H Γαλλική Προεδρία της Ευρωπαϊκής Ένωσης απέναντι στις προκλήσεις της Ευρώπης
Κυρία Υπουργέ,
Κυρίες και Κύριοι,
Είναι ιδιαίτερη χαρά και τιμή για μένα η πρόσκληση που μου απευθύνατε να μιλήσω σήμερα σε εσάς, στο πλαίσιο του « Ambassadors’ Forum » που διοργανώνει το Υπουργείο Εξωτερικών.
Η Γαλλία, το γνωρίζετε, έχει αναλάβει, από την πρώτη (1η) Ιουλίου, την Προεδρία της Ευρωπαϊκής Ένωσης. Αυτή η γαλλική Προεδρία, η δωδέκατη (12) από την αρχή της ευρωπαϊκής οικοδόμησης, πρέπει, κατά τα λεγόμενα του Προέδρου Sarkozy, να σημαδέψει « την επιστροφή της Γαλλίας στην Ευρώπη ».
Συνέπεσε όμως με μια περίοδο πολλών προκλήσεων .
Εξωτερικές προκλήσεις, κατ’αρχάς : η χρηματο-οικονομική κρίση, η αύξηση των τιμών των καυσίμων και των ειδών διατροφής. Αλλά επίσης, μακροπρόθεσμα, η κλιματική αλλαγή, η ασφάλεια σε όλες της τις διαστάσεις, ή ακόμα η ενδυνάμωση των μεγάλων αναδυόμενων χωρών όπως η Κίνα, η Ινδία, η Βραζιλία ή η Ρωσία.
Απέναντι σε όλες αυτές τις αβεβαιότητες, έχουμε επίσης και μιαν εσωτερική πρόκληση, ίσως σημαντικότερη για εμάς : την κρίση εμπιστοσύνης απέναντι στην Ευρώπη. Πίσω από την θεσμική αβεβαιότητα βρίσκεται αυτή η βαθιά αμφιβολία που ανέδειξε το ιρλανδικό όχι πριν από μερικές εβδομάδες, όπως είχε ήδη συμβεί με το γαλλικό και το ολλανδικό όχι το 2005. Την αμφιβολία πρέπει να καταπολεμήσουμε πρώτα απ’ όλα. Το χειρότερο θα ήταν να πράξουμε σαν να μην συνέβαινε τίποτα.
Σ’ένα τέτοιο περιβάλλον, ποια είναι η απάντηση ;
Η Γαλλία επιθυμεί τώρα περισσότερο παρά ποτέ να εργαστεί για την ανάδυση μιας Ευρώπης η οποία θα παίζει απόλυτα τον ρόλο της σε παγκόσμια κλίμακα, σε πολιτικό, οικονομικό και πολιτιστικό επίπεδο. Επιθυμεί να το κάνει με αντικειμενικότητα, αμεροληψία και μαζί με το σύνολο των εταίρων της. Και γνωρίζει ειδικότερα ό,τι η Ελλάδα μοιράζεται μαζί της την φιλοδοξία αυτή για την Ευρώπη και ότι μπορεί να βασίζεται στην Ελλάδα, όπως η Ελλάδα μπορεί να βασίζεται σε εκείνη.
Η Γαλλική Προεδρία της Ευρωπαϊκής Ένωσης στοχεύει λοιπόν στην παροχή συγκεκριμένων και συλλογικών απαντήσεων κατά τη διάρκεια των έξι προσεχών μηνών.
Νομίζω ότι μπορούμε να τις ομαδοποιήσουμε γύρω από τρεις λέξεις κλειδιά : ρεαλισμός, συλλογικότητα, απαντήσεις στα ερωτήματα των πολιτών.
1/ Premièrement : être réaliste
On ne règle pas tous les problèmes en un semestre. D’abord, parce que beaucoup de sujets demandent des réponses de long terme. Ensuite, parce que l’agenda européen s’impose à tous et que nous le respecterons. La France le sait et nous devons, de ce point de vue, savoir nous montrer modestes.
Mais cette modestie dans la méthode doit s’accompagner d’une ambition dans la vision : il faut donner un nouvel élan. C’est ce que nous devons faire lorsque nous réfléchissons aux institutions, c’est aussi ce que nous devons faire lorsque nous donnerons une importance particulière à la culture et à tous les débats sur l’Europe. C’est en faisant connaître l’Europe, en montrant ses atouts, ses acquis, que nous réconcilierons les Européens avec ce projet qui n’a pas d’égal. C’est tout le sens des nombreuses manifestations culturelles que nous organisons en Europe et aussi en Grèce.
2/ Deuxième mot-clé : jouer collectif
Aucun pays membre ne peut plus aujourd’hui agir seul s’il veut peser sur la scène internationale. L’Europe est donc une nécessité vitale qu’il s’agisse d’un pays comme la France avec ses 60 millions d’habitants, d’un pays comme la Grèce avec ses 11 millions d’ habitants ou même d’un pays comme l’Allemagne forte de ses 80 millions d’habitants. Ce constat implique un double choix que la France fait pour sa présidence :
D’abord, associer pleinement aux projets les autres Etats membres, notamment la République tchèque et la Suède, le « trio » avec lequel un programme de travail a été préparé et au delà biensûr les 27 Etats membres. Associer aussi les institutions européennes, le Parlement européen et la Commission.
Ensuite, deuxième choix, être impartial : la présidence française n’impose pas ses vues, elle mène la concertation et elle applique les décisions prises collectivement. Cela sera vrai notamment pour l’élargissement de l’Union. La présidence française poursuivra impartialement la stratégie définie par le Conseil européen, notamment concernant la Turquie, dans un processus ouvert dont l’issue ne peut être garantie à l’avance.
3/ Troisième mot-clé : répondre aux interrogations des citoyens.
Cela est vrai déjà pour les institutions : nous devons prendre pleinement en compte le non irlandais, expression d’un vote démocratique. C’est pourquoi le conseil européen a choisi à la fois de poursuivre le processus de ratification dans les pays où il n’est pas achevé car c’est pour nous une nécessité et, dans le même temps, il s’est donné un peu de temps pour voir comment répondre au mieux à la question ainsi posée. Nous mettrons à profit ces prochains mois pour tenter de trouver ensemble cette solution.
Mais répondre aux interrogations des Européens, c’est surtout rechercher des avancées concrètes sur des sujets correspondant à leurs préoccupations : c’est là le but des priorités que s’est fixé de la présidence française de l’Union.
Première priorité: l’environnement
Le changement climatique est devenu un risque pour tous, en particulier pour l’ensemble de la Méditerranée.
C’est pourquoi la Présidence française veut faire aboutir la démarche proposée par la Commission : d’ici à 2020, accroître de 20 % l’efficacité de notre consommation énergétique, grâce au développement de nouvelles technologies et aux économies d’énergie ; faire passer à 20 % la part de notre consommation issue d’énergies renouvelables ; atteindre 10 % d’énergie autre que le pétrole dans la consommation de nos véhicules ; et réduire de 20 %, voire 30 % en cas d’accord international, nos émissions de gaz à effet de serre. Le premier séminaire informel de ministre de l’Union européenne c’est d’ailleurs, vous le savez, tenu sur ce sujet il y a quelques jours.
Deuxième priorité : l’immigration.
Le sujet est essentiel pour la France comme pour la Grèce. Notre but est de favoriser une réponse collective de l’Europe, face à un défi qui est collectif. Entrer par la Grèce dans l’ Europe c’est entrer dans Europe et non pas seulement entrer en Grèce. Et ce que nous voulons c est bien que l’ensemble de européens prennent pleinement conscience et y réponde ensemble.
La France a ainsi présenté à ses partenaires européens un projet de « Pacte européen sur l’immigration et l’asile ». Les grands axes de ce pacte, qui est discuté aujourd’hui et demain à Cannes, sont :
- mettre fin aux régularisations massives de clandestins;
- harmoniser les régimes d'asile ;
- obtenir la négociation systématique d’accords de réadmission entre l’Europe et ses grands voisins et partenaires ;
- enfin, généraliser les visas biométriques et la conclusion de contrats d’intégration prévoyant un apprentissage de la langue du pays d’accueil.
Troisième priorité: la défense européenne
Nous devrons tenir compte des sensibilités manifestées sur ce thème par nos partenaires, y compris l’Irlande.
Mais la France demeure convaincue que les moyens dont disposent aujourd’hui les Européens ne sont pas à la hauteur des enjeux de notre sécurité individuelle et collective. Nous voulons donc de réunir les conditions d’un renforcement des capacités opérationnelles de l’Union, en termes de projection de forces, de planification et de gestion des crises, dans une logique de complémentarité entre la PESD et l’OTAN.
Quatrième priorité: la politique agricole commune.
Elle a été et doit rester un atout majeur pour toute l’Europe, notamment face à la flambée des prix alimentaires mondiaux, à la dégradation de l’environnement ou aux questions de sécurité alimentaire.
Nous plaidons donc pour une véritable refondation de la PAC, pour faire face aux défis sans pour autant sacrifier nos agriculteurs et nos productions. Nous souhaitons parvenir à un accord politique, avant la fin de l’année, sur le paquet législatif relatif au bilan de santé de la PAC, et engager les travaux de fond sur l’avenir de l’agriculture européenne, dans la perspective de 2013.
Enfin, il y a l’Union pour la Méditerranée.
Ce projet, proposé par le Président Sarkozy et adopté au mois de mars par les 27 en se fondant avec le processus euro-méditerranéen dit « de Barcelone », part d’une conviction simple: c’est en Méditerranée que l'Europe confortera sa prospérité et sa sécurité. Car nous avons, avec tous les peuples du pourtour de la méditerranée, un destin commun.
Le 13 juillet prochain, à Paris, le Sommet pour la Méditerranée devrait réunir, pour la première fois, les 44 pays du sud, de l’est de la Méditerranée et de l’Union européenne, autour de projets concrets. Mentionnant notamment, mais la liste sera évidemment établie lors du sommet la dépollution maritime ; à la constitution de véritables ‘autoroutes de la mer’ ; le développement des énergies renouvelables, en particulier solaire ou encore la lutte contre les catastrophes naturelles.
L'implication d’Athènes sera déterminante pour la réussite de l’Union pour la Méditerranée. C’est pourquoi je me réjouis tout particulièrement de l’engagement résolu des autorités grecques et de vous même personnellement, en faveur de ce projet.
Mesdames et Messieurs,
Comme la ministre l’a rappelé, l’heure n’est pas à moins d’Europe mais à plus d’Europe.
L’Europe est en effet d’abord un immense succès, celui de la paix et de la prospérité. Née d’un volontarisme, celui des pères fondateurs, elle reste un processus en cours : elle a connu tout au long de son histoire de nombreuses crises, mais aussi de formidables réussites et de grands moments de retrouvailles.
Aujourd’hui, les Européens ne rejettent pas l’Union européenne en tant que telle. Ils savent qu’elle est, à long terme, un atout. Mais ils s’interrogent sur une certaine forme d’Europe, jugée lointaine, peu compréhensible, voire contreproductive.
Nous devons donc convaincre par un travail permanent que la construction européenne, lancée au lendemain du terrible traumatisme de la seconde guerre mondiale, reste d’abord une entreprise de protection et d’union des Européens. L’Europe est à leur service.
Nous devons rapprocher les Européens de l’Union européenne en rapprochant l’Europe de leurs préoccupations. C’est bien dans cette perspective que se situe la présidence française qui veut être la présidence d’une Europe citoyenne pour mieux répondre aux défis d’aujourd’hui.
Je vous remercie.