Votre Excellence, monsieur le ministre,
Honorables membres des deux délégations,
Je vous remercie pour votre accueil chaleureux. C’est un grand honneur pour moi de coprésider avec Son Excellence le ministre des Transports de la Fédération de Russie, M. Levitine à la 7e réunion du Comité mixte de coopération économique, industrielle, technologique et scientifique. Je suis convaincu que cette réunion visant au renforcement des efforts en faveur d’une coopération plus efficace de nos pays dans des domaines d’intérêt commun portera ses fruits.
Nos relations économiques ne sont pas seulement axées sur l’intérêt mutuel et la proximité géographique mais, en plus, sur nos relations historiques et la parenté culturelle. La signature du plan d’action commun 2010-2012 à Athènes en décembre 2009, en marge de la 17ème réunion ministérielle de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe a également contribué au renforcement ultérieur de notre coopération bilatérale. En outre, la visite du Premier ministre à Moscou, il y a quelques mois, est venue élargir davantage les perspectives de coopération entre nos deux pays à tous les niveaux. Je pense que la 7e réunion d’aujourd’hui du Comité mixte sera encore un pas important dans ce sens.
Comme certaines questions relevant de notre coopération économique sont abordées au niveau de l’Union européenne, nous pensons que le rapprochement entre l’Union européenne et la Russie sera encore un facteur pour le règlement d’un bon nombre de questions bilatérales. La Grèce suit de près les développements relatifs aux relations de la Russie avec l’Union européenne dont mon pays, comme vous le savez, est membre depuis 1981.
Chers amis,
Après une période de croissance soutenue, la Grèce se trouve en plein crise financière, ce qui a été la conséquence de la récession financière et économique au niveau international. Afin de lutter contre cette situation, notre gouvernement a élaboré un Programme de stabilité et de développement et a adopté un train de mesures supplémentaires en vue de pouvoir sauvegarder le processus d’assainissement budgétaire et procéder aux changements structurels essentiels. Au même titre, notre gouvernement a activé le mécanisme de soutien européen à l’économie grecque ainsi que le mécanisme du Fonds monétaire international. Notre objectif a été de réduire considérablement le déficit budgétaire d’ici à 2013.
La Grèce constitue un canal de communication important entre les pays de l’Union européenne, de l’Europe du Sud-est, les pays méditerranéens et les pays de la Mer noire. Notre pays est un partenaire important pour la promotion de la coopération dans le domaine des affaires avec d’autres pays de la région ainsi qu’un facteur important de soutien et de renforcement des efforts de nos voisins en faveur de la revalorisation de leurs infrastructures et la création des institutions crédibles au niveau politique et économique.
Notre coopération sur le plan économique, commercial et sur celui des investissements, présente à notre sens, de grandes marges d’amélioration. A travers le processus consistant à passer en revue les relations économiques bilatérales – ce que nous ferons justement aujourd’hui – nous jetons les bases pour l’établissement de nouvelles coopérations afin de créer l’environnement approprié qui favorisera le renforcement des activités des milieux d’affaires dans nos deux pays.
Au-delà de notre coopération bilatérale, je voudrais également souligner notre coopération jusqu’à présent productive au sein de l’Organisation de la Coopération économique de la mer Noire (CEMN), une coopération qui, à mon sens, se poursuivra à l’avenir.
Le cadre conventionnel bilatéral englobe déjà un grand nombre de domaines importants dans les relations de nos pays et, dans un même temps nous voulons voir ce cadre s’élargir. À titre indicatif, force est de souligner, pour ce qui est de la partie grecque, que l’Accord sur la marine marchande sera soumis au vote tandis que le nouvel accord sur les Transports routiers internationaux est prêt à être signé. Nous saluons également la signature du Mémorandum de compréhension entre les ministres des transports de nos pays.
Pour ce qui est de la promotion des relations économiques et commerciales bilatérales, le gouvernement grec a la conviction que les marges d’amélioration sont considérables pour ce qui est tant de la partie grecque que de la partie russe. Si le volume commercial a enregistré en 2009 une baisse considérable de 45% en raison de la crise économique mondiale, nous pensons que cette tendance pourrait être renversée. La hausse de nos échanges commerciaux et la réduction du déficit aux dépens de la Grèce constituent un défi important.
Nous voulons renforcer la présence des entreprises grecques sur le marché russe. La communauté d’affaires grecque veut établir des coopérations sérieuses à long terme et à tous les niveaux de l’activité économique. Ma visité prévue à Sotchi est particulièrement encourageante car les entreprises grecques auront l’opportunité d’examiner les possibilités de réaliser de grands projets de construction. J’espère que les résultats seront positifs et la coopération entre nos pays sera davantage renforcée.
Au même titre, je voudrais faire appel aux hommes d’affaires de la Fédération de Russie afin que ces derniers manifestent un intérêt pour le marché grec sur lequel ils peuvent facilement trouver les partenaires appropriés et établir des coopérations profitables. Je pense que nous devons développer une coopération entre les entreprises grecques et russes dans les domaines des sources d’énergie renouvelables et de la technologie de pointe. A cet égard, les centres de recherche et les établissements universitaires de nos pays pourront y apporter une contribution, tout en valorisant le savoir-faire et la haute qualité des ressources humaines disponibles.
Je pense que le forum d’affaires qui se tient aujourd’hui contribuera dans ce sens.
Outre cela, il faut également renforcer la coopération à tous les niveaux. Parallèlement aux réunions ordinaires du Forum d’affaires gréco-russe, l’organisation des expositions ainsi que l’échange de visites sur une base régulière, au niveau des délégations d’hommes d’affaires constituent des actions qui peuvent contribuer dans ce sens. A ce stade, je pense qu’il serait utile de faire une brève référence aux domaines dans lesquels nous pouvons approfondir notre coopération.
Votre Excellence, monsieur le ministre,
Honorables membres des deux délégations,
Les dernières années, la coopération entre nos pays dans le domaine de l’énergie a été particulièrement encourageante. Les projets réalisés dans le cadre de la construction du gazoduc South Stream et de l’oléoduc Bourgas-Alexandroupolis constituent une haute priorité et contribuent à la sécurité énergétique de l’Europe ainsi qu’à la diversification ultérieure des pays de transit des matières premières énergétiques conformément aux objectifs de l’UE.
En outre, nous voulons le prolongement à long terme du contrat bilatéral d’achat de gaz naturel entre l’Entreprise publique de gaz et Gazprom Export qui expire en 2016.
La coopération entre nos pays dans le domaine de l’énergie englobe également le domaine de l’électricité. Nous pensons que ce domaine offre un bon nombre de possibilités pour renforcer notre coopération de manière essentielle.
A cet égard, je voudrais souligner l’importance que nous accordons au développement des sources d’énergie renouvelables. Nous pensons que la coopération entre nos pays dans ce domaine sera particulièrement profitable, vu le savoir-faire en matière de sources d’énergie renouvelables que disposent nos pays.
Dans le domaine des transports, nous pensons qu’un nouvel accord sur les transports routiers internationaux sera bientôt signé, un accord qui a été adapté aux nouvelles données internationales. Nous pensons également que l’accord sur la marine marchande dont le processus de ratification sera bientôt achevé, viendra renforcer la performance de notre coopération dans le domaine des transports maritimes.
La mise en route des trains de fret entre Thessalonique et Moscou pour le transport des produits agricoles périssables constitue une évolution importante. Nous pensons que, selon les informations parvenues par les acteurs compétents, le premier trajet de ce train sera effectué au cours de ce mois. Je pense que le succès de ce projet permettra son extension au transport d’autres marchandises outre les produits agricoles.
Dans le domaine des télécommunications, nous sommes prêts à coopérer en vue de parvenir à des solutions dans l’intérêt mutuel à toutes les questions qui surgissent au niveau bilatéral. C’est pourquoi les autorités compétentes de nos deux pays devraient examiner la possibilité d’ouvrir des négociations en vue de parvenir à un nouvel accord bilatéral.
Pour ce qui est de la coopération de nos deux pays dans le domaine agricole, nous pensons qu’il existe bien une grande marge d’amélioration. Comme vous le savez déjà, les produits agricoles grecs (fruits, légumes, aliments, vin) sont d’une qualité excellente et ont leur propre part de marche en Russie. La Grèce produit, entre autres, des pêches en conserve de haute qualité. Ce produit est déjà connu sur le marché russe lequel absorbe une grande partie de nos exportations. Nous voudrions établir une coopération plus étroite, tout en prenant en considération la baisse des exportations grecques. Un régime tarifaire plus favorable afin que les exportations d’autres pays (par exemple de Chine) ne bénéficient pas d’un traitement discriminatoire, dans l’esprit, bien entendu, du niveau excellent de nos relations bilatérales et de la nécessité d’élargir le volume des échanges bilatéraux, pourrait soutenir également cet effort. Il y a également un intérêt marqué pour notre participation aux marchés publics russes pour l’achat des produits agricoles.
La production grecque, pour ce qui est notamment des fruits frais et en conserve, peut couvrir les besoins d’achat des produits de ce genre par les acteurs et les organisations publics russes dans divers domaines tels que la santé, l’éducation et l’armée. En dépit de cela, certains problèmes ont surgi en raison de l’imposition des tarifs défavorables. Cette question est d’ores et déjà abordée au niveau UE-Russie. Nous pensons qu’elle sera réglée afin que le commerce de produits agricoles entre nos pays soit développé davantage.
Une autre question également importante est la multiplication par cinq des tarifs imposés aux produits d’aluminium lors de leur importation en Russie, ce qui a comme résultat le suspens des exportations grecques. Force est de signaler que le secteur de l’aluminium dans mon pays couvre dans une large mesure ses besoins en matière de produits primaires à travers les exportations russes qui plus est à des quantités beaucoup plus grandes que celles exportées.
A ce stade, je voudrais souligner que nous voulons le règlement rapide des problèmes liés à la conformité des normes de la Grèce et de la Russie pour ce qui est de la normalisation de la fourrure, vu que 80% des exportations grecques de fourrure se dirigent vers le marché russe.
Le domaine de la Recherche et de la Technologie doit, à notre sens, devenir le fer de lance de nos relations économiques bilatérales. Nous espérons que tant la partie russe que la partie grecque intensifieront leur efforts dans ce sens, à savoir vers l’élaboration d’un nouveau plan de coopération scientifique et technologique gréco-russe pour la période 2010-2012.
Le domaine de la coopération touristique revêt également une importance exceptionnelle. La Grèce constitue l’une des destinations touristiques les plus populaires au niveau international et accueille chaque année plus de 16 millions de touristes. Le marché touristique russe constitue une priorité pour notre pays. A cet égard, la Grèce consent des efforts en vue de ne pas retarder les ressortissants russes lors des contrôles et de leur délivrer les visas d’entrée dans les plus brefs délais. Par ailleurs, les visas sont délivrés dans un délai de 48 heures, alors que la durée de la procédure similaire au sein des autorités consulaires dans les autres Etats membres de l’Union européenne est au moins 96 heures. En outre, les autorités consulaires grecques ont reçu des instructions d’après lesquelles elles peuvent délivrer des visas d’entrée en Grèce d’une durée de six et de 12 mois ou d’une durée supérieure. La Grèce, comme vous le savez, soutient au sein de toutes les instances compétentes de l’Union européenne, l’adoption des dispositions encore plus favorables à cet égard. Nous espérons que bientôt nous serons en mesure de vous annoncer des mesures précises dans ce sens. Dans ce même cadre, il est important de faciliter l’octroi des visas d’entrée russes pour les touristes grecs qui visitent la Russie.
La revalorisation de la participation de nos pays aux expositions organisées dans les deux pays, donnera à notre sens un élan au développement du tourisme. La réunion du Comité mixte de tourisme, dont la deuxième session se tient parallèlement à celle du Comité mixte Grèce-Russie va également dans ce sens.
Pour ce qui est du secteur de construction, je voudrais signaler que les entreprises de construction lesquelles disposent d’un esprit d’extroversion et d’expérience en raison des activités qu’elles ont entreprises lors de l’organisation des Jeux Olympiques en 2004, sont prêtes à assumer la réalisation de grands travaux non seulement dans la région de Sotchi mais aussi, comme je l’ai tout à l’heure dit, dans d’autres régions de la Russie que nous visiterons demain.
Enfin, notre coopération dans le domaine de la normalisation et de la certification est particulièrement importante car, à travers cette coopération nous pourrons régler les divers problèmes surgis lors des exportations de nos produits en Russie, des problèmes qui prennent souvent la forme d’entraves à caractère technique au commerce. Les acteurs compétents de nos pays ont d’ores et déjà entamé une coopération en vue de régler ces problèmes.
Votre Excellence, monsieur le ministre,
Honorables membres des deux délégations,
En guise de conclusion, je voudrais vous assurer que les travaux de la 7e réunion du Comité mixte de coopération économique, industriel, technologique et scientifique Grèce-Russie ainsi que la signature du protocole y relatif donneront un élan particulier au renforcement de nos relations économiques bilatérales.
Je vous remercie.