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Athènes, le 10 décembre 2006

 

 

M. ZOULAS : La semaine dernière Ankara a fait un geste inattendu en laissant entendre que la Turquie pourrait ouvrir un port et un aéroport aux navires et aux avions chypriotes sous certaines conditions. Indépendamment de ce développement, la question est de savoir ce que fera demain Mme Bakoyannis ? Insistera-t-elle sur le calendrier sévère fixé à la Turquie afin que cette dernière respecte ses obligations européennes ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : Les pourparlers portent sur la manière dont les « 25 » réagiront si un pays candidat, à savoir la Turquie, ne s’acquitte pas de ses obligations et des ses engagements vis-à-vis de l’UE.  Les pourparlers seront durs, difficiles et compliqués. A l’heure actuelle, il existe un groupe solide de pays, dont l’Angleterre qui joue le rôle de protagoniste, qui essaye de réduire les sanctions qui devraient être imposées par l’UE. C’est pourquoi je dis que les négociations seront difficiles.

 

En ce qui concerne le calendrier, la Grèce pense que l’UE doit décider de transmettre un message clair à la Turquie. Ce message doit comporter la logique de rééxamen des sanctions qui devraient être décidées. Car il est normal que, lorsque l’UE décide de mettre en oeuvre une politique de sanctions, d’un ensemble de sanctions, cette politique soit évaluée à un moment donné par l’UE. On devra savoir – et ce dans un délai précis – si la politique de sanctions a porté ses fruits ou non, si le pays candidat a répondu ou non à ses obligations.

 

M. ZOULAS : J’aimerais étudier le mauvais scénario et non celui que vous décrivez. C’est-à-dire, si les sanctions imposées sur la Turquie sont jugées insuffisantes, si Nicosie durcit son attitude et recourt même au veto, quelle sera la position d’Athènes ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : Nicosie et Athènes participeront à cette négociation difficile avec des positions bien définies. Je n’ai jamais entendu Nicosie parler de veto. Au contraire, j’ai entendu que Nicosie aura des positions bien définies lors des négociations. Quoi qu’il en soit, personne ne peut prévoir l’évolution d’une négociation, d’autant plus que, comme on l’a constaté ces derniers jours, l’ambiance d’une négociation peut être influencée par des artifices de communication.

 

M. ZOULAS : Comment évaluez-vous la décision de la présidence finlandaise de soumettre la proposition turque à la table des négociations ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : La présidence finlandaise est tenue de présenter ces idées au moment où elle reçoit cette proposition de la Turquie. Maintenant à savoir si cette proposition était bien concrète, structurée et complète, je dirais qu’elle présente toutes les caractéristiques d’un artifice de communication. Qu’elle procède d’un effort visant à créer des impressions. Je dirais même qu’Ankara essaye en vain de présenter des idées anciennes qui n’ont pas produit les résultats escomptés. Par conséquent, cet effort n’est pas nouveau et plus le temps passe, plus cela se confirme.

 

M. ZOULAS : J’aimerais conclure avec la déclaration de la ministre des Affaires étrangères qui a fait sensation. La ministre a dit que les relations euro-turques influençaient en tout cas les relations gréco-turques. Permettez-moi d’être direct. Est-ce que le ministère des Affaires étrangères est préoccupé par une éventuelle impasse dans les négociations de cette semaine ? Et si tel est le cas, cela pourrait-il engendrer des tensions dans les relations entre Athènes et Ankara ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : Je ne pense par qu’il soit nécessaire d’interpréter la déclaration de la ministre. Elle est bien claire. Par ailleurs, l’environnement international actuel, la politique internationale moderne et la politique internationale mondialisée sont corrélés, ce qui est tout à fait normal. Des évènements qui se produisent ont un impact sur d’autres. Toutefois, on attend d’un pays candidat de ne pas faire de ses problèmes éventuels relatifs à sa candidature et à son parcours d’adhésion des problèmes de relations bilatérales avec un Etat membre. Par ailleurs, la Turquie n’est pas le premier pays qui soit confronté à des problèmes dans son parcours d’adhésion. Par conséquent, nous ne comprenons pas pourquoi la Turquie « exporte » ses problèmes. 

 

Vous m’avez également posé une question relative à la réaction du ministère des Affaires étrangères. Notre devoir, notre travail et notre obligation est d’étudier tous les scénarios possibles, ce que nous faisons. Nous devons être prêts à faire face à tout développement et à tout scénario. Il ne s’agit pas d’un cas particulier mais du devoir et de l’obligation du ministère des Affaires étrangères.

 





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