Athènes, le 12 décembre 2006
«L’Union européenne a pris une décision très sévère », a souligné le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Yannis Valinakis dans son interview lors du journal télévisé de SKAI, mardi 12 décembre 2006 au soir, se référant aux conclusions du Conseil des ministres des Affaires étrangères.
« Nous avons toujours soutenu que cette politique doit être celle de l’Union européenne. Nous avons toujours dit que nous voulons être des juges à la fois sévère et équitables» a précisé le ministre adjoint en expliquant qu’il n’existe pas une Europe « à la carte », que tout pays « doit pleinement respecter ses obligations vis-à-vis de l’Union européenne et ne pas dire : cela me plaît, je prends, cela ne me plaît pas, je ne prends pas ». «C’est ce que nous nous efforçons d’expliquer à la Turquie depuis tout ce temps » a dit M. Valinakis, ajoutant «nous estimons que les résultats sont satisfaisants, car nous avons atteint nos objectifs ».
S’exprimant au sujet de la politique étrangère grecque, M. Valinakis a souligné : «Nous voulons qu’à la fin de ce long parcours semé d’embûches, la Turquie puisse devenir membre de plein droit de l’Union européenne. Une adhésion pleine et entière va de pair avec une conformité intégrale aux critères. Cela signifie qu’au cours de ces prochaines années, la Turquie devra franchir les différentes étapes qui résulteront des négociations. A chaque étape, à chaque carrefour, elle sera soumise au jugement de 25 juges, les 25 Etats membres, dont la Grèce et la République de Chypre. Elle pourra avancer ou non en fonction de son degré de conformité aux critères et aux préalables qui ont été posés par l’Union ».
« C’est exactement ce qui s’est produit lors de cette première grande crise, la première grande crise politique qui a éclaté au Conseil des ministres des Affaires étrangères. Après 10 heures de discussion, nous avons abouti à la conclusion que la Turquie n’a pas respecté ses obligations, elle n’a pas rempli les critères qui avaient été posés par l’Union européenne et c’est pourquoi 8 chapitres sur 35 n’ouvriront pas, ils sont totalement bloqués. Les chapitres restants pourraient théoriquement être soumis à discussion, mais ils ne fermeront pas si la Turquie ne s’acquitte pas au préalable de ses obligations »
Réitérant la volonté de la Grèce, à savoir que « le train des négociations d’adhésion de la Turquie ne déraille pas », M. Valinakis a souligné : «La décision du Conseil des ministres des Affaires étrangères stipule que la Turquie sera évaluée en 2007, en 2008 et en 2009. Cela lui laisse le temps de changer sa politique»
En ce qui concerne la question chypriote, M. Valinakis a expliqué que : «La Turquie, de son côté, affirme s’intéresser à la question chypriote, mais elle s’y intéresse à sa façon. Pour notre part, la question chypriote doit être résolue conformément aux décisions des Nations Unies et aux principes et valeurs européens. Un pays qui est membre de l’Union européenne ne peut aujourd’hui agir comme s’il n’en était pas un. Cela signifie que la Turquie doit tenir compte du fait que la route est longue et difficile, que pour résoudre la question chypriote, elle doit tenir compte de la réalité européenne et l’étudier afin de comprendre qu’elle doit changer sa politique en vue d’avancer davantage vers l’Union européenne.