Athènes, le 8 février 2008
M. G. KOUMOUTSAKOS: Bonjour.
En ce qui concerne le programme de Madame la ministre des Affaires étrangères :
Comme je l'ai déjà annoncé, lundi 11 février 2008, la ministre des Affaires étrangères, Mme Dora Bakoyannis se rendra à La Valette, accompagnée du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Yannis Valinakis, en vue de participer à la réunion des ministres des Affaires étrangères Union européenne – Ligue arabe.
Mardi prochain, à savoir le 12 février, Mme Bakoyannis sera en déplacement aux États-Unis. Les rencontres suivantes sont pour l’instant prévues :
Le 13 février au matin, un discours de la ministre à une manifestation organisée par le Centre des Etudes stratégiques et internationales (Center for Strategic and International Studies) est prévu.
Le même jour, une rencontre entre Mme Bakoyannis et le Conseiller de sécurité nationale, M. Stephen Hadley est prévue. Le même jour, dans l’après-midi, une rencontre au Pentagone entre Mme la ministre et le Sous-secrétaire d’Etat à la Défense, M. Gordon England est prévue.
Le 14 février au matin, la ministre des Affaires étrangères aura une rencontre avec la direction du Comité Affaires extérieures de la Chambre des Représentants. Un peu plus tard, dans la journée, une rencontre entre la ministre grecque des Affaires étrangères et le Secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires étrangères, M. John Negroponte est prévue. Le même jour à 14h00, une rencontre entre la ministre des Affaires étrangères et son homologue américain, Mme Condoleezza Rice est prévue.
Par ailleurs, des rencontres avec les directions des Comités Affaires extérieures du Sénat et de la Chambre des Représentants, avec le Président du Comité Affaires militaires du Sénat, ainsi qu’avec des membres de la Chambre des Représentants, en présence de Nancy Pelosi, présidente du Congrès, sont prévues.
A l’issue de sa visite à Washington, la ministre se rendra à Bruxelles en vue de participer, lundi 18 février, au Conseil Affaires générales et Relations extérieures de l’Union européenne. Mme la ministre sera accompagnée du ministre adjoint des Affaires étrangères en charge des questions européennes, M. Yannis Valinakis
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En ce qui concerne le programme de M. Valinakis. Mercredi 13 février, M. Valinakis sera en déplacement à Kiev et représentera notre pays à la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne et des pays de la Mer Noire. A ce stade, j’aimerais ajouter que M. Valinakis aura des contacts bilatéraux avec le Vice-président du gouvernement ukrainien, M. Nemirya, ainsi qu’avec plusieurs cadres politiques du gouvernement ukrainien.
Vendredi 15 février, M. Valinakis aura une rencontre au ministère des Affaires étrangères avec le Commissaire européen à la Protection des Consommateurs, Mme Kuneva.
En ce qui concerne le programme des activités du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Doukas. Mardi 12 février, M. Doukas sera en déplacement à Budapest et rencontrera le ministre adjoint de l’Economie et des Transports de Hongrie, dans le cadre du Groupe de travail mixte Grèce – Hongrie. Les principaux thèmes abordés lors de cette rencontre seront, entre autres, le commerce, les transports combinés et les questions énergétiques.
Vos questions s’il vous plait.
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Mme ADAM : (hors micro)
M. G. KOUMOUTSAKOS: Les points de l'ordre du jour de la rencontre entre la ministre et Mme Rice seront les mêmes que lors de ses autres rencontres.
Je n’ai rien de plus à ajouter à ce sujet. Sauf que l’on ne peut exclure que lors de telle ou telle rencontre, un point de l’ordre du jour soit plus longuement abordé que d’autres.
Mme ADAM : Bien. Mais si vous nous disiez les points de l’ordre du jour.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je crois que l’on en avait parlé lors du précédent point de presse. Les relations bilatérales seront bien entendu au programme. Cela étant, les entretiens porteront également sur des questions d’intérêt international et régional, avec notamment la situation dans les Balkans occidentaux, au Kosovo et bien entendu sur la question de l’appellation de l’ancienne République yougoslave de Macédoine, dont la négociation est en cours afin de parvenir à un règlement mutuellement acceptable.
Mme ADAM : Pardonnez-moi d’insister, mais en ce qui concerne la question de l’appellation de Skopje – que la ministre des Affaires étrangères abordera, cela est bien clair – quel aspect abordera-t-elle avec le Pentagone ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : D’après ce que vous connaissez et ce que je vous ai dit, je pense que la réponse est bien claire.
M. HADOULIS : S’agissant du Kosovo, les informations que l’on a nous permettent de dire que l’indépendance sera probablement proclamée dans dix jours, sans doute le dimanche 17 février. J’aimerais savoir si vos informations le confirment et si la Grèce attendra d’abord cela ou bien fera-t-elle avant un communiqué dans lequel elle dira si elle soutient l'indépendance?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je n’ai rien d’autre à ajouter. La Grèce envisage cette question cruciale pour la stabilité régionale et la sécurité avec une attention particulière et son intention est d’examiner minutieusement tout paramètre et toute dimension de ce problème, afin d’élaborer sa position finale.
Cela étant, la décision politique portant sur la mission de l'UE au Kosovo a d’ores et déjà été prise, comme nous l’avions dit la fois précédente, et bien entendu la Grèce a décidé de participer à cette mission.
En ce qui concerne la spécificité opérationnelle de cette mission, nous vous communiquerons ultérieurement sur la question s'il y a quelque chose à annoncer. J’entends par-là sous quelle forme la Grèce participera à cette mission, etc.
En ce qui concerne le calendrier de cette hypothétique proclamation unilatérale de l’indépendance, je n'ai de toute évidence rien à dire à ce sujet. Et quoi qu’il en soit, il n'appartient pas au ministère grec des Affaires étrangères - ou à tout autre ministère des Affaires étrangères - de définir ou d’annoncer de quelque façon que ce soit, directe ou indirecte, ce qui se passera quant aux actions entreprises à Pristina.
Mme FRYSSA : Votre commentaire au sujet des déclarations de M. Crvenkovski qui ont eu lieu hier.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Les déclarations de M. Crvenkovski font suite à toute une série de déclarations au contenu et ton similaire faites par des hauts représentants du pays voisin.
On constate une certaine persistance de l’intransigeance. Une persistance de la vieille logique de la « bilatéralisation » absolue de la question. Une persistance de déclarations et actions provocatrices vis-à-vis de la Grèce.
Nous avons, à plusieurs reprises, exposé – et la ministre notamment – une argumentation très claire, car cette question n’est pas une question bilatérale.
Dans ce contexte et dans ces conditions, la négociation qui dès le début était difficile, demeure particulièrement difficile.
Le gouvernement grec a une position ferme, un message et une invitation à une négociation concrète en vue de parvenir à une solution mutuellement acceptable, tel que défini par les résolutions du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies.
Une telle solution, créerait d'emblée les conditions d'un meilleur avenir dans la région, pour les deux pays, pour la perspective européenne du pays voisin.
Le gouvernement de Skopje devra évaluer très sérieusement la dimension positive que pourrait avoir une telle solution mutuellement acceptable. Il faudra évaluer très attentivement ce qu’aura à perdre [le pays voisin] si un tel règlement n'est pas atteint. Ce qu’aura à perdre le pays voisin notamment.
La Grèce ne menace personne. Elle s’efforce depuis longtemps de parvenir à une solution mutuellement acceptable. Notre objectif est de parvenir à un tel règlement et non pas d’exclure les pays, et qui plus est des pays voisins, de leur perspective euro-atlantique. Car l’objectif stratégique de la Grèce est la perspective euro-atlantique de ses pays voisins.
J’aimerais toutefois souligner que des relations d’alliance – et nous l‘avons à plusieurs reprises dit – des relations de solidarité ne peuvent être bâties – et cela est tout à fait logique – lorsque des questions graves demeurent en suspens et concernent le principe même du respect des relations de bon voisinage.
M. ATHANASSOPOULOS : Dans ses déclarations, M. Crvenkovski a dit deux choses très intéressantes. Premièrement, il a exprimé la conviction que dans les trois, voire les quatre prochaines semaines, il y aura des développements et le dossier n'ira pas jusqu'à la réunion au sommet et deuxièmement il a parlé de la position que devraient avoir les Etats-Unis. Qu’en pensez-vous ? Merci.
M. G. KOUMOUTSAKOS: En ce qui concerne les développement, je pense que cela est une conclusion logique compte tenu que nous avons, de par la force des choses, devant nous le point critique des décisions relatives à l'invitation du pays voisin à une éventuelle adhésion à l'OTAN.
Je rappelle que cela ne constitue pas une limite de la négociation, mais une réalité. Une réalité qui, manifestement, a un impact sur la négociation en cours.
Cela étant, comme vous le savez, M. Nimetz poursuit ses efforts, dans le cadre de son mandat qui demeure en vigueur.
Il est attendu prochainement à Athènes, probablement d’ici la fin du mois de février. Entre le retour de la ministre de son voyage aux Etats-Unis et la fin du mois de février.
M. SANTAMOURIS : Monsieur le porte-parole, il y a quelques jours, un article a été publié au journal «KATHIMERINI», selon lequel les Etats-Unis devraient proposer lors de la rencontre des deux ministres des Affaires étrangères en Grèce que les organisations internationales et la Grèce acceptent de reconnaître le pays voisin sous une appellation complexe et que l’appellation «République de Macédoine» soit utilisée pour les relations bilatérales de ce pays. Quel est le commentaire de la partie grecque et que pensez-vous du fait que l’ancien Premier ministre de Skopje, M. Georgievski a proposé publiquement exactement la même chose, il y a de cela un mois et demi. Merci.
M. G. KOUMOUTSAKOS: J’aimerais clarifier un point : aucune proposition de ce genre n’a été faite officiellement au gouvernement grec. Pour ce qui est des propositions ou pensées hypothétiques, vous comprendrez bien que je ne veux prendre position.
De plus, toute prise de position à ce sujet – et d’autant plus que l’on a affaire à des informations provenant de la presse et non des communiqués officiels – concernerait indirectement la position et la tactique de négociation de notre pays dans le processus en cours qui revêt un caractère confidentiel, sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies.
Donc, je ne le ferais pas.
M. KAPOUTSIS : Monsieur le porte-parole, j’ai deux questions. La première : d’après tout ce que vous avez dit concernant la question en suspens du nom de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, je pense que l’on se trouve très près d’une impasse, une impasse diplomatique, une impasse de négociations sur le nom. Est-ce que ce sentiment est loin de la réalité ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: L’objectif de la Grèce est qu'il n'y ait pas d'impasse, mais une solution mutuellement acceptable. Telle est notre objectif. C’est ce qui guide nos efforts. Tel est notre objectif stratégique. Cela étant, je répèterais ce que j’ai dit. Cette négociation était et demeure particulièrement difficile.
M. KAPOUTSIS : Ma deuxième question est : il y a peu, Mme Bakoyannis avait déclaré que la Grèce ne compterait pas parmi les premiers pays à reconnaître l'indépendance du Kosovo, si indépendance il y a. Vous avez dit la même chose, lors du précédent point de presse. J’aimerais savoir si vous vous en tenez à cette position aujourd'hui encore, ou bien est-ce que votre position est différente, j'entends en tant que ministère des affaires étrangères.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Les déclarations de Mme la ministre sont absolument valables.
Mme ANTONIOU : Monsieur le porte-parole, vous avez dit il y a peu que vous ne vouliez pas vous référer à la position qu’adoptera notre pays dans la négociation pour ne pas compromettre le caractère confidentiel de la procédure.
M. G. KOUMOUTSAKOS : J’ajouterais ici que les principaux points de la position grecque sont connus de tous. Que ce soit dans notre pays ou à l’étranger.
Mme ANTONIOU : D’accord. La semaine dernière, lors du précédent point de presse, vous avez dit que la position de la Grèce est un nom, une appellation pour tout. Cette position est-elle toujours valable ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je n’ai rien dit de plus que ce qu'a dit la ministre des Affaires étrangères il y a quelque temps devant le Comité Défense et Affaires étrangères du Parlement. Oui la Grèce aspire à une appellation internationale «erga omnes», pour tous.
Mme ADAM : En ce qui concerne ce même sujet. Pour la partie grecque, est-ce qu’une appellation communément acceptable - si cet objectif est atteint - signifie automatiquement que tous les Etats qui ont reconnu Skopje bilatéralement comme « Macédoine» changent l’appellation ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je pense que la position grecque est connue de tous, que ce soit en Grèce ou à l’étranger. La position grecque a par ailleurs été rappelée par la ministre des Affaires étrangères devant le Comité Défense nationale et Affaires étrangères du Parlement hellénique.
Mme ADAM : (hors micro au début). La ministre ne s’est pas référée à ces questions devant le Comité Défense nationale et Affaires étrangères.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je ne veux pas parler de la dernière réunion du Comité. Mais lors des réunions antérieures, la ministre a fait part de sa position, comme je l'ai mentionné. D’ailleurs, tout cela est bien connu. Je ne pense pas apporter de nouveaux éléments à cette discussion.
M. ATHANASSOPOULOS : Pardonnez-moi si je joue avec les mots, mais quand vous dites une appellation pour tout usage et une appellation internationale «erga omnes», on pourrait dire qu’une appellation pour tout usage est une chose. Et une appellation « erga omnes » en est une autre. Si je me trompe, corrigez-moi.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Il n’y a aucune précision à apporter. Les choses sont très claires.
M. SANTAMOURIS : Le pays voisin, M. le porte-parole, se trouve en constante négociation avec la Grèce dans le cadre des Nations Unies. La confidentialité a toujours été une condition que soi-disant les deux pays doivent respecter. Les grandes nouvelles concernant les évolutions et l’avenir – indépendamment si cela se réalisait ou non – provenaient toujours de Skopje. Il est vrai que la Grèce était plus discrète et révélait moins ce qui se passait dans les coulisses diplomatiques. Ce qui avait été officiellement annoncé a été en principe confirmé ou démenti par Skopje. Skopje a annoncé la couleur, si je peux m'exprimer ainsi, sur ce qui a suivi. C’est mon appréciation, je ne veux pas que vous le commentiez. Mais j’aimerais votre commentaire concernant ce qui suit : il y a de nombreux points concernant l'attitude des grandes puissances qui sont indiqués à l'avance par Skopje quelques semaines, quelques mois avant, etc. Est-ce qu’Athènes doit présenter des propositions similaires à la communauté internationale qui auraient un certain poids, un certain impact lors de la négociation ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Nous ne « jouons » pas avec les procédures. La négociation évolue selon la conviction que nos positions et arguments ont un poids et une certaine influence. Ils vont dans le sens que tous, à mon avis, souhaitent. A savoir l’atteinte d’un règlement mutuellement acceptable afin que cette question fasse partie du passé et que des conditions soient créées pour un meilleur avenir.
M. SANTAMOURIS : Permettez-moi de poser une question supplémentaire. A ce que nous savons, il y a une décision du Conseil européen concernant la force au Kosovo. Nous savons que, dans ce contexte, des préparatifs sont nécessaires, selon le protocole, et qu’il y a des étapes à franchir. A ce stade où en sommes-nous pour ce qui est des préparatifs?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je pense que cette question a été répondue hier par le porte-parole adjoint du gouvernement. Les éléments opérationnels ne sont pas encore achevés. Mais comme je l’ai dit, la Grèce sera présente. Elle doit être présente dans cette mission.
En ce qui concerne la participation grecque et la forme qu’elle prendra, je vous rappelle que cette mission ne sera pas à caractère militaire, mais politique et policier. C’est dans ce contexte que s’intègrera la contribution de la Grèce.
M. KAPOUTSIS : M. Meïmarakis a annoncé hier la participation de la Grèce à la force de police; il a ajouté que les forces militaires allaient rester.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Ce qu’a dit M. le ministre est valable et coïncide d'ailleurs avec ce que je viens de dire.
M. HADOULIS : Si vous me le permettez, deux questions, la première sera très brève si je m'en tiens aux réponses précédentes.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Souvent, les questions brèves appellent des réponses longues.
M. HADOULIS : Elle sera probablement brève. Avez-vous des informations plus récentes concernant l'affaire des Grecs interpellés en Inde
M. G. KOUMOUTSAKOS : Non, je n’ai rien de nouveau. Nous nous en tenons à ce que nous avions dit la dernière fois.
M. HADOULIS : Je vous ai dit que la réponse serait brève. Ma deuxième question porte sur l'immigration clandestine. Sommes-nous satisfaits de la façon dont la Turquie s'acquitte de ses obligations s'agissant de cette question? Le cas échéant, où en sont les éventuelles discussions au niveau du ministère des Affaires étrangères et autres ministères ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : En ce qui concerne les autres ministères, je ne peux me prononcer à ce sujet. En ce qui concerne votre question qui est de savoir comment se déroule la coopération interétatique Grèce - Turquie à ce sujet, je répondrais que nous souhaitons que cette coopération s'améliore et invitons le pays voisin à envisager cette question de la même façon. Dernièrement, des pas en avant ont été faits avec des rencontres des chefs des autorités portuaires des deux pays. Il a également été décidé d'organiser des rencontres de commissions.
Nous demandons une implication encore plus grande de la Turquie pour ce qui est de l’application de l’accord bilatéral. Dans un même temps - et cela est tout aussi important - nous espérons et attendons un progrès réel en ce qui concerne l’accord de réadmission conclu entre la Turquie et l’Union européenne car le progrès s’agissant de cette question est loin d’être satisfaisant.
Merci. Bon week-end.
Traduction non officielle