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M. D. DROUTSAS : Tout d’abord je voudrais vous souhaiter la bienvenue. C’est avec un grand plaisir que je reçois aujourd’hui à Athènes le ministre des Affaires étrangères de la Roumanie. La Grèce et la Roumanie sont unies par des liens d’amitié, d’alliance et de coopération au sein de l’Union européenne mais aussi par des liens historiques. Je te souhaite très chaleureusement la bienvenue à Athènes, cher Teodor. 

 

S’agissant des liens historiques qui unissent nos deux pays, je voudrais souligner que la visite de M. Baconschi coïncide avec le 130e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre nos deux pays.

 

Par conséquent, nous avons non seulement abordé un grand nombre de questions, mais aussi des sujets comme  l’organisation des manifestations pour célébrer cet événement. Nous pouvons déjà vous annoncer l’organisation – entre autres – de deux expositions de documents officiels diplomatiques et historiques qui auront lieu simultanément  à Athènes et à Bucarest.

 

Nous avons également discuté d’une série de questions relatives à nos relations bilatérales, à notre coopération au sein de l’Union européenne ainsi que d’autres questions régionales vis-à-vis desquelles nos pays ont une approche commune. Pour ne pas perdre du temps, je n’évoquerai que certaines des questions qui ont été abordées.

 

Tout d’abord, il va sans dire que la Grèce et la Roumanie manifestent un intérêt marqué pour leur voisinage et notamment pour les Balkans occidentaux. J’ai eu l’occasion de décliner à M. Baconschi l’initiative de la Grèce concernant l’Agenda 2014 sur les Balkans occidentaux et à cet égard permettez-moi de dire que je me réjouis de constater que la Roumanie partage notre approche.

 

Les pays des Balkans occidentaux, comme nous l’avons, à maintes reprises, souligné, doivent entreprendre les pas nécessaires pour donner un élan à leur perspective européenne. Toutefois, nous devons dans un même temps rappeler à nos partenaires que comme les questions institutionnelles de l’Union européenne ont été réglées par le Traité de Lisbonne, nous devons de nouveau transmettre un message de courage à tous ceux qui attendent dans l’ « antichambre » de l’Union européenne.

 

En outre, nous avons discuté des projets que nous développons ensemble dans le cadre de la Coopération de la Mer Noire. Dans ce contexte, notre pays jouera un rôle de premier plan dans le secteur des transports tandis que la Roumaine dans celui de l’environnement.

 

Enfin, nous avons également abordé la coopération tripartite entre la Grèce, la Roumanie et la Bulgarie, une coopération qui jusqu’à présent a servi de soutien aux efforts de la Bulgarie et de la Roumanie d’adhérer à l’Union européenne. Maintenant que cet objectif a été réalisé, nous pensons qu’il est possible d’examiner les perspectives de notre coopération dans un plus grand nombre de domaines. Par ailleurs, je suis particulièrement heureux que la Roumanie et le ministre roumain des Affaires étrangères aient entrepris l’initiative d’organiser la prochaine rencontre entre les trois pays qui se tiendra éventuellement au cours du mois de mai.

 

Cher Teodor, je voudrais encore une fois te souhaiter la bienvenue à Athènes. J’attends avec intérêt l’approfondissement ultérieur de notre coopération.

 

M. Τ. BACONSCHI : Cher Dimitris je voudrais te remercier pour l’accueil chaleureux que m’a réservé la délégation grecque à Athènes ainsi que pour l’occasion qui m’est offerte d’engager une discussion sur des questions bilatérales, européennes, régionales et internationales.

 

Je voudrais rendre honneur à la Grèce, faire l’éloge de ce pays qui a été le berceau de la démocratie et de la philosophie. Et je pense qu’il est tout à fait normal que les Etats membres de l’Union européenne aient fait preuve de solidarité avec la Grèce, vu que nous sommes en train de traverser une période très difficile du point de vue économique ce qui a un impact négatif tant sur la Grèce que sur les autres pays.

 

C’est pourquoi nous soutenons – et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir – les efforts de la Grèce visant à l’application du Programme de stabilité de sorte qu’elle puisse faire face à ces difficultés auxquelles elle est confrontée.

 

Sur le plan économique, la Grèce est le 5ème  pays investisseur en Roumanie et nous espérons que ces investissements deviendront encore plus importants à l’avenir de sorte que notre coopération au niveau économique soit approfondie.

 

Un très grand nombre de banques grecques sont d’ores et déjà actives sur le marché du crédit de la Roumanie et j’espère que leur renforcement contribuera davantage au développement tant de la Roumanie que de la Grèce.

 

Nous avons également abordé une question d’intérêt particulier pour la sécurité énergétique de l’Europe. Nous avons de nouveau manifesté notre intérêt pour le projet Nabucco portant sur le transport des ressources énergétiques via la Roumanie ce qui ne veut en aucune manière dire que ce projet est en concurrence avec le projet South Stream. 

 

Au contraire, ces deux projets peuvent agir de manière complémentaire en vue d’assurer l’autosuffisance et l’indépendance énergétique de l’Europe. C’est pourquoi je salue la décision de la Grèce de parachever le projet de Constance déjà en cours de réalisation pour le transfert ultérieur des ressources énergétiques.

 

Nous avons également qualifié de très positive la volonté de la Grèce de signer avec la Roumanie un accord sur l’éducation et la civilisation de sorte que la communauté roumaine habitant en Grèce puisse apprendre la langue roumaine au niveau de l’enseignement secondaire et universitaire.

 

Pour ce qui est de notre coopération au niveau régional, nous avons des intérêts communs tant dans le cadre de la Coopération de la Mer Noire que dans le cadre d’autres programmes, tels que le projet du Danube et le Partenariat oriental.

 

C’est pourquoi nous considérons que notre coopération bilatérale au niveau des ministres en mai à Bucarest viendra intensifier nos efforts de sorte que les pays des Balkans occidentaux puissent bientôt procéder à leur adhésion à la famille européenne.

 

Toutefois, il est  important que ces pays remplissent les critères et les modalités relatifs à leur adhésion comme il est également important que l’année 2014 devienne pour eux une date butoir commune afin que ces pays puissent coordonner leurs efforts.

 

Je voudrais également remercier mon cher ami, le ministre adjoint des Affaires étrangères, pour sa disponibilité d’aborder des questions d’intérêt européen qui nous préoccupent et qui portent tant sur la Politique agricole commune que sur le Traité de Lisbonne ainsi que d’autres dossiers en vue de coordonner nos efforts et d’adopter des positions communes au sein de l’Union européenne dans d’autres domaines aussi, tels que la Justice et les Affaires intérieures.

 

Mais dans le cadre de l’OTAN aussi, en tant que pays alliés et vu la nouvelle structure de l’Alliance, la coopération est importante tant au niveau diplomatique qu’à celui des ministères de la Défense afin que notre coopération se traduise en actes et devienne stratégique.

 

Je m’entretiendrai bien entendu avec le Premier ministre, M. Papandréou mais j’attends déjà avec intérêt notre future rencontre avec le ministre des Affaires étrangères de la Bulgarie à Bucarest.

 

Je vous remercie encore une fois pour l’accueil chaleureux que vous m’avez réservé.

 

JOURNALISTE : Ma question porte sur Skopje : Pensez-vous que du progrès pourrait être réalisé concernant la question du nom afin que les critères fixés il y a deux ans lors de la réunion de l’OTAN à Bucarest puissent être remplis ?

 

M. Τ. BACONSCHI : Comme le ministre adjoint des Affaires étrangères m’a informé, les négociations et les efforts visant au règlement de cette question se poursuivent, et ce, toujours sous l’égide de l’ONU. La partie grecque a d’ores et déjà fait preuve de flexibilité concernant certaines questions et a fait des déclarations. Nous nous attendons maintenant à ce que l’autre partie se présente à la table de négociations et prenne une décision en vue de parvenir à une solution mutuellement acceptable à cette question.

 

En tant que pays de la même région et unis par des liens d’amitié et de coopération et tout en connaissant la légalité des arguments avancés par la partie grecque, nous attendons le règlement de cette question.

 

JOURNALISTE : Une clarification : Comment est-ce que la Roumanie aidera concrètement la Grèce du point de vue économique ?

 

M. Τ. BACONSCHI : Nous lui offrirons  un soutien politique tout en accordons une pleine confiance au Programme de Stabilité et de Développement que la Grèce a soumis à l’Union européenne. Nous serons aux côtés de la Grèce dans cet effort  tout en ayant toujours en tête que les économies des pays sont interdépendantes. L’intérêt est commun ainsi que les efforts afin que la Grèce puisse avancer et réaliser les engagements qu’elle a pris.

 




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