Athènes, le 3 septembre 2007
Mme Bakoyannis : Je me trouve aujourd’hui à Bruxelles pour poursuivre les efforts en faveur de l’initiative lancée par la Grèce depuis avant-hier lors de ma visite en Italie où j’ai rencontré M. Massimo D’Alema.
Dans un premier lieu, cette initiative répond à la nécessité d’établir une coopération européenne beaucoup plus renforcée pour lutter contre les catastrophes naturelles. Comme vous le savez, la Grèce a vécu des moments difficiles en raison des incendies récents. Le bilan de la catastrophe était trop lourd. L’Union européenne tout entière ainsi que des pays qui ne sont pas membres de l’UE ont fait preuve de leur solidarité avec notre pays. J’ai eu l’occasion de remercier mes homologues européens pour leur solidarité et de présenter en détail l’initiative grecque. Selon cette initiative, il faut procéder dans les plus brefs délais, sur la base du rapport Barnier, à la création d’une Force européenne de réaction rapide, à savoir une force européenne capable d’intervenir immédiatement et de porter assistance à tous les pays en cas de catastrophes naturelles.
Dans la première étape, une décision politique serait nécessaire. Cette décision porterait sur l’engagement des forces européennes qui pourraient être rapidement déployées sur place, coopérer et participer à des exercices communs de sorte qu’elles puissent être prêtes à intervenir ensemble. En outre, dans cette première étape, la Commission devra assurer le financement de la formation des équipes, des exercices et des travaux préparatoires.
Notre objectif est de parvenir à une décision avant les élections européennes de 2009 et de créer une force à caractère purement européen qui serait financée par le Fonds de solidarité et munie d’une infrastructure encore plus grande, à savoir des avions, des ressources humaines, etc. Ce serait une force européenne de réaction rapide. .
Je dois avouer que tous nos partenaires européens ont accueilli cette initiative très favorablement. L’Italie, la France, l’Espagne et le Portugal ont adopté cette proposition. Nous avons également décidé en coordination avec la présidence portugaise d’inscrire cette proposition à l’ordre du jour du Conseil « Affaires générales et Relations extérieures » du mois d’octobre. Non pas à l’ordre du jour du CAGRE de septembre qui se tiendra à New York mais à celui d’octobre qui pourra se pencher sur les détails de cette proposition.
Par ailleurs, la contribution du Commissaire, M, Stavros Dimas aux efforts que nous avons entrepris ces derniers jours a été considérable. Je voudrais le remercier chaleureusement au nom du gouvernement grec. M. Dimas était également d’accord sur le fait que la Commission doit entreprendre des actions dans ce sens, à l'instar du Président Barroso qui lors de sa récente visite en Grèce a été informé à ce sujet par le Premier ministre, M. Karamanlis. Au même titre, j’ai informé mes homologues sur la question relative au Fonds de solidité, à savoir que la Grèce demandera la contribution du Fonds de solidarité- comme vous le savez, le Premier ministre a déjà soulevé cette question auprès de M. Barroso et de Mme Hubner- et le soutien politique manifesté par nos partenaires a été bien clair. Je pense que la Grèce peut compter sur ce soutien de sorte que nous puissions évaluer la situation et demander des fonds spécifiques en vue de mettre en œuvre le plan de reconstruction.
Le message qui nous est transmis est très important : l’Europe est là, l’Europe est solidaire avec nous et est déterminée à contribuer à la reconstruction. Nous devons être bien préparés pour que ces fonds apportent les meilleurs résultats possibles. J’aimerais souligner que- ce que vous savez éventuellement – qu’il existe un programme pilote qui a été lancé il y a quelques mois. Il s’agit du programme « Fire Four » qui porte sur la coopération entre les pays méditerranéens dans la lutte contre les incendies. La proposition que j’ai soumise aujourd’hui à mes partenaires européens consiste en l’activation de ce programme pilote qui portera le nom de « Fire Five ». Tous les cinq pays européens y participeront afin que nous, pays méditerranéens, entreprenions des efforts en faveur d’une coopération plus coordonnée, avant la mise en œuvre du dispositif de l’Union européenne.
Nous savons tous que la plus grande menace aujourd’hui pour l’Europe, comme pour le monde entier, est le changement climatique. Nous devons nous adapter au changement climatique, nous devons nous-mêmes en tant que pays nous y adapter, mais aussi en tant qu'Europe et rapidement. Nous devons prendre toutes les mesures nécessaires afin que les citoyens européens et grecs se sentent protégés grâce aux moyens mis à notre disposition.
Question : Il existe la proposition de M. Dimas relative à un mécanisme de protection civile. Ce programme sera-t-il intégré à ce mécanisme ?
Mme Bakoyannis : Bien sûr. J’aimerais préciser que tout cela a été fait en coopération avec M. Pavlopoulos, M. Flogaïtis, ministre de l’Intérieur par intérim, M. Fourlas ; il s’agit donc d’un effort concerté du gouvernement grec, de l’Etat grec. Nous avons été confrontés à ce problème, cette histoire a été pour nous une expérience qui nous a permis d'apprendre beaucoup de choses et d'être aujourd'hui en mesure de soumettre certaines propositions susceptibles de faciliter les autres Etats membres qui pourraient se trouver confrontés à de pareils phénomènes.
J’aimerais rappeler que le Royaume-Uni a été confronté à des inondations terribles. Autrement dit, ce mécanisme ne servira pas seulement à gérer les situations d’urgence provoquées par les incendies, mais aussi celles provoquées par les inondations, autrement dit les catastrophes naturelles de manière générale.
Question : Est-ce que la demande de la Grèce auprès du Fonds de solidarité est activée lorsque la catastrophe dépasse un certain montant ?
Mme Bakoyannis : Oui, elle est activée à partir du moment où il existe une catastrophe qui dépasse un montant bien précis. Elle est activée lorsque cela est jugé nécessaire pour la reconstruction de la région, comme ce fut le cas dans notre pays. A ce stade, je dois préciser que la réaction de la Commission européenne a été très rapide. Sans compter la présence de Mme Hubner et de M. Barroso en Grèce, mais aussi le soutien au niveau non seulement politique, mais aussi gouvernemental, de la part de nos partenaires européens qui a été très grand; c’est pourquoi nous pouvons être quasiment certains – une fois bien sûr que le bilan des dégâts sera dressé et que des actions bien précises seront proposées – d’obtenir le financement requis de la part du Fonds de solidarité. Nous pouvons en être quasiment certains, quoique je ne devrais pas le dire à l'heure actuelle.