M. G. KOUMOUTSAKOS : Bonjour et bonne année.
En ce qui concerne le programme de Mme la ministre des Affaires étrangères. Demain, vendredi 12 janvier, Mme Dora Bakoyannis rencontrera le médiateur spécial des Nations Unies chargé de la question de l'appellation de l'Ex-République yougoslave de Macédoine, M. Nimitz. La rencontre aura lieu à 15h30.
Les 13 et 14 janvier, la ministre des Affaires étrangères se rendra à Munich, suite à l'invitation de la fondation culturelle du Groupe Allianz qui organise un cycle de conférences sur le thème de l'avenir de l'Europe, avec la participation de personnalités européennes éminentes, comme le ministre allemand des Affaires étrangères, M. Steinmeier, etc. Dans le cadre de son séjour à Munich, Mme Bakoyannis aura des contacts avec des représentants de la communauté grecque d’Allemagne.
Du 14 au 16 janvier, la ministre des Affaires étrangères accompagnera le Premier ministre, M. K. Karamanlis à Zagreb (le 14), à Ljubljana (le 15) à l’occasion des manifestations organisées pour l'adhésion de la Slovénie à l'Eurozone, et enfin, à Belgrade (le 16).
Jeudi 18 janvier, Mme Bakoyannis a prévu de se rendre à la réception traditionnelle offerte par le Président de la République hellénique en l’honneur du corps diplomatique.
Pour ce qui est du programme du ministre adjoint des Affaires étrangères, à savoir M. Stylianidis. Mardi 16 janvier, il prononcera un discours lors de la conférence Euromoney, qui se tiendra à Vienne. Cette année, la conférence sera axée sur l’expansion économique vers l’Est, et plus particulièrement les pays de la Mer Noire et du Commonwealth.
Le ministre adjoint se réfèrera aux conditions actuelles dans ces pays, au cadre juridique et institutionnel existant, aux difficultés et aux problèmes rencontrés par les investisseurs étrangers. Enfin, il développera les priorités de la diplomatie économique grecque dans la région de la Mer Noire, ainsi que le rôle que l’Organisation pour la Coopération économique de la mer Noire est invitée à jouer dans la région élargie.
Hier, à savoir le 10 janvier, la ministre des Affaires étrangères, Mme Dora Bakoyannis a envoyé une lettre de condoléances à son homologue turc, M. Gul, dans laquelle elle exprime sa profonde sympathie concernant l’accident d'avion survenu à Bagdad, qui a coûté la vie à 29 ouvriers turcs.
Vos questions s’il vous plait.
……………………………
M. KOTTARIDIS : Attendons-nous de M. Nimitz qu’il dépose une proposition, quelle qu’elle soit, relative à la question du nom ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je n’ai pas d’information précise à ce sujet.
Mme TASSOULIS : Un commentaire concernant l’incident qui s'est produit hier à Imia, où il y a finalement eu des coups de feu.
M. G. KOUMOUTSAKOS : L’information selon laquelle des coups de feu auraient été tirés en l’air est inexacte.
M. SANTAMOURIS : M. Nimitz vient-il de Skopje ou bien se rendra-t-il à Skopje ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Il se rendra à Skopje après sa visite à Athènes.
M. SANTAMOURIS : Une deuxième question. La date de la visite de M. Gul à Athènes se précise-t-elle ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : La communication par la voie diplomatique est en cours afin qu’une date puisse être définie.
Mme KOURBELA : Tout d’abord, j’aimerais que vous me répondiez à la question suivante: le gouvernement grec soutient-il les propositions de la Commission européenne portant sur une politique énergétique commune, qui ont été présentées hier ? Cette question est la première. La deuxième concerne le commerce direct Union européenne – communauté chypriote turque. Quand cette question sera-t-elle abordée sous présidence allemande, premièrement.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Comme vous l’avez très justement souligné, la Commission a déposé hier ses idées et ses propositions. Celles-ci sont évaluées.
A cette occasion, j’aimerais toutefois souligner que – et aussi en raison de la problématique qui a été soulevée dernièrement sur les question relatives à l'énergie, avec les derniers développements en Russie - Biélorussie – nous pensons que les relations énergétiques stables et fiables entre Union européenne et Russie sont dans l'intérêt des deux parties.
La proposition allemande de l’UE entend approfondir le dialogue énergétique avec la Russie et la Grèce soutient cet effort.
En ce qui concerne la question du Règlement, les débats y relatifs devraient se dérouler au niveau du Groupe de travail et des représentants permanents, si nécessaire. Toutes les informations qui sont recueillies indiquent que cette question sera débattue afin qu'une décision bien précise soit rendue sur la nécessité que cette question soit développée au Conseil des ministres des Affaires étrangères du 22 janvier.
M. GILSON : Le ministre turc des Affaires étrangères, M. Gul, lors d’une discussion au sein de l’Assemblée nationale turque, le 9 janvier a prétendu avoir demandé aux autorités grecques pourquoi la minorité [musulmane] en Thrace occidentale subissait des discriminations; plus précisément, il a dit que cette région enregistrait du retard par rapport aux autres régions de l'Union européenne. Elle se trouve au dernier rang. Une telle question a-t-elle réellement été posée et quelle a été la réponse donnée à M. Gul ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Le gouvernement grec, tous les gouvernements grecs ont consenti des efforts afin que l'assistance économique fournie dans le cadre du 3ème Cadre communautaire d’appui soit mise au mieux à profit, et aujourd’hui la mise en valeur du 4ème Cadre communautaire d’appui est
planifiée. D’ores et déjà une attention particulière est accordée à la région de Thrace pour une meilleure mise en valeur du 4ème CCA.
Cela étant, le ministère grec des Affaires étrangères s'est positionné clairement sur les sujets qui ont été soulevées lors du discours de M. Gul sur les questions relatives à la minorité musulmane devant la récente Commission de l'Assemblée nationale turque.
J’aimerais toutefois dire à ce stade que dans son discours, M. Gul a fait certaines références positives, comme la volonté ferme de la Turquie d'améliorer ses relations avec la Grèce.
Pour ce qui est de la question de la minorité, il y a une réponse très claire du ministère grec des Affaires étrangères.
M. KAPOUTSIS : Monsieur le porte-parole, concernant cette même question. Pensez-vous que la partie turque essaie d'intégrer le dossier de Thrace dans la liste des problèmes bilatéraux ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Ma réponse d’avant-hier contient tous les éléments concernant la façon dont la Grèce envisage cette question.
M. KAPOUTSIS : MM. Gul et Erdogan se réfèrent à une minorité turque quand ils se réfèrent aux citoyens grecs de religion musulmane dans la région de Thrace. Doit-on accepter cela sans protester ou donner notre avis ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Vous m’incitez à vous répéter mot pour mot la réponse que vous connaissez déjà. Dans ma réponse d’avant-hier, j’ai dit que les membres de la minorité musulmane de Thrace sont des citoyens grecs, des citoyens européens qui jouissent de la pleine égalité devant la loi et la nation.
J’ai par ailleurs dit que la Grèce était fière de sa politique européenne en matière de minorités qui évolue de manière continuelle et constitue un exemple à suivre.
Pour ce qui est du reste, il va de soi que les droits et la qualité de vie des citoyens grecs de religion musulmane et d'origine turque, pomaque et tsigane ne sont pas négociables.
M. MELETIS : Entendez-vous par-là que lorsque M. Gul se rendra à Athènes – s’il se rend à Athènes – lui conseillera-t-on de ne pas visiter la région de Thrace ? Car j’imagine que si après une séance de l’Assemblée nationale turque, qui se réfère aux points qui sont « en cours de négociation » avec la Grèce, il vient ici et tout de suite après en Thrace, l’image créée est tout à fait différente de celle que vous venez de nous lire. Donc, après cette « revalorisation de qualité » de l’approche turque pour ce qui est des « questions de Thrace », pensez-vous que M. Gul sera le bienvenu (…hors micro..) en Thrace lors de sa visite à Athènes ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Nous avons dit à plusieurs reprises que les régions de Grèce, quelles qu’elles soient, y compris Thrace pouvaient être visitées librement et notre pays n’a aucune raison de s’inquiéter de ces visites. D’ailleurs cette possibilité, à savoir la possibilité pour tout étranger de visiter toutes les régions du pays, est entièrement compatible avec le fait que la Grèce comme je l'ai souligné, est fière de sa politique européenne en matière de minorités.
M. VITALIS : Je parlerais premièrement des questions qui concernent la Turquie, M. le porte-parole. Vous avez dit tout à l’heure que l'information selon laquelle un coup de feu aurait été tiré en l’air, hier à Imia, est inexacte. La question est toutefois la suivante : jusqu’à quand les pêcheurs grecs ne pourront pas pêcher sans problème dans les limites des eaux territoriales grecques? Et deuxièmement, y a-t-il eu la moindre pression, je ne parle pas des coups de feu, puisque cela est démenti, mais du fait que les gardes-côtes ont une fois de plus essayé d’empêcher que la pêche ait lieu. Cette question sera-t-elle résolue?
M. G. KOUMOUTSAKOS : La possibilité pour les pêcheurs grecs existe et ils vont pêcher. Cela étant, je n’ai rien d’autre à ajouter.
M. VITALIS : Une autre question. En ce qui concerne la visite de M. Nimitz, vous avez dit tout à l’heure que vous n’aviez d’information sur la question de savoir si M. Nimitz…
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je n’ai pas dit « je n’ai pas d’information ». J’ai dit que je n’avais aucune information précise à ce sujet…
M. VITALIS : Oui. La question est donc de savoir pour quelle raison exacte, si l’on en croit les articles publiés dernièrement, la partie grecque a-t-elle pris l'initiative d'inviter M. Nimitz ici ? Y a-t-il une nouvelle proposition?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je définirais, si vous le voulez bien, le cadre dans lequel nous évoluons s’agissant de cette question.
La récente décision du gouvernement de Skopje, de rebaptiser l’aéroport Petrovec en «aéroport Alexandre le Grand », est totalement infondée sur le plan historique et contre-productive sur le plan politique.
La position grecque vis-à-vis de la question du Nom est bien connue et nous l'avons clairement exprimée à nos partenaires et alliés. Nous avons, à maintes reprises, souligné que l’atteinte d’une solution mutuellement acceptable s'agissant de la question de l'appellation aurait un impact positif à plusieurs niveaux.
Premièrement, les relations bilatérales avec le pays voisin connaîtraient une période d’amélioration notable, à tous les niveaux, politique, économique et autre.
Deuxièmement, au niveau de la coopération régionale et de la stabilité. En mettant un terme à une question contreproductive demeurée en suspens.
Troisièmement, au niveau des aspirations euro-atlantiques du pays voisin, sur la base des relations de bon voisinage et de confiance, qui constituent des principes de l'Union européenne et une obligation du pays candidat.
La Grèce a fait des pas constructifs afin que cette question demeurée en suspens soit résolue. Tout d’abord, nous avons accepté la proposition de M. Nimitz au début de l’année 2005 comme base de négociation.
Nous estimons que la responsabilité incombe à l’autre parte, qui peut, même à ce jour, suivre l'exemple de la Bulgarie et de la Roumanie, mais aussi d'autres peuples des pays des Balkans, qui avancent de manière décisive, le regard tourné vers l'avenir, l'avenir européen commun, sans faire marche arrière, insistant sur une falsification de l’Histoire.
M. Nimitz aura l’occasion de s’informer de ces positions de manière plus détaillée, lors de sa rencontre de demain avec la ministre des Affaires étrangères.
M. POLLATOS : Je suppose que M. Vassilakis en a informé M. Nimitz. Ainsi, voulez-vous peut-être nous dire ou nous décrire la proposition grecque que formulera Mme Bakoyannis en vue de la recherche d'une solution mutuellement acceptable à la question du nom? Autrement dit, dîtes-nous le nom que nous dirons demain à M. Nimitz.
M. G. KOUMOUTSAKOS : J’ai répondu à votre question.
M. POLLATOS : Je ne crois pas.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Si, dans ma réponse précédente.
M. POLLATOS : Je reformule ma question. Allons-nous proposer un nom, afin de trouver une solution?
M. G. KOUMOUTSAKOS : J'ai dit que la partie grecque a montré sa position constructive au début de l’année 2005.
M. MELETIS : Vous dites que la position de la Grèce
qui a accepté la proposition, est constructive; est-ce à dire que la position de Skopje qui a accepté la proposition Nimitz n'était pas constructive?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je parle de la position grecque. Si vous voulez parler de la position du pays voisin, cela est une autre question.
M. MELETIS : Je vous demande : ne considérez-vous pas la position de Skopje, qui a accepté l'autre proposition Nimitz que nous avons rejetée, comme étant constructive ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je répète que je parle de la position grecque.
Mme KARAVITI : S’agissant de la position grecque, je voulais savoir si la déclaration faite par M. Molyviatis il y a environ un an est toujours en vigueur, à savoir que la Grèce
conserve le droit de veto concernant l’entrée de Skopje dans des organisations internationales. Et aussi à la lumière de l'interview de M. Karamanlis accordée récemment au F.A.Z., dans laquelle le Premier ministre a dit que l’usage du veto n’est pas toujours approprié. Est-ce que la position de M. Molyviatis est valable?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne vois aucune divergence dans ces deux positions. La politique grecque concernant cette question précise se base totalement sur les dispositions prévues par l’article 11 de l’Accord intermédiaire.
M. SANTAMOURIS: Vous avez dit que la Grèce
avait déjà entrepris les actions nécessaires tout en considérant la proposition initiale de M. Nimitz comme base de discussion. Nikos Meletis a parlé de l’approche respective de Skopje. L’un des pays rejette la proposition qu’il n’a pas acceptée et l’autre accepte l’autre proposition comme base de discussion. Dans une interview récente, M. Burns a déclaré que certaines actions avaient été entreprises, qu’il en restait encore quelques-unes et que les Etats-Unis attendaient que la contribution des deux gouvernements de sorte que le travail du médiateur soit facilité. La question est de savoir si une nouvelle proposition combinant les appellations et les conditions sur l’acceptation des noms sera présentée – comme ce fut d’ailleurs le cas à l’époque où les propositions ont été formulées – lors de cette visite de M. Nimitz, ou à un autre moment dans le futur ? La deuxième question porte sur un autre sujet. Donc j’attends votre réponse et je la poserai après.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Il serait utile de clarifier un peu les choses. Il n’y a pas de première ni de deuxième proposition de M. Nimitz. Il existe une seule proposition, celle de 2005. Dans le passé, de nombreuses propositions ont été présentées, mais elles n’ont pas été acceptées et n’ont jamais été rendues publiques. Par conséquent, il n’y a ni première, ni deuxième proposition. Il y a seulement la proposition formulée au début de l’année 2005.
La partie grecque a considéré que la proposition en question, bien que n’étant pas pleinement satisfaisante, pourrait toutefois servir de base de négociation. C’est donc dans ce sens que la partie grecque considère avoir entrepris les actions nécessaires en faveur du règlement de cette question demeurée en suspens.
Mais comme je ne suis pas « devin » je ne peux prévoir l’évolution de ce processus. Je ne peux pas savoir précisément comment ce processus évoluera dans l’avenir.
M. SANTAMOURIS : Puisque par votre réponse vous voulez clarifier les choses…
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je veux éclaircir la situation quant à la « première » proposition. Car s’agissant d’une question qui existe depuis 15 ans, il n’y a pas eu seulement une première proposition. Il y a eu d’autres propositions qui n’ont pas progressé.
M. SANTAMOURIS : Donc, la partie grecque considère l’appellation « « Republika Makedonije Skopje » comme base…
M. G. KOUMOUTSAKOS : Les déclarations sur cette question sont valables.
M. SANTAMOURIS : Est-ce que la base de cette discussion comprend également toutes les conditions d’accompagnement relatives à l’appellation qui a été proposée ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Les déclarations y relatives faites à l’époque et durant la période qui a suivi sont valables et portent sur la même position.
M. VITALIS : Ma question est bien précise : est-ce que l’appellation « Republika Makedonije Skopje » constitue une base…
M. G. KOUMOUTSAKOS: Elle constitue une base de négociation, même si elle ne satisfait pas pleinement la partie grecque.
M. SANTAMOURIS : La question a été posée. La question est de savoir si…
M. G. KOUMOUTSAKOS : Votre deuxième question s’il vous plaît. Je pense avoir répondu à la première question.
M. SANTAMOURIS : Non, vous n’avez pas répondu à la question relative aux déclarations de M. Burns. M. Burns a souhaité que les deux gouvernements assistent davantage le médiateur dans son travail…
M. G. KOUMOUTSAKOS : Le gouvernement grec a déjà porté assistance au médiateur.
M. SANTAMOURIS : Telle est la question justement. La partie grecque pense-t-elle que ce qui pourrait être considéré comme assistance a déjà été fournie ? Telle est ma question.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Le gouvernement grec demeure actif dans ce sens et participe au processus visant à trouver des solutions à cette question sur la base des positions que je vous ai présentées auparavant.
Mme VARVARIGOU : Hier, M. Burns a exprimé l’espoir que la question du statut final du Kosovo soit réglée dans les deux mois qui suivront les élections en Serbie, le 21 janvier. Pensez-vous qu’il est possible de trouver une solution dans un délai si serré ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Telle est l’appréciation de M. Nimitz et je n’ai pas l’intention de la commenter. D’après la situation actuelle et les informations en la matière, il ressort qu’après les élections qui auront lieu le 21 janvier en Serbie et vers la fin du mois de janvier, M. Ahtisaari présentera ses positions au groupe de contact. Nous prendrons position dès que M. Ahtisaari présentera ses positions.
M. POLLATOS : Dans une interview télévisée de ce matin, Mme Bakoyannis a affirmé que rien n’est sûr pour ce qui est des questions gréco-turques. Est-ce que cela signifie que la ministre partage l’opinion de M. Papandréou, à savoir que les relations bilatérales sont marquées par des tensions ? C’est la première partie de ma question. Et est-ce que dans ce contexte de vigilance, nous continuerons à sous-estimer tout ce qui passe dans les frontières du territoire grec et est-ce que les îlots d’Imia s’intègrent toujours dans ces frontières ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Tout d’abord je voudrais signaler que je ne suis pas d’accord avec cette position, à savoir que tout ce qui passe dans le territoire grec est sous-estimé. Je suis tout à fait contraire à cette position. Bien entendu, vous avez toujours le droit de vous exprimer comme vous voulez.
Cela dit, je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’interpréter davantage les déclarations de Mme Bakoyannis.
Le chef de l’opposition a ses propres positions et elles sont respectables.
Le gouvernement grec poursuit avec détermination une position bien étudiée tant au niveau européen qu’au niveau bilatéral de sorte que les intérêts grecs sont pleinement protégés et que les relations greco-turques s’améliorent sans tensions.
M. MELETIS : Pourriez-vous nous dire quels sont les nouveaux éléments qui ont forcé M. Nimitz à effectuer cette visite précipitée à Athènes pour être informé sur les positions grecques étant donné que d’après vos affirmations rien n’a changé ? Et considérez-vous que le changement du nom de l’aéroport de Skopje constitue une violation de l’Accord intermédiaire ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Le ministère des Affaires étrangères et le gouvernement a pris position sur cette décision récente de Skopje. Il y a la déclaration y relative de la ministre des Affaires étrangères. Je me suis également référé aujourd’hui à certains points. Tel est le contexte et nous n’avons rien d’autre à ajouter.
En ce qui concerne l’invitation faite à M. Nimitz, je pense avoir déjà répondu à votre question.
M. MELETIS : La deuxième question. Quelle est la différence entre la double appellation qui est d’une certaine manière proposée par Skopje et la situation actuelle ? A savoir, la Grèce,
, les 25 pays de l’Union européenne et l’Union européenne elle-même, l’OTAN et l’ONU utilisent l’appellation « ARYM » et les autres 140 pays membres appellent Skopje « République de Macédoine ». Y a-t-il une distinction entre ces deux appellations ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Tel est en effet l’environnement international dans lequel s’intègre la mission de M. Nimitz qui est en cours.
Toutefois, j’aimerais souligner qu’il existe des pays -ayant même un poids notable- qui ont officiellement souligné reconnaître – indépendamment de leur politique – dans le cadre bilatéral le pays voisin sous son appellation constitutionnelle et dit qu’ils étaient prêts à réajuster leur décision par rapport à la décision qui sera prise à travers ce processus, au cas où une solution mutuellement acceptable est trouvée. Par conséquent, dans ce sens également, l’environnement international, à savoir les reconnaissances isolées, n’est pas statique.
M. GILSON: D’après des sources diplomatiques des pays membres du groupe de contact, concernant le statut final du Kosovo, on ne parlerait pas de pleine indépendance mais plutôt d’autonomie élargie. Avez-vous des appréciations similaires ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Cette discussion sur cette question n’est pas opportune. Divers appréciations sont formulées par des sources anonymes, diplomatiques ou autres. Les positions grecques ont été présentées à maintes reprises. En effet, nous traversons actuellement une étape déterminante de ce processus.
Je vous ai présenté le calendrier de ces prochains jours. Nous verrons comme cela évoluera. Tout d’abord la proposition de M. Ahtisaari devra être soumise. Cela dit, nous prendrons position sur cette question.
M. GILSON: Et une deuxième et dernière question. Pensez-vous que l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme du 9 janvier qui adjuge au lycée grec de Fener un montant d’environ 900.000 euros pour dommage matériel en raison de la saisie du bâtiment en question, fait jurisprudence pour ce qui est des centaines d’autres biens immobiliers des minorités ou des institutions religieuses qui ont été expropriés par l’Etat ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de commenter davantage une décision bien explicite de la Cour européenne des droits de l’homme qui, comme toutes les décisions de cette Cour, constitue une réalité légale.
M. GILSON: Voudriez-vous commenter cette décision ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Non. Je vous ai dit que cette décision est bien explicite et qu’il n’est pas nécessaire de la commenter davantage.
M. SANTAMOURIS: Etant donné que les déclarations de M. Gul concernant la minorité de Thrace ont été faites suite à cette décision, le ministère a-t-il prévu l’éventualité que cette réalité légale dans l’Est de la mer Egée influence d’une manière ou d’une autre également la situation dans l’Ouest de la mer Egée? Merci.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je ne pense pas que lorsque la communauté internationale fonctionne et que des décisions sont prises par les institutions de la communauté internationale, ces décisions puissent servir d’alibi ou de moyens utilisés par certains Etats pour changer d’attitude ou susciter l’inquiétude auprès d’autres Etats. La communauté internationale fonctionne. Il existe des décisions des Cours internationales qui doivent être respectées.
M. SANTAMOURIS: Excusez-moi, la référence ne portait pas sur les relations entre les deux Etats…
M. G. KOUMOUTSAKOS: Vous avez parlé de la région située à l’ouest de la mer Egée. Je ne vois pas d’autre Etat à part la Grèce.
M. SANTAMOURIS: …si une dynamique se crée pour ce qui est de certaines questions qui ont été soulevées et non seulement par la partie turque, en rapport avec Thrace…
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je n’ai pas l’intention de faire des appréciations concernant cette question.
Je vous remercie.