais également à ce que l’on appelle les CDS. Donc ne pas attendre qu’un de vos voisins soit dans la catastrophe pour gagner de l’argent. Nous devons trouver les moyens pour faire face à ce genre de situation, avec une présence plus marquée de l’Europe dans cet effort visant à réglementer le système économique, non seulement en Europe, mais sur le plan mondial.

 

Et le troisième sujet que vous avez évoqué est est-ce qu’il y aurait un outil européen ou un fonds monétaire européen qui pourrait faire face à ce genre de situation. Mais ceci ne peut pas être envisagé à court terme car ceci impliquerait un changement de traité.

 

  

N. SARKOZY: Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la spéculation qui se joue contre la Grèce pour faire monter artificiellement le loyer de l’argent dont la Grèce a besoin, ce problème pourrait arriver dans de nombreux pays si nous n’imaginons pas une réponse collective.

 

Il existe des moyens concrets, précis, sur lesquels nous n’avons pas à communiquer ce soir, certainement pas, mais qui permettront de démontrer le moment venu que la Grèce n’est pas simplement soutenue politiquement, mais qu’elle est soutenue dans tous les aspects de ces demandes éventuelles. Et Christine Lagarde en accord avec ses collègues de la zone euro, de l’Europe, en accord avec le Président de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne, est entrain de travailler sur un certain nombre de mesures précises.

 

Si la Grèce a besoin, nous serons là et ce que je veux dire aux Français c’est que cette monnaie commune, cette monnaie unique qui est la nôtre, dans cet espace économique commun, c’est de notre intérêt à tous d’y ramener de la stabilité, ce n’est pas simplement l’intérêt de nos amis grecs. La solidarité ça a un sens. Ça veut dire que quand les autres ont un problème, ce problème peut arriver chez d’autres encore.   

 

C’est le rôle de la France de dire cela et de prévoir cela. Nous travaillons avec nos amis grecs, nous ne travaillons pas qu’avec eux, nous travaillons avec la Banque centrale européenne et avec d’autres pays en Europe pour établir ces réponses. C’est très simple à comprendre. La Grèce aujourd’hui quand elle lève de l’argent, elle lève à 6,5%, d’autres pays comme la France ou l’Allemagne soulèvent l’argent à 3%. D’où notre intérêt de ramener les choses calmement et ne pas laisser la dérégulation et la spéculation ajouter une crise financière à une crise économique qui a déjà été créée par des comportements insensés d’un certain nombre d’autres banques de l’autre côté de l’Atlantique.

 

L’Europe a besoin de stabilité et de solidarité pour qu’on retrouve la croissance, pour qu’on créé des emplois et pour qu’on revienne à une économie qui permettra un avenir meilleur à l’ensemble des Européens. 

 

Tout ceci est très concret, très précis, et nous travaillons d’arrache-pied sur l’ensemble de ces questions.

 

JOURNALISTE : Dans l’hypothèse où un pas supplémentaire pour aider la Grèce serait nécessaire, est-ce que la garantie de la dette grecque par les autres membres de la zone euro serait une hypothèse privilégiée. Je crois que le premier ministre belge, M. Leterme, s’est même prononcé pour la création d’une agence européenne de la dette. Est-ce que cela vous semblerait une bonne idée et concrètement pour lutter contre la spéculation ce sont des réglementations supplémentaires, des taxes, comment est-ce qu’on s’y prend ?

 

M. N. SARKOZY : Nous ne souhaitons pas rentrer dans le détail de toutes ces mesures que nous sommes entrain de préparer. Vous comprenez bien, et vous avez l’expérience vous-même êtes journaliste, que face à des mouvements spéculatifs, nous n’avons aucun intérêt à expliquer ce que nous ferons « au cas où ».

 

Ce que vous devez comprendre, c’est que nous avons des mesures, que nous sommes prêts et que nous sommes déterminés. C’est ça le message que nous souhaitons faire passer. 

 

Je voudrais d’ailleurs dire une autre chose. J’ai veillé également à maintenir un contact très précis comme le Premier ministre Papandréou avec Mme Merkel, qui a elle-même ses propres problèmes juridiques. Je sais ce que M. Papandréou lui a dit, je sais ce qu’elle lui a répondu. M. Papandréou sait ce que nous avons dit Mme Merkel et moi pendant notre très longue conversation téléphonique. Car il est très important de maintenir la confiance entre nous et que chacun sache minute par minute où nous en sommes. Parce que c’est très important, en tenant compte bien sûr des différences de chaque pays.

 

Mme Merkel est totalement solidaire des décisions qui ont été prises le 11 février où elle a annoncé sa solidarité, elle l’a d’ailleurs répétée avec le Premier ministre grec. Et si cela s’avérait nécessaire, elle l’a dit elle-même sa disponibilité à faire davantage.

                           

Il faut donc bien que vous compreniez que face à cette situation difficile, les principaux acteurs sur la scène européenne, nous sommes décidés à faire ce qu’il faut pour que la Grèce ne soit pas isolée. Le message doit être compris. Cela est extrêmement important.

 

M. G. PAPANDREOU : Je voudrais rajouter et là je m’adresse au peuple français. Nous ne demandons pas un prêt aux autres pays, c’est également la façon dont l’a exprimé M. Sarkozy. Ce que nous demandons c’est de pouvoir emprunter à des taux similaires aux autres pays de la zone euro.

 

Vous comprendrez bien évidemment que, par exemple, nous sommes entrain d’emprunter la somme de 5 milliards en payant 750 millions supplémentaires par rapport à un prêt équivalent de l’Allemagne. Ce n’est pas viable pour notre économie. Nous ne pouvons pas être compétitifs.

 

C’est pour cela que nous avons adopté des mesures et si nécessaire nous demanderons de pouvoir nous aussi lever des fonds empruntés aux mêmes conditions. Nous demandons des règles communes et un traitement équitable.

 

JOURNALISTE : Je voudrais poser une question à M. Sarkozy et une autre à M. Papandréou :

 

Vous aviez dit devant Mme Merkel que tous les pays ont les mêmes droits, mais pas les mêmes devoirs. Est-ce que vous pensez qu’aujourd’hui deux grands pays comme la France et l’Allemagne font face à leurs obligations et ne laissent pas aujourd’hui la Grèce seule et isolée.

 

J’ai entendu de la part de certains que la Grèce pourrait éventuellement vendre certaines îles pour arriver à faire face à sa dette. Est-ce que vous, la France, pourriez vendre une région à l’Allemagne, l’Alsace par exemple, pour faire face à vos dettes ?

 

Et ma question à M. Papandréou. Après votre rencontre avec Mme Merkel, pensez-vous que d’autres mesures seraient nécessaires en Grèce ?

 

M. G. PAPANDREOU : Je voudrais répondre que les mesures que nous avons adoptées sont des mesures supplémentaires par rapport à ce qui nous a été demandé. Nous savons que la situation est difficile. Il s’agit de mesures extraordinaires pour une situation extraordinaire.

 

Et ce n’est pas agréable pour un Premier ministre de prendre des mesures difficiles pour les citoyens de mon pays. Mais je tiens à démontrer la détermination du peuple grec qui a été plusieurs fois critiquée, notre crédibilité, notre volonté de faire face de façon courageuse à cette crise a été plusieurs fois critiquée. Nous voulons aujourd’hui ouvrir une nouvelle voie.

 

Nous n’allons pas bien évidemment nous en tenir à ces mesures extraordinaires. Nous espérons l’arrivée de la croissance, il y aura des réformes courageuses pour notre système fiscal, éducatif et de la santé pour avoir une économie et une société justes.

 

Nous allons donc passer à la prochaine étape de nos objectifs et à la réalisation de ces objectifs.

 

M. N. SARKOZY: Trois brèves remarques. La première, c’est que les efforts importants qui sont demandés par le gouvernement grec au peuple grec ne sont pas faits pour rémunérer la spéculation. Et je comprends parfaitement la position du Premier ministre Papandréou.

 

Ces efforts sont faits pour la Grèce revienne dans les exigences qui s’imposent à chacun d’entre nous du Pacte de Stabilité du fait de notre monnaie commune, unique. Et donc ce qu’a expliqué Georges est parfaitement judicieux. A chaque fois on va leur demander des efforts supplémentaires et ils seront annihilés parce que le coût de l’argent est tellement important que les économies supplémentaires serviront à rémunérer les spéculateurs.

 

Franchement ce n’est pas ce que l’on veut et c’est pour cela que la France s’engage aux côtés de la Grèce et que nous avons des mesures précises pour répondre à cela.

 

Deuxièmement, est ce que la France fait face à ces obligations. Cela fait deux fois en quinze jours que j’ai le plaisir d’avoir des réunions de travail avec le Premier ministre grec, les ministres français, les ministres grecs, je ne vois pas trop ce que nous pourrions faire de plus. Permettez-moi de vous dire que l’engagement du peuple français aux côtés du peuple grec est très sincère. Ne vous trompez pas.

 

Mais je veux avoir l’honnêteté de vous dire, comme je l’ai dit au Premier ministre, que si cela avait été un autre pays de la zone euro, la réaction de la France aurait été la même. Parce qu’il faut savoir, on croit à l’euro, on ne croit pas à l’euro. En plus c’est la Grèce, avec qui nous lient tant de liens, tant d’intérêts, tant d’histoire partagée. Le peuple français est solidaire du peuple grec.

 

Troisièmement, dans toutes les situations difficiles, il y a toujours des gens qui font des déclarations provocatrices. Le mieux qu’on puisse faire c’est de les ignorer et de leur donner le peu d’importance qu’elles méritent. C’est mon conseil et n’assimilez pas cette déclaration à la position de l’Allemagne. Moi je crois à la solidarité européenne de l’Allemagne. Et je crois à l’engagement européen de Mme Merkel. On a des organisations qui ne sont pas les mêmes, on a des problèmes qui ne sont pas les mêmes, mais croyez-bien nous avons les nôtres. En tout cas, les deux premiers pays d’Europe doivent faire face à leurs obligations européennes. Et parmi ces obligations, il y a la solidarité. Je vous remercie.




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