Athènes, le 31 mars 2007
«Lors de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères ici à Brême, deux dossiers principaux ont été abordées de manière exhaustive : le premier concerne le Kosovo. Dans un premier lieu, nous avons constaté que l’UE doit rester unie, c'est-à-dire avoir une position unie. Cela est très important car le Kosovo est une affaire européenne et c’est en tant que telle qu’elle sera envisagée demain, indépendamment de la résolution du Conseil de sécurité.
Dans un deuxième lieu, une résolution du Conseil de sécurité doit impérativement être émise. Cela est très important et indispensable pour la légalité internationale.
Enfin, la résolution du Conseil de sécurité doit être envisagée sur la base des intérêts légitimes aussi bien de Pristina que de Belgrade. C’est dans cet esprit que les cinq Etats membres de l’UE participeront au Conseil de sécurité.
Telle a été la décision sur la question du Kosovo.
Cela étant, la position qui a également été soutenue par la Grèce a été bien accueillie, à savoir que l’UE doit faire une proposition très sérieuse et crédible à la Serbie. Les efforts de la Serbie et de son peuple en faveur de leur rapprochement de l’Europe doivent être soutenus. Des messages substantiels, politiques et économiques doivent être transmis et des facilitations doivent être faites pour ce qui est des visas de sorte que le peuple serbe se rapproche le plus rapidement possible de l’UE.
La deuxième discussion a porté sur les 15 marins britanniques détenus en Iran. Le gouvernement britannique a présenté l’ensemble des éléments prouvant que les 15 marins britanniques se trouvaient dans les eaux territoriales irakiennes et effectuaient une mission qui leur a été assignée suite à une résolution du Conseil de sécurité, comme vous le savez.
L’UE invite l’Iran à procéder à la libération immédiate des personnes capturées et à leur donner la possibilité de contacter dans les plus brefs délais les autorités consulaires. Dans un même temps nous sommes convenus que M. Solana visiterait l’Iran et présenterait les positions de l’UE.
A ce stade, je voudrais ajouter que pour la Grèce, le mot solidarité constitue le mot-clé de l’UE. La Grèce soutient que lorsque un Etat membre est confronté à des problèmes particuliers, l’UE doit faire part de sa solidarité avec constance et responsabilité. Pour nous les Grecs, la solidarité est un mot que nous concevons très bien.
Question : La question du Kosovo sera-t-elle abordée demain aussi ?
Réponse : Non, la question du Kosovo est close pour le moment. Cela dit, un processus est en cours, qui à notre sens, ne doit pas procéder d’un calendrier serré. Nous pensons que toutes les consultations indispensables doivent avoir lieu avec tous les Etats membres du Conseil de sécurité. Comme je l’ai affirmé à maintes reprises, nous attendons la formation d’un nouveau gouvernement en Serbie – ce qui n’est pas le cas jusqu’à présent – de sorte que nous augmentions les possibilités d’atteindre, à travers des consultations, une position unie de l’Union et du Conseil de sécurité.
Question : Si j’ai bien compris, le critère principal d’une décision de l’UE, quelle qu’elle soit, est la résolution du Conseil de sécurité.
Réponse : Vous avez très bien compris. Je pense que cela est évident. C’est une position que la Grèce soutient depuis longtemps et c’est cette même position que vous entendrez de la part de la présidence allemande.
Question : L’UE soutient-elle la proposition Ahtisaari ?
Réponse : Il existe la formulation suivante : « Nous saluons tous les efforts du Président Ahtisaari et nous reconnaissons et apprécions le contenu explicite de la déclaration du Secrétaire général des Nations Unies… ». C’est un extrait d’une longue déclaration, formulée avec la plus grande attention, qui sera faite par la Présidence.