Jeudi 1er mars 2007
M. G. KOUMOUTSAKOS : Bonjour.
Lundi 5 mars, la ministre des Affaires étrangères, Mme Dora Bakoyannis participera aux travaux du Conseil Affaires générales et Relations extérieures à Bruxelles. Par la suite, invitée du député français, Pierre Lellouche, elle se rendra à Paris, où elle participera, le 7 mars, au congrès de l’UMP, parti français de centre droite, qui portera sur la Politique européenne de défense. Madame la ministre sera l’un des intervenants du congrès.
Jeudi 8 et vendredi 9 mars, Mme Bakoyannis assistera, aux côtés de M. Le Premier ministre, au sommet printanier de l’UE à Bruxelles.
En ce qui concerne l’ordre du jour du Conseil Affaires générales et Relations extérieures de lundi. Au chapitre «Affaires générales» les travaux de préparation du Conseil européen auront lieu. Au chapitre « Relations extérieures », les thèmes suivant seront abordés : Organisation mondiale du commerce, le Soudan, l’Ouzbékistan, les Balkans occidentaux. Lors du déjeuner des ministres des Affaires étrangères, des questions relatives aux développements au Moyen-Orient ainsi que l’Iran seront abordés.
En marge du Conseil, une rencontre de la troïka ministérielle avec la Serbie et le Conseil de stabilisation et d’Association Union européenne – Croatie aura lieu.
En ce qui concerne l’agenda des ministres adjoints. M. Valinakis représentera, jeudi 1er et vendredi 2 mars notre pays lors des travaux de la réunion des ministres des Affaires étrangères du Processus de Coopération en Europe du Sud-Est, appelé aussi Coopération interbalkanique.
La rencontre aura lieu à Zagreb, en Croatie, qui, comme chacun sait, est la présidence en exercice de la Coopération interbalkanique, la présidence précédente ayant été assumée par notre pays. Le principal thème des travaux sera la promotion ultérieure de la coopération régionale et le renforcement de la Coopération interbalkanique, en vue notamment de la procédure de transformation de l’Accord de stabilité qui sera remplacé par le Conseil de coopération régionale.
Lundi 5 mars, M. Valinakis sera à Bruxelles afin de participer, aux côtés de la ministre des Affaires étrangères au Conseil Affaires générales et Relations extérieures. Dans le cadre du Conseil des ministres, M. Valinakis participera au déjeuner de travail des ministres des Affaires européennes de l’Union ayant pour thème le 50ème anniversaire de la signature du Traité de Rome ainsi que l’application du plan d’action de la Commission relatif au rapprochement de l’Europe de ses citoyens.
Jeudi 8 et vendredi 9 mars, il participera aux travaux du sommet printanier de l’Union, aux côtés du Premier ministre et de la ministre des Affaires étrangères.
En ce qui concerne M. Stylianidis, dimanche 4 mars à 19h30, il prononcera un discours lors d’une séance ouverte de l’Assemblée annuelle de la Fédération des Industries thessaliennes à Larissa sur le thème «la nouvelle stratégie de la diplomatie économique grecque» et le lundi 5 mars, il s’adressera au monde des affaires de la région à Edessa sur des questions relatives au commerce extérieur et aux possibilités d’exportations des entreprises grecques dans les Balkans, la Mer Noire et le Monde arabe.
Vos questions s’il vous plait.
M. MELETIS : Monsieur le porte-parole, est-ce que les ministres des Affaires étrangères de la Pologne et de la République Tchèque on informé la ministre des Affaires étrangères a été informée de leur décision de participer à l’installation d’un bouclier antimissile sur leur territoire ? Et, est-ce que vous considérez qu’une initiative de ce genre contribue à la paix et à la stabilité en Europe ainsi qu’à la promotion des objectifs de la Politique extérieure commune, de la PESC. Telle est la première question. La deuxième question : pensez-vous que les intérêts grecs sont promus et la souverainété nationale protégée quand aucune démarche n’est faite au niveau politique, auprès de l’OTAN, pour ce qui est de la contestation de la possibilité de militariser l’île d’Agios Efstratios ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : En ce qui concerne la première question : comme vous le savez, il existe une planification pour l’installation de systèmes de ce type dans deux pays de l’OTAN. Il appartient à ces deux pays de décider en tant qu’Etats souverains de la manière dont ils répondront à cette discussion et de la décision qu’ils prendront. Par conséquent, pour ce qui est de la décision souveraine de ces deux Etats, lorsque et si une telle décision est prise, nous prendrons position sur cette question.
M. MELETIS : Pourquoi donc la Grèce a-t-elle pris position sur la déclaration du général russe et la position du gouvernement russe tandis qu’elle ne l’a pas encore fait pour ce qui est de la proposition des deux pays ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : La question à laquelle vous vous référez est close. La ministre des Affaires étrangères a fait une déclaration bien claire que je rapporterai textuellement : Les relations gréco-russes sont, seront et resteront excellentes comme elles l’ont toujours été.
M. MELETIS : Cela aurait de l’importance si c’était dit par un haut fonctionnaire russe. Que ce soit dit par le gouvernement grec ou vous-même n’a aucun intérêt.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Il est évident que je parle au nom de la partie grecque, en ayant toutefois la certitude que toutes ces affirmations correspondent à la situation réelle des relations gréco-russes.
En ce qui concerne votre deuxième question : Il s’agit d’une action de la Turquie qui est entièrement infondée du point de vue du droit international, des traités internationaux et, bien entendu du Traité de Lausanne. Et, comme c’est une action infondée du point de vue du droit international, elle est également inacceptable. Cette action ne vise pas seulement à contester les droits souverains d’un pays allié mais à saper aussi la cohésion et l’efficacité de l’OTAN.
Pour ce qui est de la question sur les actions à entreprendre, je peux vous dire que des instructions ont d’ores et déjà été données en vue d’entreprendre les actions indispensables aussi bien au niveau politique que militaire au sein de l’Alliance. Et ce, même au niveau le plus élevé.
(…)
M. G. KOUMOUTSAKOS : Les relations gréco-turques n’ont jamais été dépourvues de fluctuations. Le devoir des dirigeants politiques responsables - ayant pris connaissance de cet incident- est d’entreprendre les actions nécessaires de sorte que ces relations entrent dans une période de tranquillité et d’amélioration. Et, ces actions sont entreprises.
M. POLLATOS : Monsieur le porte-parole, je voudrais, tout d’abord, faire un commentaire. Depuis trois ans, on entend dire, chaque fois qu’un incident survient dans les relations gréco-turques, que ces relations n’ont jamais été dépourvues de fluctuations, une constatation stéréotype. Nous voudrions une analyse plus détaillée, du moins en ce qui me concerne. Et, maintenant, si vous me le permettez, je voudrais vous demander si les questions régies par les conventions internationales relèvent de la juridiction de l’OTAN et si vous considérez que le climat de confiance entre notre pays et la Turquie, est mis intensément à l’épreuve en raison des incidents comme celui de l’île d’Agios Efstratios ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai dit que l’action qui a été entreprise est totalement infondée du point de vue du droit international et des traités internationaux : cette action ne vise pas seulement à soulever une question de contestation des droits souverains d’un pays allié mais à miner la cohésion et la crédibilité de l’Alliance. Pour ce qui est des questions relatives aux traités internationaux, il est certain que cela ne relève que de la seule compétence des Etats signataires du traité. Les autres doivent tout simplement les respecter.
M. POLLATOS: La deuxième partie de la question était de savoir si le climat de confiance est mis à l’épreuve en raison des incidents comme celui d’Agios Efstratios.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous répète que les dirigeants politiques responsables, connaissant le fait que les relations gréco-turques tout au long de leur histoire et au cours des dernières années, n’ont jamais été sans nuages et n’ont jamais eu un parcours sans heurts, exercent une politique responsable. C’est sur cette mer que nous naviguons.
(…)
M. KAPOUTSIS : L’action de la Turquie, je me réfère de nouveau à cette même question, à la démilitarisation de l’île d’Agios Efstratios, a-t-elle surpris le gouvernement ou était-elle attendue ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Vous savez et nous savons très bien qu’il y a une pratique spécifique de la part de la Turquie pour ce qui est de la démilitarisation des îles. Dans ce cas spécifique, quand cet incident est survenu, toutes les actions appropriées et nécessaires visant à la défense des positions et des intérêts grecs ont été entreprises.
(…)
M. KOTTARIDIS: Parce que lors de la dernière rencontre entre Mme Bakoyannis et M. Gul, ce dernier a soulevé cinq à six fois la question de « la minorité turque à Thrace », la question de « l’extraction de pétrole au large de l’île d’Ivmros » et maintenant la question d’ « Agios Efstratios» vient d’être soulevée. Est-ce que vous pensez que les conditions appropriées sont créées pour la visite de M. Gul à Athènes lors de laquelle il effectuera éventuellement une mini tournée en Thrace dans le courant du mois de mars ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Le travail des ministres des affaires étrangères et de leurs ministères est de se rencontrer et de discuter. La communication entre les deux Etats n’est pas interrompue.
M. POLLATOS: Pour donner suite à la question de M. Kottaridis, M. Gul lui-même depuis New York, a annoncé qu’il viendrait en Grèce dans le courant du mois de mars. Le chef de l’état major déclare aujourd’hui dans son interview au journal « KATHIMERINI » que les actions en faveur d’un climat de confiance sont fortement mises à l’épreuve par des incidents pareils. La question est de savoir si vous êtes d’accord avec les affirmations du chef de l’état major et si le ministère des Affaires étrangères s’inquiète ou considère que la visite de M. Gul est mise à l’épreuve et qu’elle doit être réexaminée sous la lumière des événements de ces derniers jours.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je n’ai pas l’intention de commenter les déclarations de M. Xinophotis. J’imagine que c’est ce à quoi vous vous attendez. Deuxièmement, je vous ai dit que le travail des ministres des Affaires étrangères et de leurs ministères est de garder ouvert un canal de communication, de dialogue et de discussion, ce qui est utile pour les intérêts de notre pays. Mais aussi utile pour les relations internationales du pays.
M. FOURLIS: Vu ces conditions, considérez-vous que l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne progresse ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Il n’y pas de lien entre ces deux questions car la Turquie a assumé l’obligation de remplir certaines conditions et c’est sur cette base qu’elle sera jugée. Parmi ces engagements figure l’obligation de respecter les relations de bon voisinage. Cette obligation a toujours existé et existe toujours.
(…)
M. G. KOUMOUTSAKOS : La position grecque est bien claire. L’action de la Turquie, comme je l’ai dit, a deux conséquences. Non seulement, elle vise à contester les droits souverains d’un pays allié, mais aussi elle a des incidences, elle sape la cohésion et l’efficacité de l’alliance. Telle est notre position, une position qui répond à toutes ces questions qui ont été posées.
M. KOTTARIDIS: Que pensez-vous de la signature d’un Accord de coopération en matière de défense entre la France et Chypre ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je n’ai pas de commentaire particulier concernant l’Accord qui a été signé entre la France et la République de Chypre.
Merci.