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  Mardi 17 avril 2007

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Bonjour. Ces prochains jours, l'activité diplomatique sera intense avec toute une série de rencontres, de visites et la participation de la Grèce à des réunions internationales au niveau des ministres des Affaires étrangères. J’aimerais donner les grandes lignes de ce programme d’activités, tel qu’il se profile à fin avril.

 

Demain, mercredi 18 avril à 19h00, la ministre des Affaires étrangères, Mme Dora Bakoyannis aura un petit-déjeuner de travail avec son homologue du Sri Lanka, M. Rohitha Bogollagama, qui effectue une visite de travail dans notre pays. Cette rencontre sera suivie de déclarations à la presse. Les principaux thèmes abordés lors de ces entretiens seront les relations politiques bilatérales Grèce - Sri Lanka, le développement des relations économiques, avec notamment les questions de coopération et d’aide au développement.

 

A 11h00, Mme Bakoyannis aura une rencontre avec le Représentant spécial des Nations -Unies au Kosovo, M. Ruecker, qui visite notre pays afin de participer, en tant qu’orateur, à une conférence et, suite à sa demande, il sera reçu par la ministre des Affaires étrangères.

 

Jeudi 19 avril, la ministre des Affaires étrangères se rendra à Belgrade en vue de participer à la conférence ministérielle de l'Organisation pour la Coopération économique de la Mer Noire (CEMN). Cette conférence est organisée par la Serbie, présidente en exercice de l’Organisation pour ce semestre, qui passera le relais à la Turquie.

 

La conférence ministérielle passera en revue tous les thèmes qui préoccupent l’Organisation. Notre pays attache une importance particulière au rapprochement de la CEMN avec l’UE. Plus spécifiquement, nous soutenons l'octroi de statut d'observateur à l'Union européenne. En outre, les pays membres de la CEMN signeront l’Accord sur la construction de la route périphérique autour de la Mer Noire, la fameuse « route des Argonautes ».

 

En marge de la conférence, la ministre des Affaires étrangères devrait avoir des rencontres avec les dirigeants politiques et gouvernementaux de la Serbie. Plus spécifiquement, elle rencontrera le Président de la Serbie, M. Tadic et le ministre des Affaires étrangères, M. Draskovic. Par ailleurs, une rencontre de la ministre avec son homologue russe, M. Lavrov est prévue.

 

Ce même jour, Mme Bakoyannis se rendra à Rhodes en vue de participer à la conférence de deux jours des ministres des Affaires européennes des Etats membres de l'Union portant sur la Nouvelle politique de l'Union européenne pour la mer (19-20 avril). La ministre des Affaires étrangères prononcera une allocution d’ouverture, le 20 avril au matin.

 

Lors du précédent point de presse, vous avez été informés des principaux points de cette conférence intitulée «La nouvelle politique de l’Union européenne pour la Mer, qualité de vie et sécurité dans les régions côtières». Pour ce qui est des participants à la conférence, en plus du Commissaire compétent, M. Borg, tous les pays de l’Union européenne seront représentés au niveau ministériel et au niveau des hauts fonctionnaires.

 

Le vendredi 20 avril à 12h15, une conférence de presse aura lieu.

 

Samedi 21 avril, dans l’après-midi, la ministre des Affaires étrangères aura une rencontre au ministère des Affaires étrangères avec le Président de l’autorité palestinienne, M. Abbas, qui effectue une visite dans notre pays sur invitation de Mme la ministre. Dans un même temps, cette visite s’inscrit dans le cadre d'une tournée qu'il effectue depuis hier dans des pays européens, dont la France, la Suisse, l’Italie, la Suède, la Pologne, la Bulgarie et la République tchèque.


En ce qui concerne cette rencontre, j’aimerais souligner l’intérêt grec marqué, comme vous le savez, pour le problème palestinien et la situation au Moyen-Orient. Cet intérêt s’est manifesté de façon claire en été dernier et pendant l’automne, lorsque notre pays s'est fortement mobilisé pendant la crise au Liban et aussi dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations Unies, pendant la présidence grecque, lorsque celle-ci a organisé une réunion portant sur le conflit israélo-arabe.

 

La visite de M. Abbas et sa rencontre avec Mme la ministre a lieu à une période particulièrement importante : d’une part, l’Accord de la Mecque signé récemment et portant sur la création d’un gouvernement d’unité nationale sur les territoires palestiniens. D’autre part, l’adoption récente de la Déclaration de Riyad, qui place à nouveau sous les feux des projecteurs la proposition arabe en faveur de la résolution du conflit. Ou encore la récente rencontre de M. Abbas avec M. Olmert. Comme vous le savez, ces rencontres sont désormais fréquentes, puisque M. Abbas et M. Olmert se voient tous les 15 jours environ.

 

La semaine prochaine, lundi 23 avril, la ministre des Affaires étrangères participera au Conseil Affaires générales et Relations extérieures (CAGRE) qui se tiendra à Luxembourg. Les points de l’ordre du jour seront, entre autres, l’Organisation mondiale du Commerce, le Sommet Union européenne – Etats-Unis, le Conseil de coopération Union européenne - pays du Golfe, les Balkans occidentaux et autres sujets, dont vous serez informés soit par écrit, soit lors d’un prochain point de presse. Par ailleurs j'aimerais souligner qu'en marge de la session de ce Conseil aura lieu la rencontre de la Troïka de l’Union européenne avec la Russie et le Conseil d’Association Union européenne – Liban.

 

Mardi 24 avril, la ministre des Affaires étrangères devrait rencontrer son homologue slovène, qui se trouvera dans notre pays dans le cadre de la visite officielle en Grèce du Premier ministre slovène.

 

Le même jour, une rencontre entre Mme Bakoyannis et le ministre adjoint britannique des Affaires étrangères, M. Hoon, suite à la demande de ce dernier, aura lieu. A l’issue du CAGRE, M. Hoon a prévu de se rendre à Athènes. Puis à Nicosie, le jour suivant.

 

Enfin, les 26 et 27 avril, la ministre des Affaires étrangères participera à la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN qui a lieu à Oslo. Les principaux thèmes de cette rencontre seront l'Afghanistan, le Kosovo, l'élargissement de l'OTAN et la préparation de la conférence au sommet de 2008.

 

…………………….

 

En ce qui concerne les activités de MM. les ministres adjoints des Affaires étrangères :

 

Jeudi 19 avril, le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Valinakis se rendra à Rhodes afin de participer à la réunion des ministres des Affaires européennes des Etats membres de l'Union européenne portant sur la Nouvelle politique de l'Union européenne pour la mer. En marge de la conférence, M. Valinakis aura une rencontre privée à 18h00 avec le Commissaire à la pêche et aux affaires maritimes, M. Joe Borg et à 18h30 il rencontrera le ministre adjoint de la Défense nationale et des Affaires maritimes du Portugal, M. Joao Mira Gomes.

 

Lundi 23 avril, M. Valinakis sera à Luxembourg pour participer aux côtés de la ministre des Affaires étrangères, Mme Bakoyannis aux travaux du Conseil Affaires générales et Relations extérieures de l’Union européenne (CAGRE).

 

Mercredi 18 avril 2007 à 11h45, le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Stylianidis rencontrera le ministre des Affaires étrangères du Sri Lanka, M. Rohitha Bogollagama au ministère des Affaires étrangères. Jeudi 19 avril, il accompagnera la ministre à la réunion ministérielle du CEMN qui se tiendra à Belgrade. Le même jour, à 15h00, M. Stylianidis assistera au démarrage des camions qui, dans le cadre du « Black Sea Ring Highway Caravan », quitteront Belgrade le 19 avril pour parcourir tous les pays de la Mer Noire, à l’occasion de la signature de l’Accord sur la construction de la route périphérique autour des pays de la Mer Noire (Route des Argonautes) par les pays membres de la Coopération économique de la Mer Noire.

 

Enfin, pour ce qui est du programme de M. Kassimis. Mercredi 18 avril, le ministre adjoint offrira un déjeuner de travail à la délégation de l’AIPAC - American Israeli Public Affairs Committee. 

 

…………………….

 

Dans mon introduction, je me suis référé à l’activité diplomatique qui sera intense ces prochains jours; j’aimerais également dire que la visite de la ministre des Affaires étrangères en Chine a été finalisée et aura lieu dans la première dizaine – début de la deuxième quinzaine de mai. De nombreuses rencontres et activités sont prévues. La ministre des Affaires étrangères a fait part de son intention d’effectuer toute une série de visites au Moyen-Orient vers la fin de la première dizaine - début de la deuxième dizaine de juin.

 

Vos questions s’il vous plait.

 

…………………….

 

M. MAVRIDIS : Vous avez dit que M. Hoon après la rencontre viendrait à Athènes le 24 avril et que par la suite, dans la semaine il se rendrait à Nicosie ? Quand est-ce que M. Hoon se rendra à Nicosie ?


M. G. KOUMOUTSAKOS: La visite à Athènes est prévue pour le 24 avril et la semaine d’après il se rendra à Nicosie.


M. MAVRIDIS : La ministre le rencontrera-t-elle donc au Luxembourg et par la suite à Athènes ?

 

M.G. KOUMOUTSAKOS : Non, la rencontre au Luxembourg aura lieu dans le cadre du Conseil Affaires générales et Relations extérieures. J’ai tout simplement parlé de la coïncidence temporelle, à savoir que tout de suite après le Conseil Affaires générales, M. Hoon effectuera une visite à Athènes.

 

M. MELETIS : Monsieur le porte-parole, est-ce que le ministère grec des Affaires étrangères et le ministère de la Défense ont l’intention de suivre le conseil du secrétaire d’Etat adjoint des Etats-Unis qui était en Grèce il y a quelques jours et est-ce que vous avez demandé une nouvelle planification de l’exercice, qui inclurait l’île d’Agios Efstratios. Quand est-ce que cet exercice aura lieu ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Aussitôt que nous aurons des informations relatives à ce sujet nous les transmettrons.

 

M. MELETIS : Quand devrait-il avoir lieu ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : Je ne peux à l’heure actuelle vous donner une date précise.

 

M. MELETIS : Est-ce que nous avons demandé une date et attendons la réponse de la part de l’OTAN ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : j’ai donné une réponse.


M. MELETIS : Ma question est claire. Avez-vous demandé que le déroulement de l’exercice et attendez une réponse ou bien est-ce qu’on n’a pas encore soumis une demande ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je pense que ma réponse indique bien la façon dont cette question est gérée. Aussitôt qu’une date sera fixée elle vous sera communiquée.

 

M. MELETIS: Est-ce que vous avez fait la demande ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Dès qu’une date précise sera arrêtée, elle sera communiquée.

 

M. MELETIS: Vous ne répondez donc pas à ma question, à savoir si une demande y relative a été formulée ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: J’estime avoir répondu à votre question.

 

M. MELETIS: Non, monsieur le porte-parole, vous n’avez pas répondu à ma question. Je vous demande si vous avez formulé une demande pour le déroulement de cet exercice et vous me répondez que si exercice il y a, un communiqué sera fait.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Je n’ai pas dit « si », j'ai dit « quand».

 

M. MELETIS : Je peux donc supposer que la demande n’a pas été formulée mais qu’à un moment donné la date du déroulement de l’exercice peut être communiquée.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Vous êtes tout à fait libre de faire vos propres suppositions, c’est votre droit, je ne le conteste pas.

 

M. SANTAMOURIS: Est-ce que des rencontres de la ministre sont prévues sur cette question en marge de la réunion informelle de l’OTAN? Ou bien ces rencontres auront lieu dans un proche avenir ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Ces rencontres auront lieu dans un proche avenir. Comme vous le savez, pour ce qui est de cet exercice - et notamment de la question relative à la position infondée de la Turquie sur le statut de démilitarisation de l’île d’Agios Efstratios- des déclarations ont été faites à maintes reprises par la partie grecque qui reflètent précisément la manière dont cette position de la Turquie qui est contreproductive et sans fondement juridique  est envisagée.

 

M. POLATOS : Vous dites Monsieur le porte-parole que l’attitude de la Turquie est actuellement contreproductive et sans fondement juridique, qu’attend le ministère des Affaires étrangères de la rencontre qui aura lieu à Thessalonique entre le chef de l’état-major et son homologue turc ? Deuxième question : Est-ce que vous pensez que le comportement de la Turquie s’agissant des interceptions d’appareils grecs à l’intérieur du FIR d’Athènes s’inscrit dans le cadre de la période électorale dans le pays voisin ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Pour ce qui est des rencontres entre les chefs de l’état-major des pays des Balkans, comme vous le savez probablement, il s’agit d’une initiative importante et utile entreprise par le chef grec de l’état-major. Comme vous le comprenez, je ne peux aborder plus amplement cette question car elle concerne des activités du ministère de la Défense.

 

En ce qui concerne la question relative au comportement de la Turquie en Mer Egée, l’activité actuelle mais aussi précédente de la Turquie – car comme vous le savez, cette pratique turque en Mer Egée date depuis très longtemps- est suivie de près avec une grande attention et est évaluée en détail par les deux ministères qui travaillent ensemble sur ce dossier, tant au niveau opérationnel que diplomatique.

 

Vous avez parlé d’interceptions. Les informations communiquées par le  ministère de la Défense nationale et qui proviennent de sources sures ne confirment pas les articles publiés dans la presse faisant état d’interceptions ou de vols de reconnaissance.  En fait il y a eu durant une période spécifique de trois jours, à savoir la deuxième quinzaine de mars, une pratique de rapprochement d’avions grecs par des avions turcs. Des vols et des rapprochements qui n’étaient ni des vols de reconnaissance ou d’interception.

 

Comme je l’ai déjà affirmé, cette pratique turque s’inscrit dans le contexte général relatif à la manière dont l’activité turque en général en Mer Egée est envisagée; il s’agit d’une question qui est suivie de près, évaluée et envisagée tant au niveau opérationnel que diplomatique.

 

Mme KOURBELA : Monsieur Koumoutsakos, lorsque la ministre visitera la Chine sera-t-elle à la tête d’une mission économique ? Autrement dit, la visite aura-t-elle un caractère plutôt économique que politique ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Il s'agit d’une approche globale des relations gréco-chinoises qui sont particulièrement développées.

 

Mme KOURBELA : Une autre question relative au Sommet UE - Etats-Unis : y a-t-il d’autres sujets que la Grèce voudrait aborder lors de ce Sommet ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La thématique de ce sommet est définie par la présidence. Les relations entre l’Union européenne et les Etats-Unis sont un chapitre très important et c’est la manière dont la partie grecque le perçoit.

 

M. MAVRIDIS : Etes-vous au courant des vidéos d’origine douteuse qui circulent sur Internet et qui montrent des combattants de l’« Armée de libération de la Tsamouria » entrain de présenter des cartes sur lesquelles une grande partie des régions d’Epire et de Thesprotia sont représentées comme faisant partie de la Tsamouria. Par ailleurs, ces soldats appellent les Grecs, par le biais de menaces, à « ouvrir les oreilles » et à libérer ces régions, sinon des grands malheurs s’abattront sur les Balkans. Etes-vous au courant de cette question et si tel est le cas, qu’en pensez- vous ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Compte tenu de l’origine et de la crédibilité douteuse de ces messages diffusés sur l’Internet ou ailleurs, il me paraît inopportun de réitérer notre position ferme. Ces questions ont été réglées par l’Histoire et les traités internationaux. Une telle question ne se pose pas. Tout comme il n’est pas question de souveraineté grecque et de droits souverains grecs.

 

M. MELETIS : Je voudrais poser une question relative à un article publié dans le journal « Paraskevi +13 » faisant état des contacts qu’aurait eus l’Ambassadeur de Russie à Athènes. Quelle est la position du ministère des Affaires étrangères sur la question relative à l’Estonie, à la violation des droits de la minorité russe ainsi qu’au différend créé suite à la volonté du gouvernement estonien de détruire un symbole, un monument dédié aux victimes de la Seconde guerre mondiale.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Comme c’est le cas dans des incidents similaires, nous soutenons que l’Histoire ne peut  et ne doit pas servir de prétexte, dans l’Europe moderne, pour influencer de manière négative le parcours des relations bilatérales entre les Etats. Ce principe général est aussi valable dans ce cas.


M. MELETIS :  D’après l’article, un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères lors de sa rencontre avec l’Ambassadeur de Russie, aurait dit à ce dernier que ces questions devaient être discutées avec les Etats-Unis et non avec la Grèce. Le démentissez-vous ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne prends pas position quand il s’agit d’articles publiés dans la presse et surtout lorsque ceux-ci se réfèrent à des soi-disant  discussions ou affirmations d’un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères, etc. Par conséquent, je n’ai pas de commentaire sur cette question.

 

M. PAPATHANASSIOU : Il semblerait que la diplomatie grecque participe plus activement aux questions relatives au Moyen Orient, ce qui est d’ailleurs attesté par la visite en Grèce de M. Abbas. Qu’attend Athènes de cette rencontre entre M. Abbas et les dirigeants politiques grecs et qu’attend la diplomatie grecque ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La diplomatie grecque souhaite, à travers cette visite, souligner et réitérer l’intérêt actif de la Grèce afin que des pas importants soient faits dans la question palestinienne qui, à son sens, est le cœur des questions qui préoccupent le Moyen Orient. Nous avons, à maintes reprises, répété qu’il était très difficile de rétablir la tranquillité et la stabilité en faveur de tous les peuples qui vivent dans cette région.

 

Et deuxièmement, la diplomatie grecque souhaite être informée en détail par M. Abbas sur les évolutions. M. Abbas entreprend des efforts intenses afin que des progrès soient réalisés pour ce qui est de la question palestinienne.

 

M. SANTAMOURIS : Dans le cadre de ce intérêt actif, pour employer vos termes, pour la question du Moyen Orient, la Grèce est-elle disposée à assumer plus d’obligations – ou envisage-t-elle cette possibilité, comme par exemple organiser à Athènes une des rencontres informelles qui se tiennent habituellement entre les Palestiniens et les Israéliens ? Telle est la première question. La deuxième : Que pense le ministère des Affaires étrangères du changement d’attitude des Européens vis-à-vis de la candidature de la Turquie vu les évolutions relatives aux élections présidentielles en France et les contacts qu’a eus M. Erdogan en Allemagne et dans d’autres pays au cours de ces derniers jours ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je commencerais par la deuxième question. La position grecque relative à la perspective européenne de la Turquie est une position à caractère stratégique. Cette position est bien connue. Nous avons à maintes reprises affirmé qu’elle se résume en quatre mots : «  à pleine satisfaction, pleine adhésion ».

 

Nous pensons que c’est une politique sincère et réaliste pour ce qui est de la perspective européenne de la Turquie. C’est sur la base de cette position que nous évaluons et, bien entendu, participons à la discussion en cours au sein de l’Union européenne, tant au niveau politique que procédurier.

 

Des élections présidentielles auront lieu en France et nous verrons comment évoluera le débat politique européen sur le parcours européen de la Turquie.

 

La  position grecque, comme je vous l’ai déjà dit, est bien claire, réaliste et sincère.

 

Pour ce qui est de votre première question, il n’y a pas à l’heure actuelle de décision portant sur l’organisation d’une rencontre de ce genre.

 

M. MELETIS : Est-ce que dans le cadre de cet intérêt du gouvernement pour la question du Moyen Orient et de la question palestinienne, notre ambassade à Washington a l’intention d’organiser une manifestation pour les Palestiniens ? Car lorsque l'on voit le programme du semestre passé, on constate qu’un grand nombre de manifestations ont été organisées pour les Juifs avec Israël et l’organisation AIPAC, ce qui a été condamné hier par M. Soros. Est-ce que notre ambassade à Washington entend organiser une manifestation pour les Palestiniens ? Ma deuxième question : Avez-vous un commentaire au sujet de l’arrestation du député européen, M. Matsakis par les autorités britanniques…

 

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Comme je viens de l'annoncer, une rencontre de M. Abbas avec la ministre des Affaires étrangères devrait avoir lieu, qui est une indication claire de la position et de l'opinion de la Grèce s'agissant de la question du Moyen-Orient.

 

Par ailleurs, nos relations avec Israël sont très bonnes, ce qui nous permet de discuter en toute honnêteté et intégrité avec toutes les parties du conflit en cours. Dans ce contexte, il y a aussi des rencontres comme celle du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Kassimis avec l'AIPAC.

 

Nous avons, à maintes reprises, dit que la Grèce agissait de façon à garantir sa crédibilité et la possibilité qu’elle a de discuter ouvertement et en toute honnêteté avec les parties impliquées dans le conflit israélo-arabe au Moyen-Orient.

 

En ce qui concerne l’arrestation de M. Matsakis, il va sans dire que nous condamnons de telles pratiques. Il n’est pas logique que des membres du Parlement européen ou autres institutions législatives, nationales ou internationales, dans le cas présent de l'Union européenne, soient arrêtés. Ce fâcheux incident est fort heureusement clos.

 

M.  SANTAMOURIS : Premièrement, le porte-parole de M. Rehn, Commissaire à l’élargissement, a déclaré que la Commission n'a rien à déclarer à ce sujet, compte tenu du fait que M. Matsakis a été arrêté en dehors du territoire communautaire. Ma deuxième question, qui a sans doute son importance, est que l’Union européenne ne peut intervenir dans des affaires, qu’elle n’a jamais traitées auparavant.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je me suis référé à la position grecque concernant cette question. Cela étant, les positions, les déclarations et les jugements des autres sont jugés.

 

Mme NIKOLAOU : Une question en rapport. En sortant de l’hôpital de Larnaka hier, M. Matsakis a dit que compte tenu du fait que les bases britanniques sont un territoire britannique et non communautaire, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour que les bases soient intégrées à l'Union européenne. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je n’ai pas de commentaire particulier.

 

M.  MAVRIDIS : La semaine passée, le Conseil national de sécurité s’est réuni à Chypre pour discuter de la question relative à la dernière lettre de Talat qui, soi-disant, fait échouer l’Accord du 8 juillet. J’aimerais que vous preniez position à ce sujet et que vous me disiez comment la partie grecque interprète et perçoit ce changement de position de la partie chypriote turque.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La position de la Grèce est ferme et connue depuis très longtemps.

 

Nous pensons qu’une procédure de règlement de la question chypriote doit être engagée. Pour que cette procédure ait des chances de réussir – car personne ne souhaite un nouvel échec – une bonne préparation est nécessaire.

 

L’accord du 8 juillet entre dans le cadre de cette préparation et est, en quelque sorte, un pas en avant vers l’application de l’accord précédent conclu à Paris entre Annan - Papadopoulos. Par conséquent, le cadre existe, il peut et doit être mis en valeur.

 

Le gouvernement chypriote a prouvé qu’il envisageait la procédure en question de façon constructive. Comme vous le savez et comme il a été publié, nous avons à un moment donné été très près de décider la mise en oeuvre de cette procédure, d’engager des contacts entre les groupes de travail et les commissions techniques. Au dernier moment, toutefois, il y a eu retrait de la partie chypriote turque, car elle n'a sans doute pas obtenu le feu vert qui lui était nécessaire pour avancer.

 

M.  SANTAMOURIS : Selon les indications, il ne devrait pas y avoir de développement substantiel quant au dossier de Skopje. Dans ce contexte d’inertie, est-ce que d’autres formes de négociation sont éventuellement examinées, telles que pourparlers, consultations à Athènes et Skopje entre les délégations des deux Etats au lieu du cadre donné par l’ONU ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La procédure dans le cadre de l'Organisation des Nations Unies visant à rechercher une solution mutuellement acceptable à la question du nom est valable. M. Nimetz a reçu un mandat bien précis. Cela étant, il y a certains développements pratiques qui interviennent, sans que cela ne signifie obligatoirement le changement de la forme des négociations, ou du lieu des rencontres, etc.

 

Simplement, je me dois de constater l’existence de deux développements pratiques. L’ambassadeur, M. Vassilakis, qui, depuis des années a participé aux rencontres et aux consultations, est arrivé à la fin de son mandat, en tant que représentant permanent auprès de l'Organisation des Nations Unies. Par ailleurs, du côté de Skopje, M. Dimitrov, qui était jusque il y a quelques mois ambassadeur de l’Ex-République yougoslave de Macédoine à Washington a accompli son mandat. Par conséquent, il faut tenir compte de ces développements pratiques.

 

Cela ne signifie pas – et j’aimerais que ce que je dis ne soit pas mal interprété – qu’un changement est imminent quant à l’évolution de la forme actuelle du processus.

 

M.  MELETIS : M. Vassilakis sera-il toujours coordinateur spécial…

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne possède aucune information de ce genre.

 

M. FOURLIS : Je voulais revenir aux questions gréco-turques. Monsieur le porte-parole, depuis des semaines, des survols ont été signalés, certains l'ont été officiellement par le ministère de la Défense nationale. Je me souviens d’au moins cinq, six cas et je suis certain qu'il y en a plus, car ils ne font pas tous l'objet d'une communication officielle, mais des articles y relatifs ont été publiés hier et aujourd'hui dans les quotidiens « TA NEA» et « ELEFTEROS TYPOS ». Est-ce que vous démentissez ces informations ? Est-ce que vous affirmez que rien de ce qui a été écrit dans les articles d’hier et d’aujourd’hui n’est vrai ? Est-ce que vous affirmez qu’il n’y a rien à commenter, étant donné que ces faits sont enregistrés par le ministère de la Défense ? Avez-vous une jugement à apporter, démentissez-vous tout ce qui a été écrit dans la presse hier et aujourd’hui ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne pense pas que ma réponse puisse donner lieu à une telle interprétation. J’ai dit que les activités turques de ces derniers jours – car comme vous le savez il y a une tactique bien précise avec des hauts et des bas ces dernières années – sont suivies, évaluées et envisagées sur le plan opérationnel et diplomatique. Telle a été ma réponse.

 

J’ai également parlé des informations qui m’ont été communiquées par le ministère de la Défense nationale concernant un point précis des articles parus hier et aujourd’hui dans la presse au sujet des interceptions. J’ai dit que pendant une période de trois jours, du 13 au 15 mars, il y a eu une pratique d’approche d’avions grecs par des avions turcs. Des approches qui n’avaient ni le caractère d'interception, ni de vols de reconnaissance des avions grecs.


Par conséquent, il n’y a pas de démenti total ou quelque chose de ce genre. Au contraire, j’ai commenté un point précis de ces articles.

 

J’aimerais souligner que nos partenaires et alliés nous communiquent en permanence des informations sur les pratiques de la Turquie de cette dernière année notamment. Je rappelle que cela était l’un des principaux thèmes abordés lors des rencontres de la ministre des Affaires étrangères avec des cadres de l’administration américaine lors de sa récente visite aux Etats-Unis.

Pour que cela soit clair pour tous. Le régime de la Mer Egée, la souveraineté grecque et les droits souverains grecs sont définis sur la base du droit international, des traités internationaux, avec avant tout le Traité de Lausanne, et ne sauraient être mis en cause. Aucune contestation n’est possible.

 

M.  MELETIS : Monsieur le porte-parole, des démarches ont-elles été entreprises concernant les activités que vous avez décrites pendant ces trois jours, du 13 au 15 mars ? Et quelle a été la réponse de la partie turque ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Oui, M. Meletis des démarches ont été entreprises ainsi que d'autres actions que je ne mentionnerais pas maintenant. Mais je voulais vous dire qu’il y a eu une présentation diplomatique approfondie et un soutien des positions grecques qui ne peuvent être contestées.

 

M.  MELETIS : Quelle a été la réponse de la Turquie ? Les démarches ont-elles été rejetées ou acceptées ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La réponse de la Turquie n’est pas ma préoccupation.

 

M.  MELETIS : Je n'ai pas dit cela, j’ai demandé si vous pouviez nous communiquer des informations.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je n’ai rien de précis à vous dire à l’heure actuelle.

 

Mme VOUDOURI : Le Premier ministre turc, M. Erdogan dans une interview accordée à un magazine allemand publié hier a, concernant l’Ecole théologique de Halki, affirmé catégoriquement qu’elle n’ouvrirait pas, en ajoutant que si l’Europe n’acceptait pas la candidature de la Turquie à cause de Halki, qu’elle le fasse. Avez-vous un commentaire à faire à ce sujet ? Deuxièmement, est-ce qu’une rencontre de la ministre avec son homologue turc, probablement lors de la réunion informelle des ministres de l'OTAN, est prévue?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Cette position est celle de M. Erdogan. C’est en tant que telle qu’elle est jugée par nous-même et l’Union européenne. Cela étant, l’Union européenne a défini des critères, des préalables et des conditions en ce qui concerne la progression du parcours d'adhésion de la Turquie et la question spécifique de l'Ecole de Halki et de manière générale la question du respect des libertés et droits religieux. Et c’est sur cette base que l’attitude du pays candidat à l’adhésion, en l’occurrence la Turquie, est évaluée lors de ce processus qui est en cours.

 

M.  SANTAMOURIS : Lorsque l’affaire de l’île d’Agios Efstratios a éclaté, nous avions demandé une communication d'informations à l'OTAN, si je me souviens bien, et nous attendions une réponse officielle. Est-ce bien cela, M. le porte-parole?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Oui.

 

M.  SANTAMOURIS : A-t-on reçu cette réponse ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : On devrait la recevoir dans les jours qui viennent.

 

Merci.

 





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