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    Athènes, le 28 mars 2007

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Bonjour. Ce matin, la ministre des Affaires étrangères a proclamé l’ouverture des travaux de la 10ème Conférence méditerranéenne de la Croix-Rouge qui se tient dans un hôtel de la capitale.

 

Demain, jeudi 29 mars à 11h00, Mme la ministre aura une rencontre avec Mme Wallström, Commissaire européen qui effectue une tournée dans le cadre du projet de la Commission européenne pour la promotion de l’Europe. Un plan, connu sous le nom de Plan D, comme Démocratie, Dialogue et Débat avec les citoyens européens sur l’avenir de l’Europe.

 

Le même jour, à 13h30, la ministre des Affaires étrangères offrira un déjeuner de travail auquel participera le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Valinakis et le Commissaire grec, M. Dimas. Par ailleurs, l’agenda de Mme Wallström prévoit une rencontre avec le Premier ministre, mais aussi des manifestations, telles que des rencontres avec des représentants des étudiants à l’occasion du 50ème anniversaire de l'Union européenne.

 

Par ailleurs, demain, Mme Bakoyannis aura une rencontre protocolaire avec le nouveau Directeur général du ministère chypriote des Affaires étrangères, l’Ambassadeur K. Zinonas. A ce stade, je dirais que M. Zinonas aura une rencontre avec son homologue, le Secrétaire général du ministère grec des Affaires étrangères, l’Ambassadeur M. Rocanas.

 

Les 30-31 mars, la ministre des Affaires étrangères se rendra à Brême afin de participer au Conseil informel des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, qui est sous forme de Gymnich.

 

Les questions qui seront abordées lors de ce sommet informel des ministres des Affaires étrangères est : le 30 mars : les Balkans occidentaux avec notamment le Kosovo. La politique européenne de voisinage. Les relations Union européenne – Biélorussie. Le lendemain, le 31 mars, le processus de paix au Moyen-Orient et Iran sera à l'ordre du jour.

 

En ce qui concerne les activités des ministres adjoints des Affaires étrangères.

 

J’aimerais vous informer du fait que notre pays organisera, suite à l'initiative du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Valinakis, le Sommet des ministres des Affaires européennes des Etats membres de l’Union européenne, sur le thème de la « nouvelle politique européenne pour la mer » qui se tiendra à Rhodes, le19 et 20 avril. En fonction de son agenda, la ministre devrait proclamer l’ouverture des travaux du Sommet.

 

Le Sommet a lieu dans le cadre de la consultation sur le Livre vert de la Commission européenne relatif à la nouvelle politique de l'Union européenne sur la mer. Cette initiative vise à la mise en œuvre d’une politique intégrée de la mer et concerne la croissance économique, l’environnement, la recherche et l’innovation.

 

Puisque ce sujet vous intéresse, je l’aborderais plus en détail. En mars 2005, la Commission a créé une task force chargée d’élaborer une politique européenne intégrée sur la mer, sur le modèle des politiques correspondantes des Etats-Unis, d’Australie et du Canada, politique qui est par la suite enregistrée dans un document spécial appelé Livre vert.

 

Cela devrait avoir lieu le premier semestre de 2006. Ce texte a été approuvé par la Commission, le 7 juillet 2006. La période des consultations a commencé dans le cadre de la présidence finlandaise, afin que la Commission puisse d’ici fin 2007 présenter les conclusions des consultations au Conseil et au Parlement.

 

Je répète que cet effort vise à un examen rigoureux de l’ensemble des politiques relatives à la mer, avec notamment la croissance économique, l’environnement, la recherche et l’innovation.

 

Aujourd’hui, mercredi 28 mars, le ministre adjoint, M. Kassimis, se trouve en Arménie pour représenter le gouvernement grec aux obsèques du Premier ministre arménien, M. Margaryan.

 

Voilà, en ce qui concerne les communiqués. Vos questions s’il vous plait.

M.  MELETIS : Est-ce que M. Roussopoulos participera au déjeuner offert en l'honneur de Mme Wallström ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai donné les noms des participants au déjeuner de travail en l'honneur de Mme Wallström, qui visitera le ministère. Ce déjeuner est offert en son honneur par la ministre des Affaires étrangères.

 

Mme RIGOU: Je voulais poser une question concernant la question du Kosovo et du plan Ahtisaari. L’OTAN a accepté ce plan à l’unanimité, tout comme l’Union européenne. Quelle est notre position, le plan est-il acceptable après les changements qui ont été apportés ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Permettez-moi une petite correction. L’Union européenne ne s’est pas encore exprimée à ce sujet. Et deuxièmement, on ne peut parler d’acceptation du plan, Mais de soutien. D’ailleurs, la question d’acceptation ou non par l’OTAN ne se pose pas. Puisse cela ne fait pas partie de la procédure en cours.

 

Mme RIGOU: Quelle est notre position ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Comme vous le savez, les négociations à ce sujet, les négociations houleuses entre Belgrade et Pristina ont duré un an et demi environ, depuis février 2006, avec la médiation de M. Ahtisaari, dont les efforts ont été soutenus par notre pays.

 

Après 23 tours de discussions et des consultations intenses, il est apparu y avait très peu de terrain commun entre les parties intéressées. M. Ahtisaari a soumis sa proposition au Secrétaire général de l'ONU.

 

A cette étape cruciale de la procédure, les parties doivent éviter des actions unilatérales qui pourraient entraver le processus politique en cours et déstabiliser bien entendu le Kosovo, mais aussi la région élargie.

 

Dès le début du processus de négociation, la Grèce a mis l’accent sur la garantie de la stabilité régionale et de la sécurité, en tant que facteurs d'une importance capitale.

 

Nous pensons qu’une solution durable peut garantir la stabilité et la sécurité. Cette solution doit être conforme à la légalité internationale, que seule une décision du Conseil de sécurité peut garantir.

Par ailleurs, il est très important de prendre en compte la perspective européenne de la région tout entière, qui garantit l'établissement de relations de coopération et de bon voisinage.

 

L’unité des positions au sein de l'Union européenne est un élément particulièrement important.

 

Cela étant, il est certain que le règlement de la question doit permettre aux deux parties d'assimiler et de s’adapter à la nouvelle donne.

 

La communauté internationale doit, dans ce cas précis, éviter le syndrome du « vainqueur » et du « vaincu ».

 

Par ailleurs, la présence de la communauté internationale dans la région est particulièrement importante en vue de garantir la stabilité. La Grèce a fait part de son intention et de sa volonté ferme de participer activement à cette force internationale.

 

Enfin, en ce qui concerne le processus en lui-même au Conseil de sécurité des Nations Unies, nous estimons que la concertation avec la Russie est un paramètre crucial.

 

Telle est la position grecque. C’est cette position qui a été formulée hier lors des discussions au déjeuner de travail de l'OTAN par le Représentant grec permanent, l’Ambassadeur M. Zeppos.

 

M. MELETIS : Permettez-moi, s’il vous plait de vous lire quelque chose : M. Koumoutsakos :« J’ai mentionné une solution durable, c’est-à-dire que ce doit être une solution avec laquelle les deux parties doivent vivre. Il en découle donc naturellement que cette solution doit être équilibrée et se fonder sur le principe du respect mutuel. Μ. Meletis, question : Que la solution soit un accord entre Belgrade et Pristina? M. Koumoutsakos, réponse: Le respect mutuel implique l’existence d’un accord ». Voilà pour le premier, en date du 14 mars. Le second. «La solution devra être acceptée par les deux parties, ce qui est réellement nécessaire pour la paix dans la région. Κostas Karamanlis, Strasbourg, 24/1/2007 ».  Quand la position du gouvernement grec a-t-elle changé, parce que ce que vous venez de nous dire il y a quelques minutes est tout à fait différend de ce que je viens juste de vous lire. S’il vous plaît, dites-nous quand la position du gouvernement grec a changé ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Ce que j’ai dit il y a peu n’est pas différend de ce que vous venez de lire.

Il est intéressant de revenir en arrière, car cela nous permet de confirmer aujourd’hui que la Grèce dès le début du processus a fait preuve d’une volonté ferme en faveur d’une solution de compromis ayant fait l'objet d'un accord entre les parties.

 

Cette politique a été poursuivie avec constance. Il existe comme vous le savez une procédure qui fait l'objet d'un accord entre le Groupe de contact et la communauté internationale.

 

A chaque étape, la Grèce a souligné à tous ses interlocuteurs, sans exception, la nécessité d’une solution convenue entre les parties.

 

Et c’est toujours ce que souhaite la Grèce. Nous pensons que lors de la discussion qui aura lieu dans le cadre des consultations du Conseil de sécurité, nous pourrons aboutir à un résultat qui aura ces caractéristiques.

 

Par ailleurs, je voulais ajouter à ce stade que la communication entre Athènes et Belgrade, Athènes et Pristina, mais aussi tous les autres acteurs, et en particulier la communication entre Athènes et Belgrade, est ininterrompue pendant tout ce temps et continuera de l’être.

 

Puisque je me suis référé à la communication entre la Grèce et la Serbie, sans que cela soit relié de quelque façon que ce soit au processus en cours au Kosovo, je voulais souligner que la position ferme de la Grèce, que la ministre réitèrera lors du prochain Conseil informel des ministres des Affaires étrangères de l’UE (Gymnich) qui aura lieu dans quelques jours, est que les négociations entre la Serbie et l’Union européenne devront reprendre sans plus tarder en vue de la conclusion d’un accord de Stabilisation et d’Association entre la Serbie et l’Union européenne.

 

Mme ADAM : Monsieur le porte-parole, la position grecque s’agissant du Kosovo, telle qu’elle a été formulée ces dernières années s'attache plutôt à la procédure qu'au fond. Elle est du type « cela doit se faire » « il faut voir », « les deux parties doivent faire cela» « le reste de nous doit faire cela », etc. A l’heure actuelle et hier lors du déjeuner de travail à l’OTAN, la proposition était bien claire : « acceptation ou non de la proposition Ahtisaari », qui peut se résumer en ces termes : indépendance sous surveillance du Kosovo. En ce qui concerne ces deux termes précis, comment la partie grecque s’est-elle positionnée au sein de l’OTAN, pour que M. Scheffer vienne affirmer que les 26 membres de l’OTAN soutiennent unanimement l’indépendance sous surveillance du Kosovo ? C’est ma première question. Deuxièmement, qu’entendez-vous exactement par garantir l’unité des positions au sein de l’Union européenne, lorsque tous les pays, mis à part la Grèce, l'Espagne, la Hongrie, la République tchèque et la Roumanie, sont ouvertement en faveur de l'indépendance sous surveillance ? Qui s’adaptera, où et auprès de qui, afin de garantir une position unifiée ? Et troisièmement, parce que bon nombre de mes collègues, et moi-même, n'étions pas aux Etats-Unis, pouvez-vous nous dire exactement ce que Mme Rice a demandé à Mme Bakoyannis s'agissant de la question du Kosovo? Autrement dit, quand elle lui a demandé d’avoir une position bien précise quant à la question du Kosovo, qu’entendait-elle par-là?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je commencerais par le dernier point. Lors de toutes les rencontres de la ministre des Affaires étrangères à Washington, la partie américaine a, à tous les niveaux, informé la partie grecque des positions du gouvernement américain pour ce qui est de cette question. Jamais la partie américaine n’a exigé, comme il est souvent affirmé, à la partie grecque d'adopter une position particulière.

 

Lors de ses rencontres, la ministre des Affaires étrangères s’est référée de manière exhaustive à la position grecque, qui est celle que je vous ai décrite il y a peu.

 

En réponse à votre première question. La discussion qui a eu lieu hier à l’OTAN n’avait pas le caractère d’un référendum, ni s’intégrait dans le cadre d’une procédure de prise de décision. Il n’a pas été question de dire « oui » ou « non » au plan Ahtisaari. C’était une discussion lors de laquelle des vues ont été échangées sur le Plan Ahtisaari et le Représentant grec permanent n'a pas dévié de la ligne que je vous ai décrite tout à l’heure.

 

Mme ADAM : J’aimerais commenter, si vous le permettez, les deux positions, d’une part celle de la partie grecque au déjeuner de travail – entre les plats – telle que vous nous l'avez décrite et la déclaration officielle de M. Scheffer, qui a affirmé que les 26 soutiennent unanimement le Plan Ahtisaari, à savoir l'indépendance sous surveillance. Ce que je peux clairement comprendre, c’est que la partie grecque n’a pas objecté, ni soulevé la question de l’indépendance sous surveillance du Kosovo, qui paraît  être la solution la plus plausible, voire celle déjà conclue pour le Kosovo.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai d’ores et déjà communiqué en détail la position grecque.

 

M.  MELETIS : Je voulais rebondir sur ce que vous avez dit tout à l'heure, à savoir que la communauté internationale doit éviter le syndrome du «vainqueur» et du « vaincu ». Considérez-vous que la séparation au moyen de la force d’une partie souveraine et indépendante du pays puisse faire naître ce sentiment de vainqueur ? Deuxièmement, la Grèce souhaite toujours à l’heure actuelle qu’un accord soit atteint, je voulais savoir depuis quand la politique étrangère est exercée avec des souhaits ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La politique étrangère est exercée sur la base de points de vue, de positions et de recommandations faites aux interlocuteurs, dans un effort d'influencer ces derniers dans le sens voulu. La politique de la Grèce, lors de toutes les rencontres, était de montrer l’importance et d’aider dans le sens d’une solution ayant convenue entre les parties.

 

Ces mêmes parties, les parties directement impliquées, se trouvaient dans un processus de négociation et n’ont pas pu aboutir à un accord. Pour ce, vous le comprendrez, la Grèce n'est pas à blâmer. On ne peut ni blâmer les deux parties en négociation pour n'avoir pu aboutir à une solution convenue.

 

La Grèce, donc, pendant tout ce temps, a soutenu que cela aurait dû être le but à atteindre. C’est ce qui aurait dû être atteint.

 

Il n’y a pas donc lieu de « souhaiter » ou non quelque chose. La Grèce a essayé, en exprimant sa position, en avançant des arguments clairs, de mener une procédure en cours vers une direction qu'elle estimait juste. C'est ce que la Grèce a tout le temps fait, avec constance et cohérence.

 

En ce qui concerne votre première question, en rapport avec le syndrome du « vainqueur » et du « vaincu ».

 

Certes, c’est ce que nous pensons encore maintenant. C’est pourquoi, nous l’affirmons. Car nous connaissons la région. La Grèce a une solide connaissance de la région et pense qu’à l'issue de ce processus, il ne doit pas y avoir ce sentiment de « vainqueur » et de « vaincu », ce sentiment d’humiliation. Cela est valable certes dans tous les cas, mais plus particulièrement dans cette région du monde où le syndrome du « vainqueur » et du « vaincu » ne devrait pas exister, car il s’agit d’une région complexe et sensible.

 

Toutefois, vous vous êtes référé, d’une certaine manière, dans votre question à « l’imposition d’une solution par la force », ignorant ainsi un aspect de la position grecque.

 

Nous insistons sur le fait que cet accord doit porter le sceau de la légalité internationale. C’est-à-dire qu’il y ait une décision du Conseil de sécurité. Cela montre que votre référence à « l’imposition par la force » ne correspond nullement à la position grecque. Je dirais même plus. Elle ne correspond pas.

 

M. MELETIS : (il parle hors micro) …nous sommes des vainqueurs parce que le Conseil de sécurité a décidé…, c’est ce que je essaie de comprendre, c’est pourquoi je vous pose cette question.

 

M. KOUMOUTSAKOS : J’espère que votre intention, en posant cette question, n’est pas de mettre en doute le poids des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui concernent toute une série de questions, dont la question chypriote.

 

M. VITALIS : Nous essayons plutôt de demander plus d’explications au sujet de votre remarque relative au Conseil de Sécurité. Vous considérez que la concertation avec la Russie constitue un paramètre majeur. Nous savons très bien ce que la partie russe soutient. Vous, qu’en dites-vous, acceptez-vous les motifs de la partie russe ? La partie russe a certaines critiques, elle n’accepte pas cette notion d'indépendance sous surveillance.

 

M. KOUMOUTSAKOS :   Nous signalons la voix prépondérante qu’a la Russie en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

M. VITALIS :   Excusez-moi mais je n’ai pas compris. La Russie soulève une question spécifique concernant le plan Ahtisaari. Êtes-vous d’accord avec la Russie ou dites-vous que la Russie a raison ou que M. Ahtisaari a raison ? C’est l’un des deux qui est valable.

M. KOUMOUTSAKOS : Nous disons que la Russie et ses positions constituent un paramètre très important pour ce qui est du processus de formulation de la Résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

M. KAPOUTSIS :   Monsieur le porte-parole, avons-nous une réponse ou une indication concernant une éventuelle réponse de la part de l’OTAN pour ce qui est des positions grecques relatives à la démilitarisation ou non de l’île d’Agios Efstratios ?

 

M. KOUMOUTSAKOS :   Je n’ai rien de nouveau à ce sujet.

 

M. KAPOUTSIS:   Savez-vous quand aurons-nous des informations ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : Non, je ne peux faire de prévisions.

 

M. MAVRIDIS : Est-ce que vous pensez - et je ne veux pas conclure cela des réponses que vous avez données jusqu’à ce moment, mais je veux que vous me le disiez de manière explicite – que le temps n’est pas opportun pour apporter une solution définitive à la question du Kosovo ?

 

M. KOUMOUTSAKOS: La ministre des Affaires étrangères a récemment affirmé, dans son interview à une délégation de journalistes qui a suivi la visite aux Etats-Unis,  je cite : «Le temps passe vite et les efforts doivent s’intensifier. J’ai eu l’occasion de présenter à Mme Rice nos points de vues sur les évolutions, les aspects particulièrement sensibles auxquels nous devons être attentifs, le rôle de la Serbie et, particulièrement, les nouveaux efforts que le nouveau gouvernement serbe en cours de formation doit déployer ainsi que la marge de manœuvre pour des discussions ultérieures, car marge de manœuvre il y a, pensons-nous ».

 

Par conséquent, le dernier élément de la réponse est le suivant : nous pensons que nous avons encore du temps à notre disposition pour pouvoir atteindre la meilleure solution possible.

Le critère de notre politique - et il n’est pas nécessaire de le répéter tout le temps - est que le lendemain de l’accord soit synonyme de stabilité et de sécurité pour la région.

 

M. GILSON : Monsieur le porte-parole, vous avez dit que les 23 tours de négociations entre Belgrade et Pristina n’ont pas apporté de résultats et que le Secrétaire général a soumis son rapport au Conseil de sécurité, etc.

 

M. KOUMOUTSAKOS: Au Secrétaire général.

 

M. GILSON : Excusez-moi, M. Ahtisaari a soumis son rapport au Secrétaire général. Vous avez dit que les deux parties doivent s’adapter à la nouvelle réalité.  Qu’est-ce que vous entendez par cela ? Que les deux parties doivent accepter le plan Ahtisaari ?

 

M. KOUMOUTSAKOS :  C’est une position que nous avons mentionné depuis longtemps. A l’époque, nous avions dit que nous saluions avec satisfaction les pouvoirs élargis et les droits prévus pour tous les habitants, les Serbes kosovars y compris. C’est un élément indispensable pour l’établissement d’une société multinationale-multiculturelle pacifique et stable. En outre, nous avons constaté que dans ces propositions ne figurent pas ces éléments qui permettraient une application progressive, pas à pas de sorte que les parties impliquées se familiarisent et assimilent mieux la nouvelle donne.

 

M. GILSON :   Voulez-vous dire par là qu’avec le temps les Serbes digèreront le plan ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : J’ai répondu à votre question.

 

M.  GILSON:   J’ai une autre question concernant la partie de la visite à Washington. Nous avons entendu les déclarations publiques de M. Burns sur la question de l’île d’Agios Efstratios. Je voudrais poser deux questions relatives aux discussions qui se sont tenus entre Mme Bakoyannis et M. Burns. Ce dernier a aussi dit que la question devait être résolue au sein de l’OTAN. Est-ce que M. Burns a fait part d’une certaine intention du ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis d’encourager la Turquie à procéder à cet exercice ? Deuxième question : Est-ce que lors des discussions avec M. Burns et Mme Rice, et éventuellement avec M. Hadley, la question de la fluidité politique en Turquie en raison des élections présidentielles et parlementaires en automne a été abordée ainsi que la manière dont cette situation influe sur les relations gréco-turques ?

 

 

M. KOUMOUTSAKOS : En ce qui concerne les thèmes de ces discussions, ceux-ci ont été rendus public à maintes reprises.

 

M. GILSON : Les questions visent à éclaircir ce qui a été rendu public.

 

M. KOUMOUTSAKOS:   Tout ce qui a été communiqué est valable.

 

En ce qui concerne la première question relative à la déclaration de M. Burns.  Permettez-moi de clarifier les choses pour éviter des malentendus. Vous avez dit que M. Burns avait affirmé que « la question doit être réglée au sein de l’OTAN ». Permettez-moi de rétablir la vérité : M. Burns a dit que c’était une question qui préoccupait l’OTAN.

 

JOURNALISTE: (parle hors micro)… mais il est évident que la question de l’exercice sera résolue au sein de l’OTAN.

 

M. KOUMOUTSAKOS : Il a dit que cette question préoccupait l’OTAN. Il n’a pas dit que cette question devait être réglée au sein de l’OTAN.

 

M. GILSON :   Je vous ai demandé si M. Burns a dit qu’il encouragerait la Turquie à effectuer cet exercice, comme l’a demandé le chef de l’état major, M. Chinofotis.

 

M. KOUMOUTSAKOS :   M. Burns a fait cette déclaration publique. Je m’en tiens au point de la position américaine, à savoir que l’île d’Agios Efstratios ne constitue pas une zone démilitarisée.

 

M. GILSON : Vous  pouvez donc répondre à l’autre partie de la question : comment les Américains évaluent-ils l’influence de la situation politique en Turquie sur les relations gréco-turques ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : En d’autres termes, vous me demandez de vous répondre comment un Etat- disons un deuxième Etat - évalue la situation politique intérieure d’un Etat tiers. Vous comprenez bien que cela est impossible.

 

M. VITALIS : Puisque nous parlons de l’Egée, Monsieur le porte-parole, je voudrais vous poser la question suivante : Le navire de recherches « AIGEO » a normalement appareillé hier avec à son bord un scientifique turc, comme vous l’avez annoncé.

 

M. KOUMOUTSAKOS : Oui, avec d’autres personnes à bord.

 

M. VITALIS : Avec un scientifique turc et d’autres personnes. Je voudrais vous  poser la question suivante : Est-ce que dorénavant pour toute recherche qui sera effectuée, que ce soit avec un navire grec, allemand ou français, il y  aura à bord un scientifique turc ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : Les informations que nous avons communiquées portent sur cette recherche spécifique à caractère international à laquelle participent et coopèrent des Universités des différents pays.

 

M. KOTARRIDIS : Deux questions : la première, est-ce que désormais lors de recherches similaires effectuées avec des navires turcs des scientifiques grecs y participeront ? Deuxième question : que pensez-vous de la tension qui règne récemment en Iran après l’arrestation des 15 marins britanniques ?

 

M. KOUMOUTSAKOS:   Comme vous pouvez le comprendre, chaque recherche a ses propres caractéristiques, par exemple, le caractère international ou national, etc.

 

Par conséquent, toute recherche scientifique a ses propres caractéristiques et c’est sur cette base qu’elle est jugée.

 

En ce qui concerne la  question de l’Iran : La Grande Bretagne nous a informé de l’arrestation de 15 marins britanniques en Iran. C’est un incident qui suscite, à juste titre, de vives préoccupations.

 

La Grèce espère et souhaite que cette question soit réglée dans les plus brefs délais conformément aux règles du droit international et à l’application de la pratique internationale établie, notamment pour ce qui est des conditions de détention et la libération des prisonniers.

 

A cette occasion, je voudrais dire lorsque des questions politiques de ce genre sont soulevées, l’importance particulière du principe de la solidarité communautaire - qui concerne bien entendu tous les Etats membres, quelles que soient leurs relations avec des pays tiers – est mise en avant.

 

M. SIMEONIDIS:   Plus d’une semaine s’est écoulée depuis la note verbale d’Ankara concernant la question de l’incident à Karpathos et d’après mes informations le ministère de la Défense n’a pas reçu de votre part le dossier complet de la note verbale – dans la mesure où celui-ci concerne le ministère de la Défense, car il a certaines positions techniques. Envisagez-vous à un moment donné d’envoyer le dossier sur la note verbale au ministère de la Défense ? Et une deuxième question : Est-ce que Mme Bakoyannis lors de sa visite aux Etats-Unis a saisi l’occasion de la question de l’île d’Agios Efstratios pour présenter à ses interlocuteurs les positions grecques sur la question de l’île de Limnos ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : Je ne connais pas la procédure suivie pour ce qui est de la communication des documents relatifs à cette question, mais il est évident, à mon sens, que cette communication doit normalement être faite, si elle n’a pas été déjà faite. Cela va de soi, c’est une question de routine.

 

En ce qui concerne l’autre question : La ministre des Affaires étrangères a informé ses interlocuteurs de manière détaillée sur les préoccupations et les positions grecques pour ce qui est de l’évolution des relations gréco-turques.

 

Comme vous le comprenez, cette question est venue au premier plan en raison de l’actualité et des évènements récents. Je parle de l’île d’Agios Efstratios. Cela ne signifie pas que les autres questions sont sous-estimées.

 […]

 

 

Mme ADAM : L’Aigaio, ou comment l’appelez-vous, avec le programme, précisément parce que nous avons trouvé le juste milieu en trouvant un programme auquel la Turquie peut participer en tant que chercheur, et non en tant qu’observateur. S’agit-il d’un modèle que nous allons appliquer dorénavant pour éviter que des problèmes surgissent en Egée ?  La deuxième question porte sur votre communiqué relatif à l’Egée. Il y a une chose que je ne comprends toujours pas. Vous avez dit que ce navire ramassera les machines et les câbles qui ont été immergés sur le plateau continental grec. Comment définissez-vous le plateau continental grec et notamment comment définissez-vous sa limite supérieure ? Pourriez-vous également nous informer sur la feuille de route du navire afin de savoir quel est le plateau continental grec ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : Je commencerais par la dernière question : Comme vous le comprenez, le ministère des Affaires étrangères ne peut communiquer le contenu des cartes et les itinéraires.

 

En ce qui concerne votre question relative au plateau continental : vous savez très bien qu’il n’existe pas de traité délimitant le plateau continental grec.

 

Le fait qu’il n’existe pas d’accord international ne signifie pas qu’il n’existe pas de plateau continental grec.

 

Mme ADAM : (parle hors micro).  Je ne vous ai pas demandé s’il existe ou non de plateau continental grec. J’ai demandé comment le définissez-vous ?

 

M. KOUMOUTSAKOS :   Sur la base du droit international.

 

Mme ADAM :   Comment délimitez vous le plateau continental dans la communication ?

 

M. KOUMOUTSAKOS :   Je vous ai répondu.

 

Mme ADAM : Je n’ai pas demandé s’il existe un plateau continental grec. Je vous ai demandé comment vous le définissez.

 

M. KOUMOUTSAKOS :   Le plateau continental grec est défini sur la base des dispositions du droit international de la mer. C’est de cette façon qu’on le conçoit.  La définition de la limite entre le plateau continental grec et turc, comme vous le savez bien, n’a pas été faite car il n’existe pas d’accord y relatif.

 

Pour ce qui est de savoir s’il existe un « modèle » qui sera appliqué dans le futur aussi, je vous ai dit qu’il y avait ce programme de recherches qui a une histoire, un contenu ; il est financé, des universités y participent et il a des caractéristiques bien spécifiques. S’agissant de cette question, les informations que nous avons diffusées sont valables, des informations qui portent évidement sur ce programme spécifique de recherches.

 

En outre, vous avez fait une distinction entre chercheur et observateur, qui est importante. Le statut de chercheur est différent de celui d’observateur : le chercheur représente son université et participe de toute façon à un programme de recherches particulier, l’observateur, lui, représente un pays, dans le cadre d’une étude qui se déroule.

 

M. MELETIS :   Vous avez dit que le plateau continental grec est défini sur la base des dispositions du droit de la mer en vigueur et que la limite supérieure n’a pas été définie. D’après donc cette formulation, comment délimiterait-on le plateau continental des îles de Kalolimnos, Imia,  Agathonissi et Fourni ?

 

M. KOUMOUTSAKOS :   Je m’en tiendrais à ma réponse initiale.

 

M. MELETIS : Est-ce que des recherches exclusivement grecques avec des navires grecs et ayant à bord des scientifiques grecs s’effectuent sur le plateau continental grec, tel que vous le délimitez ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : Je n’ai pas d’exemple spécifique  à vous donner. Je ne sais pas si cela a eu lieu. Mais, cela va de soi.

 

Mme ADAM :   De la même manière, permettons-nous à la Turquie qui a elle aussi un plateau continental et définit sa limite comme elle le veut…

 

M. KOUMOUTSAKOS : Je vous prie de faire attention. Je n’ai jamais dit cela.

 

Mme ADAM:   … Excusez-moi ... de passer par la Mer Egée où bon lui semble ?

 

M. KOUMOUTSAKOS :   Vous m’avez demandé comment le plateau continental grec est délimité. Je vous ai répondu qu’il existe une conception spécifique quant au plateau continental grec et ses caractéristiques sur la base des dispositions du droit international. Au même titre, la définition de sa limite supérieure demeure en suspens.

 

JOURNALISTE :   Non, car la même chose est aussi valable pour la Turquie.

 

M. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai répondu.

 

M. GILSON :   À l’occasion de la conférence à Rhodes sur la politique de l’Union européenne, la politique de la mer, est-ce que le ministère des Affaires étrangères envisage de proposer l’application obligatoire du Traité de Montego Bay aux pays candidats comme la Turquie ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai présenté les questions et les chapitres spécifiques qui seront abordés lors de cette rencontre à Rhodes.

 

M. GILSON :   Une minute. A-t-on une indication relative aux intentions du Secrétaire général pour ce qui est du processus du 8ème juillet et de la question chypriote ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : Certainement, la question a été abordée, à savoir que le processus doit se poursuivre.

 

Bon après-midi.

 





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