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Athènes, le 16 décembre 2006

JOURNALISTE : Bienvenue au ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Stylianidis. Bonjour monsieur le ministre adjoint.

 M. STYLIANIDIS: Bonjour. Comment allez-vous ?

           

JOURNALISTE:   Bien. 2006 est l’année de l’ouverture de la Grèce aux pays arabes. Il y a quelques jours, la mission grecque était à Amman où des accords importants ont été conclus. Pourriez-vous nous dire quels sont ces accords, en quoi consistent-ils, quel est leur objectif et que signifient-ils pour la Grèce ?


M. STYLIANIDIS: 2006 a été proclamée année de l’ouverture de la diplomatie économique grecque au monde arabe et je pense que, après le forum gréco-arabe qui s’est tenu en Grèce en septembre sous l’égide du ministère des Affaires étrangères avec la participation de 22 Etats arabes,  le premier tour de contacts a été couronné de succès.

Avec le Président de la République hellénique, nous avons visité Oman et les Emirats arabes unis et par la suite j’ai visité le Kuweit avec une délégation d’hommes d’affaires. Ce tour de contacts s’est achevé par notre récente mission d’affaires en Jordanie.

Les accords bilatéraux qui ont été conclus créent le cadre institutionnel approprié pour renforcer les échanges commerciaux et attirer des touristes mais aussi, j’ose espérer, des investissements.

Lors de la dernière mission en Jordanie, près de 50 hommes d’affaires grecs ont eu l’opportunité de rencontrer 150 hommes d’affaires jordaniens et par l’intermédiaire de ces contacts, des accords commerciaux ont été conclus qui, à mon avis, donneront un nouvel élan aux exportations grecques vers ce pays dont l’ambition est de devenir la porte d’accès des produits en provenance de la Grèce et à destination de l’Irak et de l’Arabie saoudite.

 

JOURNALISTE:    Pour parler plus simplement, cela signifie que ces ouvertures sont dans l’intérêt des deux pays et bien entendu…


M. STYLIANIDIS: Sans aucun doute.


JOURNALISTE: Oui, et l’intérêt est mutuel. Et il ne faut pas oublier que ces coopérations ne concernent pas seulement la Jordanie et le Moyen-Orient, mais aussi les Balkans. N’est-ce pas ? Tout cela s’inscrit dans le cadre d’un programme bien défini.

 

M. STYLIANIDIS:   Nous avons présenté toutes les capacités de la Grèce à devenir une porte d’accès vers ce marché.  En outre, nous avons présenté aux acteurs arabes concernés les réseaux que nous avons construits, tant au niveau des services bancaires qu’à celui des infrastructures, et bien entendu le programme du Plan grec sur la reconstruction économique des Balkans que nous avons relancé après un retard de trois années. L’un des premiers résultats importants de ce programme est la construction de l’axe 10 qui reliera le port de Thessalonique à Skopje et à Belgrade.

Le projet y relatif a été approuvé. Mes collègues l’ont présenté ici, à Athènes au ministère des Affaires étrangères en présence du ministre serbe des relations économiques extérieures M. Parivodic. Ce projet a bien entendu été reçu favorablement par les pays des Balkans occidentaux qui espèrent, à travers cette voie, développer leur commerce et leur tourisme. Certes, cela sera également très important pour la Grèce car le port de Thessalonique deviendra un port vivant, la porte d’accès des produits vers cette région.

 

JOURNALISTE:      Existe-il un délai spécifique pour ce qui est du lancement de ce projet ?


M. STYLIANIDIS:   Le coût total de ce projet s’élève à plus de 400 millions d’euros, près de 460 euros. La participation grecque est de l’ordre de 150 millions d’euros. Nous espérons que dans le courant de l’année 2007 et notamment au cours du premier semestre, le gouvernement serbe sera en mesure de soumettre le projet à un appel d’offres.

 

La somme que nous devrons verser à l’avance est déjà assurée. Nous avons recommandé la société Egnatia S.A comme conseiller technique et probablement dans un deuxième stade, comme gestionnaire du projet, communicant ainsi le lancement de ce projet aux entreprises de construction grecques et nous attendons que la partie serbe nous donne le feu vert afin que le processus démarre.

 

JOURNALISTE : Bien.  Il y a une question intéressante qui concerne l’élargissement. Je parle de la réunion au Sommet à Bruxelles. Comme nous avons pu le lire aujourd’hui dans la presse, un frein est désormais mis à l’élargissement et l’approfondissement est au ralenti. Que pensez-vous des inquiétudes suscitées au sein de l’Europe pour ce qui est de l’avenir de la construction européenne ?


M. STYLIANIDIS : Je crois que l’Europe a dès le début commis une erreur importante en pensant qu’elle pourrait effectuer parallèlement l’élargissement et l’approfondissement. L’Europe a fait des pas importants vers l’élargissement, que la Grèce a bien entendu soutenus mais elle n’a pas avancé suffisamment dans le domaine de l’approfondissement. En conséquence, ce système qui avait été prévu pour 15 Etats membres, en accueillera deux nouveaux en janvier, élevant ainsi le nombre de pays membres à 27.

Je pense que la décision de la présidence allemande de mettre l’accent sur la promotion de l’approfondissement que les référendums en France et aux Pays Bas ont bloqué,  est très importante.  Toutefois, en ma qualité de ministre adjoint des Affaires étrangères, je pense que nous devons à un moment donné, le moment opportun, insister sur l’élargissement en ouvrant la porte de l’Europe aux pays des Balkans occidentaux.

JOURNALISTE:   Bien. Un de nos auditeurs a posé une question relative au parcours de la Turquie - le message a bien entendu été transmis depuis Bruxelles et la Grèce - à savoir, pense-t-on que la Turquie remplira les critères posés par l’UE au fil du temps ? Est-on optimiste ?

M. STYLIANIDIS: Il est très difficile de faire des prévisions s’agissant de ce genre de questions.  Quoi qu’il en soit, je pense que le climat préélectoral ainsi que la prolongation de la période préélectorale ne favorisent pas le progrès de la Turquie. Je pense que les dirigeants turcs doivent comprendre, tout comme le peuple turc, que l’Europe ne fait pas de « réductions ». L’Europe a fixé les conditions et attend une réaction positive. Quand cette réaction se manifestera, la Grèce soutiendra bien entendu vivement la perspective européenne du pays voisin. Toutefois des « réductions » en matière de principes et de valeurs ne peuvent pas être faites. Car nous n’avons pas l’intention de « turquifier » l’Europe mais au contraire « d’européaniser » la Turquie pour son bénéfice, cela doit être clair.


JOURNALISTE:   Oui, vous avez raison. Nous vous remercions pour toutes ces informations et vous souhaitons une bonne journée.

M. STYLIANIDIS:   Merci à vous. Bonne journée





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