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Athènes, le 30 juin 2009

 

 

Monsieur le Président du Parlement européen

Monsieur le Président du Groupe du Parti populaire européen,

Chers confrères,

et bien entendu chers membres du Parlement européen

 

Je suis très heureuse de me trouver ici aujourd’hui. Nous tous, au sein de la Nouvelle Démocratie apprécions les moments que nous passons au sein de la famille politique européenne.

 

J’aimerais tout particulièrement souhaiter la bienvenue aux nouveaux membres du Parlement européen et féliciter la direction et le secrétariat du Parti populaire européen pour sa campagne réussie aux élections européennes de cette année.

 

Le Parti populaire européen est le plus grand et le plus puissant des groupes politiques du Parlement européen. Toutefois, l'influence accrue va de pair avec des responsabilités accrues vis-à-vis de tous les citoyens de l'Union européenne.


Notre rencontre d’aujourd’hui se déroule dans une conjoncture intéressante pour l'Europe.  Nous venons tout juste de sortir d’un processus électoral pour la valorisation du parlement européen qui a marqué la fin d’une période mouvementée. Le rude hiver qui vient de se terminer a fortement affecté nos économies en raison de la crise financière mondiale. Dans le même temps, nous nous trouvons confrontés à une pléthore de défis sociaux, politiques et environnementaux, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du Vieux Continent.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Le séminaire «Study Days» organisé par le Parti populaire européen est un outil précieux permettant aux députés européens d'apprendre et de rechercher les moyens visant à donner une impulsion à l'agenda du parti. Il constitue également une occasion particulière de s'interroger sur la situation actuelle et future.

 

A mon sens, nous devons commencer par le message des élections européennes.

 

Essayer d’interpréter les résultats est souvent une tâche risquée car ceux-ci sont influencés par une myriade de facteurs nationaux, une sorte de «message européen».-  

 

Toutefois, je dirais que nous pouvons tous, dans une moindre mesure, nous accorder sur le fait que la faible participation aux élections européennes atteste du fait qu’il reste encore beaucoup à faire, notamment pour réduire l’écart entre Bruxelles et les Etats membres.

 

A cet égard, le Parlement européen peut jouer un rôle catalyseur dans tous nos efforts.   

 

Nous sommes porteurs de bonnes nouvelles. Tous les sondages révèlent que l’Europe moyen considère toujours l’Union européenne comme un projet politique très réussi. Tel est le message que nous envoyons aux Eurosceptiques, quel que soit l'endroit où ils se trouvent.  En outre, les réussites de l’Europe font partie intégrante de notre quotidien, au point de pouvoir difficilement s’imaginer notre continent différemment. Le nombre des pays attendant dans l’antichambre de l’Union en est une preuve supplémentaire.

 

Même dans les moments les plus difficiles, l’Europe demeure attrayante et notre Union s'avère être une réussite dans son ensemble.

 

Mais – il y a toujours un «mais» – nous avons souvent failli à communiquer efficacement avec nos citoyens.

 

La crise économique redessine notre paysage politique. Les « plaques tectoniques » de notre dialogue politique ont bougé et si nous ne voulons nous retrouver piégés dans une faille, nous devrons nous adapter.

 

Pour ce faire, nous devons nous axer sur deux lignes directrices :

 

Première, nous devons définir des priorités claires et largement reconnues. Nous, politiques, avons une responsabilité particulière, celle de parler et d’agir ouvertement et honnêtement pour ce qui est de tous les aspects de la politique. Nos sociétés attendent des propositions précises et tangibles, qui pourront être à l’origine de politiques et produire des résultats pour leur quotidien. Nos citoyens attendent de voir des actions et non des paroles chaleureuses et confuses.

 

Deuxièmement, nous devons abandonner la langue de bois, la langue « bureaucratique » qui nous éloigne de notre public, ce que l’on appelle « le jargon européen», qui est considéré comme la langue de l'élite des technocrates de Bruxelles. Le changement de langue est synonyme de retour aux sources et de transmettre le message de l'Europe dans chaque ville, quartier et rue. Le Parti populaire européen sait comment y parvenir et comment parler clairement aux Européens. Cela s'est reflété dans les résultats électoraux, qui pour la troisième fois, font apparaître le Parti populaire européen comme la force motrice du Parlement européen.

 

Après ces quelques observations introductives, j'aimerais maintenant me référer aux justes choix du Parti populaire européen concernant le séminaire « Study days ».

 

Les questions sélectionnées répondent d’ailleurs aux importants défis auxquels l’Europe est confrontée.

 

J’aimerais revenir à la crise et aux perspectives de reprise économique.

 

Un nouvel environnement vient se créer au niveau mondial et l'Europe est invitée à jouer un rôle de leader dans ce processus. La crise implique une action claire, rapide et décisive. Nous avons été témoins d’importantes initiatives axées sur la réforme et la restructuration des marchés financiers mondiaux. Sous cet angle, la révision du cadre communautaire de surveillance des services financiers visant à la création d'un nouveau système permettant d'éviter le risque de crises financières futures revêt une importance de primordiale.

 

Il reste toutefois encore beaucoup à faire. En effet, pour pouvoir transformer la crise en opportunité, il faut s’attaquer au cœur du problème. Il faut réexaminer les points faibles et les points forts de notre modèle économique et social. Il nous a servi magistralement pendant plusieurs décennies, mais a probablement atteint un point de tensions majeures. Le congrès du Parti populaire européen a déclaré dans son message extraordinaire, adopté à Varsovie que « les résultats positifs de l’économie sociale du marché ont montré qu’un système de marché socialement responsable et durable peut apporter de la prospérité pour tous». Les mesures proposées par le Parti populaire européen étaient justes puisqu’elles entendent rétablir la confiance et le développement et créer de nouveaux emplois parallèlement à la « réparation » du système financier, au renforcement des mesures législatives et règlementaires et à la création d'une économie à la fois participative, verte, durable et compétitive.  Ces propositions prouvent bien que nous avons les bonnes ressources, les compétences et la volonté de saisir l’occasion qui se présente à nous.

 

Il convient d’avouer que le public attend toujours de l’Etat de transformer la crise économique, au moyen de politiques bien précises et, comme cela ressort des résultats électoraux dans toute l'Europe, il ne veut ni politique protectionniste, ni ne rejette l'économie de marché. Il convient de le souligner. L’heure n’est pas venue de renoncer à nos principes et à nos croyances. Lorsque confrontées à des problèmes, nos sociétés se tournent instinctivement vers les idéaux européens de la solidarité, de la responsabilité et de l’humanisme, en tant que garanties de progrès et de sécurité. Dans notre famille politique, nous tenons sérieusement compte des capacités de chaque citoyen européen. Les économies et les sociétés ne sont florissantes que si les conditions de liberté sont réunies.

 

Nos citoyens ne comptent pas sur nous remettre sur pieds nos économies seulement. Ils attendent de nous de raviver leur confiance et de donner un nouveau pouvoir à nos sociétés. L’Europe est dotée d’un modèle social réussi qui veille sur ses citoyens en récompensant les prises d'initiatives. Il faudra se concentrer sur la participation active des citoyens au cœur de la société civile. Aristote n'a-t-il d'ailleurs pas dit que la ville est à l'image de ses citoyens.

 

Mesdames et Messieurs,

 

L’humanisme implique de veiller sur ceux qui sont dans le besoin. A ce stade, j’aimerais souligner l’importance de la question de l’immigration clandestine. Indéniablement, la Grèce est confrontée à de grandes pressions migratoires, qui arrivent par voie terrestre ou maritime, en raison de sa position géographique aux frontières extérieures de l’Union européenne et de sa proximité avec les pays d’origine et de transit des immigrés clandestins.

 

La lutte contre l’immigration clandestine nécessite des coopérations européennes. La Grèce pense que l’immigration clandestine et la nécessité de coopération en vue de lutter contre ce problème, tant avec les pays d’origine, que de transit, doit faire partie de la politique extérieure communautaire.

 

Des spécifiques sont nécessaires :

 

Les Etats membres doivent élaborer un système de distribution des charges.

Le service Frontex doit être revalorisé. Il devra effectuer régulièrement des opérations conjointes.

Il faudra que l’on ait des services spécialisés de la FRONTEX, dont un en Grèce pour les frontières maritimes méridionales de notre pays.

Le Règlement Dublin ΙΙ devra être révisé.

 

J’aimerais passer un message politique clair. L’immigration clandestine n’est pas un problème qui influence seulement le Sud ou la Méditerranée, qui est la première escale des immigrés avant de transiter vers le reste de l’Europe. Il s’agit d’un problème par excellence européen qui nécessite une solution européenne. La solidarité entre les Etats membres est une nécessité impérieuse, et ce, en vue de relever de façon efficace ce défi européen commun. Il aurait été illusoire de penser que tout pays, quel qu’il soit, peut soulever ce fardeau tout seul ou en ignorer les conséquences pendant longtemps. 

 

Tel est le sens de l’Europe: être uni face à l’adversité.

 

Le changement climatique est l’un des exemples les plus probants de la coopération européenne.

 

Les problèmes mondiaux nécessitent des solutions mondiales. Et cela devient plus manifeste dans le cadre de la discussion sur le changement climatique. Cela demeure un problème crucial, tant pour notre agenda environnemental que politique. Cela est lié à l’avenir proche de notre planète, à l’énergie que nous consommons, à notre santé et sécurité, aux conditions de vie de milliards de personnes dans le monde.

 

Nous sommes un petit pays aux capacités économiques limitées. Néanmoins, nous avons pris un grand nombre d’initiatives pour lutter contre le changement climatique. Il y a un and, dans le cadre de notre présidence du Réseau de sécurité humaine, nous avons accueilli le premier congrès mondial sur le changement climatique et la sécurité humaine. Notre objectif était d’attirer l’attention de tous sur le lien étroit entre changement climatique et groupes de populations vulnérables.

 

La Grèce a également entrepris des initiatives portant sur l'impact du changement climatique et la lutte contre les conséquences du changement climatique. Tout naturellement, c'est un grand honneur pour nous de constater que l’Europe se trouve aux premières loges de la discussion.  L’Europe – j’oserais même dire le Parti populaire européen – établissent l’ordre du jour, ce qui n’est pas négligeable. Ce genre de politiques rapproche l’Union européenne de ses citoyens. Forte de ses actions, L’Union doit regagner la confiance de ses citoyens.

 

Mesdames et Messieurs,


En conclusion, je dirais que nous sommes confrontés à une réalité difficile, tant sur le plan politique qu’économique. Mais nous ce n’est qu’en surmontant les plus grands dangers que nous aurons la plus grande gloire.

 

Nos citoyens se tournent vers le Parti populaire européen et nous demandent de leur fournir des solutions à la fois claires, tangibles et visibles pour relever les défis affectant le vieux continent. Nous voulons plus et non moins d’Europe.

 

Ils veulent de la clarté, de la cohésion et de la solidarité. Ils veulent plus d’Europe. Une meilleure Europe et une meilleure gouvernance européenne.


Tel est le message que je peux entendre, quel que soit l’endroit où je me trouve. La soi-disant apathie du corps électoral est le résultat d’une mauvaise communication de tout ce que l’Union européenne réussit au quotidien, pour chaque Européen au niveau local. Dans notre voisinage. Dans nos rues. Le Parti populaire européenne est certes le parti des peuples.

 

Il nous appartient, il appartient à chaque député, à chaque membre du Parti populaire européen et à chaque politique de montrer aux Européens tout ce que nous pourrons faire ces cinq prochaines années.

 

Nous connaissons les questions qui préoccupent nos peuples. Il nous appartient de montre non seulement à ceux qui ont voté, mais aussi à ceux qui se sont abstenus que nous avons reçu le message des élections européennes.

 

Je vous remercie beaucoup de votre attention et vous souhaite une bonne continuation dans vos travaux.

 




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