Athènes, le 30 mars 2007
Journaliste : Quel est l’état des relations gréco-allemandes ?
Mme Bakoyannis : Les relations bilatérales entre nos pays sont excellentes. La Grèce et l’Allemagne sont des partenaires crédibles et actifs de la communauté internationale. En outre, nous entretenons d’excellentes relations économiques et commerciales. L’Allemagne est le partenaire commercial le plus important de la Grèce. Nos liens culturels sont également importants. Plus de 380.000 Grecs vivent en Allemagne. Personnellement, je suis très contente que nos pays aient des liens de partenariat très étroits. J'ai fréquenté une école allemande et fait mes études dans une université allemande. L’Allemagne est un pays qui m’est très cher.
Journaliste : Quelles sont les questions européennes les plus importantes pour la Grèce au cours de la présidence allemande ?
Mme Bakoyannis : L’Allemagne, le Portugal et la Slovénie – en étroite coopération avec la Commission européenne – ont établi un programme de 18 mois pour les trois présidences successives. Certes, la réforme et le processus pour la Constitution européenne constituent les dossiers les plus importants des Présidences, sans doute le plus grand défi de l’ordre du jour. Il y a bien entendu d’autres questions importantes, comme la Stratégie de Lisbonne, les changements climatiques et la politique énergétique. Toutefois, la réforme de l’UE et le processus pour la Constitution européenne constituent les questions les plus urgentes. Nous ne pouvons nous offrir le luxe du temps.
Journaliste : Quelle est l’attitude d’Athènes quant à la poursuite du processus pour le Traité établissant une Constitution européenne ?
Mme Bakoyannis : En vue des défis internes et externes auxquels l’UE est confrontée, nous avons besoin de plus d’Europe et non moins d’Europe. L’UE doit regagner la confiance des citoyens.
Même si les référendums négatifs en France et aux Pays Bas doivent être pris en considération, il ne faut pas oublier que les 18 des 27 Etats membres de l’UE, la Grèce y compris, ont ratifié le Traité. Cela signifie que les deux tiers des Etats membres de l’UE sont en faveur du Traité.
Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider la présidence allemande et les présidences qui suivront, à la promotion de l’entreprise européenne de la manière la plus efficace possible et la plus « européenne ».
Journaliste : Comment évoluent les négociations d’adhésion avec la Turquie, du point de vue de la Grèce ?
Mme Bakoyannis : Nombreux sont ceux qui ont été surpris par le soutien de la candidature de la Turquie à l'UE par la Grèce. Nous soutenons l’idée du voisinage européen. Cette stratégie concerne la région tout entière de l’Europe du Sud-Est, la Turquie y compris. Nous pensons que de cette façon il y aura la paix, la sécurité et la prospérité.
Certes, le soutien de la Turquie ne signifie pas un soutien inconditionnel. Le pays devra se conformer pleinement aux obligations contractuelles qui ont été définies sur la base du cadre des négociations. Si la Turquie applique les réformes nécessaires, remplit les critères indispensables et applique pleinement les Protocoles à l’égard de tous les Etats membres de l’UE, elle devra devenir membre de plein droit de l’UE. La pleine satisfaction de ses obligations contractuelles doit mener à la pleine adhésion. Nous espérons que les relations de l’UE avec la Turquie suivront ce parcours.