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Jeudi 31 août 2006

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Bonjour.

 

Dès demain, vendredi 1er septembre, notre pays exercera la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU pour la durée d’un mois.

 

La Grèce assumera cette présidence sur la base de principes bien précis et de positions fermes :

 

-      Respect du rôle central de l’Organisation des Nations Unies et du droit international dans la vie internationale.

 

-      Confiance au principe selon lequel la diplomatie est le moyen visant à résoudre les différends et à parvenir à la stabilité et à la paix.

 

En ce qui concerne le programme de la présidence grecque du Conseil de sécurité de l’ONU, le projet de programme qui a été préparé fera l’objet d’une discussion demain, vendredi 1er septembre, lors de pourparlers bilatéraux avec les 14 autres membres du Conseil de sécurité. Il devrait être adopté officiellement et formellement, mardi 5 septembre, étant donné que le lundi 4 septembre est un jour férié aux Etats-Unis.

 

La présidence grecque devra se pencher sur toute une série de questions importantes d’intérêt international :

 

A) En ce qui concerne le Liban. En vertu de la résolution 1701, le Secrétaire général de l'ONU est chargé de présenter un rapport sur l'évolution de l'application de la résolution, un mois après son adoption. Je rappelle ici, que la résolution 1701 a été adoptée le 11 août.

Par ailleurs, le Conseil de sécurité examinera le rapport trimestriel de la Commission d’enquête internationale sur les circonstances de la mort de l’ancien Premier ministre libanais, Rafik Hariri.

 

B) En ce qui concerne la question du Moyen-Orient. Selon la pratique habituelle, le Conseil de sécurité examine tous les mois la situation au Moyen-Orient et l'évolution du processus de paix. Par conséquent, une discussion sur la question du Moyen-Orient aura lieu en septembre.

 

C) En ce qui concerne le Kosovo. Le Secrétaire général présentera son rapport régulier sur la MINUK (UNMIK), la mission de l’ONU au Kosovo, au cours de la première quinzaine du mois de septembre. De ce fait, une discussion y relative aura lieu au Conseil de sécurité.

 

Par ailleurs, l’envoyé spécial pour les pourparlers sur le statut futur du Kosovo, M. Ahtisaari, informera le Conseil de sécurité de l’évolution de ces négociations.

 

D) De plus, la question du Soudan figure au premier rang des priorités à l’ordre du jour du Conseil de sécurité et le Conseil de sécurité se penchera sur ce dossier pendant le mois de septembre.

 

Ε) Enfin, conformément à la pratique suivie, la présidence grecque organise à son initiative un débat sur le thème: « Coopération des Nations Unies avec des organisations régionales pour le maintien de la paix internationale et de la sécurité ». Ce débat se déroulera le 20 septembre au niveau des ministres des Affaires étrangères et sera donc présidé par la ministre grecque des Affaires étrangères.

 

En ce qui concerne les activités du Conseil de sécurité, au cours de la semaine passée :

Le 29 août, le Secrétaire général adjoint des Affaires politiques, M. Gambari a informé les Etats membres du Conseil de sécurité des derniers développements quant à la question chypriote après sa récente visite dans la région. A l'issue de la rencontre, le Conseil de sécurité a adopté un communiqué de presse, par lequel les Etats membres :

 

Premièrement, expriment leur soutien au Secrétaire général pour les efforts permanents qu’il déploie afin de parvenir à un règlement global de la question chypriote.

 

Deuxièmement, saluent l’accord du 8 juillet qui a été conclu lors de la visite de M. Gambari dans la région.

 

Et troisièmement, demandent sans plus tarder la pleine application de cet accord du 8 juillet et appellent à l’ouverture immédiate du processus y relatif.

 

 

Dans le cadre de la présidence grecque, une exposition intitulée « éloge de l’olivier » aura lieu dans les locaux des Nations Unies à New York, du 19 septembre au 20 octobre.  Cette exposition sera inaugurée le 19 septembre à 12h30, heure locale. par la ministre des Affaires étrangères, Mme Dora Bakoyannis, le ministre de la Culture, M. Georgios Voulgarakis et le Secrétaire général des Nations Unies, M. Koffi Annan.

 

Cette exposition est organisée sous l'égide du ministère des affaires étrangères, du ministère de la culture,  du Secrétariat général à la Valorisation olympique et de la Représentation permanente de la Grèce auprès des Nations Unies.

 

Bien que l’olive et l'olivier soient étroitement liés à la Grèce ainsi qu’à la civilisation grecque et méditerranéenne, ils cessent d’être des symboles que l’on attribue seulement à la Grèce. Ce n’est pas un hasard si l’emblème des Nations Unies est représenté par deux branches d'olivier qui entourent la terre de manière protectrice. Depuis 1945, année où l’emblème de l’ONU a été utilisé pour la première fois à San Francisco, les branches d’olivier représentent l’objectif premier de l’Organisation, assurer la paix et la sécurité internationales.

 

Un bulletin de presse plus détaillé comportant d’autres éléments relatifs à cette exposition vous sera remis.

 

 

A partir du 15 septembre, la ministre des Affaires étrangères, Mme Dora Bakoyannis se trouvera à New York pour participer aux travaux de l’Assemblée générale de l’ONU mais aussi en raison des fonctions qu'assume notre pays dans le cadre de la présidence du Conseil de sécurité. Lors de son voyage aux Etats-Unis, Mme Bakoyannis effectuera également une visite à Washington, où elle aura des rencontres.

 

Plus spécifiquement : L’assemblée générale débutera le 19 septembre, avec en premier lieu les allocutions du Secrétaire général de l'ONU, du Président du Brésil et du Président des Etats-Unis.

 

La ministre des Affaires étrangères, Mme Bakoyannis, fera une allocution lors de la séance plénière de l’Assemblée générale, le 22 septembre, vers 17h45, heure locale.

 

Mercredi 20 septembre, Mme Bakoyannis présidera le Conseil de sécurité lors du débat thématique qui est organisé par la présidence et qui porte sur les organisations régionales. J’ai mentionné ce point précédemment.

 

Jeudi 21 septembre, la ministre des Affaires étrangères participera à la rencontre des Nations Unies et des Organisations régionales en sa qualité de présidente du Conseil de sécurité.

 

Pendant la durée du séjour de Mme la ministre à New York, toute une série de rencontres bilatérales sont prévues. Des détails vous seront donnés ultérieurement.

 

Par ailleurs, un nombre d’activités de « diplomatie publique » sont également prévues. Outre l’exposition que je vous ai mentionnée, des rencontres avec des médias sont prévues. Je souligne que Mme Bakoyannis donnera une conférence de presse vendredi 22 septembre, en sa qualité de ministre des Affaires étrangères du pays qui assume la présidence du Conseil de sécurité. Cette conférence de presse aura lieu au siège des Nations Unies.

 

Dans ce contexte, une rencontre de la ministre des Affaires étrangères, Mme Bakoyannis avec le journal historique de la communauté grecque aux Etats-Unis « Ethnikos Kyrikas » est prévue. Enfin, des rencontres de Mme Bakoyannis avec des Instituts de Relations internationales et de Politique étrangères - où Mme la ministre fera une allocution - sont également prévues.

 

En ce qui concerne la visite de la ministre à Washington. Mme Bakoyannis sera à Washington, du mardi 26 septembre au mercredi 27 septembre inclus. Mme Bakoyannis aura des rencontres avec le Conseiller de Sécurité nationale, M. Stephen Hadley ainsi que le ministre de l’Energie des Etats-Unis, M. Samel Bodman. Ces deux rencontres auront lieu le 27 septembre.

 

Le nouveau bâtiment de l’ambassade de Grèce à Washington sera inauguré le mardi 26 septembre.

 

Par ailleurs, pendant son séjour à Washington, Mme Bakoyannis fera une allocution au Centre des Etudes stratégiques et internationales sur le thème du rôle de la Grèce en Europe du Sud-Est et une allocution à l’Université Georgetown sur le thème de l’évolution des relations euro-américaines. Une cérémonie d’inauguration pour la chaire Tsakopoulos-Kounalakis d'études de grec moderne est également prévue à l’Université Georgetown.

 

Voilà en ce qui concerne les principaux points du programme de Mme la ministre à New York et à Washington. J’aimerais ajouter que pendant la durée des travaux de l’Assemblée générale, un groupe de députés du parlement hellénique se rendra également à New York.

 

 

En ce qui concerne le Conseil informel des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne - Gymnich, qui se tient les 1 et 2 septembre à Lappeenranta, en Finlande, les thèmes abordés sont les suivants:

 

-Moyen-Orient : Une discussion sur l’état des relations entre Israël et le Liban et entre Israël et la Palestine est prévue. Dans le cadre de cette discussion, le rôle et les capacités de la présence européenne dans la région  feront l’objet d’une évaluation.

 

- Lors de la séance de vendredi après-midi, une discussion aura lieu sur l'avenir du processus de paix au Moyen-Orient. Les objectifs de la présidence sont : a) effectuer une évaluation globale de la situation actuelle, b) examiner la façon de revenir sur la mise en œuvre de la feuille de route, et c) examiner dans quelle mesure la feuille de route doit nécessairement être mise à jour.

- Samedi 2 septembre, le Secrétaire général et Haut Représentant pour la Politique étrangère, M. Solana fera une évaluation des derniers développements relatifs au programme nucléaire de l’Iran lors d’une réunion d'information.

 

Le deuxième thème des travaux de samedi porte sur l’évaluation de l’évolution des relations Russie - Union européenne et la recherche des moyens appropriés en vue de renforcer cette coopération. Par ailleurs, la question du nouveau cadre juridique de la coopération Union européenne – Russie sera soulevée, en vue de la Conférence Union européenne – Russie qui se tiendra le 24 novembre à Helsinki.

 

 

Aujourd’hui, jeudi 31 août a lieu la Conférence de Stockholm pour la reconstruction du Liban. La Conférence de Stockholm inaugure en réalité la deuxième phase d'aide accordée au Liban, après l’aide humanitaire d’urgence qui a été fournie et avant que la phase de reconstruction ne débute.

 

Vendredi 1er septembre aura lieu en Suède la conférence internationale des pays donateurs pour les territoires palestiniens.

 

Lors de ces deux conférences internationales, notre pays sera représenté par le Secrétaire général des Relations économiques internationales et de la Coopération au Développement, M. Théodoros Skilakakis.

 

 

En ce qui concerne le programme de la ministre des Affaires étrangères pendant la période jusqu'au 8 septembre. Comme vous le savez, Mme Bakoyannis rencontrera aujourd’hui à 12h00 au ministère des affaires étrangères l’envoyé spécial du gouvernement iranien.

 

Le 4  septembre aura lieu une rencontre bilatérale entre Mme Bakoyannis et son homologue de la Corée du Sud.

 

Le même jour, Mme la ministre participera aux rencontres qui auront lieu, à l’occasion de la visite en Grèce du Président de la Russie, M. Poutine.

 

Le 5 septembre, Mme Bakoyannis rencontrera le candidat thaïlandais au poste de Secrétaire général de l'ONU, M. Sathirathai.

 

Le mercredi 6 septembre aura lieu la cérémonie de prestation de serment des nouveaux attachés d'ambassade.

 

Le 7 septembre, le ministre hollandais des Affaires étrangères, M. Bot effectuera une visite de travail dans notre pays. M. Bot arrivera à Athènes depuis Nicosie, où il aura effectué une visite au préalable.

 

 

En ce qui concerne le programme des ministres adjoints des Affaires étrangères :

 

Mardi 5 septembre à 19h00, le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Valinakis fera une allocution d’ouverture lors d’un débat public intitulé « Grèce – Turquie et Union européenne », organisé par ELIAMEP et qui se déroulera à l’amphithéâtre du Megaron Karatzas dans le nouveau bâtiment de la Banque nationale de Grèce.

 

Mercredi 6 septembre à 15h00, M. Valinakis rencontrera au ministère des Affaires étrangères l’envoyé spécial du président du Venezuela et ministre de l’Education, M. Samuel Moncada, qui, dans le cadre de sa tournée des pays européens, remet une lettre relative à la candidature de son pays au Conseil de sécurité de l’ONU.

 

Comme vous le savez, le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Kassimis se trouve depuis mardi 29 août en Australie. Il visitera les principaux centres de la communauté grecque du pays ainsi que  les chaires universitaires d’études grecques et signera des accords cadre visant à promouvoir l’enseignement de la langue grecque.

 

Enfin, du 4 au 7 septembre, le Directeur de la direction A3, l’ambassadeur M. Christidis, effectuera une visite à Washington, où il aura des entretiens avec la sous-secrétaire d’Etat américaine pour l’Europe centrale et orientale, Mme  Rosemary di Carlo, suite à l’invitation de cette dernière.

 

Ces entretiens porteront sur des questions relatives à l’évolution du processus de négociation sur le futur statut du Kosovo, ainsi que sur des questions concernant la région, comme les élections imminentes au Monténégro et en Bosnie – Herzégovine, les derniers développements en Serbie, dans l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine et, de manière générale, dans la région élargie des Balkans occidentaux.

 

Pendant son séjour à Washington, l’ambassadeur M. Christidis aura des rencontres avec le représentant spécial des Etats-Unis dans les pourparlers pour le Kosovo, l’ambassadeur M. Frank Wisner, avec des représentants du ministère des affaires étrangères, dont le sous-secrétaire d’Etat américain, M. Matthew Bryza, avec des représentants du ministère de la défense nationale, du Conseil national de la Sécurité, du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et d’Organisations non gouvernementales.

 

Vos questions s’il vous plait.

 

 

 

JOURNALISTE : (Parle hors micro)  Du point de vue diplomatique et politique.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Cela concerne les rencontres du Premier ministre et je n'ai pas de plus amples informations sur le programme de la visite ici à Athènes du Président russe.

 

La seule chose que je peux vous dire au sujet de cette visite est que l’accent devrait être mis sur le domaine de l’énergie. D'ailleurs la Grèce et la Russie entretiennent d’excellentes relations bilatérales aussi bien sur le plan économique que politique.

 

En ce qui concerne le domaine économique notamment, je tiens à souligner que le commerce bilatéral progresse à une vitesse vertigineuse. Le volume du commerce bilatéral entre la Grèce et la Russie a augmenté de 47% entre 2004 et 2005. En 2006, le volume total devrait dépasser 4 milliards de dollars.

 

JOURNALISTE :  La ministre des Affaires étrangères a fait une déclaration - réponse aux représentants de l'ARYM, qui ont affirmé que les discussions au sein de l’ONU concernent l’accord convenu entre les deux pays quant au nom et non l’appellation internationale.  Un commentaire à ce sujet s’il vous plaît.

M. G. KOUMOUTSAKOS : Il est évident que ces pourparlers qui durent depuis des années, concernent le règlement de la question du nom dans sa dimension internationale, question demeurée en suspens.

En ce qui concerne la déclaration de Mme la ministre. Ces déclarations ont effectivement été faites par des hauts fonctionnaires du pays voisin et cela s’est produit au tout début de la constitution du nouveau gouvernement. Mais étant donné que nos relations bilatérales sont bonnes à tous les autres niveaux, le message est bien clair: «les bons comptes font les bons amis».

 

Je voudrais également me référer à une information qui a été rendue publique. Un grand nombre de parlementaires américains – au nombre de 77 jusqu’à aujourd’hui- du parti démocratique et républicain a signé et a soumis à la Chambre des représentants un projet de résolution dans lequel ils font part de la volonté de la Chambre que l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine cesse de mener une propagande négative et nationaliste et coopère avec l’Organisation des Nations Unies afin de trouver une appellation internationale officielle pour l’ARYM qui sera mutuellement acceptée.

 

JOURNALISTE : Est-ce qu'à votre opinion l'accord intermédiaire empêche et interdit à Skopje de soulever la question de changement du nom avec lequel il a été admis aux Nations Unies par le biais de l'Assemblée générale. Et ma deuxième question: partagez-vous l'opinion du nouveau ministre des Affaires étrangères du pays selon lequel il existe en Grèce une « minorité macédonienne » dont la position a été améliorée, bien qu’il reste encore beaucoup à faire.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je commence par la deuxième question. Tout gouvernement grec, quel qu'il soit, aspire à améliorer en permanence le niveau de vie de ses citoyens. Il a maintes fois été répondu aux allégations faisant état d'une «minorité macédonienne». Il existe une minorité dans notre pays: la minorité musulmane de Thrace.

 

En ce qui concerne votre première question, à savoir quelles actions entend entreprendre le gouvernement de Skopje s'agissant de cette question demeurée en suspens, cela relève de son domaine de responsabilité. Je n’entrerais pas dans une discussion concernant les actions ou les intentions du gouvernement du pays voisin.

 

Etant donné que l’Accord intermédiaire est très clair sur toute une série de points, à savoir la responsabilité et l'engagement du pays voisin de ne pas mener et de décourager la propagande irrédentiste et de poursuivre les négociations afin de trouver une solution mutuellement acceptable.

 

Seuls des négociations réussies, en trouvant une solution mutuellement acceptable, pourront avoir un effet positif sur le développement ultérieur de nos relations. En outre, elles seront un facteur de stabilité dans la région.

 

JOURNALISTE : En ce qui concerne cette question. Est-ce que la ministre des Affaires étrangères - puisque vous avez dit que nos relations étaient bonnes à tous les autres niveaux, à l'exception de la question du nom – a reçu des propositions ou bien envisage de prendre des initiatives portant sur une rencontre bilatérale avec le gouvernement de Skopje et son nouveau homologue afin de résoudre cette question demeurée en suspens. Le second volet de cette question, si vous me le permettez, en vue de la Conférence au sommet de l’OTAN qui est prévue de se dérouler à Riga. Skopje a soumis sa candidature et un débat est lancé quant à savoir si le statut de pays candidat lui sera accordé ou bien si quelque chose est susceptible de se produire quant à la procédure d’adhésion de l’ARYM à l’OTAN. Lors du sommet, allons-nous apporter notre approbation ou bien exercer notre droit de veto, suite à la déclaration de la ministre.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La déclaration de la ministre était très claire. Elle a parlé de la position qu'adopterait le parlement hellénique, quelle que soit sa formation, pour ce qui est de l'adhésion du pays voisin aux organisations internationales, si la question du nom demeurait entre-temps irrésolue. Il s’agit d’une position claire et réaliste. Cela dit, la façon dont la politique étrangère grecque réagira dans l’intervalle, sera jugée en son temps. En vue de la discussion au sein de l’OTAN, dont vous avez parlé, cela sera jugé le moment venu.

 

JOURNALISTE : Pour être absolument clair, quelle est notre position ? Est-elle que si la question du nom n’est pas réglée, la Grèce n’a pas l’intention de ratifier ou d’accepter l’adhésion de Skopje à une organisation internationale ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La position grecque s'articule autour de deux axes ; elle se reflète dans la position que nous avons adoptée pour ce qui est du parcours européen du pays voisin et les textes qui ont été adoptés par l’UE. Il existe deux voies. La première est le nom Ancienne République Yougoslave de Macédoine avec lequel le pays voisin peut poursuivre son parcours vers les institutions euro-atlantiques. La seconde est d’ « avancer » avec un nom mutuellement acceptable. Il n’existe pas d’autre alternative.

 

JOURNALISTE : (parle hors micro) C'est-à-dire qu'elle peut avoir un parcours européen au sein de l'UE...

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Avec l’appellation Ancienne République Yougoslave de Macédoine, elle peut avancer, comme elle le fait maintenant.

 

JOURNALISTE : Le ministre chypriote des Affaires étrangère a récemment déclaré qu’aucun chapitre relatif à l’adhésion de la Turquie ne se fermerait ou ne s’ouvrirait si cette dernière n’applique pas l’Union douanière. Je voulais savoir si cette position est également celle du ministère grec des affaires étrangères.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La position du ministère grec des Affaires étrangères est que la Turquie doit s’acquitter pleinement de ses obligations. Parmi ces obligations, la question de l'Union douanière figure en tête de liste, à savoir l’ouverture des ports turcs aux bateaux chypriotes et bien entendu le décollage et l’atterrissage d'avions chypriotes dans les aéroports turcs.

 

La voie la plus sûre en vue d'un parcours sans heurts de la Turquie vers l'adhésion est que cette dernière s’acquitte de ses obligations. Nicosie et Athènes se trouvent en contact permanent et coopèrent étroitement en ce qui concerne ces questions.

 

JOURNALISTE : Que pense le ministère grec des Affaires étrangères de la remise du prix de Formule 1 à Istanbul par M. Talat ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Les bulles médiatiques ne changent, ni n'altèrent la réalité et la légitimité internationales.

 

JOURNALISTE : Quelle sera la contribution de la Grèce à la Conférence des pays donateurS pour la Palestine et le Liban ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Dans ces deux cas, je pense que la sensibilité dont a fait preuve notre pays en menant des actions concrètes est bien connue.

 

JOURNALISTE : Connaissez-vous le montant? Pouvez-vous nous le dire?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Ces points seront annoncés par M. Skylakakis qui participe à la conférence internationale. Je ne peux m'exprimer à l'avance sur des décisions qui seront prises.

 

Quoi qu’il en soit, je tiens à être clair sur une chose : notre pays a toujours eu et aura toujours une présence active dans la fourniture de l’aide humanitaire et le soutien des Palestiniens, ainsi que dans les efforts de reconstruction du Liban.

 

JOURNALISTE : Je voulais une précision. Vous avez parlé de la visite de M. Poutine à Athènes. Si je comprends bien, les entretiens porteront essentiellement, au niveau trilatéral, sur la question de l'oléoduc de Burgas - Alexandroupolis. Qu’attends la Grèce de la visite de deux jours de Poutine à Athènes ? Merci.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : En répondant tout à l’heure à votre confrère, j’ai dit        que cette visite s’inscrit dans le cadre des rencontres de M. le Premier ministre. Je ne voudrais pas entrer dans de plus amples détails pour ce qui est de cette visite.

 

De manière générale, je pourrais vous dire que la Grèce, tout au long de cette période, a montré combien elle attachait de l’importance au progrès essentiel et efficace de ce travail, dont la conception et les premières actions remontent au passé.

 

JOURNALISTE: Monsieur le porte-parole, l’ex-ministre des Affaires étrangères, M. Molyviatis a officiellement déclaré qu’un Etat portant le nom de « Macédoine » ne pourra devenir membre de l’OTAN ou de l’UE. En outre, Mme Bakoyannis a déclaré hier que l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine ne deviendra pas membre de l’OTAN ou de l’UE, si la question du nom n’est pas réglée. A votre opinion, ces deux déclarations sont-elles identiques, divergentes ou convergentes ?

   

M. G. KOUMOUTSAKOS: Elles sont absolument identiques, dans le sens où pour résoudre la question du nom, une convergence entre les volontés des deux parties est nécessaire. Par conséquent, telle est aussi la volonté de la Grèce. Le nom « Macédoine » ne peut constituer une solution.

 

JOURNALISTE: Mme Bakoyannis affirme qu’aucun parlement, quelle que soit sa formation, ne décidera de ratifier l’adhésion du pays voisin, si la question du nom n’est pas préalablement réglée. Pensez-vous que le parlement hellénique pourrait ratifier l’adhésion d’un pays appelé « Macédoine » comme  l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: La déclaration de la ministre est bien claire. Laissons de côté les théories.

 

JOURNALISTE: Mais, vous avez dit tout à l’heure que…

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Skopje entretient des relations avec l’Union européenne sous le nom d’« Ancienne République Yougoslave de Macédoine » et il est bien entendu inutile de rappeler que la déclaration de la ministre des Affaires étrangères est valable.

 

JOURNALISTE: Passons maintenant à un autre sujet. Savons-nous quand la frégate arrivera au Liban ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Juste un commentaire. On attend l’évaluation de tous les aspects opérationnels, ainsi que les aspects plus spécifiques de la mission. De manière générale, nous pouvons dire que la contribution hellénique pourrait se développer durant les 10 premiers jours de septembre. Bien entendu cette question relève de la compétence du ministère de la Défense nationale.

 

JOURNALISTE: Cette frégate…

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Je n’ai pas d’autres informations plus détaillées.

 

JOURNALISTE: Je ne veux pas des détails techniques. Mais comme vous comprenez, nous envoyons des forces à l’étranger et par la suite nous avons du mal à les faire revenir. Par exemple, je ne sais pas combien d’années se sont écoulées depuis le déploiement de nos forces en Afghanistan. De plus, nos forces se trouvent à Chypre depuis 1964. Est-ce que la frégate se rendra au Liban et y restera pendant une période bien précise ou non ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Il existe un mandat dans le cadre de l’application de la résolution 1701. L’objectif de la force internationale est de mener à bien sa mission. La contribution grecque a été annoncée. Cela dit, telles sont les informations disponibles. Je ne peux pas vous donner une date limite. Je n’ai pas en ce moment d’informations de ce genre et cela ne relève d’ailleurs pas de ma responsabilité.

 

JOURNALISTE: Est-ce que la présidence hellénique se penchera sur la question du programme nucléaire iranien?  La marge de manœuvre pour aboutir à un accord, quel qu’il soit, est très réduite en raison de l’ultimatum qui expire aujourd’hui.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Aujourd’hui sera soumis le rapport de M. Elbaradei. Il est donc normal que cette question soit abordée au Conseil de sécurité. J’en resterais là.

 

En ce qui concerne la position grecque : la Grèce a ratifié le Traité de non-proliferation des armes nucléaires depuis 1970, traité dont elle est signataire, et de ce fait soutient sa pleine et entière application.

 

Au même titre, nous pensons que la diplomatie peut apporter des solutions aux problèmes.

 

Une proposition présentant de nombreux points positifs a été faite à l’Iran. Nous pensons que l’Iran doit valoriser et évaluer les éléments positifs et attrayants à la fois de la proposition qui lui a été soumise. 

L’Iran a donné une réponse, qui, comme vous le savez, n’a pas été jugée satisfaisante. Des précisions supplémentaires sont nécessaires.

Cela dit, je vous ai dit que la position principale de la Grèce est qu’il est impératif de respecter le Traité de non-prolifération. Au même titre, nous pensons que la diplomaite est le moyen qui peut apporter des solutions aux problèmes internationaux.

 

JOURNALISTE: La Grèce est-elle donc contre l’imposition de sanctions à l’Iran au cas où une décision est prise dans ce sens ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Nous n’en sommes pas là. En ce moment il n’ y a pas de discussions formelles sur l’imposition de sanctions. Par conséquent, nous n’en sommes pas là.

 

JOURNALISTE: Monsieur le porte-parole, il y a un an et demi, M. Malias, alors Directeur de la Direction A3, s’était rendu aux Etats-Unis dans le cadre d’une série de contacts. A son retour, l’ARYM a été reconnue sous le nom de « République de Macédoine » et il y a eu aussi un autre changement que j’ai pu constater, quant à la position sur le Kosovo.

Attendez-vous une nouvelle évolution de la visite de M. Christidis ? Et à propos, quelle est la position qui sera transmise par M. Christidis quant au Kosovo ? Car le ministère des Affaires étrangères n’a pas condamné les événements récents, ni ne s’est exprimé sur la déclaration de M. Ahtisaari qui a en effet fait état d’une punition collective d’un peuple, de responsabilités de son gouvernement.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Comme vous le savez, j’évite de juger le contenu des questions. Toutefois, je constate que cette question présente un certain manque de cohérence.

 

En ce qui concerne la dernière question, nous avons en effet la déclaration de M. Ahtisaari. Le représentant des Nations Unies s’est exprimé là-dessus en affirmant que M. Ahtisaari n’est pas en dehors du mandat qui lui a été assigné par l’Organisation des Nations Unies.

 

Cela dit, tous les peuples du monde, voire tous les peuples de la région, ont vécu des moments difficiles dans leur histoire. Quoi qu’il en soit, le passé ne peut et ne doit pas constituer un obstacle pour l’avenir.

 

Merci.





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