Traduction non officielle
Athènes, le 3 décembre 2007
M. G. KOUMOUTSAKOS: Bonjour et bonne semaine.
Comme vous le savez déjà, la ministre des Affaires étrangères, Mme Dora Bakoyannis recevra aujourd’hui à 18h00 dans son bureau au ministère des Affaires étrangères l’ambassadeur des Etats-Unis, M. Daniel Speckhard, qui vient de prendre ses fonctions.
En ce qui concerne la visite officielle du ministre turc des Affaires étrangères, M. Babacan, le programme est le suivant :
La visite débutera mardi 4 décembre 2007 à 09h45 par un dépôt de couronnes sur la tombe du soldat inconnu. Le gouvernement sera représenté par le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Valinakis.
Puis, il y aura une rencontre au ministère des Affaires étrangères. Vers 10h00, le ministre turc aura un entretien privé avec la ministre des Affaires étrangères. Ensuite, des discussions élargies auront lieu avec la participation des délégations. Le « Programme culturel Grèce – Turquie » devrait être signé au niveau des services du ministère. A 12h30 est prévue une conférence de presse.
Par la suite, M. Babacan sera reçu par S.E. le Président de la République, M. Karolos Papoulias. Cette rencontre est prévue pour 13h00.
Après sa visite au palais présidentiel, la ministre des Affaires étrangères, Mme Bakoyannis offrira un petit-déjeuner de travail en l’honneur de son homologue turc, au ministère des Affaires étrangères.
A 17h30, une rencontre au Parlement entre le ministre turc des Affaires étrangères et le Chef de l’Opposition est prévue.
A 19h00, M. Babacan et la ministre des Affaires étrangères assisteront au forum entrepreneurial organisé au Palais Mela, Place Kotzias. Vers 18h45, la ministre des Affaires étrangères, Mme Dora Bakoyannis prononcera un discours puis le ministre turc des Affaires étrangères prononcera une brève allocution.
Dans la soirée, un dîner en comité restreint sera offert en l’honneur de M. Babacan par la ministre des Affaires étrangères dans sa résidence.
Mercredi 5 décembre vers 08h15-09h00, un petit déjeuner de travail est prévu avec Mme Bakoyannis, M. Babacan et des représentants de l’Union des Industriels grecs et de l’Organisation des Relations économiques extérieures à l’Hôtel «Grande Bretagne».
Le même jour, vers 10h30, le président du parlement, M. Dimitris Sioufas recevra dans son bureau le ministre turc des Affaires étrangères.
Par la suite, vers 11h00, M. Babacan sera reçu par S.E. le Premier ministre grec, M. Kostas Karamanlis, au Palais Maximou. Cette rencontre marque la fin de la visite officielle de M. Babacan à Athènes. Comme vous le savez, il effectuera par la suite une visite à Komotini, à titre privé.
Mercredi 5 décembre à 09h00, la ministre des Affaires étrangères rencontrera M. Nimetz.
A 11h00, M. Nimetz rencontrera le Chef de l’opposition et à 12h00 il sera reçu par le Premier ministre, M. Kostas Karamanlis.
Mercredi à 13h00, la ministre des Affaires étrangères sera reçue à l’hôtel « Grande Bretagne » par le Président de la République d’Egypte, M. Moubarak, en visite dans notre pays du 3 au 6 décembre, à l’invitation du Président de la République hellénique, M. Karolos Papoulias. Il n’y aura pas de déclarations communes à l’issue de cette entrevue, sauf si la ministre des Affaires étrangères souhaite avoir une communication avec les représentants de la presse et des médias.
Les 6 et 7 mars, la ministre des Affaires étrangères se rendra à Bruxelles en vue de participer au Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN. Brièvement, l’ordre du jour de ce Conseil est le suivant : a) Afghanistan, b) Balkans occidentaux - Kosovo, c) élargissement, d) adoption d’un communiqué commun, e) diplomatie publique, f) Relations de partenariat avec la Russie, l’Ukraine, la Géorgie, etc. Dans le cadre de ce Conseil, une rencontre entre Mme Bakoyannis et Mme Rice est prévue.
Du 7 au 9 décembre, la ministre des Affaires étrangères se rendra à Lisbonne, aux côtés du Premier ministre, M. Karamanlis, dans le cadre du Sommet UE – Afrique. Très brièvement, les questions figurant à l’ordre du jour sont : Gouvernance et droits de l’homme, paix et sécurité, immigration, énergie et changement climatique, commerce, infrastructures et développement.
Lundi 10 décembre, Mme la ministre des Affaires étrangères participera aux travaux du Conseil Affaires générales et Relations extérieures de l’Union européenne qui se tiendra à Bruxelles. Elle sera accompagnée du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Yannis Valinakis. Brièvement, les points de l’ordre du jour sont : Relations extérieures, Politique européenne de voisinage, Balkans occidentaux avec notamment le Kosovo, le Moyen-Orient, le Liban, l’Iran, le Myanmar, la Somalie, le Soudan, l’Afghanistan. Cette rencontre est également une préparation du Conseil européen.
Par ailleurs, le dimanche 9 décembre, Mme Bakoyannis assistera à un déjeuner de travail des ministres des Affaires étrangères du Parti populaire européen à Bruxelles.
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En ce qui concerne le programme du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Doukas :
Aujourd’hui à 11h30, le ministre adjoint des Affaires étrangères M. Doukas aura une entrevue avec l’ambassadeur d’Ukraine, M. Valeriy Tsybukh.
Demain, mardi 4 décembre à 13h30, M. Doukas prononcera un discours lors du 18e congrès de la Chambre de commerce gréco-américaine sur le thème « l’Heure de l’économie grecque ».
Le mercredi 5 décembre à 10h00, M. Doukas prononcera un discours lors du Forum gréco -égyptien. L’après-midi de ce même jour, il se rendra à Thessalonique et à 16h00, il effectuera une visite à la Banque pour le commerce et le développement de la mer Noire. A 17h30, il rencontrera des membres du Business Advisory Council et des représentants de la communauté d’affaires grecque ; à 19h30, il prononcera un discours à la manifestation organisée à l’occasion du 10e anniversaire du Business Advisory Council. A 20h15, M. Doukas rencontrera le Responsable d’Investment Compact pour l’Europe du Sud-est, M. Anthony O’Sullivan.
Le vendredi 7 décembre à 12h00, il rencontrera des membres du Conseil d’affaires gréco - libanais et à 13h30 des membres de la Chambre de Commerce gréco-américaine.
En ce qui concerne les activités du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Kassimis.
Les 4 et 5 mars, M. Kassimis se rendra à Sharm el Sheikh en vue de participer au Conseil des ministres UE – Afrique.
Du 7 au 9 décembre, M. Kassimis assistera à la conférence du Présidium des Conseils de coordination du Conseil des Grecs de l’étranger, qui se tiendra à Thessalonique.
Vos questions s’il vous plait.
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M. GILSON : Pour ce qui est du programme de visite de M. Babacan : est-ce que les questions relatives à l’ouverture de l’école théologique de Halki et au Protocole d’Ankara figurent à l’ordre du jour ? Et, est-ce que les articles publiés dans la presse qui parlent de l’acceptation par la Grèce des 6 miles, ce qui signifie que la Grèce renoncerait à son droit d’étendre ses eaux territoriales à 12 miles en contrepartie de la levée du casus belli par le parlement turc sont fondés ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Bien sûr que des questions relatives aux libertés religieuses et à d’autres sujets sont, entre autres, soulevées dans le cadre du parcours européen de la Turquie. La Commission européenne a d’ailleurs pris acte de ces questions dans son rapport récent sur le progrès réalisé par la Turquie. Parmi ces questions figurent la question de l’application du Protocole additionnel d’Ankara sur l’union douanière avec tous les Etats-membres de l’Union européenne sans exceptions.
Pour ce qui est de l’autre question à laquelle vous vous êtes référés sur la base de certaines informations -comme vous avez dit- je n’ai aucune information y relative.
Mme HOWA : Toutes ces visites (Moubarak, Babacan) ont-elles un rapport quelconque avec le Kosovo, les résultats relatifs à la question du Kosovo ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Comme vous le savez, la question du Kosovo revêt un intérêt régional et international et, bien entendu, elle préoccupe les dirigeants politiques des Etats de la région. L’évolution de cette question, les pas à entreprendre font l’objet de discussions lors de tous les contacts internationaux, notamment au cours de cette période. Nous sommes tous préoccupés par la question.
M. FOURLIS : Est-ce que la date de la visite du Premier ministre a déjà été définie ?
κ. Γ. ΚΟΥΜΟΥΤΣΑΚΟΣ : Je n’ai aucune information relative à la date définitive de la visite. Comme vous le savez, suite à la visite de M. Erdogan en 2004, la visite du Premier ministre en Turquie est pendante. Toutefois, aucune date définitive n’a été arrêtée pour le moment. En outre, il n’est pas l’usage que le ministère des Affaires étrangères annonce les visites du Premier ministre.
M. SANTAMOURIS : Est-ce que lors des entretiens de Mme Bakoyannis avec la délégation égyptienne et M. Moubarak la question de la coopération dans le domaine de la valorisation des zones maritimes sera soulevée ? Deuxième question : Pourriez-vous nous donner plus d’informations sur la déclaration de Mme Bakoyannis ? La ministre a déclaré que la Grèce avait entrepris une initiative en vue de faciliter le règlement de la question du nom dans l’intérêt des deux parties. Est-ce que la proposition comporte de nouveaux éléments ou bien est-ce que la Grèce tente de soumettre à la table de négociations une solution dans l’intérêt mutuel ? Merci.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Pour ce qui est de votre première question : Vous savez que la Grèce et les pays riverains voisins doivent à un moment donné procéder à la délimitation de certaines zones maritimes, comme la Zone exclusive économique. Vous savez que M. Valinakis a eu une série d’entretiens sur cette question avec le gouvernement libyen. Cette question figure également à l’ordre du jour relatif aux relations bilatérales avec l’Egypte. Je n’ai rien d’autre à ajouter pour ce qui est des perspectives précises ou des évolutions, s’agissant de ces questions.
S’agissant de votre deuxième question : Il semblerait qu’il y ait un malentendu : je suppose vous vous référez à l’initiative récente de la Grèce de soumettre une série d’idées et de propositions portant sur la question du rapprochement des Balkans occidentaux de l’Union européenne. Force est de souligner que cette initiative confirme la volonté et la capacité de la Grèce de rester fidèle à son choix stratégique à savoir le rapprochement des pays des Balkans occidentaux de l’Union européenne.
Nos propositions viennent au moment opportun car nous pensons que c’est maintenant le moment de soumettre les propositions et d’entreprendre des actions dans ce sens en vue de donner un nouvel élan au rapprochement des Balkans occidentaux de l’Union européenne. Cette initiative a été favorablement accueillie par nos partenaires européens et nos pays voisins.
M. MELETIS : Monsieur le porte-parole, sans vouloir minimiser l’importance de cette coïncidence historique, je voudrais que vous me disiez comment se fait-il que après 27 ans – depuis 1980 – la Turquie demande un changement du système de nomination des comités administratifs à Vakoufia, que ce projet de loi est soumis au Parlement aujourd’hui par coïncidence, jour d’arrivée de M. Babacan ?
Et deuxième question : comment interprétez-vous le fait que M. Babacan – par coïncidence lui-aussi – a exprimé son désir de visiter la Thrace et n’a pas choisi une autre destination prisée de la Grèce ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je commence par la première question. Ces mesures visant au renforcement ultérieur de l’égalité devant la loi et et l’Etat dans la région de Thrace, pour ce qui est de la minorité musulmane, ont été annoncées il y a un an à peu près. L’annonce des mesures est suivie de la préparation législative y relative et des étapes procédurales qui sont prévues.
Il n’y a pas de nouvelles informations pour ce qui est de cette question, dans le sens que le Comité gouvernemental a déjà débattu de la teneur du projet de loi y relatif et l’a adopté à un certain moment en juillet. Depuis, d’après mes informations, le projet de loi a été transmis à la Comptabilité générale. Vous connaissez les procédures suivies à la Comptabilité générale. Il y a souvent des retards. Toutefois, il faut bien entendu prendre en compte les élections législatives qui se dérouleront dans l’intervalle.
Cette coïncidence n’est autre que coïncidence. Et rien de plus.
κ. ΜΕΛΕΤΗΣ: (hors micro) Comment le ministère des Affaires étrangères interprète-t-il la coïncidence de cette visite à Thrace ?
κ. Γ. ΚΟΥΜΟΥΤΣΑΚΟΣ: En tant que gouvernement démocratique, nous ne tentons pas d’expliquer la raison pour laquelle les visiteurs de notre pays choisissent une destination plutôt qu’une autre. Et comme je comprends où vous voulez en venir et pour ne pas revenir sur cette question, je voudrais clarifier les choses : la Grèce n’a rien à cacher pour ce qui est des questions relatives au respect des droits des minorités. Au contraire, elle peut être le modèle, l’exemple à suivre.
M. FOURLIS : Alors pourquoi ne nous avez-vous pas informés à temps de cette visite, et avez laissé le ministère turc des Affaires étrangères le faire en premier ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Une annonce officielle, quelle qu’elle soit, de la part du ministère des Affaires étrangères au sujet de la visite du ministre turc des Affaires étrangères en Grèce, porte, comme vous le comprenez, sur les étapes officielles de sa visite. Rien ne devrait être communiqué avant l’annonce de la visite officielle. En ce qui concerne le ministère des Affaires étrangères et le gouvernement grec, l’objectif du déplacement de M. Babacan en Grèce est d’effectuer une visite officielle. Par conséquent, la visite à Thrace aurait été annoncée une fois que la date de la visite officielle aurait été définitive. Et c’est ainsi que cela s’est passé. A cette communication a été ajoutée l’information relative à une visite privée. On ne peut parler de négligence.
M. FOUR LIS : Une précision s’il vous plaît : est-ce que cette décision relative à la visite à Thrace a été prise après coup ? Y avait-il initialement un programme pour Athènes sur lequel a été ajouté la visite à Thrace ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous l’ai dit – et j’en resterai à cela- que la visite officielle de M. Babacan a été annoncée une fois que la date était définitive. A cette communication a été ajoutée l’information concernant la visite privée. Comme vous le comprenez, c’est à la visite officielle que le gouvernement et le ministère des Affaires étrangères attachent la plus grande importance.
M. MELETIS : Excusez-moi, monsieur le porte-parole, pourquoi le ministère des Affaires étrangères a réagi – et je peux vous montrer beaucoup de communiqués, les vôtres aussi- aux communications du ministère turc des Affaires étrangères portant sur la minorité musulmane, la « minorité » turque, selon l’appellation qu’ils donnent à la minorité de Thrace ? Pourquoi le ministère réagit-il dès lors que la Grèce n’a rien à cacher et M. Babacan apparaît comme le contrôleur de la situation, car comme vous l’avez affirmez « on n’a rien à cacher et tout à montrer » ? Pourquoi le ministère des Affaires étrangères réagit-il donc aux communications faites de la part du ministère turc des Affaires étrangères dès lors que la politique du ministère des Affaires étrangères ainsi que sa manière de voir la minorité musulmane grecque sont bien connues ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Monsieur Meletis, je me suis tout simplement référé au déroulement de cette visite, qui, je le répète, est privée. Cette visite ne s’inscrit pas dans le cadre de la visite officielle. Je me suis également référé à notre position principale, à savoir que nous n’avons rien à cacher.
Vous me demandez la raison pour laquelle il y a des communications de notre part quand l’autre partie fait des communications similaires. Je vous réponds : lorsque le ministère des Affaires étrangères juge qu’il y a une question de fond portant sur des sujets précis sur lesquels il doit prendre position, il le fait avec clarté. Toutefois, s’agissant de cette visite privée, il n’est pas question de prendre position. Il s’agit de deux choses différentes.
M. MELETIS : Quand la question des prétentions et des allégations concernant la minorité musulmane est soulevée de manière tangible, quand le ministre même se rend dans la région, cela ne vous cause pas de souci. Mais c’est l’annonce de la visite qui vous donne de souci. C’est ce que vous dites ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Vous vous trompez M. Meletis. Ce n’est pas ce que je dis.
M. MELETIS : …Ou, par exemple, le droit des pseudo-muftis d’obtenir le statut de fonctionnaire ne constitue-t-il pas une question d’immixtion dans les affaires intérieures de notre pays ? Telle est ma question. Quelle est la position du ministère des Affaires étrangères ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Clarifions les choses. Tout d’abord, je n’ai pas dit cela. Ce que je veux souligner est que lorsqu’il y a des prises de position sur des questions de fond, il y a des prises de position similaires de la part de la Grèce.
Je crains que la discussion du moment ne porte que sur cette visite de M. Babacan à Thrace. Je souligne de nouveau que dans le cadre d’un gouvernement démocratique, la Grèce est fière de sa politique à l’égard des minorités, la Grèce n’a aucune raison de s’inquiéter et de s’opposer à une visite dans une région quelle qu’elle soit de son territoire.
Cela concerne cette visite à proprement parler. Lorsqu’il y a des prises de position sur le fond concernant des positions, des politiques et qu’il est jugé nécessaire que le ministère des Affaires étrangères prenne position sur le fond, il le fait.
Mme ADAM : Pour ce qui est de cette question, pour en finir avec cette question relative à la visite privée de M. Babacan, le ministère turc des Affaires étrangères a-t-il informé votre ministère sur la durée de cette visite, les étapes, les institutions et les régions qui seront visitées ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : D’après les informations que je possède, cette visite ne durera que quelques heures. Cela dit, le ministère grec des Affaires étrangères est au courant de la visite officielle. En qu’Etat, il dispose de toutes les informations nécessaires relatives à la visite privée. Toutefois, cela ne relève pas de la compétence du ministère des Affaires étrangères.
Mme ADAM : Pour conclure, vous dites que le ministère turc des Affaires étrangères n’a pas donné au ministère grec des informations relatives au programme de la visite privée de M. Babacan.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Mme Adam, j’ai donné une réponse bien précise.
Mme ADAM : De la même manière, il aurait pu se rendre aussi dans le village de Zoniana pour voir ce qu’il s’y passe. Dans ce cas, il aurait donné des informations sur son programme. Pour le côté pratique des choses.
M. G. KOUMOUTSAKOS : J’ai donné des réponses bien précises qui montrent la manière dont cette question est envisagée. En tant que porte-parole du ministère des Affaires étrangères, je n’ai pas l’intention d’aborder la question de cette visite privée avant que cela soit jugé nécessaire. Je ne vais pas faire de commentaire sur des événements hypothétiques.
La Grèce est une démocratique européenne moderne. Elle applique les règles régissant toute démocratie européenne et moderne. M. Babacan est libre de visiter une région du territoire grec, quelle qu’elle soit. Par ailleurs, je pense qu’il y a l’esprit nécessaire permettant de bien juger les choses ce qui est dicté par l’ambiance générale des relations gréco-turques et les efforts entrepris en faveur de leur amélioration ultérieure.
Mme ADAM : Monsieur le porte-parole, je ne vous ai pas demandé de commentaire. Je vous demande si le ministère des Affaires étrangères vous a informé sur le programme de la visite privée du ministre turc des Affaires étrangères dans une région du territoire grec. Je suppose que lorsque nous effectuons une visite privée le ministère des Affaires étrangères du pays visité connaît tous les détails de notre visite.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Il est évident qu’il n’y a rien de secret dans cette visite de M. Babacan à Thrace. Le gouvernement grec connaît les détails de cette visite.
Mme ADAM : Où se rendra-t-il monsieur le porte-parole ? C’est cela que je vous demande.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je n’aborderai pas la question de la visite privée de M. Babacan. Le ministère des Affaires étrangères ne communique pas sur les visites privées et les détails y relatifs.
Mme ADAM : Est-ce que vous en avez été informés ? Est-ce que le ministère turc vous a donné des informations ? Que vous nous fassiez part de ces informations, cela est une autre histoire. Je vous demande juste si le ministère turc des Affaires étrangères vous a informé sur cette question.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai répondu. Il n’y a rien de secret dans la visite de M. Babacan.
Comme vous le savez – pour en finir avec cette question et je pense que nous pourrons le faire – le Premier ministre turc a effectué une visite il y a quelques années, en 2004 dans cette région. Je vous rappelle qu’à l’époque cela avait également suscité des inquiétudes. La visite s’est déroulée sans heurts.
Mme ADAM : Permettez-moi de passer maintenant à la visite officielle et aux questions gréco-turques qui seront en tout cas abordées. Est-ce que le gouvernement grec a déjà consenti à ce que deux chapitres de négociation supplémentaires s’ouvrent en décembre ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Il y a deux chapitres de négociation, le chapitre 21 portant sur les « Réseaux transeuropéens» et le chapitre 28 portant sur les « Consommateurs et la protection de la santé ».
En ce moment la Grèce ne considère pas que le contenu de ces deux chapitres soit une entrave à leur ouverture. La procédure prévue peut avancer.
Mme ADAM : La deuxième question porte évidemment sur la discussion : les propositions du Président français Sarkozy, le « Comité des sages », l’Avenir européen de la Turquie et aussi la Coopération euro-méditerranéenne. Pourriez-vous nous dire quelle est la position globale de la partie grecque sur les propositions de Sarkozy ? Je parle des questions relatives à la Turquie.
M. KOUMOUTSAKOS : La question des élargissements futurs et en général l’avenir de la politique des élargissements a préoccupé et préoccupe l’Union européenne. Comme vous le savez, les élargissements constituent un aspect très important du processus de l’intégration européenne. Par conséquent, il est tout à fait normal que cette question suscite des préoccupations.
La Grèce en principe pris position en affirmant que l’élargissement ne peut être un processus interminable. Dans un même temps, on a signalé que les processus d’adhésion existants devaient être menés à bien conformément à ce qui a été prévu.
Il y a des conditions, des critères, il existe un dispositif d’évaluation des performances des pays candidats et cela bien entendu vaut également pour la Turquie.
Telle est la position grecque que vous connaissez très bien. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de répéter l’essence de notre politique sur cette question, à savoir que la pleine satisfaction peut conduire à la pleine adhésion. Telle est notre position à laquelle nous restons fermement attachés.
Cela vaut également pour la Turquie et les pays des Balkans occidentaux Cela dit, les inquiétudes que suscite l’évolution de la politique des élargissements sont bien entendu réelles et légitimes. Nous partageons ces inquiétudes et je vous ai dit que l’élargissement de l’Union européenne ne peut être en principe un processus interminable.
Mme ADAM : (hors micro) Excusez-moi, je n’ai pas compris. Vous dites que vous n’accepterez que les points portant sur les élargissements ? Quels autres pays adhèreront à l’Union européenne ? Car du point de vue géographique, nous épuisons toutes les possibilités ?
M.G. KOUMOUTSAKOS : Comme vous le savez, une grande discussion a lieu actuellement sur la Politique européenne de voisinage et sur les autres Etats qui ont manifesté officiellement leur intérêt de se rapprocher de l’Union européenne ou d’y adhérer.
Cela dit, s’agissant de ces préoccupations, les postions du Président français sont axées sur la question des frontières de l’Europe qui fait l’objet d’un débat politique généralisé. C’est pourquoi il existe une politique française sur la création d’un « Comité des sages » qui se penchera sur cette question politique cruciale.
Mme KOURBELA : Ma question ne porte pas sur la Turquie, mais s’il y a des questions sur la Turquie, je la poserai après. Je voudrais vous poser une question relative à l’Afrique. Lors de sa présidence, le Royaume Uni a fait de cette question une priorité. Les relations entre l’Union européenne et l’Afrique. La présidence allemande s’est également intéressée à la question et la présidence portugaise organise actuellement le premier Sommet. Pourquoi l’Union européenne manifeste-t-elle un intérêt aussi marqué pour l’Afrique ? Est-ce que l’Afrique revêt un intérêt particulier pour la Grèce ? Merci.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Vous savez que le Portugal est un pays qui, d’une façon ou d’une autre, s’intéresse aux évolutions relatives à l’Afrique et notamment à l’Afrique du Nord. Mais pour l’Union européenne aussi cette région revêt un intérêt global.
Pour ce qui est des relations entre l’Union européenne et les pays d’Afrique, il existe une série de questions portant soit sur la sécurité et l’aide au développement économique soit sur la lutte contre des phénomènes nouveaux comme l’immigration illégale. Il existe également toute une série d’autres questions.
Dans le cadre de cet intérêt européen général pour les évolutions et les relations avec le Continent noir, la Grèce en tant que pays de l’Espace méditerranéen européen a certainement un intérêt marqué pour l’Afrique. La Grèce participera à la prochaine réunion et sera représentée par le Premier ministre ce qui atteste de notre intérêt pour ce continent.
Mme RIGOU : Votre commentaire au sujet de la lettre des deux députés américains adressée à la Secrétaire d’Etat américaine, M. Condoleezza Rice dans laquelle ils affirment que cela devrait être une occasion de résoudre le différend opposant la Grèce à l’Ancienne République yougoslave de Macédoine au sujet du nom.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Nous espérons que la visite de M. Nimetz dans les deux capitales sera positive pour son effort ultérieur visant à parvenir à un règlement mutuellement acceptable.
C’est ce que nous souhaitons à notre pays voisin notamment. Nous espérons qu’il [le pays voisin] entreprendra les actions nécessaires qui permettront un progrès substantiel et en définitive le règlement définitif de cette question demeurée en suspens, de façon mutuellement acceptable.
Je comprends bien que la lettre des députés américains va dans ce sens.
Mme RIGOU : En ce qui concerne ce sujet et à l’exception bien entendu de la question du nom, pensez-vous que l’Ancienne République yougoslave de Macédoine remplit les critères et modalités nécessaires pour adhérer à l’OTAN ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Il y a un processus d’évaluation qui est en cours. Et nous verrons comment les choses évolueront. Quoi qu’il en soit, il a, à plusieurs reprises, été dit qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire, concernant d’autres questions, notamment les relations de bon voisinage, qui sont d’une importance cruciale.
M. GILSON : En ce qui concerne les propositions présentées par M. Nimetz le 1er novembre à New York, nous avons entendu la réaction publique de M. Gruevski, qui a dit qu’il ne pouvait accepter un changement dans le nom constitutionnel au niveau international. Est-ce que la Grèce est satisfaite de l’ensemble d’idées proposées et du cadre qui a en principe été défini à New York ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Nous avons à maintes reprises souligné – et je camperais sur cette position – que quoi que le gouvernement grec ait à dire concernant l’ensemble d’idées présentées par M. Nimetz le 1er novembre à New York, il le dira directement à M. Nimetz lui-même, car il respecte le caractère confidentiel de la procédure, tel que défini par M. Nimetz.
Cela étant, la partie grecque est d’avis – et cela a été dit clairement par la ministre dans son interview récente à un journal du pays voisin – que l’heure est venue d’aller de l’avant, avec constance, en suivant les principes et les valeurs européens. Et j’ajouterais à cela, qu’en plus des valeurs et des principes européens, il y a aussi le mode européen. Le mode européen de prise de décision, au moyen du consensus et des convergences de vues. Ce mode européen doit être un modèle pour le pays voisin aussi.
M. GILSON : Et encore autre chose. Vous avez dit au début dans vos communiqués, qu’il y aura un accord ou une discussion sur le deuxième programme exécutif d’éducation Grèce – Turquie. Je ne sais pas de quoi il s’agit. Pourriez-vous nous expliquer si cela a rapport avec la « réécriture » des livres scolaires qui ont fait l’objet d’un accord entre M. Papandréou et Cem ou bien est-ce autre chose ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Le deuxième protocole s’inscrit dans la même logique que le précédent. Il devrait être signé au niveau des officiels du ministère, comme je vous l’ai dit.
M. GILSON : Pardonnez-moi, que sont ces protocoles ? Je ne suis pas au courant et peut-être que d’autres confrères ici ne savent pas de quoi il relève ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je n’ai pas le contenu de ces accords ici. Mais ce sont des protocoles de coopération dans le cadre des relations entre les deux pays. Ces protocoles s’inscrivent dans la logique d’une pratique d’accords culturels et …
M. GILSON : Y a-t-il un rapport avec les livres scolaires ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Ne soulevez pas la question des livres scolaires. Cette question n’a rien à voir avec ce que vous essayez de dire.
M. MELETIS : Une de mes questions précédentes est restée sans réponse et puisqu’elle a été enregistrée, j’aimerais à nouveau la poser : Pensez-vous que la visite de M. Babacan à Thrace avec les deux pseudo muftis sera amicale, dans le cadre de sa visite privée ? Je vous ai déjà posé la question et vous prierais d’y répondre.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je n’ai pas fait attention tout à l’heure à cette question. Je n’avais pas l’intention de m’y soustraire.
Comme j’ai eu l’occasion de le dire à plusieurs reprises, la Grèce est un pays démocratique européen, où tout le monde est libre de rencontrer qui il veut.
Cela étant, vous comprenez bien que ces questions sont soumises à évaluation. Telle est la réalité. Nul besoin de dramatiser les choses.
M. TSAKAS : J’aimerais me référer à la question la plus brûlante de notre région. Il ne reste plus qu’une semaine avant la fin des négociations entre Belgrade et Pristina. Les négociations ne semblent pas aboutir. Il restera une initiative de l’Union européenne. Quelle est l’initiative de la Grèce ? S’alignera-t-elle sur l’initiative des pays membres de l’UE en faveur de l’indépendance du Kosovo, comme l’Allemagne et la France ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: J’en ai conscience. En effet, à l'heure actuelle, il semblerait que les deux parties ne parviennent pas à un accord. Nous attendons les conclusions de la Troïka qui devraient être présentées au cours de ces prochains jours, avant le Conseil Affaires générales. En toute probabilité, ces conclusions seront soumises au Secrétaire général de l'ONU. En ce qui concerne l’Union européenne, M. Ischinger procèdera par la suite à une communication d’information détaillée au Conseil Affaires générales de l’Union européenne.
M. MELETIS : Au Conseil du 10 décembre ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Oui, au Conseil du 10 décembre, il est prévu que M. Ischinger fasse une communication d’information sur la situation. Les informations et les hypothèses avancées faisant état d’éventuelles actions n’ont pour le moment pas été officiellement soulevées dans le cadre des discussions au sein de l’UE.
La Grèce, comme vous le savez, a toujours soutenu que les solutions en faveur de la stabilité résultent du dialogue et ne sont pas imposées. Nous avons par ailleurs ajouté que l’unité de l’Union européenne est particulièrement importante dans cette question.
La Grèce participe aux travaux de l’UE et de ce fait participe aux décisions. Le point de départ des positions grecques a été dit à maintes reprises. Nous croyons en la nécessité de parvenir à des solutions à travers le dialogue. Nous croyons à la légalisation la plus élargie possible et la voie la plus sûre vers cette légalisation est le Conseil de sécurité des Nations Unies. Par ailleurs, nous accordons une importance particulière au rôle stabilisateur que peut et doit avoir l’Union européenne dans la région.
M. TSAKAS : Pour finir M. Koumoutsakos, le dirigeant albanais a déclaré dans une interview qu’une grande occasion s’offrait pour la Grèce de prendre une initiative en faveur des Albanais, pour ce qui est de la question du Kosovo. Quels sont les éléments positifs, c’est-à-dire …
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je comprends. La Grèce poursuit une politique bien définie en ce qui concerne la région, une politique qui est la résultante de ce que je viens de mentionner, mais aussi de la récente initiative proposée. Je n’ai pas de commentaires, je n’ai rien à ajouter pour ce qui est des déclarations auxquelles vous vous êtes référées.
Mme ADAM : En ce qui concerne cette même question, vous vous êtes référé aux trois principes qui régissent la position grecque probablement…
M. G. KOUMOUTSAKOS : Les lignes directrices. Les axes directeurs, si vous voulez.
Mme ADAM : Oui les axes directeurs, pour ce qui est de la question du Kosovo. Toutefois, pour des raisons de principe, mais aussi d’intérêt national, est-ce que la Grèce serait disposée, à long terme, à accepter un développement allant dans le sens de l’indépendance ou un autre développement qui ne résulterait pas d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, mais y serait contraire ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai dit que l’un des trois axes directeurs est que nous croyons à la légalisation la plus élargie possible et que la voie la plus sûre pour y parvenir est le Conseil de sécurité des Nations Unies. A l’heure actuelle, une discussion a lieu et au cours de ces prochains jours, il y aura un effort conjoint visant à créer une position européenne. La Grèce participera à ces discussions, sur la base de ces points de départ.
Mme ADAM : Même si la position de l’Union européenne n’est pas en ligne, n’est pas conforme à une résolution du Conseil de sécurité, qui pourrait ne pas exister du tout.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Ecoutons M. Ischinger et voyons comment la discussion évoluera. Quoi qu’il en soit, je vous ai dit quelles étaient les positions de départ de la Grèce. C’est sur cette base, que nous discutons avec nos partenaires. Je ne voudrais pas m’exprimer sur des scénarios qui ne sont encore qu’hypothèses…
Mme SPANOU : Je voudrais revenir sur les relations gréco-turques. J’aimerais savoir si le ministère des Affaires étrangères recommande que la visite de M. Karamanlis en Turquie comporte une partie privée, avec par exemple une visite à Imvros ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Comme je vous l’ai dit, la préparation de cette visite n’a pas encore commencé. Je ne peux rien vous dire à l’heure actuelle.
M. VIDALIS : Tout à l’heure, lorsque mon confrère, M. Meletis vous a posé une question sur la visite de M. Babacan en Thrace, sur ses rencontres avec les pseudo muftis, vous avez dit que ces questions-là devaient faire l’objet d’évaluation. Certes, oui. Et ma question est la suivante : Lorsque M. Erdogan a rencontré le Premier ministre grec, deux ou trois fois, il a soulevé la question d’une « minorité turque » et de la défense de ses droits. M. Gul, lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, a visité la région de Thrace et a soulevé les mêmes questions. Comment ces questions ont-elles été évaluées jusqu’à présent.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Sur la base des positions grecques qui sont pleinement conformes aux dispositions du Traité de Lausanne et de la position du gouvernement grec s’agissant de la question du respect des droits des minorités, qui, comme je vous l’ai dit, constitue un modèle.
Vous connaissez plus précisément nos positions. Nous avons eu l’occasion, dans le passé, de nous référer pleinement à toutes les mesures et à l’application de cette politique d’égalité devant la loi et l’Etat.
Elles sont claires. Elles sont conformes au Traité de Lausanne. Il n’y a rien d’autre à ajouter. La partie turque a ses propres points de vue.
Mme FRYSSA : Que pensez-vous d’une éventuelle action du gouvernement de Skopje visant à changer le nom de leur aéroport, comme signe de «bonne volonté» ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : La presse du pays voisin donne certaines informations. Je ne sais pas si elles correspondent à la réalité. Quoi qu’il en soit, je me suis déjà exprimé à ce sujet.
Ce n’est pas un élément qui peut aboutir à un réexamen ou une révision de la politique grecque, qui est bien connue, et qui est axée sur la substance même de cette question.
M. ATHANASSOPOULOS : Une question relative au Kosovo, dont on a parlé tout à l’heure. Une question qui fait suite à celle posée tout à l’heure par Mme Adam : des rapports ont été publiés sur les réunions de M. Solana avec le SG de l’ONU. Certains de ces rapports disaient que l’une des propositions de M. Solana consistait à court-circuiter le Conseil de sécurité par une certaine décision / opinion du SG de l’ONU. Pour prendre cette initiative, M. Solana a vraisemblablement reçu – ne serait-ce que de façon indirecte – une légitimation de la part des institutions européennes. Est-ce que le gouvernement grec est au courant de cela et comment se positionne-t-il vis-à-vis d’une telle initiative ? Je vous remercie.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Nous verrons tout cela au moment de la discussion sur la mise en œuvre d’une position européenne définitive sur cette question.
M. SANTAMOURIS : Ma question est la suivante : Il y a environ un an, M. Babacan était ici en qualité de négociateur de la Turquie avec l’UE.
M. G. KOUMOUTSAKOS : À ma connaissance, il l’est toujours.
M. SANTAMOURIS : Oui. A l'époque, il n’occupait pas les fonctions de ministre des Affaires étrangères et s’était de toute évidence efforcé de soulever la question de la minorité turque, selon sa propre conception, et de lier les obligations européennes de la Turquie avec des contreparties grecques envers la Turquie. Ma question est donc la suivante : Est-ce que la qualité supplémentaire de M. Babacan change quelque chose à ses déclarations, c’est-à-dire est-ce qu'il ne déclarera pas cela et deuxièmement, est-ce que la récente décision de la cour européenne visant à condamner la Grèce pour limitation des capacités des Musulmans à créé une expression définie comme turque (...). Merci.
M. G. KOUMOUTSAKOS: S’agissant de cette question, il existe une politique turque bien claire, connue quant à ses paramètres et caractéristiques. De la même façon, il existe une politique grecque tout aussi connue quant à ses paramètres et caractéristiques. C’est sur la base de cette politique que le gouvernement prend position, lorsque cela est nécessaire.
M. SANTAMOURIS : (hors micro) C’est-à-dire cela concerne également la décision de la cour européenne …
M. G. KOUMOUTSAKOS: Pouvez-vous être plus précis ?
M. SANTAMOURIS : (hors micro) Est-ce que cela changera quelque chose à la prise de position de M. Babacan du fait que la cour européenne a condamné la Grèce …
M. G. KOUMOUTSAKOS : Vous me demandez si un événement fera changer M. Babacan de position. Je ne peux le savoir et je ne suis pas le porte-parole de M. Babacan.
Mme RIGOU : J’aimerais revenir à la question de l'Ancienne République Yougoslave de Macédoine, en vue de la visite de M. Nimetz.
M. G. KOUMOUTSAKOS : D’accord.
Mme RIGOU : Skopje et Athènes. Mme Bakoyannis a souligné, à maintes reprises, que nous avons accompli la moitié du chemin pour parvenir à un consensus s’agissant de la question du nom. Alors que le Premier ministre a dit que nous ne nous étions pas rétracté concernant la question du nom. Qu’est ce qui est vrai ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: La position grecque est claire. En effet, nous avons parcouru la distance qui nous incombe pour pouvoir atteindre l’autre partie. L’autre partie campe sur sa position.
A cette occasion, je réitère que la Grèce – et la récente initiative qu’elle a entreprise le prouve et le confirme – peut assister le pays voisin, ou si vous voulez le prendre par la main tout au long de son parcours vers l’Union européenne et l’OTAN.
Nous pouvons et voulons le faire, à la condition bien entendu qu’un règlement mutuellement acceptable soit atteint et que [le pays voisin] ait fait preuve d’une attitude constructive en abandonnant sa politique de déclarations et d’actions qui entrent dans une logique irrédentiste.
Cette persistance à l’intransigeance conduit le pays voisin à perdre certains avantages. L’avantage qu’il aurait eu si ces questions avaient été réglées de façon mutuellement acceptable pour ce qui est de la question du nom et s’il avait définitivement abandonné cette politique.
Mme RIGOU : Quand je parlais du premier ministre, je voulais dire M. Karamanlis.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je vous ai dit qu’elle était la position grecque. Vous voulez dire qu’il y a une divergence de vues ? Il est manifeste qu’il n’y a jamais eu de divergence de vues. Cette question ne se pose pas.
Je vous remercie.