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Athènes, le 21 avril 2007

 

MME BAKOYANNIS Mesdames et Messieurs bonsoir. J’ai eu le plaisir d'accueillir aujourd’hui le Président de l’Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas, qui était accompagné du ministre des Affaires étrangères, M. Abu Amr et des conseillers spéciaux du Président.

Comme chacun sait, des liens traditionnellement forts et étroits d’amitié et de coopération unissent le peuple grec et le peuple palestinien. Des liens qui remontent à l’Histoire des deux peuples. Aujourd’hui, j’ai eu une rencontre très amicale et intéressante qui a apporté un éclairage sur les derniers développements relatifs au processus de paix.

J’ai réitéré au Président la position ferme de notre pays, à savoir que la question palestinienne se trouve au cœur du Moyen-Orient. C’est pourquoi, il est crucial que le processus de paix progresse. Il a la possibilité d’exercer un effet domino positif sur les développements relatifs aux questions élargies de la région.

La formation d’un gouvernement d'unité nationale, le récent renouvellement de la proposition de l’initiative de paix arabe et les premiers messages positifs d'Israël ont permis d'ouvrir des perspectives particulièrement encourageantes pour la promotion du dialogue de paix.

J’ai fait part à M. le Président du soutien sans faille de la Grèce. Le dialogue régulier entre le Président Abbas et le Premier ministre Olmert est utile et permet d’établir la confiance nécessaire. Ce dialogue doit se poursuivre et porter ses fruits afin d’apporter des solutions immédiates aux questions cruciales relatives à l’amélioration des conditions de vie sur les territoires palestiniens.

La fin de la violence, la consolidation de la sécurité, la réhabilitation de la libre circulation, la restitution des taxes collectées et la libération du soldat israélien, des ministres et parlementaires palestiniens sont certes des questions nécessitant une solution immédiate.

Nous estimons, par ailleurs, que ces pourparlers à haut niveau devront encourager la perspective d'une négociation concrète sur tous les aspects du statut final. L’objectif final demeure la solution des deux Etats conformément à la feuille de route et aux critères du Quartet ainsi que la fin de l’occupation, la création d’un Etat palestinien indépendant, démocratique et viable qui coexistera pacifiquement aux côtés d’Israël.

Il est nécessaire de clarifier les perspectives de création d’un Etat palestinien – probablement sur la base d’un calendrier nouveau. Nous estimons qu’une telle solution transmettra un message politique clair et fort, emprunt de symbolisme.

Avec ses partenaires de l’Union européenne, la Grèce sera présente aux développements dans la région. Nous sommes prêts à soutenir l’aide humanitaire et l’aide au développement en faveur du peuple palestinien, par le biais d’un mécanisme international et à contribuer au renforcement des institutions de l’Autorité palestinienne.

Nous estimons que pour la reprise de l’aide directe, en plus des trois critères définis par le Quartet, l’accent doit être mis sur les déclarations et les actions des membres de l'autorité palestinienne.

J’aimerais, une fois de plus, souligner l’amitié forte qui existe entre le peuple grec et palestinien et souhaiter à nouveau la bienvenue au Président Abbas. Nous avons eu la chance de commencer nos rencontres en Jordanie, où je l'avais rencontré pour la première fois et je suis très heureuse qu'il ait répondu à mon invitation.

J’aimerais répéter que la Grèce, comme elle l’a d’ailleurs prouvé lors de sa présidence du Conseil de sécurité des Nations Unies en septembre dernier, continuera de déployer des efforts en faveur de la paix et de la stabilité de la région.

J’ai également assuré au Président Abbas que la Grèce soutiendra ces positions lors du prochain Conseil Affaires générales de l’Union européenne, dont l’un des principaux thèmes sera la question palestinienne.

J’aimerais également souhaiter la bienvenue au ministre des Affaires étrangère, avec qui j’aurais dorénavant une communication directe. Bienvenue en Grèce.

M. M. ABBAS J’aimerais remercier Mme Bakoyannis de tout mon cœur.  Je vous remercie beaucoup pour les bons mots que j'ai entendus aujourd'hui et que j'approuve pleinement. J’ai eu l’honneur de vous recevoir à Amman, mais j’ai aussi eu l'honneur d'être reçu par vous à New York au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Cette rencontre est la troisième, Mme la ministre, et je suis sur qu’elles sera suivie de beaucoup d’autres car les relations gréco-palestiniennes et l’amitié qui unit nos peuples remontent à l'antiquité.

Madame la ministre, jamais nous Palestiniens n’avons ressenti la nécessité de déployer des efforts particuliers pour convaincre les Grecs du bien-fondé de ce dossier, car le peuple grec et la Grèce ont toujours été les défenseurs des causes justes de tous les peuples. Par ailleurs, la Grèce a toujours été un fervent défenseur de notre cause juste en faveur d’un règlement équitable de notre question nationale pour le maintien de la paix dans notre région.

Vous n’êtes pas sans savoir que récemment l’Accord conclu à la Mecque a donné lieu à la formation d’un gouvernement d’unité nationale. Le programme de ce gouvernement a été publié et correspond, à notre sens, aux attentes de tous et peut être accepté par vous - et il l'a d'ailleurs été.

Un autre développement récent important a été le Sommet des Etats arabes qui a permis de réaffirmer l'initiative de paix arabe qui avait été adoptée pour la première fois au Sommet de Beyrouth en 2002. J'ai le sentiment que toutes les conditions ont été remplies et que nous pouvons maintenant avancer vers la mise en oeuvre de la vision du Président Bush et du Quartet sur la création d'un Etat palestinien indépendant vers la solution des deux Etats.

C’est dans ce contexte que s'intègrent nos rencontres avec le Premier ministre d'Israël, M. Olmert, avec lequel nous avons abordé des questions relatives à la vie quotidienne des Palestiniens, ainsi que des questions qui peuvent - nous l'espérons - contribuer à trouver une solution.

J’aimerais exprimer publiquement nos remerciements à l'Union européenne dans son ensemble, et tout particulièrement à la Grèce et au gouvernement grec. J'aimerais adresser un appel à l’Union européenne pour qu’elle lève l’embargo qui a été imposé à notre peuple. La poursuite de l’embargo n’aura pour seul effet que de favoriser la montée de l’extrémisme.  Etant donné que nul ne souhaite soutenir le développement de l’extrémisme, nous pensons que le peuple palestinien devra être aidé à vivre une vie normale, en vue d’une normalisation de la situation.

Mme la ministre, j’aimerais à nouveau, à titre personnel et au nom de la délégation qui m’accompagne vous remercier chaleureusement du grand honneur que vous m’avez fait en me rencontrant et de la joie que vous m’avez procuré, en espérant que nous nous reverrons bientôt.

JOURNALISTE: Que pensez-vous, Monsieur le Président, de l’initiative prise aujourd'hui par Israël d’inviter le roi de Jordanie à prononcer un discours devant le parlement israélien concernant l'initiative de paix arabe? Par ailleurs, pourquoi dans le cadre de votre tournée européenne n’êtes-vous pas passés par Berlin, l’Allemagne étant la présidente en exercice de l’Union européenne.

M. M. ABBAS Il s'agit de la seconde partie de ma tournée européenne. Dans la première partie, je m'étais tout naturellement rendu à Berlin et à Londres. Nous n’entendons exclure aucun pays de nos tournées, qui plus est un Etat membre de l’Union européenne car nous voulons entretenir des relations exceptionnelles avec tous les pays.

Pour ce qui est de la première partie de votre question, le sommet arabe a décidé de la formation d’un comité interministériel, qui, à son tour, a décidé la visite de délégations dans différents pays, ce que nous trouvons tout à fait logique.

En ce qui concerne l’initiative que vous mentionnez concernant cette invitation, je n'ai aucune information.

JOURNALISTE: Madame la ministre, comment Athènes entend-elle poursuivre ses efforts afin de montrer son intérêt concret pour la question palestinienne et les autres questions relatives au Moyen-Orient ? Et en quoi devront consister les efforts de la communauté internationale pour être couronnés de succès ?

MME BAKOYANNIS La Grèce a, à maintes reprises, réitéré à des amis et partenaires de l’Union européenne que l’initiative de paix devra être renforcée par l’Europe. L’Europe devra parler d’une seule voix, consentir des efforts efficaces, car la Grèce pense que le coeur du problème au Moyen-Orient est la question palestinienne, ce que j’ai eu l’occasion de dire à plusieurs reprises.

Mais nous devons avoir une présente concrète, politique et économique, pour aider le peuple palestinien et le processus de paix. Le moment est propice. Les rencontres entre le Président Abbas et le Premier ministre Olmert vont dans ce sens et c’est dans ce sens que nous devrons travailler ensemble.

JOURNALISTE: Considérez-vous l’initiative arabe comme une déclaration de principes ou un plan de paix ?

M. M. ABBAS Il s’agit d’une déclaration de principe qui conduit à la paix. Il s’agit d’une initiative proposée par les pays arabes pour être négociée et discutée. C’est une initiative équilibrée qui demande à Israël de se retirer des territoires occupés depuis 1967 ; en contrepartie, 57 pays islamiques et arabes sont disposés à normaliser leurs relations avec Israël.

Je pense que cette initiative est particulièrement importante et nécessaire pour parvenir à la paix au Moyen-Orient.

JOURNALISTE: Monsieur le Président, votre visite en Europe vise plusieurs objectifs. D’une part, vous voulez les convaincre de lever l’embargo imposé au peuple palestinien, d’autre part que l’aide économique européenne vers les Palestiniens reprenne. Dîtes-nous quels objectifs positifs ont été atteints à ce jour dans cette tournée ?

M. M. ABBAS En effet, toutes ces questions que vous avez mentionnées ont été abordées lors de toutes nos rencontres avec les dirigeants européens à ce jour : l’embargo, l’aide économique, le gouvernement d’unité nationale et l’initiative de paix arabe. Ces questions ont suscité un écho positif auprès de tous nos interlocuteurs. Nous espérons avoir bientôt une réalisation concrète de cette réponse positive.

JOURNALISTE: Monsieur le Président, Mme la ministre s’est référée à la libération d'un soldat. Je voulais savoir s'il y a des développements à ce sujet et si le journaliste de la BBC est en vie ?

M. M. ABBAS Interrogé hier sur le sort du journaliste britannique, j'ai répondu qu’il était en vie et que nous déployions des efforts en vue de sa libération. En ce qui concerne le sort du soldat israélien, nous déployons, là aussi, des efforts en vue de sa libération car nous voulons qu’il soit libéré et aille rejoindre sa famille. Dans un même temps, toutefois, il y a 10 000 détenus palestiniens, qui ont le droit – tout comme nous – de demander à être libérés.

MME BAKOYANNIS Merci.

 





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