Athènes, le 10 février 2007
QUESTION : Trois mois après la visite du Président de la République, une nouvelle délégation composée de nombreux chefs d’entreprises se rend dans les Emirats arabes unis.
M. E. STYLIANIDIS : Les Etats arabes constituent la troisième grande ouverture de notre diplomatie économique, après les Balkans, où une importance particulière a été accordée au secteur des services, et la Mer Noire, avec notamment le domaine de l’énergie. Cette ouverture a été marquée par la visite du Premier ministre en Egypte, tout de suite après sa prise de fonctions. En outre, la ministre des Affaires étrangères a réitéré l'importance de cette ouverture dans le cadre de la conférence gréco-arabe organisée à Athènes au mois de septembre dernier.
QUESTION : Quels sont les objectifs poursuivis par la délégation grecque ?
M. E. STYLIANIDIS : Ces objectifs sont au nombre de trois. Le premier concerne les rencontres politiques. Des rencontres à très haut niveau sont prévues, rencontres qui créeront le climat politique approprié en vue du renforcement des relations économiques bilatérales. Le second concerne l’organisation de deux conférences d’affaires. A Abu Dhabi, d’une part, qui constitue le centre des investissements, en présence de représentants du reste des Emirats et à Dubaï, ville qui reflète les tendances du marché. Le troisième objectif porte sur l'organisation de rencontres d'affaires. Quatre-vingt treize entreprises nous accompagnent. Soixante-dix sept d‘entre elles seront dans l’avion avec la délégation officielle de la ministre.
QUESTION : Selon quels critères, les sociétés ont-elles été sélectionnées ?
M. E. STYLIANIDIS : Une étude du marché local a préalablement été menée afin que nous puissions sélectionner les entreprises et voir dans quels domaines des coopérations pouvaient être conclues. Nous avons choisi celles qui sont leaders dans leur domaine. Il y a deux catégories d'entreprises : celles qui sont très grandes et qui ont fait leurs preuves sur la scène internationale et celles qui sont ambitieuses, qui ont réussi les examens au niveau de la qualité et ont réussi sur le marché international. Ces entreprises concernent les secteurs suivants: 1. Maritime – chantiers navals 2. construction 3. technologie énergétique 4. bancaire 5. pharmaceutique 6. agro-alimentaire 7. matériaux de construction 8. habillement 9. équipement hôtelier.
QUESTION : Il y a deux jours, l’accord portant sur la construction de l’oléoduc Burgas – Alexandroupolis a été paraphé et tout porte à croire que nous nous engageons dans la dernière ligne droite en vue de sa signature. Parlez-nous de la « réactivation » de ce projet et des conséquences de sa mise en œuvre.
M. E. STYLIANIDIS : Ce projet était resté lettre morte treize années durant. Aujourd’hui, grâce à la coordination du ministre du Développement, M. Sioufas et de ses collaborateurs et grâce au soutien sans faille de la diplomatie énergétique exercée par le ministère des Affaires étrangères, dans le cadre de la diplomatie économique, nous mettons aujourd’hui en œuvre la matérialisation de ce projet, et ce dans l'intérêt particulier de notre pays. Ce projet profite non seulement aux marchés occidentaux qui pourront se procurer de l’énergie plus rapidement et à un coût plus faible, mais il vise également à la protection de l’environnement – c’est pourquoi il est appelé « pipeline vert »-, à la mise en valeur géostratégique de la Grèce et de la région de Thrace, qui se renforcera et permettra à l’économie grecque de profiter des avantages suffisants engendrées par sa mise en service. Ce pas en avant a pu être accompli grâce à la coopération systématique des ministères compétents et à l'exercice intelligent de la diplomatie énergétique.