Athènes, le 19 juin 2007
Mesdames et messieurs,
Chers amis,
En ce 6ème anniversaire de la Journée mondiale des Réfugiés il y a plus de 20 millions de personnes déplacées.
Des personnes déplacées non par choix, mais par nécessité. Pour survivre et fuir des situations qui, à nos yeux dans le monde développé, paraissent inconcevables : affrontement armés, conflits civils, violence du régime établi, absence de liberté, discriminations et persécutions. C’est par crainte pour leur vie que les réfugiés abandonnent leur pays, leurs biens et leurs familles.
Dans ce contexte actuel complexe de déplacement des personnes, les réfugiés ne sont pas toujours envisagés comme un cas particulier. Ils se mêlent à d’autres populations déplacées et par conséquent une confusion se créé quant aux raisons qui ont obligé ces personnes à fuir leur pays. En conséquence, les gouvernements et les citoyens du pays d’accueil ont du mal à évaluer les différends cas.
Des explications à ce phénomène peuvent être données.
Différents types de populations déplacées utilisent souvent les mêmes réseaux et itinéraires.
En outre, les réfugiés sont exposés non seulement à des dangers, mais sont aussi confrontés à des problèmes de survie économique. Un homme persécuté ne peut pas travailler. Il se cache. En analysant cette question de façon superficielle et simpliste, on pourrait soutenir que les raisons de la fuite sont plutôt la pauvreté que la persécution.
Une troisième raison est l’impossibilité de trouver et de vérifier les informations concernant l’identité des citoyens qui proviennent des pays dévastés. Fatalement, les réfugiés portent la charge de la preuve de leur histoire et souvent la procédure se complique et prend du temps. L’absence de données crédibles constitue une question épineuse pour les pays d’accueil qui s’efforcent d’être justes et efficaces. Il est très important que les autorités du pays d’accueil surtout suivent de près les évolutions internationales. Il est également important que des politiques qui conduisent à la dégradation du phénomène de la migration clandestine soient évitées.
Pour toutes ces raisons, la lutte contre le problème des réfugiés, au niveau national et international, n’est pas facile à mener et doit allier sensibilité, efficacité et action préventive.
Tout d’abord, la sensibilité parce que les réfugiés ont des besoins accrus et nécessitent une protection spéciale. Cette protection n’est pas affaire de bonnes intentions, c’est un droit. Toutefois, ce droit n’est pas reconnu par tous.
Et c’est là qu’intervient le deuxième paramètre, l’efficacité afin que cette protection soit accordée de manière uniforme, systématique, objective et, par conséquent juste à tous ceux qui en ont besoin, sans exclusions ni abus du système. Les réfugiés doivent être traités selon leurs besoins particuliers et non selon leur pays d’origine ou encore le pays d’accueil.
Les conditions et critères nécessaires à la fourniture de protection doivent être communs à tous. Les actions entreprises par l’Union européenne vont dans ce sens et visent à un traitement plus juste des réfugiés ainsi qu’à une répartition plus équitable de la charge entre les Etats membres de sorte que les régions frontalières de l’Union ne soient pas affectées.
Troisièmement, l’action préventive est nécessaire afin que nous puissions lutter contre les causes profondes du problème.
Le réfugié est la conséquence de plusieurs échecs : la coopération au développement, la diplomatie et les consultations. Lorsque la communauté internationale n’intervient pas en temps utile pour prévenir les crises, lorsque la protection des droits de l’homme n’est pas systématiquement assurée ou encore lorsque le développement n’est pas encouragé, les hommes ont toutes les raisons de s’exiler. Face au nombre de réfugiés que compte le monde aujourd'hui, plus de 20 millions, nous ne pouvons rester sans réagir. Il faut regarder la réalité en face : en Irak, au Tchad, au Darfour et dans d’autres régions du monde, nous récoltons les conséquences de notre échec au niveau mondial.
Chers amis,
Pour des raisons de justice et de dignité, nous, les Grecs, avons fait preuve de solidarité envers les réfugiés. Plus spécifiquement, en ce qui concerne les questions relatives à l’accès à l’emploi, à l’éducation, à la santé et à la prévoyance. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de nos frontières.
Notre effort devra être conscient, permanent et systématique. La question des réfugiés n'est pas une affaire personnelle. C’est une question qui nous concerne tous.
Dans ce cadre, la Grèce, à travers le ministère des Affaires étrangères :
- A fourni et continu de fournir d’importantes ressources pour le soutien des réfugiés, notamment, par l’intermédiaire du Haut Commissariat des Nations Unies. Pendant la période 2004-2006, la contribution de la Grèce s'élevait à plus de 7,5 millions de dollars. Cette année, notre contribution s’élève d’ores et déjà à 1,8 millions d’euros et nous affecterons 250.000 euros supplémentaires à des programmes du Haut Commissariat concernant 4 pays d’Afrique.
- Met en valeur le système des Nations Unies en vue de satisfaire, de façon directe, globale et spécialisée, les besoins particuliers des réfugiés, comme par exemple le Programme alimentaire mondial de l’ONU.
- Assure au niveau interne la promotion de l’information et la sensibilisation des citoyens. En automne, le ministère grec des Affaires étrangères engagera une coopération plus spécialisée avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. A travers des campagnes d’information spécialisées et des actions ciblées, ces deux institutions entendent promouvoir les questions liées aux réfugiées à travers le monde, sensibiliser les citoyens et affecter des ressources à des programmes bien précis.
- A l’étranger, dans le cadre du Réseau de sécurité humaine, notre pays, qui exerce la présidence actuelle, assure la promotion d’un dialogue au niveau mondial sur les conséquences du changement climatique, qui est lié à la sécurité humaine et régionale. L’intérêt accru de la présidence grecque est axé sur les effets du changement climatique sur les groupes de populations vulnérables : les femmes et les enfants. L’objectif est double : éveiller la vigilance de la communauté internationale et prendre des mesures visant à prévenir de nouveaux déracinements.
Mesdames et messieurs,
En dépit des nombreuses réalisations qui ont été faites, il reste encore beaucoup à faire.
Que cette journée mondiale des réfugiés soit non seulement une journée consacrée à la réflexion, à la pensée créative pour la protection des réfugiés, mais pose aussi les jalons d'une action future, et ce, tout au long de l'année.
Ces manifestations de trois jours, qui se déroulent dans un lieu que j’affectionne particulièrement, sont un échantillon de la force et de la dynamique des réfugiés.
Qu'elle nous serve d'exemple et soit mise en valeur.