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Athènes, le 30 juillet 2007

 

Messieurs les Secrétaires généraux,

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

 

Je suis particulièrement heureux de vous accueillir aujourd’hui ici, dans notre ministère, à l’occasion de ce Sommet des ambassadeurs. Mme la ministre accompagne le Premier ministre à Paris et ne peut par conséquent être parmi nous. Elle sera toutefois là demain pour la clôture de cette conférence.

 

Une conférence, une véritable institution que nous avons inaugurée l'année passée, et qui a pour objectif la meilleure coordination possible entre le service central et les ambassades.  Cette rencontre annuelle nous fournit l’occasion d’améliorer notre efficacité et de renforcer la communication entre nous.

 

Je suis certain qu’à la fin de cette conférence, nous serons plus informés et connaîtrons mieux les positions et les orientations de notre politique étrangère. Je suis certain aussi que votre participation à cette conférence sera tout aussi substantielle que productive.

 

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

 

Permettez-moi tout d’abord de constater l’évidence :

 

La politique étrangère est la politique publique par excellence. Elle est donc exercée dans l’intérêt du public. Son objectif est parfaitement clair : la défense et la promotion des intérêts nationaux et le renforcement du prestige de notre pays sur le plan international. C’est en fonction de cet axe fondamental que nous sommes à chaque fois invités à nous atteler à la tâche et à faire preuve d'imagination et de créativité, en faisant de notre pays un acteur crédible et fort non seulement sur le plan international, mais aussi régional.

 

Dans un monde en constante mutation, dans un environnement international, où les forces de changement sont bien plus fortes que les dynamiques de continuité et où les relations internationales sont plus complexes que jamais, nous aspirons à ce que notre pays soit présent aux développements internationaux, européens et régionaux et que dans la mesure de ses capacités il assure la promotion de la démocratie, de la paix, de la sécurité, de la stabilité, de la coopération et du développement.

 

Qu'il ne suive pas simplement les développements, mais qu'il y participe, guidé par la promotion de nos intérêts nationaux.

 

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

 

Notre participation au processus d’intégration européenne a été - et continue d’être- l’origine de l’amélioration continue et de la valorisation de l’influence et du rôle de notre pays au plan international et régional.

 

Le « choix européen » a accompagné la politique étrangère de notre pays, mais aussi le processus d’élargissement et de modernisation, de notre démocratie, de notre Etat démocratique depuis la période de l’après-guerre. Il constitue la composante fondamentale du progrès, du développement et de la prospérité, mais aussi le pilier essentiel du renforcement permanent du prestige et de l’influence de notre pays sur le plan international. Aujourd’hui, notre pays est l'un des plus anciens Etats membres de l’Union, l’un des pays les plus attachés à l’idée d'intégration européenne.

 

Les citoyens grecs, dans leur écrasante majorité, partagent la vision d’une Europe unifiée et associent l'avenir de la Grèce sur le plan du développement au progrès politique de l’Europe.

 

Notre participation aux institutions et politiques communes est déterminée par la réalité de ce soutien conscient et élargi.  C’est pourquoi, notre politique européenne est parfaitement claire : nous appartenons au noyau dur de l’Union européenne, nous oeuvrons pour une Europe plus politique, pour une Europe qui sera en mesure d’élaborer de façon décisive les développements mondiaux, de répondre aux défis de la mondialisation et d'élargir en permanence la part de paix, de sécurité, de prospérité et de justice sociale pour ses citoyens, mais aussi pour les peuples des pays du «périmètre» européen.

 

Pour ces raisons, la position de notre pays face à la grande question de la réforme institutionnelle de l’Union a fermement été orientée vers l'avenir. Nous avons soutenu fermement les résultats de la négociation qui ont abouti au Traité constitutionnel de 2004. C’est pourquoi pendant la période dite de réflexion, nous nous sommes trouvés en première ligne des Etats membres qui souhaitaient le maximum. 

 

Lors de la négociation y relative qui s’est déroulée pendant la présidence allemande notamment, nos efforts ont été intenses et soutenus tout au long de ce processus, faisant de nous un interlocuteur privilégié et crédible de la Présidence.

 

Au niveau des contacts informels, nous avons suivi l’exemple réussi de la négociation du budget, des perspectives financières européennes, tout en jouant un rôle prépondérant dans la création d'un noyau dur d'Etats, d'un groupe informel d'Etats qui, par la suite, a été élargi à 17, ce qui a été déterminant pour le résultat final. Ici aussi, nous avons coopéré étroitement avec nos autres partenaires, avec un petit groupe d’Etats qui, comme nous, croient à plus d'Europe, à savoir l'Italie, l'Espagne, la Belgique, le Luxembourg et la Hongrie et nous avons élaboré systématiquement des idées et des propositions dans le sens de « plus d’Europe et non moins d’Europe ».

 

Des initiatives ont été développées en vue de former des majorités qui nous auraient permis de rester le plus près possible de l’acquis du Traité constitutionnel et de parvenir ainsi à un compromis qui aurait été acceptable pour nous. Les décisions du Conseil européen du 22 et 23 juin permettent de mettre fin à deux années de perplexité, d’introspection et de déception.

 

L’Union européenne des 27 a fait le premier pas décisif pour regagner la confiance des citoyens européens en une Union qui n’a pas perdu de ses capacités à surmonter les difficultés – en dépit des forces d’inertie qui pourraient guetter – à surmonter les obstacles qui pourraient entraver le parcours des citoyens européens vers un avenir commun. Compte tenu des circonstances, la négociation qui s’est déroulée pendant le premier semestre 2007 et les séances marathoniennes au Conseil européen ont été couronnées de succès.

 

De façon générale, je peux dire que nous sommes satisfaits. Mais je dois préciser que nous avons encore beaucoup à faire. La Conférence intergouvernementale a officiellement commencé avec le CAGRE du 23 juillet et le mandat assigné à la Conférence intergouvernementale par le Conseil européen est bien clair. Le cadre exclusif de ses travaux ainsi que le calendrier doivent être strictement respectés. Il est d’importance capitale pour l’Union européenne que ce qui a été convenu soit respecté à la lettre et qu’à la fin de 2007 elle ait un nouveau visage institutionnel et politique, lui permettant d’aller de l’avant en étant plus efficace et renforcée au niveau interne et en ayant un rôle plus grand au niveau international.

 

Dans d’autres cas, le risque pour l’Europe d’entrer à nouveau dans une phase d’introspection, d’incertitude et de manque d’orientation est grand. L’impact d’un tel développement ne peut être que douloureux et néfaste pour l’avenir du processus d’intégration, tel que nous le connaissons jusqu’à aujourd’hui.

 

Mais qu’a-t-il en fait été convenu à Bruxelles ? Nous sommes convenus que le texte qui résultera de ces pourparlers s’intitulera « Traité de réforme » et modifiera, au lieu de remplacer, les traités en vigueur aujourd’hui, à savoir le Traité pour l’UE et le Traité pour la Communauté européenne, qui sera rebaptisé Traité de fonctionnement de l’Union européenne. Le principal élément de ce règlement est le maintien de quasiment toutes les innovations inclues dans le Traité constitutionnel.

 

Sa substance consistait à doter l’UE des 27 des outils nécessaires à son bon fonctionnement.

 

Cet objectif a été atteint.

 

Premièrement, les conditions sont désormais réunies pour une action extérieure de l’UE plus concertée et coordonnée.

 

Deuxièmement, la légitimité démocratique de l’Union est renforcée ainsi que l’efficacité des institutions.

 

Troisièmement, l’introduction d’une « clause d’assistance mutuelle » et d’une « clause de solidarité » a été assurée (ce qui est très important pour nous).

 

Quatrièmement, les possibilités concrètes pour des actions précises dans des domaines nouveaux, comme le tourisme, l’énergie et la cohésion, notamment dans les régions insulaires, qui est une question d’intérêt particulier pour la Grèce, ont été garanties.

 

Enfin, le nouveau traité garantit bon nombre de nouvelles conditions de flexibilité et d’efficacité qui sont nécessaires à une Europe de 27 Etats membres, voire plus.

 

En conclusion, nous estimons que la solution qui a été décidée est satisfaisante, compte tenu des circonstances, et, en dépit des réserves émises, nous pensons qu’elle confèrera à l’Union – dotée d’un nouveau cadre institutionnel et de nouvelles procédures – la dynamique nécessaire pour relever les défis au plan interne et international. Ces défis sont grands et exigent de l’Europe des solutions rapides, efficaces et utiles.

 

L’un de ces défis, déterminant pour l’évolution de l’Union, sera le réexamen du budget en 2008-2009, tel que décidé au Conseil européen de décembre 2005. Lors de ce réexamen, des questions cruciales feront l’objet de discussions et négociations et détermineront le parcours de l’Union après 2013, année d’application des nouvelles perspectives budgétaires, autrement dit du nouveau budget. Nul besoin de souligner combien cette question est importante pour l’Europe de manière générale et pour notre pays en particulier. Une question qui exigera de nous tous que nous soyons vigilants et bien préparés afin que nous puissions défendre au mieux nos intérêts, mais aussi les intérêts d’une Union forte, qui se développe et que nous soutenons. Selon ce qui précède, nous aspirons à replacer l’Europe sur la voie de l’intégration.

 

L’idéal serait que cet effort et ce parcours vers une Europe plus politique soient communs. Le cadre institutionnel existe. Nous devons maintenant faire preuve de volonté politique. Si cela n’est pas possible, il y a toujours la voie des coopérations renforcées selon des procédures ouvertes et transparentes, pour ceux qui, comme la Grèce, souhaitent aller de l’avant, plus rapidement, ceux qui veulent « plus d’Europe ». C’est cette logique même que nous soutenons.

 

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

 

La résolution des questions institutionnelles en suspens de ces deux dernières années, nous permet de rétablir l’équilibre entre élargissement et approfondissement. En Grèce, nous avons répondu à cette question : approfondissement et élargissement. Tout comme nous soutenons fermement l’objectif d’une Europe plus politique, le choix stratégique de notre politique étrangère est de transformer notre région - l’Europe du Sud-Est – en un voisinage européen.

 

Pour nous, il est important que les pays des Balkans occidentaux et la Turquie restent sur la voie européenne. Il n’est pas conseillé que ces pays soient privés de la motivation d’une vision européenne. En outre, l’Union européenne devra avoir une attitude constante envers ces pays puisque c’est elle-même qui leur a donné cette perspective européenne. Dans un même temps, nous sommes attachés farouchement au strict respect du « principe de conditionnalité » et les Etats membres candidats à l’adhésion devront se conformer à l’acquis communautaire en évolution.

 

L’adoption d’un projet de mandat par le Conseil européen de juin 2007, constituera la base exclusive des travaux de la Conférence intergouvernementale portant sur l’élaboration d’un projet de Traité de réforme, vient enrichir les dispositions existantes sur l’élargissement.

 

Les « critères d’éligibilité » qui ont été ou seront définis par le Conseil européen, viennent s’ajouter aux critères existants, tandis que la décision du Conseil portant sur l’acceptation d’une demande d’adhésion sera précédée par le consentement du Parlement européen (à la majorité absolue). Il existe certes d’autres points de vue que nous n’ignorons pas. Nous pensons toutefois que, compte tenu des dispositions strictes de « conditionnalité » qui ont été définis, l’élargissement peut avancer, non au détriment, mais en faveur de la vision d’une Europe grande, forte et unie.

 

C’est pourquoi, notre soutien en faveur de la perspective européenne des pays des Balkans occidentaux et de la Turquie se base exclusivement sur la condition de la pleine application et le respect des critères et conditions préalables qui ont été définis. En d’autres termes : à pleine adaptation, pleine adhésion. C’est pourquoi, nous ne percevons pas l’élargissement comme une menace, mais comme un défi historique, comme un outil servant à l’européanisation de l’Europe du Sud-Est, et donc comme une occasion pour une sécurité accrue, une coopération renforcée et une développement permanent. C’est bien entendu ce que nous attendons des pays candidats.

 

La Turquie doit enfin percevoir sa marche vers l’Union européenne comme une grande opportunité. Une opportunité pour elle d’améliorer la qualité de la démocratie au niveau interne, conformément aux normes européennes et d’adopter des attitudes dignes d’un pays européen contemporain pour ce qui est de ses relations extérieures.

 

L’attachement concret aux principes de bon voisinage et à la résolution pacifique des différends sur la base des principes de l’Etat de droit constitue une condition sine qua non pour que le pays voisin puisse obtenir le passeport pour l’Europe.

 

Nous espérons que le nouveau gouvernement procèdera de manière décisive aux réformes et aux changements nécessaires. A ce stade, j’aimerais me référer tout particulièrement à la question relative au Patriarcat œcuménique, dans laquelle les marges de manœuvre de la Turquie se sont réduites. Le respect du caractère œcuménique, du rôle et de la réalité historique que représente le Patriarcat est une obligation pour la Turquie. J’aimerais rappeler que nous ne manquons pas une occasion pour soulever à tous les niveaux les questions relatives au Patriarcat œcuménique.  Lors du récent CAGRE du 23 juillet, Mme la ministre a informé en détail ses homologues sur la situation et les problèmes auxquels le Patriarcat œcuménique est confronté, notamment après la récente décision de la Cour d’appel suprême turque, obtenant ainsi le support de tous les ministres présents au Conseil.

 

La Turquie doit prendre conscience du fait que sa politique n’est pas compatible avec celle d’un pays européen, moderne et démocratique, et en réalité sape tout soutien qu’elle pourrait attendre de la part de l’Europe et notamment de la Grèce.

 

En ce qui concerne les pays des Balkans occidentaux, notre engagement en faveur de leur intégration progressive à l’UE demeure ferme; il correspond aux attentes grecques et concerne tous les pays, sans exception. Le parcours de ces pays vers l’UE est régi par le respect d’une conditionnalité strict et équitable qui inclut les critères de Copenhague et les conditions préalables du Processus de stabilisation et d’Association (PSA). La coopération régionale et les relations de bon voisinage sont les principaux axes du PSA. Notre pays soutient fermement cette conditionnalité, compte tenu que d’importants intérêts nationaux sont liés ou feront l’objet d’un examen lors des prochains élargissements.

 

 Pour ce qui est de Skopje, nous suivons une politique décisive et réaliste, afin de parvenir à une solution mutuellement acceptable à la question du nom, dans le cadre des négociations sous l’égide du SG des Nations Unies.

Nous pensons que seule une telle solution permettra la normalisation et le renforcement de nos relations bilatérales, la coopération et la stabilité dans la région ainsi que le parcours sans heurts du pays voisin vers l’UE et l’OTAN, institutions auxquelles elle souhaite adhérer.

 

J’aimerais vous rappeler que notre pays a consenti à accorder le statut de pays candidat à l’ARYM, sur la base des points suivants : premièrement, l’opinion de la Commission européenne, deuxièmement, les priorités de la relation de partenariat et troisièmement la décision du Conseil Affaires générales du 12 décembre 2005 (avec la déclaration Straw) concernant l’utilisation exclusive de l’appellation internationale dans tous les textes communautaires et les réunions.

 

En outre, dans la position commune de l’UE lors du 4ème Conseil de Stabilité et d’Association qui s’est tenu il y a quelques jours, il a été pour la première fois souligné que l’ARYM doit éviter des actions qui pourraient influencer de manière négative les relations de bon voisinage.

 

Comme vous le savez, notre pays a prouvé sa bonne volonté au fil du temps. Nos relations économiques sont excellentes et nous voulons contribuer à la stabilité de la région.

 

Or, nul ne peut ignorer que sur le plan politique nos relations ne peuvent pas être considérées comme étant normalisées, un état de chose pour lequel l’autre partie est responsable. Dans de telles circonstances, un pays candidat ne peut avancer dans les négociations sur son adhésion à l’Europe. La propagande nationaliste et les provocations n’ont pas leur place en Europe.

 

Notre position vis-à-vis de Skopje est claire et sans ambiguïté :  il ne peut y avoir application sélective de l’Accord intermédiaire. A l’instar de nos autres partenaires, nous jugeons les pays candidats à l’adhésion sur la base de chacun des critères en particulier, mais aussi globalement. Nous ne pouvons nous engager au préalable lorsque Skopje ne semble même pas disposé à envisager des solutions basées sur le consensus. Personne en Europe n’avance ainsi. Nous avons fait ce que nous devions faire, c’est à l’autre partie maintenant de répondre.

 

 

Maintenant, Mesdames et Messieurs, j’aimerais passer aux politiques particulières de l’Union qui constituent les axes principaux de la garantie des intérêts grecs. Nous attachons une importance particulière aux questions de Justice et Affaires intérieures, qui, comme chacun sait, constituent un domaine de l’acquis communautaire qui se développe rapidement et font désormais partie des priorités politiques de chaque présidence.

 

Du point de vue de la Grèce, la priorité est accordée à l’amélioration ultérieure de la coopération communautaire en vue d’un contrôle plus efficaces des frontières extérieures de l’UE, avec notamment les frontières maritimes, qui intéressent particulièrement la Grèce. Par ailleurs, nous accordons une importance particulière à la lutte contre l’immigration clandestine, notamment dans la région sensible de la Méditerranée orientale, et aux questions relatives aux visas, dans le but de promouvoir notre tourisme et de garantir le respect des normes requises  dans le cadre de Schengen.

 

Comme vous le savez, d’importants efforts sont consentis par notre ministère, en vue d’offrir un service de meilleure qualité et plus rapide aux ressortissants de pays tiers souhaitant visiter notre pays, dans le cadre du soutien actif fourni par le ministère des Affaires étrangères aux efforts de l’Etat grec visant à renforcer et promouvoir le tourisme, l’industrie lourde du pays.

 

L’outil fondamental permettant l’exercice efficace de la politique nationale dans ce domaine est notre politique dans le domaine crucial de l’octroi de visas Schengen.  Il est vrai que la qualité des services fournis par nos autorités consulaires et diplomatique s’améliorent de façon stable, ces dernières années, grâce aux efforts incessants à tous les niveaux des employés des autorités, qui souvent travaillent dans des conditions particulièrement difficiles pour parvenir au meilleur résultat possible. Et j’aimerais tous vous féliciter à cet égard.

 

Je rappelle également certaines initiatives cruciales menées dans ce domaine, par ex. la conclusion des Accords de facilitation en matière de visas, qui s’inscrit dans la lignée des efforts déployés pour accélérer la perspective européenne de ces pays.

 

Par ailleurs, nous promouvons, de concert avec nos partenaires méditerranéens, l’extension de «l’approche globale de la migration dans les régions orientales et occidentales limitrophes à l’UE », d’où proviennent ou transitent de grandes pressions migratoires vers l’Europe.

 

J’aimerais à ce stade dire, comme vous le savez, que nous avons développé une initiative particulière en vue d’une coopération plus étroite, quoique informelle, entre les pays méditerranéens de l’UE, les 8 pays bordés par la Méditerranée et les deux derniers pays de la Mer Noire qui ont récemment adhéré à l’Union, la Roumanie et la Bulgarie. Et c’est exactement parce que les questions qui nous préoccupent sont communes, parce que nos objectifs sont dans une large mesure communs que nous examinons avec eux combien nous pouvons coopérer sur toute une série de questions. 

 

Il y a également de nouvelles initiatives menées au niveau communautaire sous la responsabilité de la nouvelle Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des Etats membres de l’Union européenne (FRONTEX), dont les «Equipes d’intervention rapide», le réseau de patrouilles côtières et la mise en opération du Registre centralisé d’équipement technique disponible pour répondre conjointement aux situations de crises aux frontières, questions d’importance particulière pour notre pays, nul besoin de dire pourquoi. Il s’agit du premier pas pour la création d’un service européen de gardes-côtes, notamment en Méditerranée. Nous pensons que tout cela vient ajouter une nouvelle dimension à la sauvegarde des frontières extérieures de l’Union européenne.

 

Dans cet esprit, la Grèce estime que les initiatives susmentionnées doivent être réalisées le plus rapidement possible, en mobilisant de la même façon les organes co-compétents au niveau interne, afin de ne pas perdre cette dynamique positive s’agissant de questions nationales vitales.

 

J’aimerais me référer à un autre domaine, à savoir la nouvelle politique de l’UE pour la Mer.  Une politique globale de l’UE qui intéresse particulièrement notre pays, puisqu’il est inextricablement lié à cette politique en raison d’une industrie navale forte et d’un secteur touristique particulièrement dynamique.

 

Nous pensons donc que notre participation à l’élaboration et la mise en application d’une politique tout entière pour la gestion de l’ensemble des activités humaines qui concernent la mer a, dès les premiers instants, été considérée comme étant particulièrement positive.

 

Pour cette raison, nous avons pris l’initiative de convoquer une Conférence des ministres des Affaires européennes, avec la participation du Commissaire responsable de la pêche et des affaires maritimes, M. Borg.

 

Le résultat des travaux était particulièrement encourageant et je pense que nous pouvons être optimistes quant au fait que les besoins particuliers et les perspectives de nos régions côtières et insulaires – notamment les plus éloignées, qui sont particulièrement vulnérables, seront inclus dans un cadre politique européen intégré.

 

 Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

 

J’aimerais terminer ces propos sur la stratégie européenne de notre pays en disant que : le choix central de la politique extérieure grecque est que notre pays soit au cœur de l’Europe, au cœur de toutes les grandes initiatives et politiques, dans le noyau de l’intégration européenne.

 

Nous estimons que chaque pas en avant que fait l’Union européenne est un pas en avant que gagne la Grèce en terme de démocratie, développement, prospérité et progrès social. La Grèce est un fervent défenseur de la perspective européenne des Balkans occidentaux et de la Turquie, dans laquelle notre pays joue un rôle prépondérant. Avec l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie, notre pays n’est plus un îlot isolé dans une péninsule balkanique instable, mais une partie géographique de l’espace géopolitique de l’UE.

 

L’européanisation de l’Europe du Sud-Est – qui peut être quantifiée sur la base de critères et conditions préalables non négociables – est le meilleur moyen de se défaire des « fantômes du passé ». Tout cela nécessite bien entendu une stratégie structurée et un effort permanent.

 

J’aimerais souligner qu’en tant que membres de la famille européenne, la plus grande partie de nos questions relevant de la politique étrangère passent par les coopérations, les mécanismes et les procédures de l’UE.

 

Nous devrons toujours garder à l’esprit que l’UE fonctionne comme un outil de négociation, comme un levier à de nombreux niveaux de politique qui nous concernent. Vous avez un rôle clé.

 

Vous êtes invités à exploiter au mieux les possibilités que nous offre notre participation à l’UE. Planification stratégique intégrée, sérieux, constance, continuité, actions calculées et méthodiques sont la façon dont nous travaillons et continuerons de travailler. Tout en gardant cela en tête, j’aimerais remercier tous ceux qui se donnent de la peine et défendent les questions nationales avec un grand sens du devoir.

 

En conclusion, j’aimerais remercier du fond du cœur le Secrétaire général des Affaires européennes, M. Dimitris Katsoudas, qui dès le début de sa prise de fonctions, en mars dernier, a géré avec succès d’importants aspects de notre politique européenne, m’assistant ainsi dans ma mission, comme ce fut récemment le cas avec la résolution du Parlement européenne sur Skopje.

 

Et enfin, avant de quitter cette tribune, j’aimerais remercier l’ambassadeur M. Stamatopoulos, qui quitte le poste de Directeur général des Affaires européennes, pour le dévouement dont il a fait preuve pendant toutes ces années. Je lui adresse tous mes vœux de succès dans ces nouvelles fonctions, nous avons fait un travail important sur les perspectives budgétaires et récemment sur le traité constitutionnel.

 

Je vous remercie beaucoup de votre attention. Je vous souhaite d’excellents travaux de conférence.

 





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