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Athènes, le 31 janvier 2007

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Bonjour.

 

Avant de commencer, j’aimerais souhaiter la bienvenue à nos nouveaux collègues qui font leurs études à l'Académie diplomatique. Il s'agit de la 3ème ou 4ème promotion de l’Académie diplomatique à qui l’occasion est donnée de suivre un point de presse.

……………………………

 

En ce qui concerne l’agenda de Madame la ministre. Aujourd’hui à 20h30, Madame Bakoyannis prononcera un discours lors de la manifestation de l’Association des Chambres professionnelles.

 

Demain, jeudi 1er février, Mme la ministre se rendra à Malte afin de participer à la réunion informelle des ministres des pays méditerranéens membres de l'Union européenne. Cette manifestation s’inscrit dans la lignée de la réunion qui avait été organisée à Lagonissi, en octobre dernier. Les dossiers suivants seront abordés : le Moyen-Orient, la politique européenne de voisinage, la politique énergétique de l’Union européenne et l’avenir de l'Europe.

 

La semaine prochaine, à savoir du 4 au 6 février, Mme Bakoyannis visitera Thrace, répondant à l’invitation de la Chambre de commerce et de l’industrie de Rodopi et de Xanthi, et fera une intervention sur le thème de la politique étrangère de la Grèce et la politique de développement de la région. Lors de son séjour en Thrace, Mme Bakoyannis aura des rencontres avec des représentants de la collectivité et de la société locales.

 

Le 8 février, la ministre des Affaires étrangères sera l'un des intervenants lors du symposium gréco-allemand sur le thème des Perspectives de l’Europe, organisé sous l’égide des Présidents des parlements grec et allemand. La manifestation aura lieu dans l’ancien bâtiment du Parlement.

……………………………

 

En ce qui concerne l’agenda du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Y. Valinakis. Aujourd'hui, M. Valinakis se trouve à Rhodes aux côtés du vice-premier ministre de la République populaire de Chine, M. Hua Jianmin, qui effectue une visite privée sur l’île.

 

Mardi 6 février à 18h00, M. Valinakis participera aux travaux de la conférence du Centre du droit constitutionnel européen de la Fondation Thémistoclès et Dimitris Tsatsos, qui aura lieu à l’Institut Goethe. M. Valinakis prononcera un discours sur le thème des perspectives de la Constitution européenne.

 

Jeudi 8 février à 12h00, le ministre adjoint des Affaires étrangères s'entretiendra au ministère des Affaires étrangères avec M. Günter Gloser, ministre délégué des Affaires étrangères, chargé des Affaires européennes, dont le pays, l’Allemagne, exerce la présidence de l’Union européenne. Les entretiens porteront notamment sur des questions concernant l’avenir de l’Europe, avec notamment le traité constitutionnel européen en vue de la Déclaration de Berlin du 25 mars prochain. La question de l’élargissement sera également abordée par les deux ministres. Les autres priorités de la présidence allemande pour le semestre en cours seront également discutées.

 

En ce qui concerne l’agenda du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. E. Stylianidis. Aujourd’hui, M. Stylianidis participera à la séance du Conseil national des Exportations au ministère de l’Economie et des Finances.

 

Jeudi 1er février 2007 à 19h30, M. Stylianidis prononcera un discours lors d’une manifestation organisée par l’Association des Industries de la Grèce de l’Ouest à Patras sur le thème «la stratégie de la diplomatie économique.»

 

Enfin, en ce qui concerne l’agenda du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Kassimis. Aujourd’hui à 20h00, M. Kassimis participera à un dîner offert par l’Association des Grecs d’Egypte en l’honneur de sa Sainteté le Pape et du Patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique, M. Théodoros B’.

 

Jeudi 1er février à 13h00, M. Kassimis rencontrera au ministère des Affaires étrangères le Pape et le Patriarche d’Alexandrie. Et samedi 3 février à 15h00, il participera à une manifestation organisée par l’Association des Unions pontiques de la Grèce du Sud et des îles en coopération avec le Secrétariat général de la Diaspora grecque. Voilà en ce qui concerne les communiqués.

 

Vos questions s’il vous plait.

 

……………………………

Mme NIKOLAOU : Votre commentaire sur la prise de position d’hier du ministère turc des Affaires étrangères qui a déclaré que si des sociétés et des pays étrangers entreprenaient des explorations de pétrole à Chypre cela aurait des conséquences négatives sur la question chypriote. Et un autre commentaire : la Turquie peut-elle mettre en cause des accords interétatiques conclus par la République de Chypre ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Pour ce qui est de votre deuxième question, je répondrais catégoriquement par la négative.

 

Les réponses à vos deux autres questions résultent certes de notre réponse d'hier relative au communiqué du ministère turc des Affaires étrangères.

 

Nous estimons que les positions qui ont officiellement été exprimées hier par le ministère turc des Affaires étrangères sont en étroite contradiction avec des principes fondamentaux du droit international, comme le respect de la souveraineté nationale et bien entendu le droit et la possibilité pour des Etats indépendants et souverains de coopérer entre eux. Qui plus est lorsque cette coopération est pleinement conforme au droit international, aux règles internationales et poursuit un objectif pacifique, comme le développement économique de la région.

 

Cela étant, la réaction du ministère turc des Affaires étrangères n’est pas du tout productive eu égard à un développement qui, en fin de compte, comme je vous l'ai dit, a pour objectif stratégique la stabilité, le bon voisinage et le développement économique de la région de la Méditerranée du Sud-Est.

 

M. DIMITRIADIS : Monsieur le porte-parole, en Turquie, d’ores et déjà, la presse et le gouvernement interprètent la visite de la ministre en Thrace, lundi prochain, comme ayant pour objectif d’annoncer de nouvelles facilitations pour les minorités, dont la suppression des amendes infligées aux établissements religieux qui n’ont pas rempli leur déclaration fiscale. Existe-t-il une telle possibilité ? Et combien de dirigeants de la minorité rencontrera-t-elle pendant ce voyage ? Fera-t-elle une tournée dans toute la région?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Le gouvernement grec, par le biais également des communiqués rendus hier à l'issue de la Commission gouvernementale, a affirmé que l’Etat grec continuait de façon stable sur la voie de l’élargissement et du renforcement de la politique d’égalité devant la loi et l’Etat, politique suivie par tous les gouvernements grecs.

 

Il n’y a aucune inquiétude ou préoccupation à avoir à ce sujet. Et finalement, nul ne se préoccupe de la façon dont la presse turque ou autre interprète ces décisions et cette politique, qui est une politique de « confiance en soi », digne d'une démocratie européenne contemporaine.

Cela étant, les interprétations qui peuvent être faites, ne concernent et n’engagent que leurs auteurs. La politique suivie par le gouvernement est bien claire. Et je pense qu’après les communiqués d’hier, elle l’est encore plus.

 

Il existe une série de mesures – et je ne m’en tiendrais qu’au titre car je n’ai pas l’intention d'entrer dans le détail – dont la régularisation de dettes anciennes des établissements religieux qui devrait avoir lieu et qui aidera à ce qu’un pas en avant soit fait. Qui permettra de sortir de l’impasse. Cette politique s’inscrit dans une réalité européenne et dans le cadre de la ligne de conduite européenne, que la Grèce suit non seulement, mais aussi aide à mettre en œuvre.

 

 

M. DIMITRIADIS :

 Pardonnez-moi, dans le cadre même de l’égalité devant la loi des citoyens grecs, si je reçois une amende parce que je ne fais pas de déclaration fiscale, est-ce que le gouvernement m'en fait cadeau? De quelle égalité devant la loi parle-t-on ?  On parle ici de droits spéciaux.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Vous savez que plusieurs fois dans le passé, et pour différentes raisons, des régularisations de dettes envers l’Etat grec ont été faites, lorsque l’état des choses montre qu’une telle décision doit être prise, et ce, dans l’intérêt de tous. Ce n’est pas la première fois que des politiques de régularisation de dettes sont suivies.

 

Nous avons à plusieurs reprises affirmé que cette politique d’égalité devant la loi et l’Etat n’est pas figée. C’est une politique qui évolue et se renforce, et ce, dans l'intérêt de tous.

 

Mme BOZANINOU : Est-ce que Madame la ministre rencontrera des dirigeants de la minorité en Thrace ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Elle aura une série de rencontres, il n’est donc pas exclu qu’elle rencontre des dirigeants de la minorité. Le programme de sa visite sera annoncé, probablement dans le courant de la journée, par son bureau politique.

 

M. MELETIS : Ma question est, en quelle qualité Madame Bakoyannis visite-t-elle Thrace ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Comme je vous l’ai déjà dit, Madame Bakoyannis, en sa qualité de membre du gouvernement et de femme en première ligne de la politique, est invitée par les deux Chambres de commerce et d’industrie de Rodopi et de Xanthi et fera une intervention sur la politique de développement de la région et la politique étrangère du pays.

 

M. MELETIS : Donc, pour continuer, dès lors que son intervention porte sur la politique étrangère de la Grèce et la politique de développement de Thrace, j’imagine qu’il n’y aura aucune référence aux prêtres instituteurs, au nouveau régime dans le cadre de l’élection des Commissions de gestion. De quel domaine relèvent ces questions ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Les discours politiques ont pour limite, celle définie par ceux qui les prononcent.

 

M. MELETIS : Cela est bien entendu vrai.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai donc dit que la ministre des Affaires étrangères développera les points de vue, les pensées et les positions du gouvernement grec à ce sujet.

 

Mme KARAVITI : Avez-vous quelque raison de croire qu’il y aura une action similaire de la part de la Turquie concernant les établissements religieux dans cette région ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne vois aucun parallélisme ou lien entre les obligations que la Turquie, en tant que pays candidat, a assumées vis-à-vis de l’Union européenne et les pas positifs entrepris par un pays démocratique, qui est d'ores et déjà membre de l’Union européenne.

 

M. MELETIS : Attendez une minute, car c’est la première fois que l’on entend cela. C’est-à-dire que cela n’a rien à voir avec la Grèce, qui a signé le Traité de Lausanne, le Traité de 1913 etc. – cela n’est pas une question concernant les relations bilatérales, de manière générale… ?

M. G. KOUMOUTSAKOS : Le gouvernement grec…

 

M. MELETIS : Excusez-moi, pour que je me fasse bien comprendre. Est-ce que la politique de la Turquie vis-à-vis des institutions grecques de la minorité concerne seulement l’Union européenne ? Ne concerne-t-elle pas Athènes ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : L’Etat grec applique des mesures en fonction de sa politique. Il ne prend pas ces décisions particulières en fonction des politiques appliquées par d’autres pays. Les obligations contractées par d’autres pays – en l’occurrence la Turquie – sont envisagées par la Grèce en tant qu’obligations autonomes de l’Etat en question, sans rapport aucun avec la politique que la Grèce poursuit vis-à-vis des citoyens grecs, indépendamment de leur conviction religieuse, de leur langue ou de leur origine.

 

Μ. KAPOUTSIS : Comme nous nous trouvons au chapitre des relations gréco-turques, aujourd’hui, c’est le 11ème anniversaire de l’invasion d’un territoire grec par la Turquie, je veux parler de Imia. Est-ce que vous voulez faire un commentaire sur cet anniversaire ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Le fait que 11 ans se soient écoulés depuis encore un incident dans les relations gréco-turques, nous offre l’occasion de réitérer notre volonté en faveur de la protection constante des intérêts grecs. C’est ce que fait la politique étrangère grecque et en même temps elle assure les conditions nécessaires en faveur d’un voisinage pacifique et des relations de bon voisinage avec la Turquie.

 

Mme KOURBELA: Monsieur le porte-parole, j’aimerais savoir si ces activités en Méditerranée du Sud-Est s’inscrivent dans le cadre de la politique européenne de voisinage et si elles sont financées – ou bien est-il prévu qu’elles soient financées – par l’Union européenne ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Je n’ai pas l’intention - et évidemment je ne suis pas la personne compétente - de  parler de la politique de la République chypriote. De toute façon,  je ne vois pas de rapport avec la politique de voisinage de l’UE. Si un tel lien existe, cela se confirmera dans les jours qui viennent.

 

M. FOURLIS: Je comprends que votre communiqué d’hier, et corrigez-moi si je me trompe, a été diffusé après le communiqué du ministère turc des Affaires étrangères. N’est-ce pas ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: C’est exact.

 

M. FOURLIS: …et ce communiqué n’a pas été diffusé plus tôt quand le communiqué du ministère turc des Affaires étrangères n’avait pas encore été diffusé. Il y avait seulement les déclarations de M. Talat. Ai-je bien compris ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS:   Tout d’abord, il ne s’agit pas d’un communiqué. Comme vous l’avez vu, c’est une réponse à une question de vos collègues.

 

M. FOURLIS: Que pensez-vous de l’escalade des tensions provoquée par la simple déclaration faite dans un premier temps par la partie chypriote turque, à savoir M. Talat ? Comment expliquez-vous le fait que 24 heures après la Turquie a manifesté un intérêt aussi vif et a, à travers son ministère des Affaires étrangères, diffusé un communiqué aussi dur ? Que pensez-vous de cette escalade des tensions?

 

M. KOUMOUTSAKOS: Le porte-parole du gouvernement a déjà émis une opinion sur les déclarations de M. Talat.

Notre réponse a effectivement suivi le communiqué du ministère turc des Affaires étrangères. Car, pour ce qui est des déclarations de M. Talat, le gouvernement grec avait déjà pris position et, de ce fait, il n’était pas nécessaire que le ministère des Affaires étrangères prenne position à ce sujet.

En effet, M. Talat a fait des déclarations, puis le ministère turc des Affaires étrangères a pris le relais. Je m’en tiens à cette constatation.

 

Quant au contenu de ce communiqué, nous avons donné une réponse bien claire.

 

M. FOURLIS: Une clarification : Y a-t-il des évolutions concernant la visite de M. Gul ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS:   Je n’ai rien de nouveau à ajouter. Les services diplomatiques compétents sont toujours en train de rechercher une date.

 

M. SOURMELIDIS: Comment réagira le ministère des Affaires étrangères aux allégations d’Ankara s’agissant de cette histoire avec Chypre, l’Egypte et la Méditerranée du Sud-Est ?  Avez-vous déjà réagi à cette question par la voie diplomatique ou avez-vous l’intention de réagir de quelque manière que ce soit.

 

M. KOUMOUTSAKOS : Comme vous le savez, le communiqué du ministère turc des Affaires étrangères a été diffusé hier dans l’après midi et nous avons réagi. Les positions turques sont évaluées sur la base du motif de cette réponse, et si besoin est, on entreprendra les actions diplomatiques nécessaires.

 

M. SOURMELIDIS: Je vous pose cette question car j’ai lu dans la presse que les Turcs ont fait des démarches auprès du Liban et je me demande si nous avons fait quelque chose de semblable.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS:   Cela ne fait même pas 12 heures que le ministère turc des Affaires étrangères s’est exprimé officiellement.

 

M. DIMITRIADIS: Une clarification : Est-ce que M. Gul participera à la rencontre des ministres des Affaires étrangères de la Méditerranée, à laquelle participera Mme Bakoyannis?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS:   Les Etats membres méditerranéens de l’UE participent à la rencontre de Malte.  Par conséquent, M. Gul ne devrait pas y participer. Sauf bien entendu s’il est invité par les organisateurs. Il convient de souligner qu’il s’agit d’une rencontre des Etats méditerranéens membres de l’UE.

M. DIMITRIADIS: Et une deuxième question relative au plan d’Ahtisaari pour le Kosovo qui sera soumis  dans deux jours. Est-ce que le ministère grec des Affaires étrangères, le gouvernement grec dans son ensemble, a l’intention d’accepter les propositions d’Ahtisaari pour un Kosovo indépendant quelles que soient les conditions et indépendamment de l’attitude qu’adoptera la Serbie ?

M. G. KOUMOUTSAKOS: De par la manière dont vous avez formulé votre question, vous tracez d’avance le contenu des propositions d’Ahtisaari. Nous devons attendre de voir officiellement ces propositions. Par conséquent, à l’heure actuelle, je ne peux pas vous donner des informations spécifiques. Toutefois, je pourrais seulement vous donner les grandes lignes de la position du gouvernement grec pour ce qui est de la question du Kosovo à ce stade spécifique.

Nous avons affirmé à maintes reprises que nous soutenons les efforts consentis par M. Ahtisaari, en tant que représentant de l’Organisation des Nations Unies et de la communauté internationale. Cela dit,  la Grèce, en tant que pays qui connaît la région, comprend totalement ce que signifie pour la stabilité de la région, une solution à la question du statut futur du Kosovo qui ne serait ni fonctionnelle ni viable.

C’est pourquoi, les parties directement impliquées doivent éviter des actions unilatérales qui pourraient influencer l’issue des efforts consentis par M. Ahtisaari ainsi que la procédure des négociations en cours.

On doit faire preuve de réalisme et de maturité. Vous comprenez qu’il s’agit d’un processus qui résultera d’un accord de compromis. Lors d’un processus de compromis, il n’y a pas que des vaincus ou que des perdants, pour que la solution trouvée puisse être viable et fonctionnelle.

En ce qui nous concerne, nous pensons que le critère principal doit être le renforcement de la stabilité dans la région, à savoir une solution qui renforcerait la stabilité et ne provoquerait pas de problèmes dans la région. Le caractère multiculturel du Kosovo doit être assuré. La sécurité de tous ses habitants et, bien entendu la sécurité et la fonctionnalité des monuments et lieux historiques et religieux de tous les habitants de la région doivent être garanties.

J’aimerais également ajouter que s’agissant de cette solution, on devra prendre au sérieux la possibilité de garantir la perspective européenne de toute la région ainsi que la nécessité du respect des principes et valeurs européens.

Nous pensons que le parcours européen de toute la région est un facteur catalyseur pour la stabilité et la paix. Telles sont nos réflexions pour ce qui est de la question du Kosovo à ce stade critique.

 

M. MELETIS:   Est-ce que le maintien des frontières existantes constitue un principe européen ? Et ma deuxième question : Dans votre déclaration, il manque quelque chose : vous avez parlé d’une solution viable et fonctionnelle et pas d’une solution convenue.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Bien sûr. Une solution qui pourra finalement être acceptée par les deux parties. Quand j’ai parlé d’une solution de compromis, je sous-entendais cela, si vous voulez…

M. MELETIS:   Oui, mais un compromis…

 

M. G. KOUMOUTSAKOS:   Afin que le compromis soit atteint, il doit être accepté. Je le sous-entendais, mais ajoutez cet élément pour qu'il en soit pris note.

Pour ce qui est de la question des frontières, l’inviolabilité des frontières est un principe européen.

 

M. TSAKAS:   S’agissant de la question du Kosovo : La Russie a fait part de sa politique, à savoir que le délai du règlement de la question du Kosovo doit être prorogé.  C’est-à-dire les évolutions que nous attendons sont en faveur de la Russie, qui en plus  exercera  son droit de veto.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS:  Selon le processus qui est en cours, une discussion sur les propositions de M. Ahtisaari devrait se dérouler lors de l’étape finale dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations Unies en vue de prendre une décision sur cette question.  Des pourparlers et des consultations y relatives entre les parties directement intéressées, devront précéder cette décision.

C’est dans le cadre du Conseil de sécurité que tous les pays prendront position. Certes, les Etats qui sont membres permanents ont un poids particulier dans ce processus. Comme vous le comprenez, je ne peux pas commenter la position russe.

 

M. MELETIS:   Quelle est la position officielle de notre pays quant à la perspective euro-atlantique de Skopje ? Quelle est la condition afin que nous nous accordions sur la poursuite et l’accomplissement de ce parcours ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS:   Je pense que la position grecque a été réitérée et qu’il n’est pas nécessaire de la répéter.

 

M. MELETIS:   Je vous prie de la répéter. La répétition est la mère de la science.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS:   La Grèce a affirmé que- et nous insistions sur cette position- qu’une solution convenue à la question du nom aurait des conséquences positives à trois niveaux :

 

Premièrement, au niveau des relations bilatérales : elles pourraient ainsi se renforcer sans heurt et se développer davantage en faveur des deux Etats.

 

Deuxièmement, au niveau régional, le règlement de cette question en suspens pourrait davantage contribuer aux relations de bon voisinage et de coopération et, par conséquent, à la stabilité.

 

Troisièmement, au niveau des aspirations européennes de Skopje, dans ce cas aussi, le règlement de cette question en suspens pourrait contribuer à l’évolution sans heurt des aspirations euro-atlantiques du pays voisin.

 

Si une telle solution n’est pas atteinte, il est certain que cela aura un impact négatif sur l’évolution du parcours de ce pays vers les institutions euro-atlantiques.

 

Tant que cette question demeurera en suspens, personne ne peut parler d’un parcours sans heurt ni aspirer à cela.

 

M. MELETIS:   Est-ce que ce pays peut poursuivre et accomplir ce processus sous le nom d’ARYM ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS:   Comme vous le savez, ce pays a le statut de pays candidat à l’UE sous le nom d’Ancienne République yougoslave de Macédoine.

 

M. MELETIS: Et, par conséquent, le nom proposé pourrait être ARYM.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: C’est sous ce nom que le pays a aujourd’hui le statut de pays candidat à l’adhésion.

 

M. MELETIS:   Cela n’est pas une solution convenue, comme vous dites.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS:   Le fait qu’il soit un pays candidat sous le nom d’ARYM, constitue une réalité spécifique, qui est manifestement acceptée par la Grèce. Sinon, ce pays n’aurait pas le statut de pays candidat.

Toutefois, nous soutenons également que le règlement de cette question de manière mutuellement acceptable, aura un impact positif multiple à trois niveaux. Le troisième niveau est celui que vous avez mentionné, à savoir le parcours euro-atlantique. Une solution acceptable aura un impact positif sur un parcours sans heurt. Si une solution de ce genre n’est pas atteinte, ce processus ne sera pas facilité.

 

M. MELETIS:   Si le nom ARYM est maintenu et qu’une solution n’est pas trouvée, quel sera l’impact négatif ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS:   Je vous ai déjà répondu.

 

M. MELETIS:   Lorsque l’accord intermédiaire prévoit des obligations spécifiques pour notre pays.  L’article 11 prévoit une obligation spécifique pour notre pays, à savoir que des objections peuvent être soulevées s’agissant du parcours euro-atlantique de l’ARYM au sein d’organisations internationales, si ce parcours est effectué sous un autre nom que celui d’ARYM, ce qui est d’ailleurs mentionné dans la résolution du Conseil de sécurité. Certes, vous dites que si une solution de ce genre, une solution convenue, n’est pas atteinte, et que par conséquent l’appellation ARYM ou une autre est maintenue, cela aura un impact négatif.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: J’ai dit que sans une solution mutuellement acceptable, le parcours ne sera pas sans heurt.  Je n’ai pas dit qu’il n’y aurait pas de parcours. Et, bien entendu je ne me suis pas référé à l’issue de ce parcours.

 

M. MELETIS:   C’est-à-dire - excusez moi de monopoliser la parole -, ce que vous nous dites en réalité est que nous contesterons l’article 11 de l’accord intermédiaire si une solution n’est pas atteinte.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Je vous ai donné  tous les éléments permettant de répondre à vos inquiétudes et à votre question. Je suis certain que vous y trouverez toutes les réponses à vos questions.

 

M. TSAFOS:   Excusez-moi, j’ai encore une question. Il s’agit d’un jugement; car je ne suis pas bien informé sur les dernières évolutions et cette terrible tension que nous réservent les jours à venir me rappelle les S-300. Avez-vous pensé de l’issue de cette affaire des S-300 ou d’une autre histoire similaire en 1982 ? Est-ce que mon appréciation selon laquelle une question « couve » à Chypre de la part de M. Papadopoulos, le Président de la République chypriote, ce qui pourrait conduire à des évolutions similaires à celle des S-300 ?  Qu’en pensez-vous ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Je ne vois aucun lien entre les deux questions. Par ailleurs, comme vous le savez, pour pouvoir voir clairement l’avenir, il faut étudier l’histoire, ce qui est un principe fondamental.  Mais j’insiste sur le fait qu’il n’ y a pas de lien entre ces deux affaires.

 

Mme BOUDOURI: Restons-en aux Balkans mais pour aborder une autre question : Un critère principal pour l’adhésion de la Bulgarie à l’UE était le règlement de la question de l’énergie nucléaire et plus particulièrement la fermeture des stations nucléaires à Kozloduy. Sofia semble préoccupée par la fermeture des stations. Quelle est la position d’Athènes sur cette question ? Quelle est votre appréciation s’agissant d’une question qui nous concerne directement ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: La question du fonctionnement des usines nucléaires à Kozloduy- je crois qu’il s’agit des stations 3 et 4- ont suscité des préoccupations lors du processus de pré-adhésion de la Bulgarie. La fermeture progressive de cette usine nucléaire figure parmi les obligations de la Bulgarie.

 

La Grèce comprend et partage les sensibilités environnementales de la Commission européenne et de nombreux Etats membres, et c’est ce qui a en effet conduit à la définition de cette obligation.

 

Par ailleurs, comme vous le comprenez, il existe une forte dimension économique dans cette affaire, qui préoccupe non seulement la Bulgarie, mais d’autres pays aussi de la région qui utilisent l’énergie électrique de la station de Kozloduy et qui en ont besoin.

 

Plus particulièrement, en ce qui concerne cette question, les conditions climatiques particulièrement défavorables de cette année, intensifient ces préoccupations, pour ce qui est de la dimension économique de cette question. Cela dit, il existe bien entendu des dispositions y relatives dans le cadre de l’UE.

 

Je vous remercie

 

 

 





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