Athènes, le 16 juillet 2007
« La Grèce joue un rôle protagoniste dans les Balkans »
Il ne fait aucun doute que notre époque est caractérisée par la mondialisation des achats et une concurrence internationale féroce. Nous vivons dans un environnement international toujours plus interdépendant au niveau politique, social et économique. Les grands problèmes se sont dorénavant internationalisés et dépassent les frontières nationales. C’est pourquoi, il est nécessaire de renforcer les partenariats tant au niveau des Etats et des organisations, qu’au niveau des peuples et des citoyens. La diplomatie économique constitue un des moyens les plus puissants de promotion des intérêts d’un pays à l’étranger. Il y a trois ans, nous nous sommes fixés un objectif : que la Grèce ne soit pas considérée comme un petit marché de 11 millions de consommateurs, mais qu’elle devienne – et notamment après l’organisation réussie des Jeux Olympiques de 2004-, le centre d’un marché élargi de centaines de millions de consommateurs dans les Balkans, la région de la mer Noire et le monde arabe, c’est-à-dire les pays du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et du Golfe. Au cours de ces trois dernières années, nous avons visité 53 pays au total, avons organisé quelque 30 missions d’affaires pour le Président de la République et le Premier ministre et avons créé 17 comités interministériels mixte, en complétant le cadre institutionnel incomplet, parfois erroné, qui régissait nos relations économiques avec des marchés cibles. Dans l’environnement mondialisé contemporain, la Grèce constitue un important centre d’affaires des Balkans, avec des groupes internationaux qui exercent leur activité, offrant ainsi la sécurité mais aussi des emplois au niveau national ou à l’étranger à de jeunes spécialistes scientifiques, engendrant une hausse des exportations, une compétitivité accrue des entreprises grecques et dans un même temps la création d’un réseau fort et fiable visant à renforcer non seulement notre économie, mais aussi notre politique étrangère.
Après les Jeux Olympiques, les multinationales grecques ont conservé leur « centre décisionnel » en Grèce, qui devient de ce fait un centre régional, commercial, mais aussi d’investissement et de transit, et ont développé des activités commerciales dans le pays voisin, créant ainsi plus de six mille postes de cadres directeurs dans des entreprises à intérêts grecs destinés à de jeunes scientifiques grecs. En raison de cette mobilité dans les Balkans, nos exportations dans les pays balkaniques ont enregistré une hausse de 28% en 2006 avec une tendance haussière constante, tandis que la plupart des balances commerciales sont d’ores et déjà positives en faveur de la Grèce. Les investissements grecs dans la région atteignent 15 milliards d’euros. L’attrait d’investissement étrangers directs en Grèce augmente (488 millions d’euros en 2005 contre 4 milliards 275 millions d’euros en 2006) en raison de l’avantage comparatif qu’offre le réseau fiable de 2.300 filiales de banques grecques dans la région élargie d’Europe du Sud-Est, la Turquie y comprise, représentant de ce fait 20% environ du marché bancaire. Enfin, en ce qui concerne la remise en marche du Plan grec de Reconstruction économique des Balkans (ESOAB) nous avons travaillé de manière systématique, faisant passer le taux d’absorption, qui était de 6,8% en 2004, à 53% environ avec des fonds engagés de 275,1 millions d’euros et l’inauguration des premiers ouvrages a d’ores lieu. Quelques-uns des plus importants projets publics de l’ESOAB qui ont été achevés ou en cours de construction sont :
- Le Bâtiment de l’Amitié Grèce – Bosnie-Herzégovine à Sarajevo, d’un budget de 16.8 millions € ; la Grèce participe à ce projet à concurrence de 13,5 millions €. Cet ouvrage a été couronné de succès et devrait être inauguré très prochainement par le Premier ministre grec, M. Kostas Karamanlis.
- l'axe paneuropéen 10 (Serbie et ARYM), qui reliera Thessalonique à Skopje, Belgrade et l’Europe centrale, d’une longueur totale de 108 km environ, d’un budget total de 625 millions €, auquel la partie grecque participe à concurrence de 150 millions €. La société Egnatia S.A., conseiller technique du gouvernement serbe, prépare d’ores et déjà le cahier des charges de ce projet.
- L’axe routier Sagiada – Konispoli – Saranda (Albanie), d’une longueur totale de 40,5 km et d’un budget de 37,6 millions € avec une participation grecque à concurrence de 30 millions € environ. Le cahier des charges est pratiquement achevé.
- Le programme « SeeLight » portant sur le développement d’un réseau de fibres optiques à haut débit, visant à interconnecter les universités et les centres de recherche grecs à ceux des Balkans, d’un coût total estimé à 20 millions €, dont 80 % sera financé par le gouvernement grec. L’ESOAB est prolongé jusqu’en 2011 pour permettre à notre pays de montrer constance et fiabilité, lui octroyant ainsi un rôle de protagoniste dans la région. Notre politique produit des résultats tangibles pour l’économie nationale et des avantages réciproques stratégiques visant à renforcer la position internationale de notre pays.